Bienvenue sur le Site du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon (91 – Essonne)!

Chers(es) visiteurs(ses) et passionnés(es) de radio et de sciences,

Le Radio-Club F5KEE vous accueille à la Maison des Associations de Viry-Châtillon, au cœur de l’Essonne. Dans ce lieu ouvert et convivial, nous réunissons toutes celles et ceux qui partagent la curiosité des sciences, des techniques et des communications sans fil.

Le radioamateurisme, c’est bien plus qu’un simple hobby :
c’est une passion universelle, où l’on apprend à dialoguer avec le monde entier, à construire ses propres antennes et équipements, à explorer la propagation des ondes, mais aussi à découvrir les technologies numériques et les satellites.

À qui s’adresse le radio-club ?

Le F5KEE s’adresse à tous les publics :

  • les curieux qui veulent découvrir ce qu’est la radio et comment on peut communiquer sans Internet,

  • les jeunes et étudiants attirés par la technique, l’électronique ou l’aéronautique,

  • les futurs radioamateurs qui souhaitent préparer la licence,

  • les opérateurs confirmés qui veulent partager leurs expériences, expérimenter ou participer à des contests,

  • et plus largement, toute personne désireuse d’apprendre, de pratiquer et d’échanger dans un cadre associatif.

Que fait-on au F5KEE ?

Nos activités sont variées et adaptées à tous les niveaux :

  • Découverte et formation : initiation aux bases de la radio, aide à la préparation de la licence radioamateur.

  • Pratique du trafic : contacts en phonie, en CW (morse), en modes numériques (FT8, …), via satellites ou encore à travers le monde en HF.

  • Expérimentations techniques : réalisation et essais d’antennes, utilisation du SDR, projets autour de l’Arduino ou d’interfaces numériques.

  • Activités collectives : organisation de démonstrations publiques, projets éducatifs en lien avec les écoles ou évènements internationaux (ARISS, QO-100, etc.).

  • Vie de club : échanges, entraide, convivialité et partage de connaissances dans une ambiance amicale.

Pourquoi nous rejoindre ?

Adhérer au Radio-Club F5KEE, c’est rejoindre une communauté dynamique et passionnée, c’est apprendre en pratiquant, c’est aussi trouver un lieu où la curiosité technique et la convivialité se conjuguent au quotidien.

C’est également l’occasion d’acquérir des bases solides en électricité et en électronique, compétences précieuses pour comprendre le fonctionnement des équipements mais aussi pour, pourquoi pas, préparer un futur métier dans les domaines techniques, scientifiques ou industriels.

Que vous soyez simple curieux, débutant ou opérateur chevronné, poussez la porte de la Maison des Associations de Viry-Châtillon : F5KEE vous accueille et vous invite à découvrir le monde fascinant du radioamateurisme.

L’équipe du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon

Yaesu FTX-1 : nouveau firmware et enfin le logiciel ADMS-19

Bannier Yeasu FTX-1 ADMS19

Le Yaesu FTX-1 poursuit son évolution. Après plusieurs mises à jour depuis sa commercialisation, Yaesu propose un nouveau firmware accompagné d’une nouveauté particulièrement attendue : ADMS-19, le logiciel permettant de gérer plus facilement les mémoires du transceiver depuis un ordinateur.

FTX-1 Yaesu et ADMS19

Le Yaesu FTX-1 peut désormais profiter du logiciel ADMS-19 pour la gestion de ses mémoires.

Un nouveau firmware pour le FTX-1

Cette mise à jour concerne plusieurs composants logiciels internes du FTX-1 :

  • DISPLAY : 01-10
  • MAIN : 01-13
  • DSP : 01-10
  • SDR : 01-06 (inchangé)
  • OPT : 01-14

Comme souvent avec les équipements SDR modernes, le FTX-1 repose sur plusieurs firmwares indépendants. Il est donc important de vérifier les différentes versions présentes dans le poste avant d’effectuer la mise à jour.

Mais cette fois, l’intérêt principal n’est probablement pas dans les numéros de version.

ADMS-19 : enfin !

La véritable nouveauté est l’arrivée d’ADMS-19 (Amateur Data Management System), le logiciel de gestion destiné spécifiquement au FTX-1.

Ce type d’outil existe déjà pour plusieurs transceivers Yaesu. Il permet de préparer et modifier confortablement sur ordinateur les mémoires du poste, plutôt que de tout saisir depuis son écran.

Et sur un appareil aussi polyvalent que le FTX-1, capable de travailler en HF, 50 MHz, VHF et UHF, l’intérêt est évident.

Fréquences favorites, relais, noms des mémoires, modes, décalages ou encore tonalités peuvent rapidement représenter des dizaines, voire des centaines d’entrées. ADMS-19 devrait rendre leur organisation beaucoup plus pratique.

Mise à jour par carte microSD

La mise à jour du FTX-1 s’effectue à l’aide d’une carte microSD, préalablement formatée dans le transceiver.

Les fichiers du firmware sont ensuite placés dans le dossier prévu sur la carte avant de lancer la procédure depuis le FTX-1.

Comme toujours, il faudra suivre scrupuleusement les instructions de Yaesu et surtout ne jamais interrompre l’alimentation pendant la mise à jour.

Le FTX-1 continue de mûrir

Depuis son lancement, le FTX-1 a déjà reçu plusieurs améliorations importantes par logiciel. WIRES-X, par exemple, n’est arrivé qu’avec une mise à jour publiée en mars 2026.

L’arrivée d’ADMS-19 confirme donc une tendance : le matériel était là, mais l’environnement logiciel du FTX-1 continue progressivement de se compléter.

On pourra évidemment regretter qu’un logiciel de gestion des mémoires arrive aussi tard pour un transceiver de cette catégorie.

Mais pour les possesseurs du FTX-1, l’essentiel est ailleurs : ADMS-19 est enfin là, et programmer son FTX-1 depuis un PC devrait devenir beaucoup plus confortable.

Icom IC-7110 : le X-026 enfin dévoilé — que vaut réellement le successeur de l’IC-7100 ?

Banniere ICOM IC7110

Depuis plusieurs mois, Icom entretenait le mystère autour d’un nouveau transceiver désigné simplement sous le nom de code X-026. Quelques silhouettes, un prototype volontairement dissimulé et suffisamment d’indices pour alimenter les spéculations…

Le voile vient finalement de tomber au Tokyo Ham Fair 2026 : le X-026 devient officiellement Icom IC-7110.

Et le choix de cette référence n’est évidemment pas anodin. L’IC-7110 est présenté comme le successeur direct de l’IC-7100, apparu en 2013 et dont la production japonaise s’est achevée en 2025.

Treize ans plus tard, Icom conserve donc la philosophie de son célèbre « couteau suisse » HF/VHF/UHF, mais lui offre une sérieuse cure de modernisation.

Alors, simple IC-7100 avec un bel écran couleur ou véritable nouvelle génération ?

Un véritable descendant de l’IC-7100

La première bonne nouvelle est qu’Icom n’a pas bouleversé le concept.

