Bienvenue sur le Site du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon (91 – Essonne)!

Chers(es) visiteurs(ses) et passionnés(es) de radio et de sciences,

Le Radio-Club F5KEE vous accueille à la Maison des Associations de Viry-Châtillon, au cœur de l’Essonne. Dans ce lieu ouvert et convivial, nous réunissons toutes celles et ceux qui partagent la curiosité des sciences, des techniques et des communications sans fil.

Le radioamateurisme, c’est bien plus qu’un simple hobby :
c’est une passion universelle, où l’on apprend à dialoguer avec le monde entier, à construire ses propres antennes et équipements, à explorer la propagation des ondes, mais aussi à découvrir les technologies numériques et les satellites.

À qui s’adresse le radio-club ?

Le F5KEE s’adresse à tous les publics :

  • les curieux qui veulent découvrir ce qu’est la radio et comment on peut communiquer sans Internet,

  • les jeunes et étudiants attirés par la technique, l’électronique ou l’aéronautique,

  • les futurs radioamateurs qui souhaitent préparer la licence,

  • les opérateurs confirmés qui veulent partager leurs expériences, expérimenter ou participer à des contests,

  • et plus largement, toute personne désireuse d’apprendre, de pratiquer et d’échanger dans un cadre associatif.

Que fait-on au F5KEE ?

Nos activités sont variées et adaptées à tous les niveaux :

  • Découverte et formation : initiation aux bases de la radio, aide à la préparation de la licence radioamateur.

  • Pratique du trafic : contacts en phonie, en CW (morse), en modes numériques (FT8, …), via satellites ou encore à travers le monde en HF.

  • Expérimentations techniques : réalisation et essais d’antennes, utilisation du SDR, projets autour de l’Arduino ou d’interfaces numériques.

  • Activités collectives : organisation de démonstrations publiques, projets éducatifs en lien avec les écoles ou évènements internationaux (ARISS, QO-100, etc.).

  • Vie de club : échanges, entraide, convivialité et partage de connaissances dans une ambiance amicale.

Pourquoi nous rejoindre ?

Adhérer au Radio-Club F5KEE, c’est rejoindre une communauté dynamique et passionnée, c’est apprendre en pratiquant, c’est aussi trouver un lieu où la curiosité technique et la convivialité se conjuguent au quotidien.

C’est également l’occasion d’acquérir des bases solides en électricité et en électronique, compétences précieuses pour comprendre le fonctionnement des équipements mais aussi pour, pourquoi pas, préparer un futur métier dans les domaines techniques, scientifiques ou industriels.

Que vous soyez simple curieux, débutant ou opérateur chevronné, poussez la porte de la Maison des Associations de Viry-Châtillon : F5KEE vous accueille et vous invite à découvrir le monde fascinant du radioamateurisme.

L’équipe du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon

Tempête solaire G2 : que va-t-il vraiment se passer sur nos bandes radio ?

Tempete solaire

Le Soleil s’agite à nouveau et, pour les radioamateurs, cela signifie souvent une propagation inhabituelle. Le 25 août 2026, la région solaire active AR4513, alors bien orientée vers la Terre, a produit une puissante éruption de classe M6.9, accompagnée de plusieurs éjections de masse coronale (CME). L’événement a provoqué un blackout radio de niveau R2 et les CME associées pourraient provoquer une tempête géomagnétique G2 lors de leur arrivée sur Terre.

R2 et G2 : deux phénomènes à ne pas confondre

Le blackout R2 intervient presque immédiatement après l’éruption. Les rayons X émis par le Soleil atteignent la Terre en environ huit minutes et augmentent brutalement l’ionisation de la haute atmosphère. Résultat : les signaux HF peuvent être fortement absorbés sur la face éclairée de notre planète.

La CME, elle, est un immense nuage de plasma qui met plusieurs jours à parcourir les 150 millions de kilomètres séparant le Soleil de la Terre.

Lorsqu’elle rencontre la magnétosphère terrestre, elle peut déclencher une tempête géomagnétique. Un niveau G2 correspond à un indice Kp de 6. La NOAA indique alors notamment que la propagation HF peut subir du fading aux hautes latitudes.

Du Soleil à la Terre : éruption, CME et perturbation de l'ionosphère

Nos bandes HF vont-elles disparaître ?

Non ! Une tempête G2 ne signifie absolument pas un silence radio généralisé.

Sur 80 et 40 mètres, on pourra observer davantage de bruit, de fading et des conditions plus variables. Sur 30 et 20 mètres, les liaisons DX empruntant des trajets proches des régions polaires risquent d’être les plus perturbées.

Les bandes 17, 15, 12 et 10 mètres peuvent également devenir très changeantes : une belle ouverture DX peut apparaître puis disparaître rapidement.

C’est justement l’intérêt de l’événement : observer en temps réel comment l’ionosphère réagit à l’activité solaire.

Et si les VHF devenaient intéressantes ?

Une forte activité géomagnétique peut également favoriser la propagation aurorale. Les bandes 50 MHz et surtout 144 MHz méritent alors une écoute attentive en direction du nord.

Les signaux réfléchis ou diffusés par la région aurorale prennent un aspect très particulier. En CW, la note devient rauque et soufflée ; en SSB, les voix peuvent être fortement déformées. Les modes numériques classiques sont souvent moins efficaces à cause de l’étalement Doppler.

Propagation aurorale

Que faut-il surveiller ?

Trois paramètres sont particulièrement intéressants : l’indice Kp, la vitesse du vent solaire et surtout le Bz du champ magnétique interplanétaire. Un Bz orienté durablement vers le sud favorise le couplage avec le champ magnétique terrestre et peut intensifier la tempête.

Une G2 n’est donc pas une catastrophe pour nos bandes : c’est plutôt un formidable laboratoire grandeur nature pour le radioamateur.

Pour suivre l’événement : NOAA Space Weather Prediction Center

POTA : tout le shack dans un sac à dos !

POTA dans le sac

Dans notre précédent article, « POTA : la radio au vert, mode d’emploi ! », nous avons découvert les règles du Parks on the Air, comment choisir un parc et surtout où installer sa station pour que l’activation soit valide.

