Bienvenue sur le Site du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon (91 – Essonne)!

Chers(es) visiteurs(ses) et passionnés(es) de radio et de sciences,

Le Radio-Club F5KEE vous accueille à la Maison des Associations de Viry-Châtillon, au cœur de l’Essonne. Dans ce lieu ouvert et convivial, nous réunissons toutes celles et ceux qui partagent la curiosité des sciences, des techniques et des communications sans fil.

Le radioamateurisme, c’est bien plus qu’un simple hobby :
c’est une passion universelle, où l’on apprend à dialoguer avec le monde entier, à construire ses propres antennes et équipements, à explorer la propagation des ondes, mais aussi à découvrir les technologies numériques et les satellites.

À qui s’adresse le radio-club ?

Le F5KEE s’adresse à tous les publics :

  • les curieux qui veulent découvrir ce qu’est la radio et comment on peut communiquer sans Internet,

  • les jeunes et étudiants attirés par la technique, l’électronique ou l’aéronautique,

  • les futurs radioamateurs qui souhaitent préparer la licence,

  • les opérateurs confirmés qui veulent partager leurs expériences, expérimenter ou participer à des contests,

  • et plus largement, toute personne désireuse d’apprendre, de pratiquer et d’échanger dans un cadre associatif.

Que fait-on au F5KEE ?

Nos activités sont variées et adaptées à tous les niveaux :

  • Découverte et formation : initiation aux bases de la radio, aide à la préparation de la licence radioamateur.

  • Pratique du trafic : contacts en phonie, en CW (morse), en modes numériques (FT8, …), via satellites ou encore à travers le monde en HF.

  • Expérimentations techniques : réalisation et essais d’antennes, utilisation du SDR, projets autour de l’Arduino ou d’interfaces numériques.

  • Activités collectives : organisation de démonstrations publiques, projets éducatifs en lien avec les écoles ou évènements internationaux (ARISS, QO-100, etc.).

  • Vie de club : échanges, entraide, convivialité et partage de connaissances dans une ambiance amicale.

Pourquoi nous rejoindre ?

Adhérer au Radio-Club F5KEE, c’est rejoindre une communauté dynamique et passionnée, c’est apprendre en pratiquant, c’est aussi trouver un lieu où la curiosité technique et la convivialité se conjuguent au quotidien.

C’est également l’occasion d’acquérir des bases solides en électricité et en électronique, compétences précieuses pour comprendre le fonctionnement des équipements mais aussi pour, pourquoi pas, préparer un futur métier dans les domaines techniques, scientifiques ou industriels.

Que vous soyez simple curieux, débutant ou opérateur chevronné, poussez la porte de la Maison des Associations de Viry-Châtillon : F5KEE vous accueille et vous invite à découvrir le monde fascinant du radioamateurisme.

L’équipe du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon

Que se passe-t-il réellement dans WSJT-X lorsqu’une bande entière se remplit de FT8 ?

Bannière FT8

Il suffit d’ouvrir WSJT-X un soir de bonne propagation sur 20 ou 40 mètres. Le waterfall se couvre rapidement de dizaines de traces verticales, certaines puissantes, d’autres à peine perceptibles. Quinze secondes plus tard, WSJT-X affiche pourtant une impressionnante liste d’indicatifs.

Mais comment le logiciel parvient-il à séparer et décoder autant de stations presque simultanément ?

50 Hz seulement pour une station

La première explication tient à l’extraordinaire étroitesse du FT8. Un signal n’occupe qu’environ 50 Hz. Il utilise une modulation 8-GFSK, composée de huit tonalités espacées de 6,25 Hz. Une transmission contient 79 symboles et dure environ 12,6 secondes, dans une séquence émission/réception de 15 secondes.

Dans une bande passante de 3 kHz, plusieurs dizaines de signaux peuvent donc théoriquement cohabiter.

Spectre FT8

Et surtout, WSJT-X ne se contente pas d’écouter la fréquence indiquée par le curseur. Son multi-décodeur recherche les différents signaux FT8 présents dans toute la bande passante reçue.

WSJT-X recherche d’abord une signature

Pour retrouver une station au milieu de cette forêt de signaux, FT8 possède une sorte de balise intégrée.

Chaque transmission comporte trois séquences de synchronisation constituées de tableaux de Costas 7 × 7, placées au début, au milieu et à la fin du message.

WSJT-X recherche ces signatures dans le spectre. Lorsqu’il trouve un candidat suffisamment crédible, il peut déterminer sa fréquence et son décalage temporel.

Autrement dit, le logiciel ne « lit » pas simplement les jolies lignes visibles sur le waterfall : il recherche mathématiquement les caractéristiques attendues d’un signal FT8.

Puis vient le véritable décodage

Une fois le signal repéré et synchronisé, ses huit tonalités permettent de retrouver les symboles transmis. Chaque symbole transporte trois bits.

FT8 utilise surtout une puissante correction d’erreurs LDPC (174,91) : les 77 bits d’information sont complétés par un CRC de 14 bits puis protégés par 83 bits de parité.

C’est l’une des raisons pour lesquelles WSJT-X peut récupérer des messages qui sembleraient pratiquement noyés dans le bruit à l’oreille.

Le résultat passe également par le CRC : si les données reconstituées ne sont pas cohérentes, le message n’est normalement pas retenu.

pendant 15 secondes

Et lorsque tout le monde émet presque au même endroit ?

C’est là que les choses deviennent spectaculaires.

Deux stations peuvent être extrêmement proches en fréquence, voire se chevaucher partiellement. À cela s’ajoute parfois une station locale à +10 dB tandis qu’un DX arrive à -18 ou -20 dB.

La synchronisation, la correction d’erreurs et les différentes stratégies du décodeur permettent néanmoins de résoudre de nombreuses situations difficiles.

Mais il n’y a pas de miracle : un signal extrêmement puissant peut parfaitement empêcher le décodage d’un signal beaucoup plus faible situé à proximité. La dynamique du récepteur, le niveau audio et l’absence de saturation restent donc essentiels.

Un laboratoire grandeur nature les 29 et 30 août

Vous voulez voir ce phénomène à grande échelle ? Une excellente occasion arrive avec le World Wide Digi DX Contest 2026, qui débutera le samedi 29 août à 12:00 UTC et se terminera le dimanche 30 août à 11:59 UTC.

Le concours utilise FT4 et FT8 sur les bandes 160, 80, 40, 20, 15 et 10 mètres. L’objectif est de contacter le maximum de stations et de carrés Maidenhead différents.

Des segments particuliers sont recommandés pour le FT8 : 1,844–1,848 ; 3,590–3,599 ; 7,090–7,099 ; 14,090–14,099 ; 21,090–21,099 et 28,090–28,099 MHz. Le principe est justement de concentrer l’activité du concours hors des fréquences FT8 habituelles. Le règlement prévoit même de déplacer la fréquence du transceiver par pas de 3 kHz lorsque le segment devient trop chargé.

Même sans participer sérieusement au concours, ouvrez WSJT-X ce week-end-là et observez son waterfall.

Vous ne regarderez probablement plus jamais ces petites lignes de la même façon : derrière chaque décodage se cachent synchronisation, traitement numérique du signal, correction d’erreurs et recherche simultanée de dizaines de transmissions.

Et tout cela se joue en quelques secondes.