L’IC-7110 reste un transceiver HF, 50, 144 et 430 MHz, capable de fonctionner en SSB, CW, AM, FM, RTTY et bien entendu en D-STAR. La version destinée au marché européen doit également couvrir la bande des 70 MHz (4 mètres).

Icom conserve surtout l’architecture qui faisait l’originalité de l’IC-7100 : le poste est constitué d’une unité radio séparée de la façade de commande.

Les deux éléments sont reliés par un câble de 3,5 mètres, avec un câble de 5 mètres annoncé en option.

C’est particulièrement pratique en mobile : l’unité radio peut disparaître sous un siège ou dans le coffre tandis que seule la façade reste accessible au conducteur.

Attention toutefois : contrairement à ce que certaines premières images du projet X-026 pouvaient laisser imaginer, la façade n’est pas un transceiver autonome. Elle doit obligatoirement être reliée au boîtier radio.

architecture particulière de l'IC-7110

Architecture de l’Icom IC-7110 : une façade déportée reliée à l’unité radio HF/VHF/UHF.

Enfin un véritable affichage SDR

C’était probablement le domaine dans lequel l’IC-7100 accusait le plus son âge.

Son petit écran tactile monochrome était novateur en 2013, mais paraît aujourd’hui bien rudimentaire face aux interfaces des IC-7300 ou IC-705.

L’IC-7110 adopte donc un écran tactile couleur de 4,3 pouces, accompagné de commandes physiques rétroéclairées.

On retrouve surtout ce qui est devenu pratiquement indispensable sur un transceiver moderne : analyseur de spectre en temps réel et waterfall.

Le radioamateur peut ainsi visualiser instantanément l’activité autour de la fréquence utilisée, repérer un signal puis se déplacer directement dessus.

L’interface reprend clairement la philosophie de l’IC-705, ce qui devrait permettre aux utilisateurs des SDR récents d’Icom de retrouver rapidement leurs habitudes.

Un récepteur à échantillonnage direct

La modernisation ne se limite pas à l’écran.

Selon les premières informations communiquées lors du Ham Fair, le récepteur de l’IC-7110 utilise une architecture SDR à échantillonnage direct, comme l’IC-705.

Dans ce type d’architecture, le signal RF reçu est numérisé beaucoup plus tôt dans la chaîne de réception qu’avec un transceiver superhétérodyne traditionnel. Une grande partie du traitement — filtrage, démodulation, largeur de bande — peut ensuite être réalisée numériquement.

C’est cette architecture qui permet notamment d’obtenir les analyseurs de spectre rapides et les waterfalls auxquels nous sommes désormais habitués.

Il faudra cependant attendre des mesures indépendantes pour juger réellement les performances du récepteur : dynamique, comportement en présence de signaux puissants, bruit de phase, sélectivité, etc.

Sur ce point, une fiche commerciale ne remplacera jamais un passage au banc de mesure !

Deux bandes simultanément

Voici probablement l’une des évolutions les plus intéressantes par rapport à l’IC-7100 : l’IC-7110 permet la réception simultanée de deux bandes différentes.

Les premières informations indiquent notamment les combinaisons :

HF + 144 MHz

HF + 430 MHz

144 + 430 MHz

Voilà qui change considérablement l’utilisation d’un appareil multibande.

On pourra par exemple réaliser un QSO sur 20 mètres tout en surveillant le relais VHF local, écouter simultanément une fréquence VHF et une fréquence UHF ou conserver une fréquence d’appel active pendant une activité HF.

L’arrière du boîtier présente d’ailleurs deux sorties haut-parleur et deux connecteurs d’antenne.

Attention cependant à ne pas confondre double réception et full duplex. Les possibilités précises d’émission/réception simultanées devront être vérifiées lorsque la documentation technique complète sera publiée.

Wi-Fi, Bluetooth, GNSS et USB-C

Treize années séparent l’IC-7100 de son successeur et cela se remarque également côté connectivité.

L’IC-7110 reçoit désormais :

  • le Wi-Fi ;
  • le Bluetooth 5.3 ;
  • un récepteur GNSS intégré ;
  • une interface USB Type-C ;
  • un emplacement pour carte SD ;
  • une interface réseau LAN.

Le Bluetooth permettra notamment l’utilisation de casques ou accessoires audio sans fil.

Le Wi-Fi va plus loin. Icom annonce la possibilité de connecter directement le transceiver à Internet afin d’effectuer certaines mises à jour en ligne, notamment le firmware et les listes de répéteurs D-STAR.

La télécommande via le logiciel RS-BA1 est également annoncée.

Nous sommes donc très loin de la connectivité proposée par l’IC-7100 à sa sortie.

D-STAR toujours présent

Sans surprise, Icom conserve son mode numérique maison D-STAR.

Mais l’environnement qui l’accompagne devient beaucoup plus moderne.

Grâce au GNSS, au Wi-Fi et à la possibilité de récupérer les informations de répéteurs en ligne, l’utilisation mobile ou portable devrait être nettement plus confortable.

L’IC-7110 dispose également d’une fonction de surveillance des répéteurs D-STAR.

Ce n’est donc pas une révolution du protocole D-STAR lui-même, mais plutôt une modernisation complète de son intégration dans le transceiver.

Une petite surprise européenne : le 70 MHz

La version destinée au Royaume-Uni et à l’Europe devrait proposer la bande 70 MHz, également appelée bande des 4 mètres.

C’est une excellente nouvelle pour les radioamateurs européens disposant de cette allocation.

Il faudra évidemment tenir compte des réglementations nationales : l’existence de la bande dans le transceiver ne signifie pas automatiquement qu’elle puisse être utilisée partout avec les mêmes limites de fréquence et de puissance.

Les télégraphistes ne sont pas oubliés

L’IC-7110 récupère également une fonction récemment apparue sur l’IC-7300MK2 : le décodage CW intégré.

Le transceiver peut donc afficher les caractères Morse décodés directement à l’écran.

Cette fonction pourra être intéressante pour l’apprentissage ou comme aide ponctuelle lorsque les conditions de réception deviennent difficiles.

Elle ne remplacera évidemment pas une bonne oreille : comme tous les décodeurs automatiques, ses performances dépendront fortement de la qualité du signal, du bruit, du QSB et de la régularité de la manipulation de la station reçue.

Toujours pas de coupleur automatique !

Voilà peut-être la première petite déception.

Malgré cette importante modernisation, l’IC-7110 ne possède toujours pas de coupleur automatique d’antenne intégré.

Icom explique ce choix par la volonté de conserver une unité radio compacte et recommande notamment l’utilisation de son coupleur externe AH-6.

Le boîtier radio mesurerait approximativement 168 × 58 × 240 mm, selon les mesures effectuées sur le modèle présenté au Ham Fair. La façade mesurerait environ 198 × 83 × 39 mm.

Ces dimensions restent provisoires tant qu’Icom n’a pas publié la fiche technique définitive.

