Bienvenue sur le Site du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon (91 – Essonne)!

Chers(es) visiteurs(ses) et passionnés(es) de radio et de sciences,

Le Radio-Club F5KEE vous accueille à la Maison des Associations de Viry-Châtillon, au cœur de l’Essonne. Dans ce lieu ouvert et convivial, nous réunissons toutes celles et ceux qui partagent la curiosité des sciences, des techniques et des communications sans fil.

Le radioamateurisme, c’est bien plus qu’un simple hobby :
c’est une passion universelle, où l’on apprend à dialoguer avec le monde entier, à construire ses propres antennes et équipements, à explorer la propagation des ondes, mais aussi à découvrir les technologies numériques et les satellites.

À qui s’adresse le radio-club ?

Le F5KEE s’adresse à tous les publics :

  • les curieux qui veulent découvrir ce qu’est la radio et comment on peut communiquer sans Internet,

  • les jeunes et étudiants attirés par la technique, l’électronique ou l’aéronautique,

  • les futurs radioamateurs qui souhaitent préparer la licence,

  • les opérateurs confirmés qui veulent partager leurs expériences, expérimenter ou participer à des contests,

  • et plus largement, toute personne désireuse d’apprendre, de pratiquer et d’échanger dans un cadre associatif.

Que fait-on au F5KEE ?

Nos activités sont variées et adaptées à tous les niveaux :

  • Découverte et formation : initiation aux bases de la radio, aide à la préparation de la licence radioamateur.

  • Pratique du trafic : contacts en phonie, en CW (morse), en modes numériques (FT8, …), via satellites ou encore à travers le monde en HF.

  • Expérimentations techniques : réalisation et essais d’antennes, utilisation du SDR, projets autour de l’Arduino ou d’interfaces numériques.

  • Activités collectives : organisation de démonstrations publiques, projets éducatifs en lien avec les écoles ou évènements internationaux (ARISS, QO-100, etc.).

  • Vie de club : échanges, entraide, convivialité et partage de connaissances dans une ambiance amicale.

Pourquoi nous rejoindre ?

Adhérer au Radio-Club F5KEE, c’est rejoindre une communauté dynamique et passionnée, c’est apprendre en pratiquant, c’est aussi trouver un lieu où la curiosité technique et la convivialité se conjuguent au quotidien.

C’est également l’occasion d’acquérir des bases solides en électricité et en électronique, compétences précieuses pour comprendre le fonctionnement des équipements mais aussi pour, pourquoi pas, préparer un futur métier dans les domaines techniques, scientifiques ou industriels.

Que vous soyez simple curieux, débutant ou opérateur chevronné, poussez la porte de la Maison des Associations de Viry-Châtillon : F5KEE vous accueille et vous invite à découvrir le monde fascinant du radioamateurisme.

L’équipe du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon

Code couleur des résistances : comment lire leur valeur sans se tromper ?

Banniere code couleur resistance

Les résistances font partie des composants que l’on rencontre le plus souvent en électronique. Dans un montage radioamateur, une alimentation, un amplificateur, un filtre ou une simple carte Arduino, elles sont partout. Pourtant, contrairement à de nombreux composants modernes, les résistances traversantes n’affichent généralement pas leur valeur en clair.

Pour connaître leur valeur, il faut décoder les anneaux de couleur imprimés sur leur corps. Le principe est simple une fois que l’on connaît la règle. Voyons comment lire rapidement une résistance à 4, 5 ou 6 anneaux.

Pourquoi utiliser des couleurs ?

Une petite résistance ne laisse pas beaucoup de place pour imprimer « 4,7 kΩ ±5 % ». Les fabricants utilisent donc depuis longtemps un système normalisé dans lequel chaque couleur représente un chiffre, un multiplicateur ou une tolérance.

Le principe repose sur une série de dix couleurs correspondant aux chiffres de 0 à 9 :

Noir 0 – Brun 1 – Rouge 2 – Orange 3 – Jaune 4 – Vert 5 – Bleu 6 – Violet 7 – Gris 8 – Blanc 9.

À celles-ci viennent notamment s’ajouter l’or et l’argent, utilisés pour certains multiplicateurs et pour les tolérances.

Le tableau du code couleur des résistances

tableau du code couleur des résistances

Le tableau suivant constitue la référence essentielle à conserver près de l’établi.

Couleur Chiffre Multiplicateur Tolérance Coeff. température
Noir 0 × 1 250 ppm/°C
Brun 1 × 10 ± 1 % 100 ppm/°C
Rouge 2 × 100 ± 2 % 50 ppm/°C
Orange 3 × 1 k 15 ppm/°C
Jaune 4 × 10 k 25 ppm/°C
Vert 5 × 100 k ± 0,5 % 20 ppm/°C
Bleu 6 × 1 M ± 0,25 % 10 ppm/°C
Violet 7 × 10 M ± 0,1 % 5 ppm/°C
Gris 8 × 100 M ± 0,05 % 1 ppm/°C
Blanc 9 × 1 G
Or × 0,1 ± 5 %
Argent × 0,01 ± 10 %

Dans quel sens lire une résistance ?

Avant même de décoder les couleurs, il faut savoir dans quel sens tenir la résistance.

Sur une résistance classique à quatre anneaux, l’anneau de tolérance, souvent or ou argent, est généralement légèrement séparé des autres. Il doit se trouver à droite.

On commence donc la lecture depuis l’autre extrémité.

Lorsque les anneaux sont difficiles à distinguer ou régulièrement espacés, cette règle peut être moins évidente, notamment avec certaines résistances de précision. Dans le doute, le multimètre reste le meilleur arbitre.

Comment lire une résistance à 4 anneaux ?

C’est probablement le cas le plus courant dans les tiroirs de nos ateliers.

Les quatre anneaux correspondent à :

1er anneau : premier chiffre
2e anneau : deuxième chiffre
3e anneau : multiplicateur
4e anneau : tolérance

Prenons une résistance :

Jaune – Violet – Rouge – Or

Jaune correspond à 4, violet à 7 et rouge indique un multiplicateur de ×100.

Nous obtenons donc :

47 × 100 = 4 700 Ω

soit :

4,7 kΩ ±5 %

L’anneau or indique en effet une tolérance de ±5 %.

Cela signifie que la résistance réelle peut théoriquement se situer entre environ 4,465 kΩ et 4,935 kΩ.

Et une résistance à 5 anneaux ?

Les résistances de précision utilisent fréquemment cinq anneaux. Cette fois, les trois premiers anneaux représentent trois chiffres significatifs.