Cette fois, passons à la pratique : que faut-il réellement emporter pour réussir une activation POTA ? Faut-il 100 W, une énorme batterie et 20 mètres de coaxial, ou peut-on faire tenir toute la station dans un sac à dos ?

La réponse est : les deux ! POTA se prête aussi bien à la station QRP ultralégère qu’à l’installation confortable depuis une voiture. La documentation officielle distingue d’ailleurs plusieurs styles : sac à dos, table de pique-nique, vélo, voiture, camping ou installation plus importante.

Anatomie d'une station POTA

Anatomie d’une station POTA : transceiver, batterie LiFePO4, antenne, mât, coaxial, logging et quelques accessoires suffisent pour constituer une station portable efficace. L’objectif n’est pas d’emporter tout le shack, mais uniquement ce qui sera réellement utile sur le terrain.

Le transceiver : 5, 20 ou 100 W ?

Avec 5 à 10 W, un petit transceiver QRP permet de construire une station extrêmement légère. Une batterie de faible capacité suffit et tout peut tenir dans un sac. En contrepartie, il faudra davantage compter sur une bonne antenne, la propagation et le spotting.

Autour de 20 à 25 W, nous obtenons un excellent compromis : suffisamment de puissance pour faciliter les contacts tout en conservant une consommation et un poids raisonnables.

Enfin, 50 à 100 W offrent davantage de confort lorsque les conditions deviennent difficiles. Mais la consommation en émission augmente considérablement : batterie, câbles et parfois même antenne deviennent plus imposants.

POTA n’impose pas de puissance particulière : le choix dépend donc avant tout du type d’activation envisagé.

La batterie : pas besoin d’emporter une centrale électrique !

Pour le portable, les batteries LiFePO4 sont particulièrement intéressantes : elles sont relativement légères, supportent de nombreux cycles et leur tension reste assez stable pendant la décharge.

Mais quelle capacité choisir ?

Prenons une radio consommant 1 A en réception et 5 A en émission. Pour une activation de trois heures avec environ 20 % du temps en émission :

Réception : 1 A × 2,4 h = 2,4 Ah
Émission : 5 A × 0,6 h = 3 Ah

Nous obtenons environ 5,4 Ah. En ajoutant une marge confortable, une batterie de 7 à 10 Ah conviendrait.

Avec un transceiver de 100 W pouvant demander autour de 20 A en émission, le calcul change radicalement !

Avant le départ, chargez évidemment toutes les batteries. Cela semble évident, mais cette vérification figure également parmi les recommandations du guide officiel POTA.

L’antenne : quelques mètres de fil peuvent faire des miracles

Une bonne antenne est probablement plus importante que quelques dizaines de watts supplémentaires.

L’EFHW est très appréciée en portable : légère, peu encombrante et utilisable sur plusieurs bandes lorsqu’elle est correctement conçue.

Le dipôle, éventuellement monté en V inversé, reste une valeur sûre. Il demande toutefois deux brins et un support suffisamment haut.

La verticale est intéressante lorsque l’espace horizontal manque. Elle peut être très rapide à installer, mais nécessitera généralement des radians.

Enfin, un fouet télescopique associé à un système d’adaptation peut constituer une station extrêmement compacte.

Nous reviendrons en détail sur ces solutions dans un prochain article consacré aux antennes POTA.

Et comment faire tenir tout cela en l’air ?

Le mât télescopique en fibre de verre est devenu un compagnon idéal des opérations portables. Léger et repliable, il permet de supporter une antenne filaire sans transporter un pylône !

Un petit trépied, quelques haubans et des sardines peuvent compléter l’installation.

Depuis une voiture, un support maintenu sous une roue permet également d’installer rapidement un mât.

Attention toutefois : un parc n’est pas votre jardin. Certains gestionnaires interdisent de planter des piquets ou de fixer cordes et antennes aux arbres. POTA recommande donc de vérifier les règles locales avant l’installation.

Le petit adaptateur qui peut gâcher la journée

La radio est là. La batterie aussi. L’antenne est montée…

Et l’adaptateur BNC/PL-259 est resté sur l’établi !

C’est souvent le petit matériel qui fait défaut : coaxial, adaptateurs, câble d’alimentation, fusibles, microphone, manipulateur CW, écouteurs, cordelette, sardines, ruban adhésif, stylo…

La solution est toute simple : faites une checklist.

La checklist avant de fermer le coffre

La checklist avant de partir en POTA : radio, batterie chargée, antenne, mât, coaxial, adaptateurs, logging et accessoires… quelques minutes de vérification avant le départ peuvent éviter une activation écourtée par un simple câble oublié. Pensez également à votre confort, à la sécurité et au respect des règles du parc.

Le guide POTA conseille justement de vérifier deux fois le matériel, d’utiliser des listes et d’emporter des pièces de secours lorsque cela est raisonnablement possible. Il recommande également de conserver les manuels et documents utiles sur papier ou hors ligne.

Smartphone, ordinateur… ou bon vieux papier ?

Pour enregistrer les QSO, plusieurs écoles s’affrontent.

Un smartphone ou une tablette constitue une solution légère. Un ordinateur apporte davantage de confort, notamment pour les modes numériques, mais ajoute poids, câbles et consommation.

Et puis il existe cette technologie révolutionnaire qui fonctionne sans batterie :

le carnet et le crayon !

Même avec un logging informatique, gardez-en toujours un dans le sac. Le guide officiel POTA recommande lui aussi un log papier de secours : un ordinateur peut tomber en panne ou manquer d’énergie.

Après l’activation, le journal devra finalement être exporté au format ADIF pour être transmis à POTA.

Trois façons de mettre le shack dans le sac

5 W / 20 W / 100 W : quel POTA êtes-vous ?

Trois façons d’aborder le POTA : de la station QRP ultralégère de 5 à 10 W transportée à pied jusqu’à l’installation confortable de 50 à 100 W près du véhicule, chacun peut adapter puissance, batterie, antenne et matériel à son style d’activation. La station polyvalente de 20 à 25 W constitue un excellent compromis entre poids, autonomie et facilité de trafic.