IC-7100 contre IC-7110 : treize années d’évolution

Voici ce que donnent les principales évolutions connues à ce jour :

Fonction IC-7100 IC-7110
HF / 50 MHz Oui Oui
144 / 430 MHz Oui Oui
70 MHz Europe Selon version/limitations Oui annoncé Europe
Puissance HF/50 jusqu’à 100 W 100 W
Puissance 144 MHz jusqu’à 50 W 50 W
Puissance 430 MHz selon version 50 W annoncé
D-STAR Oui Oui
Écran Monochrome Couleur 4,3″
Waterfall Non Oui
SDR Direct Sampling Non Oui
Double réception interbandes Non Oui
Wi-Fi Non Oui
Bluetooth Non Oui, 5.3
GNSS intégré Non Oui
USB-C Non Oui
Décodeur CW Non Oui
Façade déportée Oui Oui
Coupleur automatique Non Non

On comprend immédiatement que l’IC-7110 ne constitue pas une simple évolution cosmétique.

Icom a conservé le concept de l’IC-7100, mais a pratiquement reconstruit l’électronique et l’interface autour des technologies de sa génération SDR actuelle.

Trois versions annoncées

Au Japon, trois déclinaisons ont été annoncées.

L’IC-7110S délivrerait 10 W en HF et 20 W à partir du 50 MHz.

L’IC-7110M proposerait 50 W sur toutes les bandes.

Enfin, l’IC-7110 atteindrait 100 W sur HF/50 MHz et 50 W sur 144/430 MHz.

Il faudra attendre les annonces d’Icom Europe pour connaître précisément les versions qui seront commercialisées chez nous.

Fixe, mobile ou portable ?

La polyvalence reste clairement la raison d’être de l’IC-7110.

Dans une station fixe, il pourrait remplacer plusieurs appareils avec un seul transceiver couvrant pratiquement toutes les bandes amateur usuelles du décamétrique à l’UHF.

En mobile, sa façade séparée constitue probablement son meilleur argument. Le boîtier RF peut être installé à distance tandis que le petit contrôleur reste sur le tableau de bord.

En portable, la situation est plus nuancée. L’appareil reste compact, mais il faut transporter le boîtier radio, le contrôleur, le câble et une alimentation capable de fournir la puissance nécessaire. Nous sommes donc loin de la philosophie autonome d’un IC-705.

La double réception pourrait également rendre l’IC-7110 intéressant pour certaines activités satellites, mais attendons la documentation définitive avant de lui attribuer des possibilités full duplex qui ne sont pas encore confirmées.

Alors, que vaut réellement ce successeur de l’IC-7100 ?

Sur le papier, l’évolution est considérable.

Icom semble avoir identifié presque tous les domaines dans lesquels l’IC-7100 avait pris un sérieux coup de vieux : affichage monochrome, absence de waterfall, architecture de réception ancienne génération, connectivité limitée et réception unique.

L’IC-7110 apporte en réponse SDR à échantillonnage direct, écran couleur, waterfall, double réception, Wi-Fi, Bluetooth, GNSS, USB-C et décodage CW, tout en conservant la couverture HF/VHF/UHF, le D-STAR et surtout l’excellente idée de la façade déportée.

Il subsiste néanmoins quelques inconnues importantes.

Icom n’a encore communiqué ni prix officiel, ni date précise de commercialisation, et la fiche technique définitive reste à venir. Les performances réelles du récepteur devront également être mesurées avant de pouvoir comparer sérieusement l’IC-7110 aux autres transceivers du marché.

Mais une chose paraît déjà acquise : l’IC-7110 n’est pas simplement un IC-7100 auquel Icom aurait greffé un écran couleur.

Treize ans après son prédécesseur, il reprend son concept particulièrement réussi et le transpose enfin dans la génération SDR actuelle.

Reste maintenant la question que beaucoup de radioamateurs vont se poser en regardant les premières photos du Ham Fair :

combien faudra-t-il débourser pour installer un IC-7110 dans le shack ou dans la voiture ?

Pour aller plus loin

HamLife.jp — Présentation de l’IC-7110 au Tokyo Ham Fair 2026
Premières photographies réelles du poste, caractéristiques recueillies auprès d’Icom et vidéo de présentation.
https://www.hamlife.jp/2026/08/29/hamfair2026-icom-ic7110-release/

Icom UK — Présentation officielle de l’IC-7110
Premières caractéristiques destinées notamment au marché européen.
https://icomuk.co.uk/Unveiled-Tokyo-Ham-Fair-2026-Introducing-the-New-Icom-IC-7110/2/5662/

Icom Japan
Site officiel du constructeur, à surveiller pour l’arrivée de la fiche technique et du manuel de l’IC-7110.
https://www.icom.co.jp/

Icom France
À surveiller pour les caractéristiques, disponibilité et tarif de la future version française.
https://www.icomfrance.com/

Icom — IC-7100
Documentation de l’ancien modèle permettant de comparer les deux générations.
https://www.icom.co.jp/lineup/products/IC-7100/

POTA : tout le shack dans un sac à dos ! (2/8)

POTA dans le sac

Dans notre précédent article, « POTA : la radio au vert, mode d’emploi ! », nous avons découvert les règles du Parks on the Air, comment choisir un parc et surtout où installer sa station pour que l’activation soit valide.

Cette fois, passons à la pratique : que faut-il réellement emporter pour réussir une activation POTA ? Faut-il 100 W, une énorme batterie et 20 mètres de coaxial, ou peut-on faire tenir toute la station dans un sac à dos ?

La réponse est : les deux ! POTA se prête aussi bien à la station QRP ultralégère qu’à l’installation confortable depuis une voiture. La documentation officielle distingue d’ailleurs plusieurs styles : sac à dos, table de pique-nique, vélo, voiture, camping ou installation plus importante.

Anatomie d'une station POTA

Anatomie d’une station POTA : transceiver, batterie LiFePO4, antenne, mât, coaxial, logging et quelques accessoires suffisent pour constituer une station portable efficace. L’objectif n’est pas d’emporter tout le shack, mais uniquement ce qui sera réellement utile sur le terrain.

Le transceiver : 5, 20 ou 100 W ?

Avec 5 à 10 W, un petit transceiver QRP permet de construire une station extrêmement légère. Une batterie de faible capacité suffit et tout peut tenir dans un sac. En contrepartie, il faudra davantage compter sur une bonne antenne, la propagation et le spotting.

Autour de 20 à 25 W, nous obtenons un excellent compromis : suffisamment de puissance pour faciliter les contacts tout en conservant une consommation et un poids raisonnables.

Enfin, 50 à 100 W offrent davantage de confort lorsque les conditions deviennent difficiles. Mais la consommation en émission augmente considérablement : batterie, câbles et parfois même antenne deviennent plus imposants.

POTA n’impose pas de puissance particulière : le choix dépend donc avant tout du type d’activation envisagé.

La batterie : pas besoin d’emporter une centrale électrique !