La lecture devient :

1er anneau : premier chiffre
2e anneau : deuxième chiffre
3e anneau : troisième chiffre
4e anneau : multiplicateur
5e anneau : tolérance

Prenons :

Brun – Noir – Noir – Rouge – Brun

Les trois premiers anneaux donnent :

1 – 0 – 0 = 100

Le rouge correspond au multiplicateur ×100 :

100 × 100 = 10 000 Ω

Nous avons donc une résistance de :

10 kΩ ±1 %

Le dernier anneau brun indique la tolérance de ±1 %.

Et une résistance à 5 anneaux ?

Lecture pratique du code couleur : exemples de résistances à 4 et 5 anneaux et calcul de leur valeur.CodeCouleur

Et avec 6 anneaux ?

Une résistance à six anneaux se lit pratiquement comme une résistance à cinq anneaux. Le sixième anneau ajoute généralement une information concernant le coefficient de température.

Celui-ci s’exprime en ppm/°C, c’est-à-dire en parties par million par degré Celsius.

Cette caractéristique est surtout importante dans les circuits de précision : appareils de mesure, références de tension, oscillateurs, circuits analogiques sensibles ou équipements devant conserver leurs caractéristiques malgré les variations de température.

Pour nos montages courants, cette information est souvent secondaire, mais il est utile de savoir à quoi correspond ce mystérieux sixième anneau.

Attention aux résistances de faible valeur

L’or et l’argent ne servent pas uniquement à indiquer la tolérance. Lorsqu’ils occupent la position du multiplicateur, ils permettent de représenter des résistances inférieures à 10 Ω.

Par exemple :

Rouge – Rouge – Or – Or

Rouge = 2
Rouge = 2
Or = ×0,1

Donc :

22 × 0,1 = 2,2 Ω

avec une tolérance de ±5 %.

De même, l’argent comme multiplicateur correspond à ×0,01.

Une petite astuce pour mémoriser le code

Il n’est finalement pas indispensable d’apprendre immédiatement toutes les correspondances. Avec l’habitude, les couleurs les plus utilisées finissent par être mémorisées naturellement.

On rencontre par exemple très souvent :

Brun = 1
Rouge = 2
Orange = 3
Jaune = 4

Ainsi, une résistance brun-noir-rouge devient rapidement reconnaissable : 10 × 100 = 1 kΩ.

Une jaune-violet-rouge donne 47 × 100 = 4,7 kΩ.

Une brun-noir-orange donne 10 × 1 000 = 10 kΩ.

Et une jaune-violet-orange donne 47 × 1 000 = 47 kΩ.

À force de manipuler des composants, certaines valeurs deviennent reconnaissables au premier coup d’œil.

Les couleurs ne sont pas toujours faciles à distinguer

Sur le papier, le système paraît infaillible. Sur l’établi, c’est parfois une autre histoire !

Une résistance ancienne ayant chauffé peut présenter des couleurs altérées. Le rouge peut être confondu avec le brun, le bleu avec le violet et certaines teintes deviennent difficiles à identifier sous un mauvais éclairage.

Le problème est encore plus sensible pour les personnes ayant des difficultés à distinguer certaines couleurs.

Il ne faut donc jamais hésiter à utiliser un multimètre.

Pour obtenir une mesure fiable dans un circuit, il peut être nécessaire de dessouder au moins une patte de la résistance. Les autres composants connectés en parallèle peuvent sinon modifier complètement la valeur mesurée.

Code couleur ou multimètre ?

Les deux méthodes sont complémentaires.

Le code couleur permet d’identifier immédiatement la valeur nominale prévue par le fabricant et sa tolérance. Le multimètre permet de connaître la valeur réellement mesurée.

Cette distinction peut devenir intéressante lors d’un dépannage. Une résistance ayant fortement chauffé ou vieilli peut avoir changé de valeur, alors que ses anneaux continuent évidemment d’indiquer sa valeur d’origine.

Une résistance marquée 10 kΩ ±5 % mais mesurée à 15 kΩ mérite donc quelques soupçons !

Ce qu’il faut retenir

Pour une résistance à 4 anneaux, retenez simplement :

2 chiffres + multiplicateur + tolérance

Pour une résistance à 5 anneaux :

3 chiffres + multiplicateur + tolérance

Et pour une résistance à 6 anneaux :

3 chiffres + multiplicateur + tolérance + coefficient de température

Enfin, lorsque les couleurs sont douteuses, que la résistance semble avoir chauffé ou que vous dépannez un appareil, ne faites pas une confiance aveugle aux anneaux : sortez le multimètre !

Le code couleur permet de savoir ce que la résistance devrait être. La mesure permet de savoir ce qu’elle est réellement.

Formulaire de calcul des résistances

Mettre FT8 dans un ballon : peut-on faire des QSO HF depuis la stratosphère avec quelques milliwatts ?

Banniere ballon FT8

Faire décoller un émetteur WSPR sous un ballon est déjà une expérience fascinante. Mais pourquoi se contenter d’une balise ? Pourrait-on installer une véritable station FT8 sous un ballon stratosphérique et réaliser des QSO HF depuis 25 ou 30 km d’altitude ?

Un projet britannique permet aujourd’hui de poser sérieusement la question.

Une balise FT8 de seulement 10 mW

Steve, G4AQB, membre du Bolton Wireless Club, a réalisé une petite balise HF capable d’émettre en WSPR et FT8. Elle est basée sur un projet de Gene, W3PM, initialement développé pour la bande expérimentale des 40 MHz.

L’électronique reste étonnamment simple : un Arduino Nano, un synthétiseur Si5351A, un GPS NEO-6M disposant d’une sortie 1 PPS et éventuellement un petit écran OLED.

Le GPS joue ici un rôle essentiel. FT8 exige une excellente synchronisation temporelle, tandis que la fréquence produite par le Si5351 doit rester suffisamment précise. Le logiciel utilise donc le GPS pour maintenir temps et fréquence dans les limites nécessaires.

Plus étonnant encore : la puissance de sortie n’est que de 10 mW.

Lors des essais effectués par G4AQB sur les bandes des 10 et 20 mètres, cette minuscule balise a pourtant été reçue par de nombreuses stations européennes et ses signaux sont apparus sur PSKReporter.

G4AQB explique avoir construit l’ensemble dans la perspective de l’embarquer à bord d’un ballon expérimental haute altitude. À ce jour, aucune date publique de lancement n’a cependant été annoncée.

le principe du ballon FT8

Principe de la balise FT8/WSPR de 10 mW destinée à une future expérience sous ballon stratosphérique.

Projet FT8/WSPR de G4AQB
Projet W3PM sur GitHub

Pourquoi FT8 est-il intéressant dans un ballon ?

FT8 a précisément été conçu pour communiquer lorsque les signaux deviennent extrêmement faibles.

Une transmission occupe une séquence d’environ 15 secondes et WSJT-X est capable de décoder des signaux situés très largement sous le niveau de bruit audible. C’est pourquoi des radioamateurs réalisent quotidiennement des liaisons intercontinentales avec seulement quelques watts.