Ultralégère Polyvalente Confort
Puissance 5–10 W 20–25 W 50–100 W
Batterie 3–6 Ah 6–10 Ah 10–20 Ah
Antenne EFHW / fouet EFHW / dipôle dipôle / verticale
Support mât léger mât 6–10 m mât / trépied
Logging papier / smartphone smartphone / tablette tablette / PC
Transport sac à dos sac + housse véhicule

Il n’existe donc pas une station POTA idéale. Celui qui marche plusieurs kilomètres recherchera chaque gramme superflu ; celui qui opère à quelques mètres de sa voiture pourra privilégier autonomie et confort.

Le meilleur matériel ? Celui que vous maîtrisez !

Pour une première activation, inutile de vouloir construire la station portable ultime. Commencez avec le matériel que vous connaissez déjà.

Installez même votre future station dans le jardin avant de partir : radio, batterie, mât, antenne et logging. Chronométrez le montage et vérifiez que rien ne manque.

POTA recommande de commencer par des parcs facilement accessibles et adaptés à son niveau d’expérience. Avec la pratique, on peut progressivement s’aventurer vers des activations plus exigeantes.

Car finalement, réussir une station POTA ne consiste pas à transporter tout le shack.

C’est plutôt découvrir tout ce dont on peut se passer !

Pour aller plus loin

ERMINAZ : trois satellites de poche pour recevoir des images SSDV depuis l’espace

Banniere ERMINAZ : trois satellites

Après avoir découvert sur F5KEE la SSDV et son fonctionnement, passons maintenant à une application particulièrement intéressante de cette technique : recevoir des images directement depuis de minuscules satellites en orbite.

Avec ERMINAZ-1U, ERMINAZ-1V et ERMINAZ-1X, AMSAT-DL prépare en effet une petite constellation expérimentale destinée notamment aux radioamateurs. Et lorsque l’on dit petite, le terme est parfaitement adapté : chacun de ces satellites appartient à la famille des PocketQubes 1P, soit un cube d’environ 5 × 5 × 5 cm pour une masse de l’ordre de 250 grammes.

Malgré ces dimensions minuscules, ils embarquent de quoi réaliser de nombreuses expériences radio. Voyons ce qu’ils vont faire et, surtout, comment nous pourrons recevoir leurs images en SSDV.

ERMINAZ : trois satellites gros comme une petite boîte

Le projet ERMINAZ est développé autour d’AMSAT-DL avec la participation de plusieurs partenaires du monde spatial et radioamateur.

Les trois satellites ERMINAZ-1U, 1V et 1X doivent être placés sur une orbite basse, prévue autour de 500 km, avec une inclinaison voisine de 97,6°. Cette orbite quasi polaire permettra aux satellites de survoler régulièrement une grande partie du globe.

Le lancement est actuellement prévu à bord du lanceur RFA One, depuis le centre spatial de SaxaVord, dans les îles Shetland.

Le projet ne consiste cependant pas simplement à mettre trois balises radio en orbite. ERMINAZ a été pensé comme une véritable plate-forme d’expérimentation radioamateur et éducative.

Trois satellites pour expérimenter

L’un des intérêts de la mission est de pouvoir travailler sur plusieurs bandes.

Les fréquences publiées actuellement par AMSAT-DL sont notamment :

ERMINAZ-1U : 435,775 MHz
ERMINAZ-1V : 145,965 MHz
ERMINAZ-1X : 435,500 MHz

Ces valeurs devront naturellement être vérifiées à l’approche du lancement, les coordinations et configurations opérationnelles pouvant encore évoluer.

Pour les radioamateurs, cette diversité est intéressante. Elle permettra notamment de comparer la réception d’un PocketQube sur 2 mètres et 70 centimètres, avec des différences sensibles concernant les antennes, le Doppler ou encore le bilan de liaison.

La constellation ERMINAZ

ERMINAZ-1U, 1V et 1X : trois PocketQubes de seulement 5 cm de côté destinés à l’expérimentation radioamateur. Depuis une orbite d’environ 500 km, ils permettront notamment de recevoir télémétrie, données numériques et images SSDV sur les bandes VHF et UHF.

Beaucoup de radio dans seulement 125 cm³ !

Malgré leur taille, les ERMINAZ doivent proposer plusieurs services et expériences.

On trouve notamment une balise CW, de la télémétrie numérique, des transmissions suivant les recommandations CCSDS, un digipeater, une fonction mailbox Store & Forward et, ce qui va particulièrement nous intéresser ici, la transmission d’images SSDV.

Les satellites serviront également à expérimenter différentes modulations numériques.

Parmi les modes envisagés figurent GFSK, GMSK, BPSK et QPSK, avec des débits pouvant aller approximativement de 9 600 à 38 400 bit/s suivant la modulation utilisée.

Différents formats de trames pourront également être expérimentés, parmi lesquels CCSDS, AX.25 et IEEE 802.15.4.

ERMINAZ devient ainsi bien davantage qu’une simple balise : c’est un petit laboratoire de communications numériques placé en orbite.

Une caméra et des images SSDV

C’est probablement l’expérience la plus spectaculaire pour l’amateur qui débute dans la réception satellite.

Le satellite prend une image avec sa caméra. Mais contrairement à la SSTV analogique, il ne transforme pas directement les lignes de l’image en tonalités audio.

Avec la SSDV — Slow Scan Digital Video — l’image suit un chemin complètement numérique :

Caméra → image JPEG → encodeur SSDV → paquets numériques → émetteur radio

Comment une image SSDV descend du satellite

Le parcours complet d’une image SSDV avec ERMINAZ : la photographie est compressée en JPEG, découpée en paquets SSDV puis transmise par radio. Au sol, notre station reçoit et démodule ces paquets avant de les réassembler pour reconstruire progressivement l’image originale.

Au sol, nous réalisons exactement le chemin inverse :

Antenne → récepteur → démodulation → paquets SSDV → décodeur → image JPEG

C’est donc très différent de la SSTV traditionnelle.

Pourquoi découper l’image en petits morceaux ?

Une liaison avec un satellite en orbite basse est loin d’être parfaite.