Pour le portable, les batteries LiFePO4 sont particulièrement intéressantes : elles sont relativement légères, supportent de nombreux cycles et leur tension reste assez stable pendant la décharge.

Mais quelle capacité choisir ?

Prenons une radio consommant 1 A en réception et 5 A en émission. Pour une activation de trois heures avec environ 20 % du temps en émission :

Réception : 1 A × 2,4 h = 2,4 Ah
Émission : 5 A × 0,6 h = 3 Ah

Nous obtenons environ 5,4 Ah. En ajoutant une marge confortable, une batterie de 7 à 10 Ah conviendrait.

Avec un transceiver de 100 W pouvant demander autour de 20 A en émission, le calcul change radicalement !

Avant le départ, chargez évidemment toutes les batteries. Cela semble évident, mais cette vérification figure également parmi les recommandations du guide officiel POTA.

L’antenne : quelques mètres de fil peuvent faire des miracles

Une bonne antenne est probablement plus importante que quelques dizaines de watts supplémentaires.

L’EFHW est très appréciée en portable : légère, peu encombrante et utilisable sur plusieurs bandes lorsqu’elle est correctement conçue.

Le dipôle, éventuellement monté en V inversé, reste une valeur sûre. Il demande toutefois deux brins et un support suffisamment haut.

La verticale est intéressante lorsque l’espace horizontal manque. Elle peut être très rapide à installer, mais nécessitera généralement des radians.

Enfin, un fouet télescopique associé à un système d’adaptation peut constituer une station extrêmement compacte.

Nous reviendrons en détail sur ces solutions dans un prochain article consacré aux antennes POTA.

Et comment faire tenir tout cela en l’air ?

Le mât télescopique en fibre de verre est devenu un compagnon idéal des opérations portables. Léger et repliable, il permet de supporter une antenne filaire sans transporter un pylône !

Un petit trépied, quelques haubans et des sardines peuvent compléter l’installation.

Depuis une voiture, un support maintenu sous une roue permet également d’installer rapidement un mât.

Attention toutefois : un parc n’est pas votre jardin. Certains gestionnaires interdisent de planter des piquets ou de fixer cordes et antennes aux arbres. POTA recommande donc de vérifier les règles locales avant l’installation.

Le petit adaptateur qui peut gâcher la journée

La radio est là. La batterie aussi. L’antenne est montée…

Et l’adaptateur BNC/PL-259 est resté sur l’établi !

C’est souvent le petit matériel qui fait défaut : coaxial, adaptateurs, câble d’alimentation, fusibles, microphone, manipulateur CW, écouteurs, cordelette, sardines, ruban adhésif, stylo…

La solution est toute simple : faites une checklist.

La checklist avant de fermer le coffre

La checklist avant de partir en POTA : radio, batterie chargée, antenne, mât, coaxial, adaptateurs, logging et accessoires… quelques minutes de vérification avant le départ peuvent éviter une activation écourtée par un simple câble oublié. Pensez également à votre confort, à la sécurité et au respect des règles du parc.

Le guide POTA conseille justement de vérifier deux fois le matériel, d’utiliser des listes et d’emporter des pièces de secours lorsque cela est raisonnablement possible. Il recommande également de conserver les manuels et documents utiles sur papier ou hors ligne.

Smartphone, ordinateur… ou bon vieux papier ?

Pour enregistrer les QSO, plusieurs écoles s’affrontent.

Un smartphone ou une tablette constitue une solution légère. Un ordinateur apporte davantage de confort, notamment pour les modes numériques, mais ajoute poids, câbles et consommation.

Et puis il existe cette technologie révolutionnaire qui fonctionne sans batterie :

le carnet et le crayon !

Même avec un logging informatique, gardez-en toujours un dans le sac. Le guide officiel POTA recommande lui aussi un log papier de secours : un ordinateur peut tomber en panne ou manquer d’énergie.

Après l’activation, le journal devra finalement être exporté au format ADIF pour être transmis à POTA.

Trois façons de mettre le shack dans le sac

5 W / 20 W / 100 W : quel POTA êtes-vous ?

Trois façons d’aborder le POTA : de la station QRP ultralégère de 5 à 10 W transportée à pied jusqu’à l’installation confortable de 50 à 100 W près du véhicule, chacun peut adapter puissance, batterie, antenne et matériel à son style d’activation. La station polyvalente de 20 à 25 W constitue un excellent compromis entre poids, autonomie et facilité de trafic.

Ultralégère Polyvalente Confort
Puissance 5–10 W 20–25 W 50–100 W
Batterie 3–6 Ah 6–10 Ah 10–20 Ah
Antenne EFHW / fouet EFHW / dipôle dipôle / verticale
Support mât léger mât 6–10 m mât / trépied
Logging papier / smartphone smartphone / tablette tablette / PC
Transport sac à dos sac + housse véhicule

Il n’existe donc pas une station POTA idéale. Celui qui marche plusieurs kilomètres recherchera chaque gramme superflu ; celui qui opère à quelques mètres de sa voiture pourra privilégier autonomie et confort.

Le meilleur matériel ? Celui que vous maîtrisez !

Pour une première activation, inutile de vouloir construire la station portable ultime. Commencez avec le matériel que vous connaissez déjà.

Installez même votre future station dans le jardin avant de partir : radio, batterie, mât, antenne et logging. Chronométrez le montage et vérifiez que rien ne manque.

POTA recommande de commencer par des parcs facilement accessibles et adaptés à son niveau d’expérience. Avec la pratique, on peut progressivement s’aventurer vers des activations plus exigeantes.

Car finalement, réussir une station POTA ne consiste pas à transporter tout le shack.

C’est plutôt découvrir tout ce dont on peut se passer !

Pour aller plus loin

Tempête solaire G2 : que va-t-il vraiment se passer sur nos bandes radio ?

Tempete solaire

Le Soleil s’agite à nouveau et, pour les radioamateurs, cela signifie souvent une propagation inhabituelle. Le 25 août 2026, la région solaire active AR4513, alors bien orientée vers la Terre, a produit une puissante éruption de classe M6.9, accompagnée de plusieurs éjections de masse coronale (CME). L’événement a provoqué un blackout radio de niveau R2 et les CME associées pourraient provoquer une tempête géomagnétique G2 lors de leur arrivée sur Terre.

R2 et G2 : deux phénomènes à ne pas confondre

Le blackout R2 intervient presque immédiatement après l’éruption. Les rayons X émis par le Soleil atteignent la Terre en environ huit minutes et augmentent brutalement l’ionisation de la haute atmosphère. Résultat : les signaux HF peuvent être fortement absorbés sur la face éclairée de notre planète.

La CME, elle, est un immense nuage de plasma qui met plusieurs jours à parcourir les 150 millions de kilomètres séparant le Soleil de la Terre.

Lorsqu’elle rencontre la magnétosphère terrestre, elle peut déclencher une tempête géomagnétique. Un niveau G2 correspond à un indice Kp de 6. La NOAA indique alors notamment que la propagation HF peut subir du fading aux hautes latitudes.