Documentation officielle WSJT-X

Un ballon possède en plus un avantage spectaculaire : son antenne peut se retrouver à 30 km au-dessus du sol, sans bâtiment, arbre ou relief immédiatement autour d’elle.

Mais attention à une idée reçue : en HF, monter à 30 km ne permet pas automatiquement de communiquer à 5 000 ou 10 000 km.

Pour les grandes distances sur 20 ou 10 mètres, l’ionosphère reste le principal acteur. L’altitude supprime surtout les obstacles proches et offre une situation particulièrement intéressante pour étudier la propagation.

WSPR et FT8 : ce n’est pas la même expérience

Une balise WSPR peut transmettre périodiquement son indicatif et différentes informations. Des stations réparties dans le monde la reçoivent et transmettent leurs reports vers Internet.

Elle répond essentiellement à la question :

« Jusqu’où mon ballon est-il entendu ? »

Une véritable station FT8 poserait une question beaucoup plus ambitieuse :

« Avec quelles stations mon ballon peut-il réellement communiquer ? »

Et cela change complètement l’électronique nécessaire.

Émettre du FT8 ne signifie pas réaliser un QSO

La balise de G4AQB sait émettre des messages FT8 préprogrammés. Elle ne constitue donc pas encore une station capable d’effectuer automatiquement des QSO.

Pour cela, le ballon devrait être capable d’écouter les réponses, de les décoder et d’enchaîner correctement les échanges.

Par exemple :

CQ → appel d’une station → report → R-report → RR73 → 73

Il faudrait donc embarquer non seulement un émetteur, mais également un récepteur HF, un décodeur FT8 et un calculateur capable de gérer automatiquement le QSO.

Nous passerions alors d’une balise de propagation à un véritable transceiver FT8 autonome.

À quoi ressemblerait notre station embarquée ?

Une architecture expérimentale pourrait comporter :

Antenne → filtre HF → récepteur → calculateur → décodeur FT8 → gestion du QSO → synthétiseur → amplificateur → filtre passe-bas → antenne

Il faudrait ajouter un GPS avec référence temporelle, une alimentation, une télémétrie indépendante et probablement des capteurs permettant de connaître l’état de la station.

Un petit ordinateur ARM ou un microcontrôleur suffisamment puissant pourrait assurer une partie du traitement.

La difficulté n’est donc pas vraiment de fabriquer l’émetteur. C’est la réception et le décodage autonome qui compliquent fortement l’expérience.

architecture complète d'une station FT8 bidirectionnelle embarquée

Architecture d’une station FT8 autonome capable de recevoir, décoder et répondre depuis un ballon stratosphérique.

Combien de watts faudrait-il ?

L’expérience de G4AQB donne un indice intéressant puisque seulement 10 mW ont déjà permis des réceptions européennes depuis le sol.

Regardons les différences :

10 mW = +10 dBm
100 mW = +20 dBm
1 W = +30 dBm
5 W ≈ +37 dBm

comparaison 10 mW / 100 mW / 1 W / 5 W

De 10 mW à 5 W : influence théorique de la puissance FT8 sur le bilan de liaison depuis la stratosphère.

Passer de 10 mW à 1 W apporte donc 20 dB supplémentaires.

Dans de bonnes conditions de propagation, quelques centaines de milliwatts pourraient déjà produire des résultats étonnants. Avec 1 ou 2 W, l’expérience deviendrait particulièrement intéressante.

Mais augmenter la puissance entraîne immédiatement davantage de consommation, une batterie plus importante et donc davantage de masse.

Et l’antenne ?

C’est probablement l’un des problèmes les plus intéressants.

Sur 20 mètres, un dipôle demi-onde approche 10 mètres de longueur totale. Sur 10 mètres, seulement 5 mètres environ.

Sous un ballon, une antenne filaire verticale ou légèrement inclinée devient parfaitement envisageable : contrairement à une station terrestre, nous disposons justement de dizaines de mètres… vers le bas !

Le 10 mètres serait donc particulièrement séduisant lorsque la propagation le permet. Le 20 mètres offrirait probablement davantage d’ouvertures, mais au prix d’une antenne plus longue.

Un opérateur FT8 robotisé à 30 km d’altitude ?

Reste une question fondamentale : la station pourrait-elle choisir seule à qui répondre ?

Techniquement, c’est envisageable. Le logiciel pourrait lancer CQ, analyser les réponses reçues, sélectionner un indicatif et dérouler automatiquement la séquence FT8.

Mais cette automatisation introduit une autre dimension : la réglementation. Selon le pays de lancement, il faudra vérifier les règles concernant les stations automatiques, l’identification, les fréquences utilisées, le contrôle de l’émission et naturellement celles concernant le ballon lui-même.

Alors, des QSO FT8 depuis la stratosphère ?

Techniquement, oui.

Et paradoxalement, produire le signal FT8 serait probablement la partie la plus facile.

L’expérience de G4AQB montre déjà qu’un émetteur de 10 mW peut être entendu à plusieurs centaines ou milliers de kilomètres lorsque la propagation coopère. FT8 est précisément destiné aux communications numériques à très faible niveau de signal.

Le véritable défi serait de construire une station suffisamment légère pour recevoir, décoder puis répondre automatiquement.

Un ballon équipé d’un transceiver FT8 de seulement 1 W, d’un GPS et de quelques mètres de fil pourrait alors devenir une extraordinaire expérience de propagation : une station radioamateur autonome flottant à près de 30 km d’altitude.

Et lorsque G4AQB annoncera finalement la date de son lancement, l’expérience méritera assurément d’être suivie sur PSKReporter.

Pour aller plus loin

G4AQB – HF WSPR and FT8 Beacon
W3PM – balise GPS FT8/WSPR
WSJT-X – site officiel
Guide utilisateur WSJT-X
Bolton Wireless Club
PSKReporter
F5KEE – Envoyer sa propre expérience radio dans la stratosphère
F5KEE – Faire le tour du monde avec un ballon de quelques grammes

POTA en QRP : 5 watts, vraiment suffisants ? (5/13)

Banniere POTA QRP

Dans notre précédent article, « POTA : 10 QSO avant l’apéro ! », nous avons vu comment choisir une bande, se spotter, lancer CQ et atteindre les fameux 10 contacts nécessaires à une activation réussie.

Mais jusqu’ici, nous avons soigneusement évité une question : combien de watts faut-il réellement ?

Avec 100 W, les choses semblent simples. Mais lorsque le transceiver affiche seulement 5 W, peut-on encore espérer remplir le log ? Bienvenue dans le monde du QRP !

QRP : de quoi parle-t-on ?

Dans l’usage radioamateur, on considère généralement comme QRP une puissance ne dépassant pas 5 W en CW et modes numériques, et 10 W PEP en SSB selon la définition couramment utilisée par les organisations QRP.