Le signal peut subir du fading, des parasites ou simplement devenir trop faible lorsque le satellite approche de l’horizon. Une antenne mal orientée peut également provoquer quelques secondes de mauvaise réception.

Envoyer simplement un fichier JPEG complet serait donc assez risqué.

SSDV contourne le problème en découpant l’image en petits paquets indépendants.

Dans l’implémentation SSDV classique, un paquet possède une longueur de 256 octets. Il contient non seulement une partie de l’image, mais également différentes informations permettant au décodeur de savoir à quelle image et à quelle position correspondent les données reçues.

Et si nous perdons quelques paquets ?

C’est là que SSDV devient particulièrement intéressante.

Imaginons que le satellite transmette :

1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6 – 7 – 8

Notre station reçoit :

1 – 2 – 3 – ❌ – 5 – 6 – ❌ – 8

Nous avons perdu les paquets 4 et 7.

Cela ne signifie pas nécessairement que toute l’image est perdue. Le décodeur peut reconstruire les parties correctement reçues et laisser apparaître des défauts aux endroits correspondant aux données manquantes.

Plus nous recevons de paquets, plus l’image devient complète.

Le format SSDV classique peut également utiliser une correction d’erreurs Reed-Solomon, permettant de récupérer certains paquets comportant des erreurs.

C’est exactement le genre de technique particulièrement bien adapté à une liaison radio avec un petit satellite.

Plusieurs stations pour reconstruire une image

SSDV possède encore un avantage particulièrement séduisant pour le monde radioamateur.

Imaginons trois stations :

F5KEE reçoit les paquets 1, 2, 4 et 6.
Une autre station reçoit 1, 3, 4 et 5.
Une troisième reçoit 2, 3, 5 et 6.

Individuellement, aucune ne possède tous les paquets.

Mais en regroupant leurs réceptions, nous obtenons :

1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6

L’image peut alors être beaucoup mieux reconstruite.

Ce principe de réception collaborative est déjà largement utilisé dans le monde des ballons stratosphériques SSDV. Pour ERMINAZ, il faudra toutefois attendre la publication de la chaîne opérationnelle définitive avant de savoir précisément comment seront centralisées et exploitées les images reçues par les différentes stations.

Une image SSDV malgré les paquets perdus

La SSDV reste exploitable même lorsque certains paquets sont perdus pendant la liaison satellite. Chaque station peut recevoir des fragments différents de l’image ; en regroupant les paquets provenant de plusieurs radioamateurs, il devient possible de reconstruire une image beaucoup plus complète.

Quelle station faudra-t-il ?

Bonne nouvelle : il ne faudra pas nécessairement disposer d’une station satellite extrêmement sophistiquée pour commencer les expérimentations.

Une station pourra typiquement comporter :

une antenne VHF/UHF, éventuellement directive, un SDR, un ordinateur et les logiciels nécessaires à la poursuite du satellite, à la correction du Doppler et au décodage des transmissions numériques.

Pour les signaux les plus faibles, une antenne Yagi associée à un LNA placé près de l’antenne apportera évidemment un avantage important.

Le véritable défi viendra probablement davantage de la réception correcte des transmissions numériques à haut débit que de la seule détection de la balise.

Une fois les paquets récupérés, ils pourront être traités afin d’extraire la télémétrie ou de reconstruire progressivement les images SSDV.

Des satellites minuscules, mais un formidable terrain d’expérimentation

ERMINAZ illustre parfaitement l’évolution actuelle des satellites radioamateurs.

Dans un cube de seulement cinq centimètres de côté, il devient possible d’intégrer un ordinateur de bord, des capteurs, une caméra et un système radio capable d’expérimenter plusieurs modulations numériques.

Pour nous, radioamateurs, l’intérêt est considérable.

Nous ne nous contenterons pas d’entendre un « bip » provenant de l’espace. Nous pourrons observer les signaux sur le waterfall, mesurer leur Doppler, décoder la télémétrie, étudier différentes modulations et surtout transformer une succession de petits paquets radio en une véritable photographie prise depuis l’orbite.

Et c’est probablement ce qui résume le mieux ERMINAZ : trois satellites de poche qui pourraient devenir un formidable laboratoire radio à 500 km au-dessus de nos antennes.

Pour aller plus loin

AMSAT-DL — ERMINAZ
https://amsat-dl.org/erminaz/

IARU — Coordination ERMINAZ
https://iaru.amsat-uk.org/formal_detail.php?serialnum=968

AMSAT-DL — Coordination des fréquences et modes numériques
https://amsat-dl.org/en/erminaz-iaru-frequency-coordination-is-completed/

Dépôt technique ERMINAZ
https://gitlab.com/amsat-dl/erminaz/erminaz-1-org

Station sol ERMINAZ
https://gitlab.com/DL4PD/erminaz-groundstation

SSDV — implémentation de référence
https://github.com/fsphil/ssdv

UKHAS — Guide SSDV
https://ukhas.org.uk/doku.php?id=guides:ssdv

POTA : la radio au vert, mode d’emploi !

Banniere POTA mode d'emploi

Vous aimez la radio, les antennes et prendre l’air ? Alors le POTA, pour Parks on the Air, devrait vous plaire. Le principe est simple : quitter momentanément le confort du shack, installer sa station dans un parc référencé et contacter d’autres radioamateurs.

Mais peut-on poser son transceiver sur n’importe quelle table de pique-nique ? L’antenne peut-elle dépasser du parc ? Faut-il obligatoirement fonctionner en QRP ? Combien de QSO faut-il réaliser ? Voyons les règles avant de mettre la radio dans le sac.

Activator ou Hunter ?

POTA distingue deux participants. L’Activator est le radioamateur qui émet depuis un parc reconnu par POTA. Le Hunter, lui, cherche à contacter les stations présentes dans ces parcs.

Bonne nouvelle : pour devenir Hunter, inutile de sortir les chaussures de randonnée. Vous pouvez contacter un activator depuis votre domicile, votre voiture ou pratiquement n’importe quelle station autorisée.

C’est d’ailleurs une excellente façon de découvrir POTA avant de tenter sa première activation.