Du Soleil à la Terre : éruption, CME et perturbation de l'ionosphère

Nos bandes HF vont-elles disparaître ?

Non ! Une tempête G2 ne signifie absolument pas un silence radio généralisé.

Sur 80 et 40 mètres, on pourra observer davantage de bruit, de fading et des conditions plus variables. Sur 30 et 20 mètres, les liaisons DX empruntant des trajets proches des régions polaires risquent d’être les plus perturbées.

Les bandes 17, 15, 12 et 10 mètres peuvent également devenir très changeantes : une belle ouverture DX peut apparaître puis disparaître rapidement.

C’est justement l’intérêt de l’événement : observer en temps réel comment l’ionosphère réagit à l’activité solaire.

Et si les VHF devenaient intéressantes ?

Une forte activité géomagnétique peut également favoriser la propagation aurorale. Les bandes 50 MHz et surtout 144 MHz méritent alors une écoute attentive en direction du nord.

Les signaux réfléchis ou diffusés par la région aurorale prennent un aspect très particulier. En CW, la note devient rauque et soufflée ; en SSB, les voix peuvent être fortement déformées. Les modes numériques classiques sont souvent moins efficaces à cause de l’étalement Doppler.

Propagation aurorale

Que faut-il surveiller ?

Trois paramètres sont particulièrement intéressants : l’indice Kp, la vitesse du vent solaire et surtout le Bz du champ magnétique interplanétaire. Un Bz orienté durablement vers le sud favorise le couplage avec le champ magnétique terrestre et peut intensifier la tempête.

Une G2 n’est donc pas une catastrophe pour nos bandes : c’est plutôt un formidable laboratoire grandeur nature pour le radioamateur.

Pour suivre l’événement : NOAA Space Weather Prediction Center

ERMINAZ : trois satellites de poche pour recevoir des images SSDV depuis l’espace

Banniere ERMINAZ : trois satellites

Après avoir découvert sur F5KEE la SSDV et son fonctionnement, passons maintenant à une application particulièrement intéressante de cette technique : recevoir des images directement depuis de minuscules satellites en orbite.

Avec ERMINAZ-1U, ERMINAZ-1V et ERMINAZ-1X, AMSAT-DL prépare en effet une petite constellation expérimentale destinée notamment aux radioamateurs. Et lorsque l’on dit petite, le terme est parfaitement adapté : chacun de ces satellites appartient à la famille des PocketQubes 1P, soit un cube d’environ 5 × 5 × 5 cm pour une masse de l’ordre de 250 grammes.

Malgré ces dimensions minuscules, ils embarquent de quoi réaliser de nombreuses expériences radio. Voyons ce qu’ils vont faire et, surtout, comment nous pourrons recevoir leurs images en SSDV.

ERMINAZ : trois satellites gros comme une petite boîte

Le projet ERMINAZ est développé autour d’AMSAT-DL avec la participation de plusieurs partenaires du monde spatial et radioamateur.

Les trois satellites ERMINAZ-1U, 1V et 1X doivent être placés sur une orbite basse, prévue autour de 500 km, avec une inclinaison voisine de 97,6°. Cette orbite quasi polaire permettra aux satellites de survoler régulièrement une grande partie du globe.

Le lancement est actuellement prévu à bord du lanceur RFA One, depuis le centre spatial de SaxaVord, dans les îles Shetland.

Le projet ne consiste cependant pas simplement à mettre trois balises radio en orbite. ERMINAZ a été pensé comme une véritable plate-forme d’expérimentation radioamateur et éducative.

Trois satellites pour expérimenter

L’un des intérêts de la mission est de pouvoir travailler sur plusieurs bandes.

Les fréquences publiées actuellement par AMSAT-DL sont notamment :

ERMINAZ-1U : 435,775 MHz
ERMINAZ-1V : 145,965 MHz
ERMINAZ-1X : 435,500 MHz

Ces valeurs devront naturellement être vérifiées à l’approche du lancement, les coordinations et configurations opérationnelles pouvant encore évoluer.

Pour les radioamateurs, cette diversité est intéressante. Elle permettra notamment de comparer la réception d’un PocketQube sur 2 mètres et 70 centimètres, avec des différences sensibles concernant les antennes, le Doppler ou encore le bilan de liaison.

La constellation ERMINAZ

ERMINAZ-1U, 1V et 1X : trois PocketQubes de seulement 5 cm de côté destinés à l’expérimentation radioamateur. Depuis une orbite d’environ 500 km, ils permettront notamment de recevoir télémétrie, données numériques et images SSDV sur les bandes VHF et UHF.

Beaucoup de radio dans seulement 125 cm³ !

Malgré leur taille, les ERMINAZ doivent proposer plusieurs services et expériences.

On trouve notamment une balise CW, de la télémétrie numérique, des transmissions suivant les recommandations CCSDS, un digipeater, une fonction mailbox Store & Forward et, ce qui va particulièrement nous intéresser ici, la transmission d’images SSDV.

Les satellites serviront également à expérimenter différentes modulations numériques.

Parmi les modes envisagés figurent GFSK, GMSK, BPSK et QPSK, avec des débits pouvant aller approximativement de 9 600 à 38 400 bit/s suivant la modulation utilisée.

Différents formats de trames pourront également être expérimentés, parmi lesquels CCSDS, AX.25 et IEEE 802.15.4.

ERMINAZ devient ainsi bien davantage qu’une simple balise : c’est un petit laboratoire de communications numériques placé en orbite.

Une caméra et des images SSDV

C’est probablement l’expérience la plus spectaculaire pour l’amateur qui débute dans la réception satellite.

Le satellite prend une image avec sa caméra. Mais contrairement à la SSTV analogique, il ne transforme pas directement les lignes de l’image en tonalités audio.

Avec la SSDV — Slow Scan Digital Video — l’image suit un chemin complètement numérique :

Caméra → image JPEG → encodeur SSDV → paquets numériques → émetteur radio

Comment une image SSDV descend du satellite

Le parcours complet d’une image SSDV avec ERMINAZ : la photographie est compressée en JPEG, découpée en paquets SSDV puis transmise par radio. Au sol, notre station reçoit et démodule ces paquets avant de les réassembler pour reconstruire progressivement l’image originale.

Au sol, nous réalisons exactement le chemin inverse :

Antenne → récepteur → démodulation → paquets SSDV → décodeur → image JPEG

C’est donc très différent de la SSTV traditionnelle.

Pourquoi découper l’image en petits morceaux ?

Une liaison avec un satellite en orbite basse est loin d’être parfaite.

Le signal peut subir du fading, des parasites ou simplement devenir trop faible lorsque le satellite approche de l’horizon. Une antenne mal orientée peut également provoquer quelques secondes de mauvaise réception.

Envoyer simplement un fichier JPEG complet serait donc assez risqué.

SSDV contourne le problème en découpant l’image en petits paquets indépendants.

Dans l’implémentation SSDV classique, un paquet possède une longueur de 256 octets. Il contient non seulement une partie de l’image, mais également différentes informations permettant au décodeur de savoir à quelle image et à quelle position correspondent les données reçues.