Pour aller plus loin

Pour ceux qui souhaitent approfondir le fonctionnement de FT8, du décodage numérique ou préparer le prochain WW Digi DX Contest, voici quelques références particulièrement utiles :

  • Site officiel de WSJT-X — présentation du projet et actualités. La version officielle actuelle est WSJT-X 3.0.2.
  • Guide utilisateur WSJT-X — la référence pour comprendre FT8, les différentes passes de décodage, le waterfall et les réglages avancés.
  • Télécharger WSJT-X — versions officielles Windows, Linux et macOS.
  • World Wide Digi DX Contest — site officiel, règlement, conseils d’exploitation, résultats et dépôt des logs. L’édition 2026 aura lieu les 29 et 30 août.

Ces documents permettent également d’aller beaucoup plus loin dans la structure des messages, le LDPC, le CRC et les mécanismes de synchronisation utilisés par FT8.

Après QO-100, l’Amérique prépare-t-elle son propre satellite radioamateur géostationnaire ?

Banniere Après QO-100

Depuis 2019, QO-100 a profondément changé la pratique du satellite radioamateur. Installé à bord du satellite Es’hail-2 en orbite géostationnaire, il offre en permanence aux radioamateurs situés dans sa zone de couverture un transpondeur étroit pour la SSB, la CW et les modes numériques, ainsi qu’un transpondeur large principalement destiné à la DATV.

Mais il existe un grand absent : le continent américain. Et justement, de l’autre côté de l’Atlantique, AMSAT prépare depuis plusieurs années les technologies nécessaires au retour des satellites radioamateurs vers les orbites hautes.

Le problème : QO-100 ne couvre pas l’Amérique

À près de 36 000 km au-dessus de l’équateur, un satellite géostationnaire apparaît pratiquement immobile dans le ciel. Plus besoin de calculer les passages ni de poursuivre un CubeSat pendant quelques minutes : une parabole fixe suffit.

La position de QO-100 permet de couvrir l’Europe, l’Afrique et une vaste partie de l’Asie, mais pas l’Amérique du Nord.

couverture satellitaire

Disposer d’un équivalent placé au-dessus de l’Atlantique ou des Amériques représenterait donc une petite révolution pour les radioamateurs américains.

GOLF : Greater Orbit, Larger Footprint

C’est ici qu’intervient le programme GOLF, pour Greater Orbit, Larger Footprint, développé par AMSAT-NA.

Son principe est particulièrement intéressant : plutôt que de tenter immédiatement une coûteuse mission en orbite haute, AMSAT veut procéder progressivement. Des satellites expérimentaux doivent valider en LEO les technologies nécessaires avant de viser MEO puis HEO.

Feuille de route AMSAT

Parmi les difficultés à maîtriser figurent le contrôle d’attitude trois axes, les panneaux solaires déployables et orientables, l’électronique tolérante aux radiations, les SDR embarqués et, à terme, la propulsion.

GOLF-TEE : le laboratoire volant

Le premier maillon s’appelle GOLF-TEE, pour Technology Exploration Environment. Attention cependant : GOLF-TEE n’est pas le futur QO-100 américain.

Ce CubeSat 3U est destiné à tester en orbite basse les technologies qui seront nécessaires beaucoup plus loin de la Terre. AMSAT travaillait encore récemment sur son logiciel de vol et son architecture électronique.

Et certaines caractéristiques commencent sérieusement à intéresser les amateurs de QO-100.

AMSAT prévoit notamment des liaisons micro-ondes avec uplink en bande C vers 5,6 GHz et downlink en bande X vers 10 GHz, en plus des bandes radioamateurs classiques 144 et 435 MHz. Le SDR expérimental envisagé doit également permettre une liaison descendante en 10 GHz.

Paraboles, amplificateurs, LNA, SDR et références de fréquence stables : voilà un terrain qui ne sera pas inconnu des utilisateurs de QO-100 !

Et maintenant… Artemis ?

Un développement particulièrement intéressant est apparu en 2026.

Le 31 mai, AMSAT a transmis à la NASA une lettre d’intention pour proposer un CubeSat AMSAT comme charge utile secondaire d’une future mission Artemis III, IV ou V.

Une telle opportunité permettrait de tester les technologies GOLF dans un environnement bien plus sévère que l’orbite basse : radiations, contraintes thermiques, communications à grande distance et contrôle d’attitude. AMSAT cite explicitement l’objectif de progresser du LEO vers le MEO puis le HEO.

Nous sommes donc encore loin d’un satellite géostationnaire opérationnel, mais technologiquement, les pièces du puzzle commencent à se mettre en place.

Alors, bientôt un « QO-100 américain » ?

Pas encore.

À ce jour, AMSAT n’annonce ni satellite radioamateur GEO américain avec une date de lancement, ni position orbitale réservée, ni véritable successeur américain de QO-100.

La stratégie est néanmoins claire : retrouver progressivement les orbites hautes et développer les technologies nécessaires pour y exploiter de nouveaux transpondeurs radioamateurs.

GOLF-TEE ne sera donc pas le QO-100 américain. Une éventuelle mission Artemis ne le sera probablement pas davantage.

Mais ces projets pourraient constituer quelques-unes des étapes indispensables pour qu’un jour, en tournant leur parabole vers le ciel, les radioamateurs américains disposent eux aussi de leur satellite presque immobile au-dessus de l’horizon.

Liens utiles

Le Trophée F8TD arrive le 30 août : rendez-vous sur les micro-ondes !

Trophée F8TD arrive le 30 août

Le dimanche 30 août 2026, les amateurs de bandes hautes auront rendez-vous avec le Trophée F8TD, l’un des concours français entièrement consacré aux 1296 MHz et au-delà.

Organisé dans le cadre des concours du REF, il se déroulera de 04:00 à 13:00 UTC, soit de 06:00 à 15:00 heure française d’été. Le calendrier officiel couvre les bandes allant de 1296 MHz jusqu’à 47 GHz.

Une excellente occasion d’activer les bandes hautes

Le 23 cm, le 13 cm, le 9 cm, le 6 cm, le 3 cm… Les bandes micro-ondes sont passionnantes, mais l’activité y est souvent moins régulière qu’en VHF ou en HF.

Le F8TD constitue donc une excellente occasion de sortir les transverters, préamplificateurs, paraboles et longues Yagi pour voir jusqu’où porte réellement sa station.

Et inutile de disposer d’une installation capable de monter à 47 GHz : une simple station 1296 MHz permet déjà de participer.

Comment se déroule un QSO ?

L’échange prévu par le règlement est très classique :

RS(T) + numéro de QSO + QTH Locator

Par exemple :

59 012 JN18DP

Attention : la numérotation des QSO est indépendante pour chaque bande.

Le calcul du score est particulièrement simple : 1 kilomètre parcouru = 1 point, quelle que soit la bande utilisée.

Plus vous montez en fréquence, plus le bonus grimpe

La particularité du Trophée F8TD est d’encourager fortement l’activité multibande.

Au classement général, la somme des points bénéficie d’une majoration de 10 % avec deux bandes, 30 % avec trois, 50 % avec quatre, puis 60 %, 70 % et jusqu’à 80 % avec sept bandes.

Voilà une excellente raison de remettre en service ce transverter 2,3 GHz ou 10 GHz qui dort depuis quelques mois dans le shack !

N’oubliez pas le compte rendu

Un fichier au format IARU REG1TEST doit être produit séparément pour chaque bande et envoyé au correcteur du REF au plus tard le premier mercredi suivant le concours.