Tous les parcs ne sont pas POTA

Un espace vert près de chez vous n’est pas automatiquement une référence POTA. Les sites utilisables figurent dans la liste officielle du programme et possèdent une référence spécifique.

La carte disponible sur le site POTA permet de rechercher ces références. Attention cependant : le point affiché sur la carte n’indique qu’une position approximative. Avant de partir, POTA recommande de consulter les sources officielles du parc afin d’en vérifier précisément les limites.

C’est important, car quelques mètres peuvent parfois faire toute la différence.

Où installer sa station ?

C’est probablement la règle POTA la plus importante : l’activator et tout son équipement doivent se trouver sur une propriété publique à l’intérieur des limites du parc.

Où peut-on s'installer ?

Où installer sa station POTA ? L’opérateur et l’ensemble de la station doivent rester sur une propriété publique à l’intérieur des limites de la référence. Une antenne qui dépasse du parc ou une installation sur un terrain privé extérieur rend l’activation non valide. Une activation depuis un véhicule est en revanche possible lorsqu’il est stationné sur une propriété publique située dans le parc.

Le transceiver est dans le parc mais le dipôle traverse la clôture ? Ce n’est pas valable. L’opérateur est dans son jardin qui jouxte une forêt référencée POTA ? Ce n’est pas davantage une activation.

Il faut donc considérer toute l’emprise de la station : opérateur, transceiver, alimentation, antenne et accessoires doivent respecter les limites de la référence.

En revanche, rien n’oblige à partir à pied avec un sac de 20 kg. Une station installée dans une voiture ou un camping-car, garé sur une propriété publique située à l’intérieur du parc, est parfaitement admise.

POTA n’est donc pas réservé aux adeptes du QRP et de la randonnée !

Le cas particulier des sentiers et des rivières

Certaines références POTA correspondent à un sentier ou à une rivière plutôt qu’à un parc possédant des limites classiques.

Dans ce cas, l’opérateur et l’ensemble de sa station doivent être installés sur une propriété publique à moins de 30,5 mètres (100 pieds) du bord du sentier ou de la rivière.

Cas particulier d'un sentier ou d'une rivière

Cas particulier des sentiers et rivières POTA : lorsque le sentier ou la rivière constitue lui-même la référence POTA, l’opérateur et l’ensemble de sa station doivent se trouver sur une propriété publique, à moins de 30,5 m (100 pieds) du bord. Être suffisamment proche ne suffit pas si l’installation se trouve sur une propriété privée.

Cela permet notamment d’utiliser certains parkings ou points d’accès situés à proximité d’un sentier.

POTA ne donne pas tous les droits !

Ce n’est pas parce qu’un endroit possède une référence POTA que l’on peut y faire n’importe quoi.

Les lois, la réglementation radioamateur et les règles du gestionnaire du site restent toujours prioritaires sur les règles POTA.

Un parc peut par exemple interdire l’accès à certaines zones ou certaines installations. Avant de planter un piquet, tendre 40 mètres de fil ou accrocher une antenne à un arbre, mieux vaut donc vérifier ce qui est autorisé.

Et naturellement, nous laissons l’endroit exactement comme nous l’avons trouvé.

Combien de QSO pour réussir l’activation ?

Le chiffre à retenir est 10.

Une activation est réussie lorsque l’opérateur réalise au moins 10 QSO depuis le parc pendant une même journée UTC. Plusieurs périodes d’activité dans le même parc peuvent être cumulées pendant cette journée.

Vous avez démonté l’antenne avec seulement huit contacts dans le log ? Envoyez-le quand même ! L’activation ne sera pas validée comme réussie, mais les Hunters contactés pourront recevoir leurs crédits.

Quelles bandes et quels modes ?

POTA n’impose ni bande particulière, ni mode particulier, ni puissance maximale spécifique au programme. L’opérateur doit naturellement respecter les privilèges de sa licence et la réglementation applicable.

SSB, CW, FM, FT8 et autres modes numériques peuvent donc être utilisés. Les bandes WARC sont également autorisées puisque POTA n’est pas un concours.

Les contacts passant par un répéteur terrestre ne sont pas valables. En revanche, petite subtilité intéressante pour les amateurs de trafic spatial : les contacts par satellite radioamateur sont autorisés.

CQ POTA !

POTA n’impose pas d’échange particulier. Pas besoin d’apprendre une procédure compliquée avant de se lancer.

On pourra simplement appeler :

« CQ POTA, CQ POTA, de F4XXX… »

Indicatif et report permettront d’établir le contact, et il est naturellement pratique d’annoncer sa référence POTA.

L’activator peut également se spotter lui-même sur le site POTA. Les Hunters peuvent eux aussi spotter ou re-spotter une station entendue. Un spot disparaît normalement environ 30 minutes après le dernier signalement.

Avec une petite station portable et quelques watts, ce spotting peut radicalement changer le rythme d’une activation !

Et si deux parcs se contactent ?

Lorsqu’un activator contacte un autre activator, nous obtenons un P2P, Park-to-Park.

Les deux opérateurs obtiennent alors les crédits correspondants. Il est recommandé d’enregistrer la référence du parc du correspondant dans le champ approprié du fichier ADIF afin d’assurer correctement l’attribution des crédits P2P.

Il est même possible d’activer simultanément plusieurs références lorsque leurs territoires se chevauchent réellement. Toute la station doit alors être située dans cette zone commune et un log distinct doit être transmis pour chaque référence.

N’oubliez pas le log

Après l’activation, le travail n’est pas tout à fait terminé.

L’activator doit transmettre son journal de trafic à POTA au format ADIF. Parmi les informations indispensables figurent l’indicatif du correspondant, la date et l’heure UTC, la bande et le mode.

Le fichier peut être directement envoyé depuis la rubrique My Log Uploads du site POTA.

Le Hunter, lui, n’a rien à transmettre à POTA : ses contacts seront crédités grâce aux logs envoyés par les activators.

Alors, on sort la radio ?

Finalement, le POTA repose sur quelques règles assez simples : choisir une référence officielle, vérifier précisément ses limites, installer toute la station au bon endroit, respecter le site, réaliser au moins 10 QSO et envoyer son log.