Mais ne nous focalisons pas trop sur l’étiquette. Ce qui nous intéresse ici est de savoir ce qui se passe lorsque nous passons de 100 W à seulement 5 W.

À première vue, la différence paraît énorme :

100 W / 5 W = 20

Vingt fois moins de puissance !

Pourtant, en radio, il est beaucoup plus intéressant de raisonner en décibels.

5 W contre 100 W : seulement 13 dB !

La différence de puissance se calcule avec :

Gain (dB) = 10 × log₁₀(P₂/P₁)

Nous obtenons alors :

5 → 10 W = +3 dB
5 → 20 W = +6 dB
5 → 50 W = +10 dB
5 → 100 W = +13 dB

Voilà qui change notre perception.

Si nous utilisons la référence théorique d’environ 6 dB par point S, passer de 5 à 20 W représente approximativement un point S et passer de 5 à 100 W un peu plus de deux points S.

Attention : les S-mètres réels sont loin d’être tous parfaitement calibrés. Cette comparaison sert surtout à comprendre les ordres de grandeur.

100 W apportent donc un avantage très réel, mais 5 W ne signifient absolument pas que votre signal devient vingt fois plus difficile à recevoir.

5 W contre 100 W : seulement 13 dB !

5 W contre 100 W : que représentent réellement 13 dB ? Passer de 5 à 100 W multiplie la puissance par 20, mais représente environ 13 dB, soit un peu plus de deux points S selon la convention théorique de 6 dB par point S. En QRP, améliorer l’antenne, limiter les pertes et profiter d’une bonne propagation peut donc être aussi important que d’ajouter des watts.

Avant d’ajouter des watts, cherchons les dB perdus

Supposons que notre station QRP fournisse 5 W.

Une mauvaise ligne coaxiale nous coûte 2 dB. Une antenne raccourcie en perd encore plusieurs. Une installation trop basse modifie le diagramme de rayonnement.

Notre précieux signal QRP vient déjà de perdre une partie de ses moyens avant même d’avoir quitté le parc !

C’est pourquoi, en faible puissance, l’antenne devient particulièrement importante.

Un dipôle demi-onde correctement installé, une EFHW bien réalisée ou une verticale disposant de radians efficaces peuvent faire davantage pour votre activation qu’un simple bouton permettant d’augmenter la puissance.

Chaque dB gagné dans l’installation est un dB qui part réellement dans la bonne direction.

La hauteur peut valoir quelques watts

Prenons un dipôle installé à deux mètres du sol, puis le même placé à huit mètres.

La puissance du transceiver n’a pas changé d’un milliwatt.

Pourtant, son diagramme de rayonnement, son interaction avec le sol et donc les directions favorisées peuvent être très différents.

Même raisonnement pour une verticale : ajouter ou améliorer les radians peut réduire les pertes au sol sans toucher à la puissance du TX.

C’est précisément ce qui rend le QRP intéressant : on commence à chercher les watts ailleurs que dans le transistor final !

Où gagner des dB en QRP ?

En QRP, chaque dB compte : avant d’ajouter des watts, optimisez l’antenne, sa hauteur et la ligne coaxiale, puis choisissez la bande, le mode et le bon moment en fonction de la propagation. Le spotting POTA complète cette stratégie en permettant aux Hunters de venir directement écouter votre faible signal.

SSB, CW ou numérique ?

Tous les modes ne sont pas égaux lorsque les signaux deviennent faibles.

En SSB, une activation à 5 W reste parfaitement possible lorsque la propagation et l’antenne sont favorables. Il faudra simplement accepter que certaines stations vous entendent difficilement.

La CW est particulièrement efficace en QRP grâce à la faible largeur de bande utilisée à la réception. Un opérateur entraîné peut exploiter des signaux extrêmement faibles.

Les modes numériques faibles signaux, notamment FT8, vont encore plus loin en permettant de décoder des signaux situés bien en dessous du niveau de bruit apparent.

Cela ne signifie pas qu’il existe un « meilleur » mode POTA. Le plaisir d’un QSO en SSB à 5 W peut justement venir du fait qu’il n’était pas garanti !

Le spotting : le meilleur ami des petits watts

Imaginez une activation QRP sans Internet.

Vous appelez CQ avec 5 W et attendez qu’un radioamateur tombe par hasard exactement sur votre fréquence.

Avec POTA, la situation est différente.

L’auto-spot est autorisé. Vous indiquez votre indicatif, votre parc, votre fréquence et votre mode sur le système POTA. Les Hunters savent alors précisément où vous chercher.

Ils ne balayent plus la bande au hasard : ils viennent volontairement écouter votre signal.

Pour une station QRP, c’est un avantage considérable.

Si vous n’avez pas Internet sur le terrain, un correspondant peut également vous spotter.

Et côté batterie, le QRP prend sa revanche !

Les watts supplémentaires ont un défaut : il faut les produire.

Un petit transceiver QRP pourra parfois se contenter de quelques ampères en émission, alors qu’un poste HF de 100 W peut approcher ou dépasser 20 A sous 13,8 V à pleine puissance.

Pour une sortie de plusieurs heures, cela change complètement la batterie à transporter.

À pied, une petite LiFePO4 de quelques Ah peut accompagner une station QRP. À 100 W, il faudra généralement prévoir une capacité nettement supérieure et des câbles correctement dimensionnés.

Le kilo économisé dans la batterie devient soudain très appréciable après quelques kilomètres de marche !

Le sac à dos prend sa revanche

5 W ou 100 W : les watts finissent par peser dans le sac ! Une station QRP permet de réduire considérablement la batterie et le poids à transporter, avec une autonomie confortable pour les activations à pied. À 100 W, on gagne en marge radio, mais au prix d’une consommation et d’un équipement plus importants. En POTA, le bon choix dépend donc autant du terrain et du mode d’activation que de la puissance recherchée.

Essayons 100, 20, 5… puis 1 W !

Voici une expérience très simple à réaliser pendant une activation.

Lorsque vous avez un correspondant disposé à jouer le jeu, demandez-lui de rester quelques instants.

Commencez à 100 W, puis descendez successivement :

20 W → 5 W → 1 W

Demandez à chaque fois comment évoluent votre signal et surtout votre lisibilité.

Le résultat est parfois surprenant.

Lorsque la propagation est bonne et que votre signal arrive confortablement au-dessus du bruit, il peut rester parfaitement exploitable à 5 W, voire beaucoup moins.

À l’inverse, si vous arrivez tout juste au seuil de compréhension à 100 W, passer à 5 W risque évidemment de faire disparaître le QSO.

Voilà toute la différence entre puissance nécessaire et puissance disponible.

Alors, 5 W suffisent-ils ?

Oui… mais pas toujours.

C’est précisément ce qui rend le QRP passionnant.