Et si nous perdons quelques paquets ?

C’est là que SSDV devient particulièrement intéressante.

Imaginons que le satellite transmette :

1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6 – 7 – 8

Notre station reçoit :

1 – 2 – 3 – ❌ – 5 – 6 – ❌ – 8

Nous avons perdu les paquets 4 et 7.

Cela ne signifie pas nécessairement que toute l’image est perdue. Le décodeur peut reconstruire les parties correctement reçues et laisser apparaître des défauts aux endroits correspondant aux données manquantes.

Plus nous recevons de paquets, plus l’image devient complète.

Le format SSDV classique peut également utiliser une correction d’erreurs Reed-Solomon, permettant de récupérer certains paquets comportant des erreurs.

C’est exactement le genre de technique particulièrement bien adapté à une liaison radio avec un petit satellite.

Plusieurs stations pour reconstruire une image

SSDV possède encore un avantage particulièrement séduisant pour le monde radioamateur.

Imaginons trois stations :

F5KEE reçoit les paquets 1, 2, 4 et 6.
Une autre station reçoit 1, 3, 4 et 5.
Une troisième reçoit 2, 3, 5 et 6.

Individuellement, aucune ne possède tous les paquets.

Mais en regroupant leurs réceptions, nous obtenons :

1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6

L’image peut alors être beaucoup mieux reconstruite.

Ce principe de réception collaborative est déjà largement utilisé dans le monde des ballons stratosphériques SSDV. Pour ERMINAZ, il faudra toutefois attendre la publication de la chaîne opérationnelle définitive avant de savoir précisément comment seront centralisées et exploitées les images reçues par les différentes stations.

Une image SSDV malgré les paquets perdus

La SSDV reste exploitable même lorsque certains paquets sont perdus pendant la liaison satellite. Chaque station peut recevoir des fragments différents de l’image ; en regroupant les paquets provenant de plusieurs radioamateurs, il devient possible de reconstruire une image beaucoup plus complète.

Quelle station faudra-t-il ?

Bonne nouvelle : il ne faudra pas nécessairement disposer d’une station satellite extrêmement sophistiquée pour commencer les expérimentations.

Une station pourra typiquement comporter :

une antenne VHF/UHF, éventuellement directive, un SDR, un ordinateur et les logiciels nécessaires à la poursuite du satellite, à la correction du Doppler et au décodage des transmissions numériques.

Pour les signaux les plus faibles, une antenne Yagi associée à un LNA placé près de l’antenne apportera évidemment un avantage important.

Le véritable défi viendra probablement davantage de la réception correcte des transmissions numériques à haut débit que de la seule détection de la balise.

Une fois les paquets récupérés, ils pourront être traités afin d’extraire la télémétrie ou de reconstruire progressivement les images SSDV.

Des satellites minuscules, mais un formidable terrain d’expérimentation

ERMINAZ illustre parfaitement l’évolution actuelle des satellites radioamateurs.

Dans un cube de seulement cinq centimètres de côté, il devient possible d’intégrer un ordinateur de bord, des capteurs, une caméra et un système radio capable d’expérimenter plusieurs modulations numériques.

Pour nous, radioamateurs, l’intérêt est considérable.

Nous ne nous contenterons pas d’entendre un « bip » provenant de l’espace. Nous pourrons observer les signaux sur le waterfall, mesurer leur Doppler, décoder la télémétrie, étudier différentes modulations et surtout transformer une succession de petits paquets radio en une véritable photographie prise depuis l’orbite.

Et c’est probablement ce qui résume le mieux ERMINAZ : trois satellites de poche qui pourraient devenir un formidable laboratoire radio à 500 km au-dessus de nos antennes.

Pour aller plus loin

AMSAT-DL — ERMINAZ
https://amsat-dl.org/erminaz/

IARU — Coordination ERMINAZ
https://iaru.amsat-uk.org/formal_detail.php?serialnum=968

AMSAT-DL — Coordination des fréquences et modes numériques
https://amsat-dl.org/en/erminaz-iaru-frequency-coordination-is-completed/

Dépôt technique ERMINAZ
https://gitlab.com/amsat-dl/erminaz/erminaz-1-org

Station sol ERMINAZ
https://gitlab.com/DL4PD/erminaz-groundstation

SSDV — implémentation de référence
https://github.com/fsphil/ssdv

UKHAS — Guide SSDV
https://ukhas.org.uk/doku.php?id=guides:ssdv

POTA : la radio au vert, mode d’emploi ! (1/8)

Banniere POTA mode d'emploi

Vous aimez la radio, les antennes et prendre l’air ? Alors le POTA, pour Parks on the Air, devrait vous plaire. Le principe est simple : quitter momentanément le confort du shack, installer sa station dans un parc référencé et contacter d’autres radioamateurs.

Mais peut-on poser son transceiver sur n’importe quelle table de pique-nique ? L’antenne peut-elle dépasser du parc ? Faut-il obligatoirement fonctionner en QRP ? Combien de QSO faut-il réaliser ? Voyons les règles avant de mettre la radio dans le sac.

Activator ou Hunter ?

POTA distingue deux participants. L’Activator est le radioamateur qui émet depuis un parc reconnu par POTA. Le Hunter, lui, cherche à contacter les stations présentes dans ces parcs.

Bonne nouvelle : pour devenir Hunter, inutile de sortir les chaussures de randonnée. Vous pouvez contacter un activator depuis votre domicile, votre voiture ou pratiquement n’importe quelle station autorisée.

C’est d’ailleurs une excellente façon de découvrir POTA avant de tenter sa première activation.

Tous les parcs ne sont pas POTA

Un espace vert près de chez vous n’est pas automatiquement une référence POTA. Les sites utilisables figurent dans la liste officielle du programme et possèdent une référence spécifique.

La carte disponible sur le site POTA permet de rechercher ces références. Attention cependant : le point affiché sur la carte n’indique qu’une position approximative. Avant de partir, POTA recommande de consulter les sources officielles du parc afin d’en vérifier précisément les limites.

C’est important, car quelques mètres peuvent parfois faire toute la différence.

Où installer sa station ?

C’est probablement la règle POTA la plus importante : l’activator et tout son équipement doivent se trouver sur une propriété publique à l’intérieur des limites du parc.

Où peut-on s'installer ?

Où installer sa station POTA ? L’opérateur et l’ensemble de la station doivent rester sur une propriété publique à l’intérieur des limites de la référence. Une antenne qui dépasse du parc ou une installation sur un terrain privé extérieur rend l’activation non valide. Une activation depuis un véhicule est en revanche possible lorsqu’il est stationné sur une propriété publique située dans le parc.

Le transceiver est dans le parc mais le dipôle traverse la clôture ? Ce n’est pas valable. L’opérateur est dans son jardin qui jouxte une forêt référencée POTA ? Ce n’est pas davantage une activation.