F8TD en 30 secondes

Dimanche 30 août 2026 — 06h00 à 15h00 heure française — 1296 MHz à 47 GHz — 1 point/km — bonus multibandes — logs REG1TEST.

Que vous disposiez simplement du 23 cm ou d’une station capable d’atteindre 10 GHz et au-delà, le 30 août sera donc une belle journée pour pointer les antennes vers l’horizon et découvrir jusqu’où peuvent réellement porter quelques watts en micro-ondes.

Liens utiles

  • Calendrier officiel 2026 de la Commission des concours du REF : dates, horaires et bandes du Trophée F8TD.
  • Règlement officiel du Trophée F8TD : échanges, calcul des points, bonus et comptes rendus.
  • Commission des concours du REF : informations et annonces concernant les prochains concours.

Envoyer sa propre expérience radio dans la stratosphère : que peut réellement embarquer un radioamateur ?

Banniere Pico-Ballon

Un pico-ballon peut sembler n’être qu’un ballon équipé d’une balise GPS. Pour un radioamateur français, il peut pourtant devenir un véritable laboratoire volant : propagation HF, température, pression, alimentation solaire ou télémétrie peuvent être étudiées avec seulement quelques grammes d’électronique.

Mais en France, avant de penser antenne et capteurs, il faut aussi penser DGAC.

Quelques grammes d’électronique

Le principe d’un pico-ballon est de réduire au maximum la masse suspendue. Un tracker moderne peut réunir GPS, microcontrôleur, émetteur et capteurs sur quelques grammes seulement.

L’architecture typique devient :

cellules solaires → alimentation → microcontrôleur → GPS/capteurs → émetteur → antenne

Des cartes comme le LightAPRS-W et les projets Traquito montrent qu’un tracker WSPR/APRS extrêmement léger est aujourd’hui réalisable.

À cette échelle, quelques grammes supplémentaires comptent énormément : batterie importante, caméra ou Raspberry Pi classique sont donc rarement adaptés.

Le ballon comme laboratoire de propagation

L’expérience la plus intéressante pour un radioamateur est probablement d’embarquer une balise WSPR.

Avec quelques milliwatts seulement, elle peut être reçue à des centaines ou milliers de kilomètres lorsque la propagation le permet. En connaissant simultanément la position et l’altitude du ballon, on peut étudier :

  • les distances de réception ;
  • les rapports signal/bruit ;
  • les variations jour/nuit ;
  • les différences entre plusieurs bandes HF ;
  • l’évolution de la propagation pendant le déplacement.

Le pico-ballon devient ainsi une balise radio mobile à altitude connue.

Fabriquer sa propre radiosonde

Quelques capteurs légers permettent d’aller plus loin.

Un capteur de température permet de suivre l’évolution thermique de l’atmosphère. Un baromètre mesure la chute spectaculaire de pression avec l’altitude. On peut également enregistrer l’humidité.

Un autre paramètre particulièrement intéressant est la tension des cellules solaires. Elle permet d’observer directement la production énergétique disponible pour la station et son évolution au cours de la journée.

GPS, altitude, température, pression et tension d’alimentation constituent déjà une expérience très complète.

APRS ou WSPR ?

Pour un vol restant principalement au-dessus de zones disposant d’une bonne infrastructure terrestre, l’APRS est séduisant pour le suivi de position.

Pour les vols de longue durée, le WSPR devient particulièrement intéressant grâce à son efficacité avec des puissances extrêmement faibles et au réseau mondial de stations de réception.

Les données peuvent ensuite être exploitées avec des services comme SondeHub ou les réseaux de réception WSPR.

En France : attention, pico-ballon ne signifie pas lancement libre

C’est probablement le point le plus important pour un projet Pico-Ballon.

Le règlement SERA classe comme « léger » un ballon libre non habité transportant moins de 4 kg de charge utile. Mais la réglementation française ajoute des dispositions beaucoup plus directement applicables à nos minuscules pico-ballons.

En France, une autorisation préalable de la Direction de la sécurité de l’aviation civile est notamment requise dès lors que le ballon comporte des éléments métalliques ou électroniques, mais aussi lorsque sa charge utile dépasse 50 g ou lorsque son enveloppe gonflée au sol dépasse un mètre.

Autrement dit : un tracker radio de 10 g contient de l’électronique ; sa faible masse ne suffit donc pas à dispenser le radioamateur des démarches.

La demande utilise le CERFA 15915*01 et doit être adressée à l’autorité de l’aviation civile territorialement compétente.

Pour un pico-ballon susceptible de poursuivre sa route au-delà des frontières françaises, la question devient encore plus importante : SERA prévoit également l’autorisation appropriée des États susceptibles d’être survolés.

Quelques grammes, beaucoup d’expériences

Un pico-ballon radioamateur peut donc embarquer très peu de matériel, mais produire énormément d’informations.

Avec GPS + WSPR + température + pression + mesure solaire, on dispose déjà d’un remarquable laboratoire atmosphérique et radio.

Et cela suggère naturellement un prochain projet F5KEE :

concevoir nous-mêmes un tracker stratosphérique français de moins de 10 grammes.

Liens utiles

  • DGAC – Réglementation de la circulation aérienne en France
  • Document SERA complet, version du 17 janvier 2026
  • CERFA 15915*01 – Ballons libres non habités
  • Traquito – WSPR Pico Balloons
  • LightAPRS-W
  • SondeHub Amateur
  • WSJT-X / WSPR

Kenwood TM-D750 : le véritable successeur du légendaire TM-D710 est-il enfin arrivé ?

Banniere Kenwood TM-710 et TM-750

Pendant des années, le Kenwood TM-D710 a occupé une place particulière dans les stations VHF/UHF. Double réception, 50 W, GPS sur la version GE, TNC 1200/9600 bauds intégré et surtout une remarquable intégration de l’APRS : il était bien davantage qu’un simple bibande FM. Aujourd’hui discontinué, il n’avait jamais réellement trouvé de successeur chez Kenwood.

Avec le nouveau TM-D750, Kenwood semble enfin avoir décidé de reprendre la recette.

Un TM-D710 entré dans le XXIe siècle

Au premier regard, la filiation est évidente : le TM-D750 reste un mobile VHF/UHF conçu pour une utilisation radioamateur intensive, avec réception simultanée sur deux bandes et une façade détachable riche en commandes physiques.

Mais l’afficheur monochrome du D710 laisse place à un écran TFT couleur de 3,45 pouces. À cela viennent s’ajouter GNSS, Bluetooth, Wi-Fi 2,4/5 GHz, USB-C et carte microSD.

Autrement dit, Kenwood n’a pas simplement remplacé l’écran : l’architecture générale de l’appareil a été modernisée.

APRS : l’héritage du TM-D710 est bien là

C’est probablement le point le plus important pour les amateurs du D710.

L’APRS (Automatic Packet Reporting System) permet aux stations d’échanger automatiquement positions, messages et autres informations par paquets radio. Le D710 excellait dans ce domaine grâce à son TNC intégré, capable de travailler à 1200 ou 9600 bauds.

Le TM-D750 reprend cette philosophie : affichage des stations APRS reçues, messages, informations de position, chemins empruntés par les paquets et gestion d’une liste pouvant atteindre 100 stations.

L’intérêt reste le même : pas besoin d’ajouter un ordinateur, un Raspberry Pi ou un TNC externe pour exploiter l’APRS sur le terrain.

D-STAR et Wi-Fi changent la donne

Le D750 va cependant beaucoup plus loin que son ancêtre en intégrant le D-STAR.