Avec une bonne propagation, une antenne efficace, une fréquence correctement choisie et l’aide du spotting POTA, 5 W peuvent permettre de réaliser de très beaux contacts et d’atteindre les 10 QSO nécessaires à l’activation.

Avec de mauvaises conditions, 100 W seront évidemment beaucoup plus confortables.

Le véritable intérêt du QRP n’est donc peut-être pas de prouver que 5 W sont « meilleurs » que 100 W.

C’est de découvrir jusqu’où nous pouvons aller en utilisant intelligemment les quelques watts dont nous disposons.

Et lorsqu’un Hunter situé à plusieurs milliers de kilomètres répond à votre CQ alors que le wattmètre indique 5 W…

on regarde généralement l’afficheur une deuxième fois !

Pour aller plus loin

VOACAP : prévoir la propagation HF avant d’allumer son poste

Banniere VOACAP

Vous voulez contacter le Japon ce soir. Faut-il tenter le 10, 15, 17, 20 ou 40 mètres ? On peut évidemment allumer le poste, tourner le VFO et écouter… mais il existe une méthode un peu plus scientifique : demander à VOACAP.

Derrière ce nom se cache le Voice of America Coverage Analysis Program, un modèle de prévision de propagation HF issu d’IONCAP et développé à l’origine pour les besoins de radiodiffusion de Voice of America. Aujourd’hui encore, le logiciel est mis gratuitement à disposition par le NTIA/ITS américain.

Et malgré son âge, VOACAP reste particulièrement intéressant pour nous, radioamateurs.

Une météo des bandes HF ?

VOACAP ne vous dira pas : « JA1XYZ sera S7 sur 14,210 MHz à 18 h 37 ».

Ce serait évidemment trop beau !

Il fournit plutôt une prévision statistique de la qualité d’une liaison HF entre deux endroits du globe. Il tient notamment compte de la fréquence, du mois, de l’heure, de l’activité solaire, de la puissance d’émission et des caractéristiques de la liaison.

VOACAP peut réaliser des prévisions point à point, mais également calculer une zone de couverture. Il permet notamment de représenter différents paramètres sur 24 heures et jusqu’à 30 MHz.

Pour le radioamateur, la question devient donc :

« Quelles sont les bandes offrant les meilleures chances de contacter cette région du monde à cette heure ? »

Et là, VOACAP devient très intéressant.

Comment fonctionne VOACAP ?

Principe de fonctionnement de VOACAP : à partir de la position des stations, de l’heure, de l’activité solaire, des antennes, de la puissance et du bruit, VOACAP modélise la propagation ionosphérique et estime les fréquences, horaires et conditions offrant les meilleures chances d’établir une liaison HF.

Donnons-lui notre station

Imaginons que F5KEE, en région parisienne, souhaite contacter Tokyo.

Il faut commencer par renseigner les deux extrémités du trajet :

TX : France
RX : Tokyo, Japon

Il faut ensuite décrire notre station de manière réaliste : puissance disponible, antenne d’émission, antenne de réception, mois considéré et conditions solaires.

Inutile d’indiquer 1 500 W et une Yagi 5 éléments à 30 mètres du sol si nous utilisons réellement 100 W et un dipôle !

Comme toujours en simulation :

mauvaises données d’entrée = mauvais résultat de sortie.

VOACAP travaille heure par heure

L’un des grands intérêts du système est de pouvoir observer l’évolution d’un trajet pendant 24 heures.

Et c’est exactement ce dont nous avons besoin.

Une liaison France–Japon peut par exemple être médiocre sur 20 mètres à une certaine heure, tandis que le 15 mètres devient excellent. Quelques heures plus tard, la situation peut complètement changer et une bande plus basse devenir préférable.

Ce comportement est évidemment lié aux variations de l’ionosphère entre le jour et la nuit, mais aussi à la saison et à l’activité solaire.

VOACAP permet donc de remplacer le traditionnel :

« Je pense que le 15 mètres devrait ouvrir… »

par :

« D’après les prévisions, le 15 mètres présente actuellement les meilleures probabilités. »

Ce n’est pas tout à fait la même chose !

MUF : attention au piège

Les radioamateurs connaissent généralement la MUF, Maximum Usable Frequency, ou fréquence maximale utilisable.

Mais constater que notre fréquence de travail se trouve sous la MUF ne signifie pas automatiquement que nous allons réaliser le QSO.

Les méthodes modernes de prévision HF prennent également en compte la puissance reçue, le rapport signal/bruit et la fiabilité du circuit. La recommandation ITU-R P.533, consacrée à la prévision des circuits HF, utilise justement des paramètres tels que MUF, puissance disponible au récepteur, rapport signal/bruit, LUF et fiabilité.

Autrement dit :

une bande théoriquement ouverte n’est pas nécessairement une bonne bande.

REL : un chiffre particulièrement intéressant

Dans VOACAP Online, l’un des résultats les plus faciles à exploiter est REL, pour Reliability.

Il représente la fiabilité statistique prévue de la liaison pour satisfaire le rapport signal/bruit demandé.

Pour commencer, inutile donc de vouloir comprendre immédiatement les dizaines de paramètres disponibles.

Regardez d’abord REL.

Une valeur élevée indique que les conditions statistiques sont favorables. On peut ensuite examiner SDBW, qui renseigne sur la puissance du signal attendue au récepteur. Le manuel de VOACAP Online recommande précisément d’utiliser REL pour rechercher les bandes les plus favorables, puis SDBW pour mieux évaluer le niveau du signal.

Voilà déjà de quoi décider quelle bande essayer en premier.

Comment lire une prévision VOACAP ?

Comment lire une prévision VOACAP : commencez par rechercher dans REL les bandes et horaires présentant la meilleure fiabilité, puis vérifiez avec SDBW si le niveau du signal attendu est suffisant. Dans cet exemple France–Japon, le 15 mètres apparaît particulièrement favorable durant une partie de la journée.

Short Path ou Long Path ?

Pour les amateurs de DX, VOACAP possède un autre intérêt : il peut considérer les deux chemins permettant d’atteindre une destination.

Le Short Path correspond au chemin le plus court autour de la Terre.

Le Long Path part dans la direction opposée et effectue le grand tour.

Sur certaines liaisons DX, ce second trajet peut devenir étonnamment intéressant. VOACAP Online calcule d’ailleurs ses paramètres de propagation en considérant Short Path et Long Path.

Short Path / Long Path

Short Path ou Long Path ? Pour une même destination DX, le signal HF peut emprunter deux directions autour du globe. Le chemin le plus court n’est pas toujours le plus favorable : selon l’heure et les conditions ionosphériques, le Long Path peut offrir une liaison étonnamment meilleure. VOACAP permet de comparer les deux possibilités.

De quoi expliquer certains QSO où votre correspondant arrive beaucoup mieux lorsque l’antenne semble pointée… dans la mauvaise direction !