Il faut donc considérer toute l’emprise de la station : opérateur, transceiver, alimentation, antenne et accessoires doivent respecter les limites de la référence.

En revanche, rien n’oblige à partir à pied avec un sac de 20 kg. Une station installée dans une voiture ou un camping-car, garé sur une propriété publique située à l’intérieur du parc, est parfaitement admise.

POTA n’est donc pas réservé aux adeptes du QRP et de la randonnée !

Le cas particulier des sentiers et des rivières

Certaines références POTA correspondent à un sentier ou à une rivière plutôt qu’à un parc possédant des limites classiques.

Dans ce cas, l’opérateur et l’ensemble de sa station doivent être installés sur une propriété publique à moins de 30,5 mètres (100 pieds) du bord du sentier ou de la rivière.

Cas particulier d'un sentier ou d'une rivière

Cas particulier des sentiers et rivières POTA : lorsque le sentier ou la rivière constitue lui-même la référence POTA, l’opérateur et l’ensemble de sa station doivent se trouver sur une propriété publique, à moins de 30,5 m (100 pieds) du bord. Être suffisamment proche ne suffit pas si l’installation se trouve sur une propriété privée.

Cela permet notamment d’utiliser certains parkings ou points d’accès situés à proximité d’un sentier.

POTA ne donne pas tous les droits !

Ce n’est pas parce qu’un endroit possède une référence POTA que l’on peut y faire n’importe quoi.

Les lois, la réglementation radioamateur et les règles du gestionnaire du site restent toujours prioritaires sur les règles POTA.

Un parc peut par exemple interdire l’accès à certaines zones ou certaines installations. Avant de planter un piquet, tendre 40 mètres de fil ou accrocher une antenne à un arbre, mieux vaut donc vérifier ce qui est autorisé.

Et naturellement, nous laissons l’endroit exactement comme nous l’avons trouvé.

Combien de QSO pour réussir l’activation ?

Le chiffre à retenir est 10.

Une activation est réussie lorsque l’opérateur réalise au moins 10 QSO depuis le parc pendant une même journée UTC. Plusieurs périodes d’activité dans le même parc peuvent être cumulées pendant cette journée.

Vous avez démonté l’antenne avec seulement huit contacts dans le log ? Envoyez-le quand même ! L’activation ne sera pas validée comme réussie, mais les Hunters contactés pourront recevoir leurs crédits.

Quelles bandes et quels modes ?

POTA n’impose ni bande particulière, ni mode particulier, ni puissance maximale spécifique au programme. L’opérateur doit naturellement respecter les privilèges de sa licence et la réglementation applicable.

SSB, CW, FM, FT8 et autres modes numériques peuvent donc être utilisés. Les bandes WARC sont également autorisées puisque POTA n’est pas un concours.

Les contacts passant par un répéteur terrestre ne sont pas valables. En revanche, petite subtilité intéressante pour les amateurs de trafic spatial : les contacts par satellite radioamateur sont autorisés.

CQ POTA !

POTA n’impose pas d’échange particulier. Pas besoin d’apprendre une procédure compliquée avant de se lancer.

On pourra simplement appeler :

« CQ POTA, CQ POTA, de F4XXX… »

Indicatif et report permettront d’établir le contact, et il est naturellement pratique d’annoncer sa référence POTA.

L’activator peut également se spotter lui-même sur le site POTA. Les Hunters peuvent eux aussi spotter ou re-spotter une station entendue. Un spot disparaît normalement environ 30 minutes après le dernier signalement.

Avec une petite station portable et quelques watts, ce spotting peut radicalement changer le rythme d’une activation !

Et si deux parcs se contactent ?

Lorsqu’un activator contacte un autre activator, nous obtenons un P2P, Park-to-Park.

Les deux opérateurs obtiennent alors les crédits correspondants. Il est recommandé d’enregistrer la référence du parc du correspondant dans le champ approprié du fichier ADIF afin d’assurer correctement l’attribution des crédits P2P.

Il est même possible d’activer simultanément plusieurs références lorsque leurs territoires se chevauchent réellement. Toute la station doit alors être située dans cette zone commune et un log distinct doit être transmis pour chaque référence.

N’oubliez pas le log

Après l’activation, le travail n’est pas tout à fait terminé.

L’activator doit transmettre son journal de trafic à POTA au format ADIF. Parmi les informations indispensables figurent l’indicatif du correspondant, la date et l’heure UTC, la bande et le mode.

Le fichier peut être directement envoyé depuis la rubrique My Log Uploads du site POTA.

Le Hunter, lui, n’a rien à transmettre à POTA : ses contacts seront crédités grâce aux logs envoyés par les activators.

Alors, on sort la radio ?

Finalement, le POTA repose sur quelques règles assez simples : choisir une référence officielle, vérifier précisément ses limites, installer toute la station au bon endroit, respecter le site, réaliser au moins 10 QSO et envoyer son log.

Ma première activation POTA en 6 étapes

Une activation POTA en six étapes : choisir une référence, vérifier précisément ses limites, installer toute la station dans la zone autorisée, se spotter et appeler CQ, réaliser au moins 10 QSO au cours de la même journée UTC, puis transmettre son log au format ADIF. Une procédure finalement assez simple pour mettre la radio au vert !

Reste maintenant la question qui intéresse forcément le bricoleur radioamateur : que faut-il mettre dans le sac pour réussir sa première activation ?

Transceiver, batterie, antenne, mât, coaxial, carnet de trafic… Voilà justement de quoi préparer notre prochaine sortie — et notre prochain article : POTA : tout le shack dans un sac à dos !

!

Pour aller plus loin

Recevoir un satellite amateur sur 10 GHz : quelle station faudra-t-il pour GOLF-TEE ?

Banniere GOLF-TEE

Après QO-100, les radioamateurs pourraient bientôt avoir une nouvelle occasion d’expérimenter les 10 GHz depuis l’espace. Mais cette fois, pas question de pointer tranquillement une parabole vers un satellite géostationnaire et de ne plus y toucher : avec GOLF-TEE, il faudra suivre un CubeSat traversant le ciel en quelques minutes !

Alors, faudra-t-il une installation digne d’une station spatiale ? Pas forcément. Une partie du matériel utilisé pour QO-100 pourrait même constituer un excellent point de départ.

GOLF-TEE : un laboratoire radioamateur en orbite

GOLF-TEE, pour Greater Orbit, Larger Footprint – Technology Exploration Environment, est un CubeSat 3U développé dans le cadre du programme GOLF d’AMSAT.

L’objectif dépasse la simple mise en orbite d’un nouveau relais radioamateur. GOLF-TEE doit permettre de tester plusieurs technologies destinées aux futures missions AMSAT : contrôle d’attitude trois axes, systèmes d’alimentation, communications multibandes et surtout un transpondeur SDR de nouvelle génération.

Parmi les expérimentations prévues figure une sortie en bande X, autour de 10 GHz, alimentée par différentes bandes radioamateurs. AMSAT envisage notamment des expériences 2,4 GHz → 10 GHz et 5 GHz → 10 GHz, ainsi que des transmissions numériques pouvant atteindre un débit de l’ordre de 1 Mbit/s.