Le Wi-Fi permet en outre d’exploiter certaines fonctions D-STAR via Internet. Le poste devient ainsi une plateforme combinant FM analogique, Packet/APRS, communications numériques et réseau IP.

C’est probablement là que se situe la principale rupture technologique avec le TM-D710.

Un waterfall… mais ce n’est pas une première !

L’une des fonctions les plus visibles du TM-D750 est son nouveau Visual Scan avec waterfall. L’historique de l’activité radio apparaît progressivement à l’écran, permettant de repérer plus facilement une fréquence occupée ou une émission intermittente.

Attention cependant à ne pas présenter cette fonction comme une première sur un émetteur-récepteur FM VHF/UHF.

L’Icom ID-52, commercialisé plusieurs années auparavant, possédait déjà un Band Scope avec véritable affichage waterfall. Icom indique d’ailleurs explicitement que celui-ci représente l’évolution chronologique du niveau des signaux.

Le TM-D710 lui-même possédait déjà un Visual Scan, mais celui-ci surveillait 31, 61, 91 ou 181 canaux sans offrir l’affichage historique d’un waterfall moderne.

Alors, digne successeur du TM-D710 ?

Sur le papier, difficile de répondre autrement que oui.

Le TM-D750 conserve les ingrédients qui avaient fait la réputation du D710 — double bande, Packet, APRS et fonctionnement autonome — tout en ajoutant écran couleur, GNSS moderne, D-STAR, Wi-Fi, Bluetooth, USB-C et waterfall.

Reste maintenant à vérifier sur le terrain ce qu’une fiche technique ne peut pas révéler : qualité du récepteur, résistance aux signaux puissants, efficacité du Visual Scan, ergonomie APRS et simplicité d’utilisation.

Car le véritable défi de Kenwood n’était peut-être pas d’ajouter davantage de fonctions au D710, mais de retrouver ce rare équilibre entre richesse fonctionnelle et efficacité opérationnelle qui avait fait de son prédécesseur une référence.

Construire une station radio autonome sur Raspberry Pi : APRS, Winlink, GPS et IA sans Internet

Banniere Radio autonome

Que reste-t-il de nos outils numériques lorsque la connexion Internet disparaît ? Pour un radioamateur, beaucoup de choses ! Associé à un transceiver, un GPS et quelques logiciels libres, un Raspberry Pi peut devenir le cœur d’une véritable station numérique autonome : localisation, APRS, messagerie radio, cartographie et même intelligence artificielle locale.

L’objectif n’est pas de recréer Internet, mais de construire une station capable de rester utile sans Wi-Fi, sans 4G/5G et sans connexion filaire.

Autour du Raspberry

Le Raspberry Pi au centre de la station

Un Raspberry Pi 5, de préférence équipé de 8 Go de RAM si l’on souhaite expérimenter l’IA locale, constitue une excellente base. On lui ajoutera un SSD ou NVMe, un récepteur GPS/GNSS USB ou série, une interface audio USB isolée et une commande PTT reliée au transceiver.

Pour une utilisation portable, l’ensemble peut être alimenté depuis une batterie LiFePO₄ 12 V au moyen d’un convertisseur DC/DC 5 V correctement dimensionné.

Attention à l’alimentation : le Raspberry Pi 5 est prévu pour une alimentation pouvant fournir 5 V sous 5 A. Avec une alimentation moins puissante, la capacité disponible pour les périphériques USB est réduite.

APRS : communiquer sa position sans Internet

Le premier service intéressant est l’APRS. Le GPS fournit latitude, longitude, altitude et heure au Raspberry Pi. Le logiciel gpsd peut distribuer ces informations aux différentes applications.

Le principe devient alors :

GPS → Raspberry Pi → Dire Wolf → interface audio → transceiver VHF → APRS

Dire Wolf remplace avantageusement un ancien TNC matériel : il utilise la carte son pour générer et décoder les signaux AX.25. Il peut fonctionner comme tracker GPS, TNC, digipeater ou IGate et fonctionne sous Linux, notamment sur Raspberry Pi.

Et surtout, la transmission APRS par radio ne nécessite aucune connexion Internet. L’accès à APRS-IS, en revanche, en nécessite une.

Winlink : le courriel passe par la radio

Autre possibilité passionnante : Winlink. Lorsqu’Internet local est inaccessible, un message peut être transmis par radio vers une station RMS distante.

Le chemin devient par exemple :

Raspberry Pi → modem/TNC → transceiver → liaison radio → RMS Winlink

Selon l’installation, on peut utiliser le packet radio en VHF/UHF ou différents modes adaptés à la HF.

Il faut cependant distinguer « accès à Winlink sans Internet chez l’utilisateur » et « réseau entièrement dépourvu d’Internet ». Winlink dispose justement d’un Hybrid Network permettant à certaines passerelles RMS de transférer des messages par HF lorsque l’infrastructure Internet est indisponible.

Sans internet ?

Lorsque l’accès Internet disparaît, le GPS, les cartes locales, l’IA embarquée et les liaisons radio directes restent disponibles. Winlink demeure accessible uniquement si une passerelle RMS peut être jointe par radio.

GPS et cartes : pas besoin du réseau mobile

Un récepteur GPS/GNSS n’a pas besoin d’Internet pour déterminer sa position. Le Raspberry Pi peut donc connaître en permanence :

latitude – longitude – altitude – heure – vitesse – locator Maidenhead

En enregistrant préalablement les cartes sur son stockage local, il devient également possible d’afficher sa position et éventuellement celles reçues par APRS sans consulter aucun serveur cartographique.

Pour une station portable ou une installation de secours, cette autonomie prend tout son sens.

Et pourquoi pas une IA sans Internet ?

C’est ici que notre station version 2026 devient particulièrement intéressante.

Avec llama.cpp, le Raspberry Pi peut exécuter localement de petits modèles de langage. Le logiciel accepte notamment des modèles GGUF quantifiés sur quelques bits afin de réduire leurs besoins en mémoire.

L’objectif n’est évidemment pas de transformer le Pi en centre de données. Une petite IA embarquée pourrait plutôt servir à rechercher une procédure dans une documentation stockée localement, résumer un bulletin reçu, reformuler un message Winlink ou expliquer une commande radio.

Une sorte d’assistant technique de terrain qui continuerait à fonctionner même lorsque le réseau est coupé.

Une station réellement autonome

Ajoutons une batterie LiFePO₄, un convertisseur DC/DC efficace, éventuellement un panneau solaire et une antenne adaptée : le Raspberry Pi devient alors le cerveau d’une petite station de communication autonome.

APRS, packet radio, GPS, cartographie, Winlink et IA locale peuvent ainsi cohabiter dans une boîte transportable.

Avec quelques watts, une antenne et un Raspberry Pi, on ne recrée pas Internet. On construit quelque chose de peut-être plus intéressant : une station capable de continuer à communiquer lorsqu’Internet n’est plus là.

Liens et ressources utiles

Quand Internet et le téléphone tombent : comment un réseau radioamateur d’urgence s’organise réellement ?

Bannière Reseau d'urgence

Une catastrophe naturelle, une panne électrique majeure ou la destruction d’infrastructures peut rapidement rendre nos moyens de communication habituels inutilisables. Les antennes de téléphonie mobile disposent certes d’alimentations de secours, mais leur autonomie n’est pas infinie. Internet dépend également d’une longue chaîne d’équipements, de fibres, de routeurs et d’alimentations électriques.