Prévision ne signifie pas conditions réelles

Il faut néanmoins garder une chose essentielle à l’esprit : VOACAP n’est pas un système de mesure en temps réel.

Il utilise des modèles statistiques.

Une éruption solaire, une perturbation géomagnétique ou simplement un niveau de bruit important chez votre correspondant peuvent transformer une magnifique prévision en un grand silence dans le haut-parleur.

Même le NTIA précise qu’il ne garantit pas l’exactitude ou la fiabilité des résultats produits par son logiciel.

La bonne méthode consiste donc à utiliser :

VOACAP pour prévoir → la météo spatiale pour vérifier → le récepteur pour confirmer.

Finalement, quelle bande choisir ?

C’est probablement là que VOACAP est le plus utile au radioamateur.

Au lieu de parcourir toutes les bandes au hasard, nous pouvons déterminer à l’avance les fréquences et les horaires offrant statistiquement les meilleures chances de réussite.

Destination, heure UTC, puissance, antenne, conditions solaires… quelques paramètres suffisent déjà pour obtenir une indication extrêmement intéressante.

VOACAP ne remplacera donc jamais notre récepteur.

Mais la prochaine fois que quelqu’un vous dira :

« Le 15 mètres devrait ouvrir vers le Japon ce soir… »

inutile de sortir la boule de cristal.

Demandez d’abord à VOACAP !

Pour aller plus loin

Recevoir de 9 kHz à 6 GHz avec une seule radio : comment construit-on un frontal RF aussi large ?

Banniere Récepteur AOR AR5700D : de 9 kHz à 6 GHz

À l’occasion du JARL Ham Fair 2026, qui s’est tenu les 29 et 30 août à Tokyo, AOR a créé la surprise en présentant une évolution de son récepteur haut de gamme AR5700D : une version dont la couverture est étendue jusqu’à 6 GHz.

Le prototype présenté comme AR5700D 6GHz Extended Version annonce ainsi une réception continue de 9 kHz à 6000 MHz. Une plage impressionnante : entre ses deux extrémités, le rapport de fréquences dépasse 660 000 !

Mais comment une seule radio peut-elle recevoir aussi bien les très basses fréquences que les hyperfréquences ? Suffirait-il d’installer un convertisseur analogique-numérique très rapide derrière la prise d’antenne ?

Pas vraiment. Le véritable secret se trouve dans ce que les électroniciens appellent le frontal RF.

Le SDR ne règle pas tous les problèmes

Sur le papier, le principe d’un récepteur SDR paraît simple :

Antenne → convertisseur A/N → FPGA/DSP → démodulation

Les convertisseurs modernes sont extrêmement rapides et permettent de numériser des fréquences autrefois inaccessibles directement. Mais un problème demeure : l’antenne ne reçoit pas uniquement le petit signal qui nous intéresse.

Imaginons vouloir écouter un signal de –120 dBm, tandis qu’un puissant émetteur voisin arrive à –20 dBm.

La différence atteint 100 dB !

Si tout cela est envoyé sans précaution vers un amplificateur, un mélangeur ou un convertisseur, celui-ci peut saturer. Apparaissent alors désensibilisation, signaux fantômes et produits d’intermodulation.

Le travail doit donc commencer avant la numérisation.

Une gare de triage derrière l’antenne

Un récepteur couvrant plusieurs gigahertz ne possède pas réellement un unique chemin RF capable de tout recevoir simultanément.

Son frontal ressemble davantage à une gare de triage :

Antenne → protection → commutation → filtres → amplificateur → mélangeur → ADC → FPGA/DSP

Lorsque l’utilisateur choisit une fréquence, des commutateurs électroniques sélectionnent automatiquement le chemin RF correspondant.

Ce qui se cache derrière la prise d'antenne

Le frontal RF trie, filtre et adapte le signal avant sa numérisation et son traitement par le DSP.

Le AR5700D actuel, couvrant 9 kHz à 3,7 GHz, en fournit un remarquable exemple. AOR indique que les fréquences inférieures à 25 MHz sont divisées en 8 plages de filtrage, tandis qu’au-dessus de 25 MHz le frontal utilise 16 plages RF.

Pourquoi autant de filtres ?

Parce qu’avant d’amplifier le signal, il est préférable d’éliminer tout ce qui se trouve très loin de la fréquence recherchée.

Le préselecteur, premier gardien du récepteur

Supposons que nous écoutions 145 MHz. Pourquoi laisser entrer simultanément les puissants émetteurs FM autour de 100 MHz, la télévision, la téléphonie mobile et quantité d’autres signaux ?

Le préselecteur ne conserve qu’une portion du spectre.

Cette opération doit intervenir très tôt dans la chaîne, idéalement avant les composants susceptibles de produire de l’intermodulation. Deux puissants signaux hors bande peuvent en effet se combiner dans un composant non linéaire et créer artificiellement un troisième signal exactement dans la bande que nous écoutons.

Même le meilleur DSP du monde ne pourra plus distinguer ce faux signal d’un véritable signal radio : le mal a été fait avant la numérisation.

Un récepteur, 16 chemins RF

Le AR5700D découpe son immense plage de réception en plusieurs bandes de filtrage sélectionnées automatiquement.

À plusieurs GHz, une piste devient un composant

Autre difficulté : on ne construit pas un filtre pour 100 kHz comme un filtre pour 5 GHz.

Aux fréquences relativement basses, résistances, condensateurs et inductances restent des composants bien individualisés.

En montant en fréquence, leurs imperfections deviennent importantes. Les pistes du circuit imprimé elles-mêmes commencent à se comporter comme des éléments RF.

Le AR5700D actuel illustre parfaitement cette évolution. AOR indique qu’entre 2,1 et 3,7 GHz, son frontal comporte cinq banques de filtres d’environ 300 MHz de largeur utilisant des filtres interdigitaux à deux étages, associés à des amplificateurs faible bruit et réalisés à l’aide de lignes microstrip.

À ces fréquences, la longueur et la largeur de quelques millimètres de cuivre ne servent donc plus seulement à relier deux composants : elles font partie du composant.

De 9 kHz à 6 GHz, les composants changent

De la HF aux micro-ondes, les composants et même les pistes du circuit deviennent partie intégrante du filtrage RF.

Pourquoi ces compartiments métalliques ?

En observant l’intérieur d’un récepteur professionnel, on découvre souvent des circuits enfermés dans de petites cavités métalliques.

Ce n’est pas esthétique.

À plusieurs gigahertz, les circuits peuvent se coupler entre eux. Un oscillateur local peut rayonner vers un autre étage, deux filtres peuvent s’influencer et des signaux parasites peuvent apparaître.

AOR utilise ainsi sur le AR5700D un blindage en aluminium moulé de 2 mm d’épaisseur, compartimenté selon les différentes sections RF.