Le projet étant encore en développement, fréquences, modes et caractéristiques définitives pourront évoluer.

500 km : seulement quelques minutes pour écouter

Contrairement à QO-100, GOLF-TEE doit évoluer en orbite basse, autour de 500 à 550 km selon les informations publiées jusqu’à présent.

À cette altitude, une révolution autour de la Terre prend environ 95 minutes, soit une quinzaine d’orbites par jour. Cela ne signifie évidemment pas quinze passages quotidiens au-dessus de notre station.

Lors d’un excellent passage, le satellite restera théoriquement visible d’un horizon à l’autre pendant environ 12 minutes. En pratique, pour une réception confortable sur 10 GHz, nous chercherons plutôt à travailler au-dessus de 10 ou 20° d’élévation.

Il restera alors typiquement 5 à 8 minutes réellement favorables.

comparaison visuelle QO-100 GEO / GOLF-TEE LEO, avec antenne fixe contre poursuite AZ/EL

Contrairement à QO-100, pratiquement immobile dans le ciel, GOLF-TEE évoluera en orbite basse et devra être poursuivi en azimut et en élévation. À environ 500 km d’altitude, un passage complet dure une douzaine de minutes, dont seulement 5 à 8 minutes particulièrement favorables à la réception sur 10 GHz.

Autrement dit : il faudra être prêt !

Une parabole, mais de quelle taille ?

À 10 GHz, la petite longueur d’onde permet d’obtenir beaucoup de gain avec une antenne relativement compacte.

À titre indicatif, avec un rendement raisonnable :

  • 40 cm : environ 30 dBi ;
  • 60 cm : environ 34 dBi ;
  • 80 cm : environ 36 dBi ;
  • 1 m : environ 38 dBi.

Une parabole de 60 à 80 cm semble donc constituer un excellent point de départ pour expérimenter.

Mais attention au piège : augmenter le diamètre augmente le gain, mais réduit également l’ouverture du faisceau. Une parabole d’un mètre recevra davantage de signal, mais demandera un pointage beaucoup plus précis.

Le choix de l’antenne sera donc un compromis entre gain et facilité de poursuite.

Peut-on recycler une station QO-100 ?

Bonne nouvelle : en réception, une partie importante de l’installation pourrait être familière aux utilisateurs de QO-100.

La chaîne pourrait ressembler à ceci :

Parabole → LNB 10 GHz → fréquence intermédiaire → SDR → ordinateur

Un LNB PLL utilisé pour QO-100 constitue donc une piste intéressante. Sa fréquence intermédiaire pourra être reçue par un RTL-SDR, SDRplay, Airspy ou un autre récepteur SDR compatible.

Il faudra toutefois attendre les caractéristiques définitives du signal GOLF-TEE avant de déterminer précisément la bande passante et le matériel nécessaire, particulièrement pour les expériences numériques à haut débit.

La stabilité devient importante

À 10 GHz, une petite erreur de l’oscillateur local du LNB provoque un décalage important de la fréquence reçue.

Les amateurs de QO-100 connaissent déjà le problème : température extérieure, échauffement du LNB et qualité de son oscillateur peuvent provoquer une dérive gênante.

Trois solutions sont envisageables : utiliser un bon LNB PLL, remplacer ou améliorer sa référence par un TCXO, ou employer une référence externe extrêmement stable provenant d’un GPSDO.

Pour les modes numériques étroits, cette dernière solution sera particulièrement intéressante.

Le Doppler : plusieurs centaines de kHz !

Voici une différence spectaculaire avec QO-100.

Un satellite LEO se déplace à environ 7,5 km/s. Sur 10 GHz, sa vitesse radiale peut provoquer un décalage Doppler dépassant 200 kHz en début et en fin de passage.

Le signal pourra donc parcourir plusieurs centaines de kilohertz sur le waterfall pendant le passage !

waterfall pédagogique montrant le signal 10 GHz traversant plusieurs centaines de kHz pendant un passage

À 10 GHz, l’effet Doppler devient spectaculaire : lors d’un passage favorable de GOLF-TEE, le signal peut se décaler de plus de 200 kHz à l’approche du satellite, passer près de sa fréquence nominale autour de l’élévation maximale, puis se retrouver décalé de plus de 200 kHz dans l’autre sens lorsqu’il s’éloigne. Une correction Doppler automatique du SDR permettra de conserver le signal dans la bande de réception pendant tout le passage.

Heureusement, cette variation est parfaitement prévisible. À partir des données orbitales du satellite, un logiciel de poursuite peut calculer simultanément sa position et la correction Doppler à appliquer au SDR.

Le véritable défi : suivre la parabole

C’est probablement là que GOLF-TEE sera beaucoup plus exigeant que QO-100.

Notre parabole devra être installée sur un système motorisé azimut/élévation (AZ/EL). Un logiciel comme GPredict pourra calculer la position du satellite, tandis qu’un contrôleur commandera les moteurs.

La station devient alors :

Données orbitales → logiciel → rotor AZ/EL → parabole

et parallèlement :

logiciel → correction Doppler → SDR

Une difficulté supplémentaire apparaîtra lors des passages proches du zénith : le satellite pourra changer d’azimut extrêmement rapidement. Le rotor devra donc être suffisamment rapide et précis.

chaîne complète parabole → LNB → SDR → PC, avec la correction Doppler

Architecture possible d’une station de réception GOLF-TEE sur 10 GHz : une parabole de 60 à 80 cm montée sur rotor AZ/EL alimente un LNB ou downconverter stable, puis un SDR. L’ordinateur assure simultanément la réception, la correction du Doppler et le pilotage automatique de la parabole à partir de la position calculée du satellite.

À quoi pourrait ressembler une station GOLF-TEE ?

Pour commencer, nous pourrions imaginer une parabole de 60 à 80 cm, un LNB PLL suffisamment stable, un SDR et un ordinateur.

Pour une station réellement automatisée, ajoutons un rotor AZ/EL pilotable par ordinateur et la correction automatique du Doppler.

Enfin, la station de l’expérimentateur exigeant pourrait employer un LNB ou downconverter référencé par GPSDO, un SDR offrant une bande passante importante et un système de poursuite entièrement automatique.

Tout cela peut déjà être préparé avant même le lancement.

Un nouveau terrain d’expérimentation

GOLF-TEE pourrait finalement être beaucoup plus intéressant techniquement que ne le laisse penser la simple mention « réception 10 GHz ».

Avec QO-100, nous avons appris à recevoir des signaux micro-ondes provenant de l’espace. Avec un satellite LEO comme GOLF-TEE, il faudra ajouter la poursuite rapide, le calcul orbital et la correction Doppler.

La difficulté ne sera donc pas seulement d’entendre un signal faible.

Il faudra être au bon endroit, dans la bonne direction et sur la bonne fréquence… pendant les quelques minutes où le satellite sera au-dessus de nous.

Pour aller plus loin