La radio possède alors un avantage considérable : deux stations peuvent communiquer directement, sans Internet, sans réseau téléphonique et parfois sans aucune infrastructure intermédiaire.

Mais disposer d’un émetteur-récepteur ne suffit pas. Encore faut-il organiser le trafic.

De la Colombie aux réseaux d’urgence

La Colombie constitue un exemple intéressant en raison de son exposition aux séismes, glissements de terrain, inondations et autres catastrophes naturelles. Sa réglementation prévoit explicitement une place pour les communications radioamateurs en situation d’urgence : certaines communications normalement interdites, notamment celles destinées à des tiers, deviennent possibles lorsqu’il s’agit de communications d’urgence.

Le principe dépasse largement le cas colombien : lorsque les infrastructures classiques deviennent indisponibles, un réseau radio autonome peut recréer rapidement des liaisons entre plusieurs points stratégiques.

Un réseau d’urgence n’est pas un immense QSO

Réseau d'urgence

Imaginons plusieurs communes isolées, un centre de secours et un poste de commandement.

Si chaque opérateur appelle qui il veut et quand il veut, la fréquence devient rapidement inutilisable. Un réseau d’urgence fonctionne donc généralement comme un réseau dirigé.

Une station centrale coordonne les communications. Les stations participantes s’identifient, attendent leur tour et transmettent des messages aussi courts et précis que possible :

origine → destination → priorité → message → confirmation.

Une demande urgente concernant des victimes doit évidemment passer avant un simple compte rendu de situation.

L’objectif n’est plus de réaliser un QSO : la fréquence devient une ressource collective qu’il faut gérer.

VHF, UHF, HF : à chaque liaison sa solution

Pour quelques kilomètres, les VHF/UHF permettent de relier équipes mobiles, communes ou centres de secours. Un relais peut considérablement augmenter la couverture.

Si les infrastructures intermédiaires sont indisponibles, la HF permet d’établir des communications sur plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de kilomètres, sans relais terrestre.

Les radioamateurs disposent également de modes numériques permettant d’échanger données, positions ou messages courts. L’APRS constitue par exemple un moyen de géolocalisation utilisé dans le monde radioamateur. La FNRASEC mentionne également l’utilisation des relais terrestres, des transmissions numériques et de l’APRS parmi les technologies maîtrisées par les radioamateurs.

Et en France ? Les ADRASEC

C’est précisément le rôle des ADRASEC, les Associations Départementales des Radioamateurs au service de la Sécurité Civile, fédérées au sein de la FNRASEC.

Nous ne parlons plus ici simplement de quelques OM décidant spontanément de prêter main-forte.

La FNRASEC bénéficie d’un agrément national de sécurité civile, renouvelé à compter du 3 janvier 2025 pour trois ans, spécifiquement pour les opérations de secours concernant les réseaux de communication et transmissions.

Les ADRASEC peuvent ainsi mettre en œuvre des réseaux radio palliatifs ou complémentaires afin de relier les différents acteurs d’une crise. Certaines disposent de moyens HF, VHF, UHF, de transmissions de données et de réseaux tactiques spécialisés.

Elles participent également aux opérations SATER, notamment pour rechercher et localiser depuis le sol les émissions de balises de détresse aéronautiques.

Point essentiel : leur intervention s’effectue dans une chaîne de commandement organisée. Dans le cadre des opérations de secours, le concours de la FNRASEC intervient à la demande du directeur des opérations de secours et sous l’autorité du commandant des opérations de secours.

Sommes-nous prêts ?

Une station radio de secours pourrait finalement sembler assez simple : un transceiver VHF/UHF, éventuellement une station HF, des antennes rapidement déployables, des batteries, une alimentation autonome, quelques câbles, un GPS et de quoi noter les messages.

Mais l’équipement ne représente qu’une partie de la solution.

Il faut surtout savoir écouter, respecter une procédure, transmettre fidèlement un message et maintenir une station opérationnelle lorsque le secteur, Internet et le téléphone ont disparu.

C’est peut-être là que le radioamateurisme retrouve l’une de ses dimensions les plus fondamentales : être capable d’établir une communication avec presque rien.

Car en situation de crise, la meilleure station n’est pas forcément celle qui porte le plus loin : c’est celle qui transmet le bon message, au bon destinataire, au bon moment.

Liens et ressources utiles

  • FNRASEC — Nos missions : présentation du rôle des radioamateurs au service de la Sécurité civile.
  • Ministère de l’Intérieur — Associations agréées de Sécurité civile : informations officielles sur les associations agréées.
  • Légifrance — Arrêté du 9 janvier 2025 : renouvellement de l’agrément national de la FNRASEC.
  • ADRASEC 08 — Réseaux de radiocommunications : exemple particulièrement détaillé de réseaux HF, VHF, UHF et complémentaires.
  • Services de l’État dans l’Aude — ADRASEC 11 : présentation officielle des missions ORSEC et SATER.
  • Colombie — Decreto 1078 de 2015 : cadre réglementaire colombien applicable notamment aux communications radioamateurs d’urgence.

Construire un émetteur QRP minimaliste en 2026 : que peut-on apprendre avec quelques composants ? (Tuna Tin 2)

Banniere Tina Tin 2

Aujourd’hui, un transceiver SDR peut embarquer des millions de transistors, des convertisseurs rapides et un puissant processeur de signal. Impressionnant… mais pas forcément idéal pour comprendre comment naît réellement un signal radio.

Pour cela, revenons en 1976 avec un montage devenu mythique : le Tuna Tin 2, un véritable émetteur CW pour la bande des 40 mètres construit avec… deux transistors et une poignée de composants.

Une boîte de thon devenue célèbre

Le Tuna Tin 2 fut imaginé par Doug DeMaw, W1CER puis W1FB, alors membre de l’équipe technique de l’ARRL. Son montage paraît dans QST en mai 1976 : un petit émetteur QRP installé sur une boîte de conserve métallique.

Le principe est remarquablement simple :

Quartz → oscillateur → amplificateur RF → filtre passe-bas → antenne

tuna tin

Architecture simplifiée du Tuna Tin 2.

Deux transistors 2N2222 suffisent. Le premier génère le signal HF, le second fournit la puissance nécessaire à l’antenne.

Premier miracle : fabriquer du 7 MHz avec du continu

Une alimentation de 12 V ne produit évidemment aucune HF. C’est le premier transistor qui transforme cette énergie continue en oscillation.

Un quartz 40 m est placé dans la boucle de réaction de l’oscillateur. Grâce à sa très forte sélectivité, il impose pratiquement la fréquence d’émission.

C’est une première leçon fondamentale : l’énergie vient de l’alimentation, mais le quartz détermine la fréquence.

Et contrairement à un VFO, il n’y a quasiment rien à régler.

Deuxième transistor : passer des milliwatts aux centaines de milliwatts

Le signal produit par l’oscillateur est encore trop faible pour être envoyé directement vers l’antenne.

Le deuxième 2N2222 fonctionne donc comme amplificateur RF. Une réalisation typique fournit environ un demi-watt.

Cela paraît dérisoire. Pourtant :

    \[500\ \mathrm{mW}=0,5\ \mathrm{W}\approx27\ \mathrm{dBm}\]

Sur une charge fictive de 50 Ω, on peut même retrouver la puissance avec :

    \[P=\frac{V_{\mathrm{RMS}}^2}{R}\]

Le Tuna Tin devient ainsi un excellent petit laboratoire de mesure RF.