Ma première activation POTA en 6 étapes

Une activation POTA en six étapes : choisir une référence, vérifier précisément ses limites, installer toute la station dans la zone autorisée, se spotter et appeler CQ, réaliser au moins 10 QSO au cours de la même journée UTC, puis transmettre son log au format ADIF. Une procédure finalement assez simple pour mettre la radio au vert !

Reste maintenant la question qui intéresse forcément le bricoleur radioamateur : que faut-il mettre dans le sac pour réussir sa première activation ?

Transceiver, batterie, antenne, mât, coaxial, carnet de trafic… Voilà justement de quoi préparer notre prochaine sortie — et notre prochain article !

Pour aller plus loin

Recevoir un satellite amateur sur 10 GHz : quelle station faudra-t-il pour GOLF-TEE ?

Banniere GOLF-TEE

Après QO-100, les radioamateurs pourraient bientôt avoir une nouvelle occasion d’expérimenter les 10 GHz depuis l’espace. Mais cette fois, pas question de pointer tranquillement une parabole vers un satellite géostationnaire et de ne plus y toucher : avec GOLF-TEE, il faudra suivre un CubeSat traversant le ciel en quelques minutes !

Alors, faudra-t-il une installation digne d’une station spatiale ? Pas forcément. Une partie du matériel utilisé pour QO-100 pourrait même constituer un excellent point de départ.

GOLF-TEE : un laboratoire radioamateur en orbite

GOLF-TEE, pour Greater Orbit, Larger Footprint – Technology Exploration Environment, est un CubeSat 3U développé dans le cadre du programme GOLF d’AMSAT.

L’objectif dépasse la simple mise en orbite d’un nouveau relais radioamateur. GOLF-TEE doit permettre de tester plusieurs technologies destinées aux futures missions AMSAT : contrôle d’attitude trois axes, systèmes d’alimentation, communications multibandes et surtout un transpondeur SDR de nouvelle génération.

Parmi les expérimentations prévues figure une sortie en bande X, autour de 10 GHz, alimentée par différentes bandes radioamateurs. AMSAT envisage notamment des expériences 2,4 GHz → 10 GHz et 5 GHz → 10 GHz, ainsi que des transmissions numériques pouvant atteindre un débit de l’ordre de 1 Mbit/s.

Le projet étant encore en développement, fréquences, modes et caractéristiques définitives pourront évoluer.

500 km : seulement quelques minutes pour écouter

Contrairement à QO-100, GOLF-TEE doit évoluer en orbite basse, autour de 500 à 550 km selon les informations publiées jusqu’à présent.

À cette altitude, une révolution autour de la Terre prend environ 95 minutes, soit une quinzaine d’orbites par jour. Cela ne signifie évidemment pas quinze passages quotidiens au-dessus de notre station.

Lors d’un excellent passage, le satellite restera théoriquement visible d’un horizon à l’autre pendant environ 12 minutes. En pratique, pour une réception confortable sur 10 GHz, nous chercherons plutôt à travailler au-dessus de 10 ou 20° d’élévation.

Il restera alors typiquement 5 à 8 minutes réellement favorables.

comparaison visuelle QO-100 GEO / GOLF-TEE LEO, avec antenne fixe contre poursuite AZ/EL

Contrairement à QO-100, pratiquement immobile dans le ciel, GOLF-TEE évoluera en orbite basse et devra être poursuivi en azimut et en élévation. À environ 500 km d’altitude, un passage complet dure une douzaine de minutes, dont seulement 5 à 8 minutes particulièrement favorables à la réception sur 10 GHz.

Autrement dit : il faudra être prêt !

Une parabole, mais de quelle taille ?

À 10 GHz, la petite longueur d’onde permet d’obtenir beaucoup de gain avec une antenne relativement compacte.

À titre indicatif, avec un rendement raisonnable :

  • 40 cm : environ 30 dBi ;
  • 60 cm : environ 34 dBi ;
  • 80 cm : environ 36 dBi ;
  • 1 m : environ 38 dBi.

Une parabole de 60 à 80 cm semble donc constituer un excellent point de départ pour expérimenter.

Mais attention au piège : augmenter le diamètre augmente le gain, mais réduit également l’ouverture du faisceau. Une parabole d’un mètre recevra davantage de signal, mais demandera un pointage beaucoup plus précis.

Le choix de l’antenne sera donc un compromis entre gain et facilité de poursuite.

Peut-on recycler une station QO-100 ?

Bonne nouvelle : en réception, une partie importante de l’installation pourrait être familière aux utilisateurs de QO-100.

La chaîne pourrait ressembler à ceci :

Parabole → LNB 10 GHz → fréquence intermédiaire → SDR → ordinateur

Un LNB PLL utilisé pour QO-100 constitue donc une piste intéressante. Sa fréquence intermédiaire pourra être reçue par un RTL-SDR, SDRplay, Airspy ou un autre récepteur SDR compatible.

Il faudra toutefois attendre les caractéristiques définitives du signal GOLF-TEE avant de déterminer précisément la bande passante et le matériel nécessaire, particulièrement pour les expériences numériques à haut débit.

La stabilité devient importante

À 10 GHz, une petite erreur de l’oscillateur local du LNB provoque un décalage important de la fréquence reçue.

Les amateurs de QO-100 connaissent déjà le problème : température extérieure, échauffement du LNB et qualité de son oscillateur peuvent provoquer une dérive gênante.

Trois solutions sont envisageables : utiliser un bon LNB PLL, remplacer ou améliorer sa référence par un TCXO, ou employer une référence externe extrêmement stable provenant d’un GPSDO.

Pour les modes numériques étroits, cette dernière solution sera particulièrement intéressante.

Le Doppler : plusieurs centaines de kHz !

Voici une différence spectaculaire avec QO-100.

Un satellite LEO se déplace à environ 7,5 km/s. Sur 10 GHz, sa vitesse radiale peut provoquer un décalage Doppler dépassant 200 kHz en début et en fin de passage.