Nous sommes déjà beaucoup plus proches de la conception micro-ondes que de la radio traditionnelle.

En réalité, deux architectures cohabitent

Autre surprise : le AR5700D documenté actuellement n’utilise pas la même méthode sur toute sa couverture.

De 9 kHz à 25 MHz, AOR emploie une architecture à conversion directe.

De 25 MHz à 3,7 GHz, le récepteur devient un double superhétérodyne, avec une première fréquence intermédiaire de 321,95 ou 412,05 MHz, puis une seconde à 45,05 MHz.

Ce n’est qu’ensuite que le traitement numérique prend véritablement le relais.

Cela rappelle une chose importante : SDR et superhétérodyne ne sont pas des technologies opposées. Un excellent SDR peut parfaitement employer des mélangeurs et des fréquences intermédiaires avant de numériser le signal.

Le mélangeur : un ascenseur à fréquences

Le mélangeur constitue justement l’une des clés du système.

Plutôt que de demander à toute l’électronique numérique de travailler directement à 2, 3 ou 6 GHz, un oscillateur local et un mélangeur déplacent le signal vers une fréquence intermédiaire beaucoup plus facile à traiter.

C’est une sorte d’ascenseur :

quelle que soit la fréquence sélectionnée, on la transporte jusqu’à l’étage où l’attend le traitement numérique.

Mais cet oscillateur local doit être extrêmement stable et surtout présenter un très faible bruit de phase. Plus on monte en fréquence, plus cette exigence devient difficile à satisfaire.

Sensibilité ou résistance aux signaux forts ?

Le frontal doit également résoudre un compromis permanent.

Un LNA, amplificateur à faible bruit, permet d’améliorer la réception des petits signaux. Mais trop de gain augmente le risque de saturation en présence d’un signal puissant.

À l’inverse, un atténuateur améliore la résistance aux signaux forts mais dégrade la sensibilité.

Un récepteur performant doit donc jongler entre :

filtrage + amplification + atténuation + dynamique.

C’est une grande partie de la différence entre un simple récepteur large bande et un appareil professionnel.

Et de 3,7 à 6 GHz ?

C’est justement là que la nouvelle version du AR5700D devient intéressante.

AOR a présenté au Ham Fair une couverture atteignant 6000 MHz, avec notamment une adaptation de l’entrée ANT1. En revanche, l’entreprise n’a pas encore publié le supplément technique détaillant l’architecture de cette nouvelle section 3,7–6 GHz.

Il serait donc prématuré d’affirmer comment elle est exactement réalisée.

Mais atteindre 6 GHz impose nécessairement de maîtriser filtres, commutation, amplificateurs, mélangeurs, lignes microstrip, blindages et pertes jusque dans la bande des 5,7 GHz radioamateur.

Et l’antenne dans tout cela ?

Une dernière difficulté demeure : si le récepteur couvre 9 kHz–6 GHz, l’antenne universelle parfaite, elle, n’existe pas.

Une boucle active pourra être excellente en LF/HF, une discone intéressante en VHF/UHF, tandis qu’à 2,4 ou 5,7 GHz une antenne dédiée donnera généralement de bien meilleurs résultats.

AOR propose d’ailleurs pour ses récepteurs plusieurs antennes ainsi qu’un système permettant de sélectionner automatiquement différentes antennes suivant la fréquence.

Ce qu’il faut retenir

Recevoir de 9 kHz à 6 GHz n’est donc pas simplement une affaire d’ADC ultrarapide.

Derrière la prise d’antenne se cache toute une chaîne :

protection → filtres commutés → LNA/atténuation → mélangeurs → oscillateurs locaux → ADC → FPGA → DSP.

Le paradoxe du SDR moderne est finalement assez joli : plus le traitement devient numérique, plus la qualité de l’électronique analogique placée devant lui reste déterminante.

Pour aller plus loin

POTA : 10 QSO avant l’apéro ! (4/13)

Banniere POTA 10 QSO

Dans notre précédent article, « POTA : quelle antenne planter dans le décor ? », nous avons comparé EFHW, dipôle, verticale et fouet raccourci afin de choisir une antenne adaptée au terrain.

Cette fois, tout est prêt. La batterie est chargée, l’antenne est en l’air, le ROS est raisonnable et le carnet de trafic attend son premier indicatif.

Il ne reste plus qu’un petit détail : faire des QSO !

Pour réussir une activation POTA, il faut en réaliser au moins 10 au cours d’une même journée UTC. Voyons comment mettre toutes les chances de notre côté sans transformer notre paisible sortie au vert en concours international. (docs.pota.app)

Avant CQ : choisir la bonne bande

Avec une station multibande, inutile de s’obstiner sur une bande qui semble complètement fermée.

Le 40 m sera souvent intéressant pour des liaisons relativement régionales, tandis que le 20 m constitue une excellente bande généraliste permettant régulièrement des contacts européens et DX. Lorsque la propagation le permet, 17, 15 et 10 m peuvent réserver de très belles surprises.

Mais propagation, saison, heure et activité solaire changent constamment la donne.

Le meilleur instrument reste donc encore… le bouton du VFO. Écoutez quelques minutes différentes bandes : balises, stations entendues et niveau d’activité donnent déjà de précieuses indications.

POTA autorise toutes les bandes auxquelles votre licence vous donne accès, y compris les bandes WARC : POTA n’est pas un contest. (docs.pota.app)

Une fréquence libre… vraiment libre ?

Vous trouvez enfin un petit coin tranquille.

Avant de lancer un enthousiaste « CQ POTA ! », écoutez suffisamment longtemps pour vérifier qu’aucun QSO n’est déjà en cours.

Demandez ensuite :

« Cette fréquence est-elle occupée ? »

En CW, on utilisera généralement QRL?

La documentation officielle POTA recommande précisément cette procédure et rappelle qu’il n’existe pas de fréquences POTA réservées ou recommandées. (docs.pota.app)

De la station au premier CQ POTA

Du montage au premier QSO POTA : installez et vérifiez la station, écoutez la bande, choisissez une fréquence réellement libre, spottez votre activation puis lancez votre CQ POTA. Une fois le premier indicatif inscrit dans le log, il n’en reste plus que neuf pour atteindre les 10 QSO de l’activation !

Se spotter : allumer le phare

Vous pouvez appeler CQ pendant vingt minutes en espérant qu’un radioamateur passe par hasard sur votre fréquence.

Ou indiquer aux Hunters exactement où vous êtes !

POTA autorise explicitement l’auto-spot. Sur le site POTA, l’activator peut signaler sa présence avec son indicatif, sa référence, sa fréquence et son mode. Les Hunters consultant la liste des spots savent alors immédiatement où venir vous chercher. (docs.pota.app)

Si vous n’avez pas accès à Internet, demandez simplement à l’un de vos premiers correspondants de vous spotter. C’est même une recommandation du guide officiel. (docs.pota.app)

Un spot reste normalement visible environ 30 minutes après le dernier spot ou re-spot. (docs.pota.app)

CQ POTA !