Le composant essentiel : le filtre de sortie

Un transistor ne produit pas une sinusoïde parfaite. En plus de notre fondamentale vers 7 MHz apparaissent des harmoniques, notamment vers 14, 21 ou 28 MHz.

Effet du filtre passe-bas du Tuna Tin 2.

D’où le réseau LC placé en sortie : le filtre passe-bas.

Il laisse passer le 7 MHz tout en atténuant fortement les fréquences supérieures. Les versions modernisées du Tuna Tin 2 conservent naturellement ce principe.

Voilà une excellente expérience : observer le signal avant et après filtrage avec un analyseur de spectre.

Un émetteur simple ne doit jamais devenir un émetteur sale !

Et peut-on vraiment communiquer avec 500 mW ?

Absolument.

Le QRP démontre justement que la puissance ne fait pas tout. Une bonne antenne, peu de pertes dans le coaxial, un correspondant attentif et une propagation favorable peuvent permettre des liaisons étonnamment lointaines.

Le Tuna Tin 2 original a même inspiré des défis QRP et des réalisations ayant obtenu le Worked All States avec environ un demi-watt.

Sur 40 mètres, le plan de bande IARU Région 1 prévoit 7000 à 7040 kHz pour la CW, avec 7030 kHz comme centre d’activité QRP CW.

Construire un Tuna Tin 2 en 2026 ?

C’est justement là que l’expérience devient intéressante.

Deux 2N2222A, quelques résistances et condensateurs, un quartz, quelques inductances, un filtre passe-bas, une alimentation et une prise BNC suffisent pour retrouver les fondamentaux d’un véritable émetteur.

Mais aujourd’hui, nous pouvons ajouter quelque chose dont Doug DeMaw ne disposait pas aussi facilement en 1976 : nos instruments de mesure modernes.

La démarche devient alors :

Construire → brancher une charge fictive 50 Ω → mesurer la fréquence → mesurer la puissance → observer les harmoniques → vérifier le filtrage → seulement ensuite connecter l’antenne.

Le Tuna Tin 2 ne remplacera évidemment pas votre transceiver moderne. Mais pour comprendre ce qui se passe réellement entre 12 volts et une antenne, deux transistors peuvent parfois en apprendre beaucoup plus qu’un SDR à 2 000 €.

Liens et ressources utiles

Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, retrouver le schéma du Tuna Tin 2 ou envisager sa construction, voici une sélection de ressources intéressantes :

  • Tuna Tin 2 original — QST, mai 1976 : l’article de Doug DeMaw, W1FB, « Build a Tuna Tin 2 », pp. 14–16, est la publication qui a lancé ce petit émetteur devenu un classique du QRP. L’ARRL confirme également que le montage original figurait en couverture de ce numéro.
    ARRL — histoire du Tuna Tin 2
  • Une adaptation avec des composants plus modernes : Doug Hendricks, KI6DS, explique comment le circuit historique a été adapté afin d’utiliser des composants plus faciles à trouver. C’est une excellente ressource pour qui souhaite réellement reconstruire le montage.
    The Tuna Tin 2 Transmitter — KI6DS
  • Schéma détaillé du Tuna Tin 2 : cette version « 35th Anniversary » montre clairement les deux 2N2222A, l’oscillateur à quartz, l’amplificateur, les valeurs des composants et surtout le filtre passe-bas de sortie. Le document indique également plusieurs tensions utiles pour le dépannage.
    QRPme — schéma Tuna Tin 2 35th Anniversary
  • Manuel de construction NJQRP : probablement la ressource la plus intéressante pour passer de la théorie à la pratique. On y trouve schéma, implantation des composants, câblage, transformateurs et procédure de mesure.
    NJQRP — Tuna Tin 2 Assembly Manual
  • Plan de bande IARU Région 1 : sur 40 mètres, la plage 7000–7040 kHz est prévue pour la CW et 7030 kHz constitue le centre d’activité QRP CW. Attention : il s’agit d’un centre d’activité, pas d’une fréquence réservée.
    IARU Région 1 — HF Band Plan
  • Réglementation radioamateur française : l’ANFR rassemble sur cette page les textes concernant les bandes attribuées, les conditions d’utilisation des installations radioamateurs et les principales références réglementaires françaises.
    ANFR — cadre juridique radioamateur

Après la HF, RADE : l’IA pourrait-elle révolutionner nos talkies VHF/UHF ?

RADE en VHF/UHF

Nous avons déjà évoqué sur F5KEE RADE (Radio Autoencoder) et les résultats étonnants obtenus en HF. Mais les chercheurs du projet FreeDV explorent maintenant un autre terrain qui concerne directement beaucoup plus de radioamateurs au quotidien : nos communications VHF et UHF.

Et si, après avoir transformé la manière de transmettre de la voix en HF, l’intelligence artificielle pouvait un jour se retrouver dans nos talkies ?

De la FM au numérique… puis à l’IA

Sur VHF/UHF, la bonne vieille FM analogique reste remarquablement efficace. À ses côtés sont apparus plusieurs systèmes numériques : D-Star, DMR, C4FM, puis plus récemment M17, protocole ouvert utilisant Codec 2.

Malgré leurs différences, ces systèmes reposent généralement sur une architecture assez classique :

voix → vocodeur → correction d’erreurs → modulation → radio

Chaque bloc accomplit une fonction bien définie.

Avec RADE-BBFM, pour RADE over Baseband FM, les chercheurs de FreeDV proposent une approche radicalement différente : utiliser l’apprentissage automatique pour remplacer une grande partie de cette chaîne de traitement traditionnelle.

RADE-BBFM : une IA derrière la FM

L’idée est astucieuse car il n’est pas nécessaire de réinventer toute la partie radio.

RADE-BBFM conserve une architecture Baseband FM (BBFM) que l’on retrouve dans de nombreuses radios VHF/UHF. Ce sont principalement le traitement de la parole et la protection contre les erreurs qui sont remplacés par un autoencodeur neuronal entraîné pour fonctionner directement avec les imperfections du canal radio.

On pourrait résumer très simplement la chaîne :

Micro → encodeur neuronal RADE → FM → canal radio → décodeur neuronal RADE → haut-parleur

L’IA apprend donc non seulement à représenter efficacement la parole, mais également à la reconstruire lorsqu’elle a été dégradée par le bruit, l’affaiblissement ou les évanouissements du signal.

C’est là que RADE devient particulièrement intéressant.

Et cela fonctionne déjà sur de vraies radios UHF

Nous ne sommes plus uniquement devant une simulation informatique.

David Rowe et Tibor Bece ont publié en 2025 leurs travaux dans RADE for Land Mobile Radio: A Neural Codec for Transmission of Speech over Baseband FM Radio Channels. Ils y décrivent notamment une démonstration utilisant des radios UHF du commerce.

Les essais et simulations montrent une qualité vocale supérieure à la FM analogique dans certaines conditions difficiles, notamment en présence de fading. FreeDV présente également des comparaisons audio entre FM analogique, D-Star et RADE.

Plus intéressant encore : des modèles ont été testés sur des canaux simulant un véhicule se déplaçant à 30, 60 et 120 km/h, avec des résultats encourageants même lorsque les conditions diffèrent de celles utilisées pour l’apprentissage.

Alors, bientôt RADE dans nos talkies ?

Pas encore.