Le signal pourra donc parcourir plusieurs centaines de kilohertz sur le waterfall pendant le passage !

waterfall pédagogique montrant le signal 10 GHz traversant plusieurs centaines de kHz pendant un passage

À 10 GHz, l’effet Doppler devient spectaculaire : lors d’un passage favorable de GOLF-TEE, le signal peut se décaler de plus de 200 kHz à l’approche du satellite, passer près de sa fréquence nominale autour de l’élévation maximale, puis se retrouver décalé de plus de 200 kHz dans l’autre sens lorsqu’il s’éloigne. Une correction Doppler automatique du SDR permettra de conserver le signal dans la bande de réception pendant tout le passage.

Heureusement, cette variation est parfaitement prévisible. À partir des données orbitales du satellite, un logiciel de poursuite peut calculer simultanément sa position et la correction Doppler à appliquer au SDR.

Le véritable défi : suivre la parabole

C’est probablement là que GOLF-TEE sera beaucoup plus exigeant que QO-100.

Notre parabole devra être installée sur un système motorisé azimut/élévation (AZ/EL). Un logiciel comme GPredict pourra calculer la position du satellite, tandis qu’un contrôleur commandera les moteurs.

La station devient alors :

Données orbitales → logiciel → rotor AZ/EL → parabole

et parallèlement :

logiciel → correction Doppler → SDR

Une difficulté supplémentaire apparaîtra lors des passages proches du zénith : le satellite pourra changer d’azimut extrêmement rapidement. Le rotor devra donc être suffisamment rapide et précis.

chaîne complète parabole → LNB → SDR → PC, avec la correction Doppler

Architecture possible d’une station de réception GOLF-TEE sur 10 GHz : une parabole de 60 à 80 cm montée sur rotor AZ/EL alimente un LNB ou downconverter stable, puis un SDR. L’ordinateur assure simultanément la réception, la correction du Doppler et le pilotage automatique de la parabole à partir de la position calculée du satellite.

À quoi pourrait ressembler une station GOLF-TEE ?

Pour commencer, nous pourrions imaginer une parabole de 60 à 80 cm, un LNB PLL suffisamment stable, un SDR et un ordinateur.

Pour une station réellement automatisée, ajoutons un rotor AZ/EL pilotable par ordinateur et la correction automatique du Doppler.

Enfin, la station de l’expérimentateur exigeant pourrait employer un LNB ou downconverter référencé par GPSDO, un SDR offrant une bande passante importante et un système de poursuite entièrement automatique.

Tout cela peut déjà être préparé avant même le lancement.

Un nouveau terrain d’expérimentation

GOLF-TEE pourrait finalement être beaucoup plus intéressant techniquement que ne le laisse penser la simple mention « réception 10 GHz ».

Avec QO-100, nous avons appris à recevoir des signaux micro-ondes provenant de l’espace. Avec un satellite LEO comme GOLF-TEE, il faudra ajouter la poursuite rapide, le calcul orbital et la correction Doppler.

La difficulté ne sera donc pas seulement d’entendre un signal faible.

Il faudra être au bon endroit, dans la bonne direction et sur la bonne fréquence… pendant les quelques minutes où le satellite sera au-dessus de nous.

Pour aller plus loin

Un transceiver de 144 MHz à 6 GHz dans un satellite : découvrons le SDR Gen 2 d’AMSAT

Banniere GEN2

Imaginez un satellite radioamateur capable de fonctionner en VHF, UHF, 1,2 GHz, 2,4 GHz ou 5,6 GHz, de transmettre en CW, SSB, FM, FT8 ou SSTV et même d’évoluer après son lancement grâce au logiciel.

C’est précisément la philosophie du SDR Gen 2, actuellement développé par AMSAT. Une véritable « radio à tout faire » destinée aux futurs satellites Fox-Plus et GOLF.

Une radio qui tient dans un CubeSat

Développé notamment par Ray Roberge, WA1CYB, le SDR Gen 2 est un transceiver/transpondeur programmable reposant sur la technologie SDR — Software Defined Radio.

Le défi est considérable : AMSAT veut intégrer cette radio dans l’encombrement disponible d’un CubeSat 1U, tout en assurant une couverture continue de 144 MHz à 6 GHz.

Cela permet de couvrir directement plusieurs bandes bien connues des radioamateurs :

  • VHF : 144 MHz ;
  • UHF : 430 MHz ;
  • 900 MHz ;
  • bande L : autour de 1,2 GHz ;
  • bande S : autour de 2,4 GHz ;
  • bande C : autour de 5,6 GHz.

Et AMSAT ne compte pas s’arrêter là.

De 144 MHz jusqu’à… 10 GHz

Le SDR Gen 2 couvre directement les fréquences jusqu’à 6 GHz, mais AMSAT prévoit également une conversion permettant d’atteindre 10 GHz. C’est ce que l’organisation appelle parfois la capacité « Five & Dime », en référence aux bandes 5 et 10 GHz.

Nous entrons alors véritablement dans le domaine des micro-ondes, avec la possibilité d’expérimenter des liaisons plus larges et des transmissions de données rapides.

spectre 144 MHz → 6 GHz → 10 GHz, avec VHF/UHF/L/S/C/X

Le SDR Gen 2 d’AMSAT couvre en continu les fréquences de 144 MHz à 6 GHz, englobant les principales bandes satellites radioamateurs VHF, UHF, L, S et C. Une conversion RF supplémentaire doit permettre d’étendre ses possibilités jusqu’à la bande X, autour de 10 GHz.

Sur le projet GOLF-TEE, AMSAT travaille justement sur un transpondeur SDR multibande pouvant recevoir sur les bandes V, U, L, S ou C et utiliser une liaison descendante en 10 GHz.

Five & Dime

Le concept « Five & Dime » du SDR Gen 2 ouvre la voie aux liaisons satellites radioamateurs dans les micro-ondes. Le SDR couvre directement les fréquences jusqu’à 6 GHz, tandis qu’une conversion RF permet d’envisager une liaison descendante autour de 10 GHz, notamment pour les futures missions GOLF d’AMSAT. De telles fréquences offrent davantage de bande passante et permettent d’expérimenter des transmissions numériques à plus haut débit.

Une radio définie par logiciel

Le véritable intérêt du SDR Gen 2 n’est pourtant pas sa couverture en fréquence, mais sa programmabilité.