Il est maintenant temps d’appuyer sur le PTT :

« CQ POTA, CQ POTA, ici F4XXX portable, F4XXX portable, Parks on the Air, à l’écoute. »

POTA n’impose aucun échange particulier. Indicatif et informations nécessaires au log suffisent ; un report peut naturellement être échangé comme lors d’un QSO classique. (docs.pota.app)

Vous pouvez annoncer votre référence régulièrement pour renseigner les stations qui découvrent votre appel directement sur la bande.

Et n’oubliez pas : vous êtes dehors pour vous amuser. Rien n’interdit de discuter quelques instants lorsque le trafic est calme.

Au secours, ils répondent tous !

Vous venez de vous spotter.

Un appel…

Et cinq indicatifs arrivent simultanément !

Bienvenue dans votre premier pile-up POTA.

Pas de panique. C’est votre activation et vous imposez le rythme. Le guide POTA conseille justement de contrôler son pile-up et suggère, lorsque nécessaire, d’appeler certaines catégories de stations : QRP, mobiles, autres parcs pour les P2P, etc. (docs.pota.app)

Vous n’avez compris que la fin d’un indicatif ?

« La station se terminant par ABC seulement… »

Loguez le contact, confirmez l’indicatif et passez au suivant.

Lorsque beaucoup de stations attendent, des échanges courts permettent à chacun d’avoir sa chance.

Comment gérer un pile-up POTA ?

Gérer un pile-up POTA sans perdre le fil : écoutez, isolez un indicatif ou un groupe de stations, répondez clairement, loguez le QSO puis passez au suivant. L’Activator garde la maîtrise du rythme : quelques échanges courts, de la méthode et un peu de patience permettent souvent d’atteindre rapidement les 10 QSO.

8 QSO… et plus personne !

Voici le moment où commence la chasse aux deux derniers contacts.

Première chose : ne démontez surtout pas !

Vérifiez que votre spot indique toujours la bonne fréquence. Lancez quelques nouveaux appels. Écoutez si la propagation a changé.

Toujours rien ?

Changez de bande.

Un QSO sur 40 m et un autre avec la même station sur 20 m peuvent être considérés comme des contacts distincts dans les conditions prévues par POTA. Les doublons strictement identiques sur une même journée UTC sont en revanche éliminés lors du traitement des logs. (docs.pota.app)

Et surtout, regardez les spots des autres activators.

Aucun QSO ? Le plan B !

Plus personne ne répond ? Passez au plan B ! Vérifiez d’abord la radio, l’antenne et votre spot, puis écoutez la propagation, changez de fréquence ou de bande et recherchez les activators disponibles pour tenter un P2P. En POTA, mieux vaut adapter sa stratégie que simplement augmenter la puissance !

P2P : activator cherche activator

Vous apercevez F1ABC qui active un autre parc sur 14,250 MHz ?

Allez le contacter !

Vous venez de réaliser un Park-to-Park (P2P) : un QSO entre deux activators. (docs.pota.app)

Notez soigneusement la référence POTA du correspondant. Il est fortement recommandé de l’enregistrer dans le champ SIG_INFO du fichier ADIF pour obtenir correctement les crédits P2P, particulièrement lorsque plusieurs références sont impliquées. (docs.pota.app)

C’est également une excellente méthode pour aller chercher les quelques QSO qui vous manquent.

Et si je n’atteins pas 10 ?

Supposons que la pluie arrive à 9 QSO.

L’activation n’atteindra pas le seuil requis pour être considérée comme réussie.

Mais envoyez quand même votre log !

POTA recommande de transmettre également les logs des tentatives incomplètes afin que les Hunters contactés obtiennent leurs crédits. (docs.pota.app)

Vos neuf QSO n’auront donc pas été inutiles.

SSB, CW, numérique… et même satellite

Rien ne vous oblige à rester en phonie.

La CW est redoutablement efficace avec quelques watts. Les modes numériques peuvent permettre des contacts lorsque les signaux deviennent difficiles.

Et il existe une subtilité amusante : les contacts réalisés via un répéteur terrestre ne sont pas admissibles, mais les contacts via satellite radioamateur sont autorisés par POTA. (docs.pota.app)

Voilà qui ouvre quelques perspectives pour une future expérimentation !

10 QSO : mission accomplie !

Le dixième indicatif vient d’entrer dans le log.

Activation réussie !

Mais rien ne vous oblige à couper immédiatement la radio. Les dix QSO constituent un minimum, pas une limite.

Continuez à répondre aux Hunters, changez de bande, recherchez quelques P2P ou essayez une autre antenne.

Car finalement, une activation réussie ne devrait peut-être pas se mesurer uniquement au nombre de lignes dans un fichier ADIF.

Si vous avez installé votre station au vert, réalisé quelques beaux contacts et déjà envie de recommencer…

le véritable objectif POTA est probablement atteint.

Prochain volet : « POTA en QRP : 5 watts, vraiment suffisants ? »

Pour aller plus loin

F5KEE au FAB 2026 de Viry-Châtillon : venez nous rencontrer !

Banniere F5KEE FAB2026

Le samedi 5 septembre 2026, le radio-club F5KEE participera au FAB 2026 de Viry-Châtillon (Fête des Associations), organisé au Stade Longuet.

Pour l’occasion, nous délaisserons notre local habituel pour nous installer en extérieur, sous barnum. Un choix presque incontournable pour des radioamateurs : quand il faut déployer quelques mètres de câble et surtout installer des antennes, le grand air devient rapidement notre meilleur allié !

Cette journée sera avant tout l’occasion de faire découvrir le radioamateurisme au public. Qu’est-ce qu’un radioamateur ? Avec qui peut-on communiquer ? Jusqu’où peut-on aller avec quelques watts et une antenne ? Peut-on contacter des satellites ? Que sont les modes numériques ? Autant de questions auxquelles nous tenterons de répondre simplement, autour de nos équipements et, nous l’espérons, de quelques démonstrations en direct.

Mais le FAB 2026 sera également pour nous un moment de rencontre et de convivialité. Une occasion de sortir du shack, de retrouver les copains du club, d’échanger quelques idées de montages et de projets et, tout simplement, de partager ensemble une agréable journée autour de notre passion commune.

Que vous soyez radioamateur, curieux, passionné d’électronique, de radio ou simplement de passage, n’hésitez donc pas à venir nous rencontrer.

📅 Samedi 5 septembre 2026
📍 Stade Longuet – Viry-Châtillon
📻 Cherchez les antennes… F5KEE ne sera probablement pas très loin !

À samedi au FAB 2026 !