L’un des principaux obstacles reste la puissance de calcul et la mémoire nécessaires. Les protocoles actuels ont été conçus pour fonctionner sur des processeurs embarqués modestes, tandis qu’un réseau neuronal demande davantage de ressources. FreeDV souligne cependant que les besoins de RADE restent très inférieurs aux capacités d’un smartphone moderne, et des essais ont déjà été réalisés sur des processeurs embarqués.

L’évolution des microprocesseurs et accélérateurs dédiés à l’IA pourrait donc rapidement changer la donne.

Et si le premier talkie « IA » venait des radioamateurs ?

C’est peut-être finalement la partie la plus enthousiasmante.

RADE-BBFM est développé en open source et FreeDV fournit le code permettant aux expérimentateurs avancés de reproduire les travaux.

Le monde radioamateur dispose parallèlement de projets ouverts comme M17, qui démontrent qu’il est possible de développer nos propres systèmes de radiocommunication numérique.

Il devient alors tentant d’imaginer un futur portatif SDR capable de charger différents modes par logiciel, parmi lesquels un mode vocal neuronal particulièrement robuste.

Un processeur suffisamment puissant, un émetteur-récepteur VHF/UHF ouvert, RADE-BBFM et quelques radioamateurs motivés… Le premier véritable talkie utilisant l’IA ne viendra peut-être pas d’un grand constructeur.

Et si notre prochain projet de construction commençait justement ici ?

Liens et ressources utiles

Votre NanoVNA sait faire beaucoup plus que mesurer le ROS : 10 expériences RF à essayer

Banniere NanoVNA

Pour beaucoup de radioamateurs, le NanoVNA est devenu l’instrument que l’on sort lorsqu’une antenne refuse obstinément d’afficher un ROS convenable. On branche le coaxial sur CH0, on cherche le minimum de ROS et l’appareil retourne dans son tiroir. C’est dommage, car nous n’utilisons alors qu’une petite partie de ses possibilités.

Un NanoVNA est avant tout un analyseur de réseau vectoriel. Il ne mesure pas seulement combien d’énergie revient vers l’émetteur : il mesure également l’amplitude et la phase des signaux. Il peut ainsi nous renseigner sur l’impédance d’une antenne, les pertes d’un câble, la réponse d’un filtre ou encore nous aider à localiser un défaut dans une ligne coaxiale.

Deux paramètres vont nous accompagner dans les expériences suivantes :

  • S11 mesure ce qui est réfléchi vers le port CH0 ;
  • S21 mesure ce qui est transmis de CH0 vers CH1.

Mesurer S11 et S21 avec un NanoVNA

Les deux mesures fondamentales du NanoVNA : S11 analyse le signal réfléchi par l’antenne ou la charge sur CH0, tandis que S21 mesure la transmission d’un signal de CH0 vers CH1 à travers un câble, un filtre ou un autre dispositif RF.

Avec seulement quelques câbles, adaptateurs et composants, notre petit NanoVNA peut donc devenir un véritable laboratoire RF de poche. Voici dix expériences pour le découvrir.

Avant de commencer : calibrez !
Une mesure n’est valable que si le NanoVNA a été correctement calibré sur la plage de fréquences utilisée. Pour les mesures en réflexion, on utilise les références OPEN, SHORT et LOAD. Pour les mesures de transmission entre CH0 et CH1, on ajoute notamment THRU. La calibration doit idéalement être réalisée au niveau du connecteur où commencera réellement le dispositif à mesurer.

1. Trouver la vraie fréquence de résonance d’une antenne

Première expérience : oublions quelques instants le ROS.

Branchez une antenne sur CH0 et affichez simultanément le ROS et l’abaque de Smith. Placez ensuite un marqueur autour de la fréquence où l’antenne semble résonner.

Le NanoVNA permet de lire son impédance sous la forme :

    \[Z=R+jX\]

avec R, la partie résistive, et X, la partie réactive.

À la résonance, nous recherchons surtout :

    \[X \approx 0\]

Une antenne peut donc parfaitement être résonante avec une impédance de 35 Ω, 70 Ω ou 100 Ω. Son ROS ne sera alors pas égal à 1 sur une ligne de 50 Ω.

C’est une distinction essentielle :

résonance et adaptation d’impédance ne sont pas la même chose.

Le NanoVNA permet justement de voir les deux phénomènes séparément, là où un simple ROS-mètre ne nous donne qu’une partie de l’histoire.

2. Mesurer la longueur d’un câble coaxial

Le NanoVNA peut également nous renseigner sur ce qui se passe le long d’un câble. Pour cela, il exploite ses mesures fréquentielles et les transforme dans le domaine temporel : c’est le principe utilisé par la fonction TDR (Time Domain Reflectometry).

Branchez sur CH0 un câble coaxial dont l’autre extrémité reste ouverte. Après calibration, effectuez un balayage sur une plage de fréquences suffisamment large puis affichez la représentation temporelle, directement sur les modèles qui le permettent ou avec un logiciel comme NanoVNA-Saver.

Le signal parcourt le câble, rencontre son extrémité ouverte et revient vers le NanoVNA. Le délai mesuré correspond donc à un aller-retour.

En connaissant la vitesse de propagation dans le câble, le logiciel peut convertir ce délai en distance et ainsi estimer sa longueur.

C’est une façon étonnamment simple de mesurer un coaxial de plusieurs mètres… sans dérouler le mètre ruban !

3. Déterminer le facteur de vélocité d’un coaxial

La vitesse d’une onde RF dans un câble coaxial est inférieure à celle de la lumière. Elle dépend principalement du diélectrique situé entre l’âme et le blindage.

On définit le facteur de vélocité, ou VF, par :

    \[VF=\frac{v}{c}\]

où (v) est la vitesse de propagation dans le câble et (c) la vitesse de la lumière.

Prenons maintenant un câble dont nous connaissons précisément la longueur physique. En mesurant son délai de propagation avec le NanoVNA, nous pouvons calculer sa vitesse réelle, puis en déduire son facteur de vélocité.

L’expérience devient particulièrement intéressante en comparant plusieurs câbles : un RG-58 à diélectrique plein, un câble à mousse ou encore un coaxial faible perte.

On constate alors directement que deux câbles de même longueur physique n’ont pas nécessairement la même longueur électrique.

Ce paramètre devient essentiel dès que le coaxial participe au fonctionnement du circuit : ligne quart d’onde, stub d’adaptation, transformateur d’impédance, phasage d’antennes, etc.

4. Localiser un défaut dans un câble avec le TDR

Voici probablement l’une des expériences les plus spectaculaires à réaliser avec un NanoVNA.

Prenez un câble coaxial de plusieurs mètres et observez sa réponse dans le domaine temporel. Une discontinuité d’impédance provoque une réflexion : le NanoVNA peut donc indiquer à quelle distance elle se trouve.

Essayez successivement :

  • une extrémité ouverte ;
  • un court-circuit ;
  • un raccord coaxial ;
  • un connecteur mal monté ;
  • ou, sur un vieux câble, une zone réellement endommagée.

Chaque anomalie produit une signature différente.

Le principe est exactement celui d’un radar miniature : le NanoVNA observe le temps nécessaire pour que la réflexion revienne vers lui. Connaissant la vitesse de propagation dans le câble, il peut en déduire la position du défaut.

Un point mérite cependant d’être retenu : la précision dépend notamment de la largeur du balayage fréquentiel, de la calibration et du facteur de vélocité renseigné.