Dans un transpondeur traditionnel, une grande partie de la fonction radio est déterminée par l’électronique. Avec un SDR, le signal est numérisé et une partie importante du traitement est effectuée par logiciel.

schéma fonctionnel pédagogique du SDR Gen 2, de l'antenne au traitement GNU Radio

Principe de fonctionnement du SDR Gen 2 d’AMSAT : après la chaîne RF large bande, les signaux sont convertis en données numériques puis traités par la plateforme embarquée. Le logiciel, notamment à travers GNU Radio, permet de définir différentes fonctions radio — répéteur, transpondeur, modes numériques ou transmission de données — sans devoir concevoir une électronique spécifique pour chaque usage.

Le SDR Gen 2 s’appuie notamment sur GNU Radio, environnement open source bien connu des expérimentateurs SDR.

Résultat : la même plateforme peut potentiellement remplir des fonctions très différentes sans devoir redessiner toute la chaîne radio.

CW, SSB, FT8, FM, SSTV…

AMSAT annonce une impressionnante variété de modes : CW, SSB, FT8, NBFM, SSTV, FSTV/ATV, auxquels pourront s’ajouter différents modes numériques.

Un même matériel pourrait donc devenir un transpondeur vocal, transporter des données ou servir à différentes expérimentations numériques.

C’est un changement important : plutôt que d’envoyer dans l’espace une radio conçue pour une fonction très précise, on envoie une plateforme radio reconfigurable.

Et les transmissions rapides ?

Les différentes publications d’AMSAT utilisent plusieurs unités pour caractériser les performances envisagées. L’état du projet publié en août 2026 indique notamment un débit descendant minimal de 1 Msps. D’autres communications AMSAT ont évoqué 1 Mbps, voire jusqu’à 1 MBps.

Attention à ne pas les confondre : échantillons par seconde, bits par seconde et octets par seconde ne représentent pas la même chose. Les performances définitives dépendront également du mode utilisé et de la configuration retenue pour chaque mission.

Un projet ouvert

Autre caractéristique particulièrement intéressante pour les radioamateurs : AMSAT prévoit que le matériel comme le logiciel soient open source.

Le projet ne concerne donc pas seulement quelques ingénieurs développant une boîte noire destinée à être lancée dans l’espace. Il pourrait également devenir une formidable plateforme d’expérimentation pour la communauté radioamateur.

Bientôt dans l’espace ?

Le SDR Gen 2 est encore en développement. Il ne faut donc pas chercher aujourd’hui son signal dans le ciel.

AMSAT prévoit cependant cette architecture pour ses futurs programmes Fox-Plus et GOLF. Le projet GOLF est particulièrement ambitieux puisqu’il doit contribuer au retour d’AMSAT vers des orbites plus élevées et donc des zones de couverture beaucoup plus importantes.

Avec SDR Gen 2, le satellite radioamateur pourrait ainsi progressivement devenir ce que nos stations terrestres sont déjà en train de devenir : un ordinateur auquel on ajoute des antennes et dont une grande partie de la radio est définie par logiciel.

Et lorsque ces satellites travailleront couramment à 5 ou 10 GHz, il faudra aussi commencer à repenser sérieusement… nos stations satellites au sol !

Pour aller plus loin

JAMX01 et BY70-4 : les premières écoutes commencent !

Banniere JAMX01 + BY70-4

À peine placés en orbite, JAMX01 et BY70-4 commencent à attirer l’attention des chasseurs de satellites. Lancés le 25 août 2026 à 03 h 30 UTC depuis le centre spatial de Taiyuan, en Chine, à bord d’une Longue Marche 6C, ces deux microsatellites éducatifs embarquent des équipements utilisant les bandes radioamateurs.

JAMX01 : FM, SSTV et télémétrie

JAMX01, ou Jing’an Dream Star, est un microsatellite d’environ 50 kg, développé dans le cadre d’un projet éducatif impliquant des étudiants du district de Jing’an à Shanghai et des radioamateurs.

Pour nous, son intérêt réside surtout dans une charge utile particulièrement complète. Quatre fréquences ont été coordonnées par l’IARU :

  • 145,950 MHz : montée du digipeater FM ;
  • 435,175 MHz : descente du digipeater FM ;
  • 435,075 MHz : balise BPSK 9600 bauds et transmissions SSTV ;
  • 435,500 MHz : télémétrie.

Le satellite est désormais indiqué comme opérationnel dans la base SatNOGS, avec l’identifiant temporaire 98248.

Le couple 145,950 MHz → 435,175 MHz est évidemment celui que nous surveillerons particulièrement : dès que le digipeater sera pleinement ouvert à l’utilisation radioamateur, il devrait permettre de réaliser des liaisons VHF/UHF pendant les passages favorables.

La réception SSTV sur 435,075 MHz constitue également une activité intéressante et relativement accessible avec une station satellite classique.

BY70-4 : rendez-vous sur 437,443 MHz

Son compagnon de voyage BY70-4, également appelé Harbin MicroSat, est plus léger avec environ 18,7 kg. Développé par l’équipe LilacSat de l’Institut de technologie de Harbin, il embarque notamment plusieurs caméras, dont une capable de produire des images JPEG et SSDV, ainsi qu’un système de messages courts.

Pour commencer la chasse, une fréquence est à retenir :

437,443 MHz – BPSK à 9 600 bit/s

Le format de télémétrie est annoncé comme compatible avec ASRTU. La situation est cependant un peu particulière : BY70-4 réutilise la coordination précédemment attribuée à BY70-3, aujourd’hui rentré dans l’atmosphère.

À vos SDR !

Ces premiers jours sont particulièrement intéressants : fréquences exactes, Doppler, niveau des signaux et comportement réel des charges utiles vont progressivement être documentés par la communauté.

Avec un SDR, une antenne VHF/UHF et un logiciel de suivi satellite, nous pouvons déjà surveiller les passages. JAMX01 et BY70-4 viennent à peine d’arriver en orbite : la chasse aux premiers signaux est ouverte !

Pour aller plus loin

AMSAT Francophone – JAMX01 et BY70-4
SatNOGS – JAMX01
SatNOGS – BY70-4
Coordination IARU – JAMX01