Le NanoVNA ne remplace donc pas toujours un véritable réflectomètre professionnel, mais il permet déjà de répondre à une question extrêmement utile dans une station radioamateur :

« Mon coaxial est défectueux… mais à combien de mètres du shack ? »

VNA mode temporel

En mode temporel, le NanoVNA transforme les réflexions mesurées dans le coaxial en informations de distance. Une rupture, un court-circuit ou une variation d’impédance peut ainsi être localisé le long du câble.

5. Mesurer les pertes réelles d’un câble coaxial

Après S11, passons à S21, c’est-à-dire à ce qui traverse réellement un dispositif.

Reliez CH0 à une extrémité du câble et CH1 à l’autre extrémité, puis affichez la courbe LOGMAG en dB. Après une calibration THRU correcte, la valeur mesurée correspond directement à la perte d’insertion du câble.

Un câble parfait donnerait 0 dB. En pratique, on lira par exemple :

    \[S21=-1,2\ \text{dB}\]

Cela signifie que le câble atténue le signal de 1,2 dB sur la fréquence considérée.

L’expérience devient très instructive en comparant plusieurs longueurs ou plusieurs types de coaxiaux. On voit immédiatement que les pertes augmentent avec la fréquence et qu’un câble acceptable sur 7 MHz peut devenir beaucoup moins intéressant sur 432 MHz ou 1,3 GHz.

6. Tracer la courbe d’un filtre

Le NanoVNA peut également devenir un petit analyseur de filtres.

Branchez simplement :

CH0 → filtre → CH1

Puis balayez une plage de fréquences suffisamment large autour de la zone qui vous intéresse.

Avec S21 LOGMAG, on visualise directement :

  • la bande passante ;
  • les fréquences de coupure ;
  • la perte d’insertion ;
  • l’atténuation hors bande ;
  • et la pente du filtre.

Essayez par exemple un filtre passe-bas destiné au 14 MHz. Dans sa bande utile, la courbe doit rester proche de 0 dB, puis chuter rapidement au-delà de la fréquence de coupure.

On peut même afficher simultanément la phase afin de mieux comprendre le comportement du filtre autour de sa transition.

C’est une excellente façon de vérifier un filtre construit soi-même avant de le placer entre un émetteur et son antenne.

7. Observer la résonance d’un circuit LC

Pour cette expérience, réalisons un circuit composé simplement d’une self L et d’un condensateur C.

Sa fréquence théorique de résonance est :

    \[f_0=\frac{1}{2\pi\sqrt{LC}}\]

Prenons par exemple :

    \[L=1\ \mu H\]

et

    \[C=100\ pF\]

La résonance théorique se situe alors autour de :

    \[f_0 \approx 15,9\ MHz\]

Connectez le circuit au NanoVNA et balayez quelques MHz autour de cette fréquence.

Vous constaterez probablement que la valeur mesurée n’est pas exactement 15,9 MHz. Pourquoi ?

Parce que dans le monde réel, les composants possèdent des tolérances, des pertes, des capacités parasites et même une inductance parasite pour le condensateur.

C’est justement tout l’intérêt de l’expérience : le NanoVNA permet de voir la différence entre le composant idéal de nos formules et le circuit RF réellement posé sur l’établi.

Observer la résonance d’un circuit LC

Trois applications de S21 avec le NanoVNA : mesurer les pertes d’un câble coaxial, tracer la réponse en fréquence d’un filtre et observer la résonance d’un circuit LC. Dans chaque cas, le dispositif à tester est inséré entre CH0 et CH1.

8. Mesurer une self ou un condensateur inconnu

Le NanoVNA peut aussi devenir un petit instrument de caractérisation de composants.

En mesurant l’impédance complexe d’un composant sur CH0, nous obtenons :

    \[Z=R+jX\]

Pour une inductance, la réactance permet d’estimer :

    \[L=\frac{X_L}{2\pi f}\]

et pour un condensateur :

    \[C=\frac{1}{2\pi f|X_C|}\]

Essayez avec une self ou un condensateur dont vous connaissez déjà la valeur, puis comparez mesure et marquage.

Encore plus intéressant : augmentez progressivement la fréquence. Le composant finit par s’éloigner de son modèle idéal à cause de ses éléments parasites et peut même atteindre sa fréquence d’auto-résonance.

9. Tester réellement un choke ou un balun

Voilà une expérience particulièrement utile pour l’amateur qui construit ses antennes.

Bobinez quelques spires de coaxial sur une ferrite et mesurez son comportement sur plusieurs bandes. On peut ainsi étudier l’impédance de mode commun du choke et observer comment elle évolue avec la fréquence.

L’expérience permet surtout de comprendre qu’un choke n’est pas simplement « bon » ou « mauvais ».

Un montage très efficace sur 7 MHz peut l’être beaucoup moins sur 28 MHz. Le résultat dépend du matériau de la ferrite, de ses dimensions, du nombre de spires et de la façon dont elles sont bobinées.

Le NanoVNA devient alors particulièrement intéressant pour comparer plusieurs constructions avant d’installer le choke au pied d’une antenne.

10. Voir un coaxial transformer une impédance

Terminons par une expérience qui peut sembler presque magique.

Connectez sur CH0 une longueur de coaxial terminée successivement par un circuit ouvert puis un court-circuit, et observez son impédance sur l’abaque de Smith en faisant varier la fréquence.

La ligne ne se comporte plus comme un simple morceau de câble.

Lorsque sa longueur électrique approche :

    \[L=\frac{\lambda}{4}\]

une ligne quart d’onde transforme les impédances. Pour une ligne sans pertes :

    \[Z_{in}=\frac{Z_0^2}{Z_L}\]

Ainsi, à exactement λ/4, une charge très faible est transformée en impédance très élevée et, inversement, une charge très élevée en impédance très faible.

Sur l’abaque de Smith, c’est spectaculaire : lorsque la fréquence varie, le point d’impédance tourne autour de l’abaque.

Nous venons d’observer directement le principe utilisé dans les stubs, transformateurs quart d’onde et de nombreux systèmes d’adaptation RF.

Le coaxial n’est donc plus seulement le câble qui transporte notre HF : sa longueur électrique peut devenir une partie intégrante du circuit.

Liens et ressources utiles

Envie de reproduire ces expériences ou d’aller plus loin avec votre NanoVNA ? Quelques ressources permettent d’exploiter beaucoup plus facilement S11, S21, l’abaque de Smith et le domaine temporel.

  • NanoVNA-Saver — Probablement le complément logiciel le plus intéressant. Il permet d’afficher S11 et S21 sous différentes formes (Smith, LogMag, phase, VSWR), d’effectuer des balayages comportant davantage de points, d’analyser des filtres, d’exporter des fichiers Touchstone et surtout d’utiliser une fonction TDR pour mesurer et examiner les câbles.
  • Téléchargement de NanoVNA-Saver — Les versions disponibles pour les différents systèmes se trouvent directement dans la rubrique Releases du projet.
  • Calibration du NanoVNA — Une lecture indispensable avant de rechercher de la précision. La procédure SOLT — Short, Open, Load, Through — permet de définir correctement le plan de référence et de compenser les erreurs introduites par les connecteurs, adaptateurs et câbles de mesure.

Conseil F5KEE : avec un VNA, une belle courbe n’est pas nécessairement une bonne mesure. Avant toute expérience, vérifiez la plage de fréquences et surtout la calibration au niveau où commence réellement le dispositif à tester.