Bienvenue sur le Site du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon (91 – Essonne)!

Chers(es) visiteurs(ses) et passionnés(es) de radio et de sciences,

Le Radio-Club F5KEE vous accueille à la Maison des Associations de Viry-Châtillon, au cœur de l’Essonne. Dans ce lieu ouvert et convivial, nous réunissons toutes celles et ceux qui partagent la curiosité des sciences, des techniques et des communications sans fil.

Le radioamateurisme, c’est bien plus qu’un simple hobby :
c’est une passion universelle, où l’on apprend à dialoguer avec le monde entier, à construire ses propres antennes et équipements, à explorer la propagation des ondes, mais aussi à découvrir les technologies numériques et les satellites.

À qui s’adresse le radio-club ?

Le F5KEE s’adresse à tous les publics :

  • les curieux qui veulent découvrir ce qu’est la radio et comment on peut communiquer sans Internet,

  • les jeunes et étudiants attirés par la technique, l’électronique ou l’aéronautique,

  • les futurs radioamateurs qui souhaitent préparer la licence,

  • les opérateurs confirmés qui veulent partager leurs expériences, expérimenter ou participer à des contests,

  • et plus largement, toute personne désireuse d’apprendre, de pratiquer et d’échanger dans un cadre associatif.

Que fait-on au F5KEE ?

Nos activités sont variées et adaptées à tous les niveaux :

  • Découverte et formation : initiation aux bases de la radio, aide à la préparation de la licence radioamateur.

  • Pratique du trafic : contacts en phonie, en CW (morse), en modes numériques (FT8, …), via satellites ou encore à travers le monde en HF.

  • Expérimentations techniques : réalisation et essais d’antennes, utilisation du SDR, projets autour de l’Arduino ou d’interfaces numériques.

  • Activités collectives : organisation de démonstrations publiques, projets éducatifs en lien avec les écoles ou évènements internationaux (ARISS, QO-100, etc.).

  • Vie de club : échanges, entraide, convivialité et partage de connaissances dans une ambiance amicale.

Pourquoi nous rejoindre ?

Adhérer au Radio-Club F5KEE, c’est rejoindre une communauté dynamique et passionnée, c’est apprendre en pratiquant, c’est aussi trouver un lieu où la curiosité technique et la convivialité se conjuguent au quotidien.

C’est également l’occasion d’acquérir des bases solides en électricité et en électronique, compétences précieuses pour comprendre le fonctionnement des équipements mais aussi pour, pourquoi pas, préparer un futur métier dans les domaines techniques, scientifiques ou industriels.

Que vous soyez simple curieux, débutant ou opérateur chevronné, poussez la porte de la Maison des Associations de Viry-Châtillon : F5KEE vous accueille et vous invite à découvrir le monde fascinant du radioamateurisme.

L’équipe du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon

WSPR : mon signal est parti… mais jusqu’où est-il allé ?

Jusqu'ou est-il alle

Dans nos deux précédents articles consacrés au WSPR, nous avons commencé par découvrir comment quelques milliwatts, quatre tons et près de deux minutes d’émission peuvent permettre à un minuscule signal de parcourir des milliers de kilomètres.

Puis nous avons ouvert le capot : indicatif, locator et puissance transformés en 50 bits, codage convolutif, entrelacement, synchronisation et enfin 162 symboles 4-FSK transmis pendant environ 110,6 secondes.

Cette fois, oublions les bits !

Notre balise vient d’envoyer :

F5KEE — JN18 — 20 dBm

Autrement dit, 100 mW viennent de partir dans l’antenne.

La question est maintenant beaucoup plus amusante :

Qui nous a entendus et jusqu’où notre petit signal est-il allé ?

WSPRnet : la mémoire du réseau

Le premier endroit où regarder est naturellement WSPRnet.

Les stations qui décodent votre transmission avec WSJT-X ou un logiciel compatible peuvent automatiquement envoyer un spot aux serveurs WSPRnet.

Quelques minutes après votre émission, une recherche sur votre indicatif permet donc de découvrir les stations qui vous ont reçu.

Une ligne de résultat peut, par exemple, nous apprendre que :

F5KEE → reçu à –23 dB → 100 mW → 4 850 km

Comment lire un spot WSPR ?

Comment lire un spot WSPR ? Chaque ligne indique notamment qui a émis, sur quelle fréquence et avec quelle puissance, qui a reçu le signal, avec quel rapport signal/bruit (SNR), ainsi que la distance parcourue. Ici, l’exemple montre comment interpréter la réception d’une émission WSPR de F5KEE par une station distante.

On y retrouve notamment l’heure, la fréquence, le rapport signal/bruit (SNR), la dérive en fréquence, l’indicatif et le locator du récepteur ainsi que la distance.

La carte permet également de visualiser géographiquement les chemins parcourus.

Et c’est là que WSPR devient particulièrement addictif : une émission que vous n’entendriez probablement même pas à l’oreille peut soudain apparaître à plusieurs milliers de kilomètres !

WSPR Rocks! : faisons parler les spots

WSPR Rocks! reprend les données WSPR mais propose une interface particulièrement pratique pour les explorer.

Entrez votre indicatif, choisissez une bande et une période : vous pouvez rapidement découvrir qui vous a reçu, à quelle distance et avec quel niveau.

Mais l’intérêt ne s’arrête pas à une jolie carte.

Les filtres et graphiques permettent de commencer à poser de vraies questions de radioamateur :

À quelle heure le 20 mètres commence-t-il à s’ouvrir ?

Quelle station me reçoit le plus régulièrement ?

Dans quelle direction mes meilleurs reports sont-ils obtenus ?

Que se passe-t-il si je réduis ma puissance de 1 W à 100 mW ?

Et surtout :

ma nouvelle antenne fonctionne-t-elle réellement mieux que l’ancienne ?

Voilà où WSPR cesse d’être un simple moyen de collectionner les records de distance pour devenir un véritable outil de mesure de la propagation et de notre station.

Et pour les amateurs de données : WSPR Live

Si quelques points sur une carte ne vous suffisent plus, WSPR Live permet d’aller encore plus loin.

Le service donne accès à une immense quantité de données WSPR accumulées au fil des années.

Il devient alors possible d’étudier l’évolution de la propagation sur de longues périodes, de comparer des bandes ou d’effectuer des analyses statistiques beaucoup plus poussées.

Nous quittons progressivement le simple :

« Qui m’a entendu ce soir ? »

pour entrer dans :

« Que pouvons-nous apprendre de plusieurs millions de réceptions ? »

Et là, il y aurait largement matière à un autre article !

Un conseil : ne regardez pas seulement la distance

Lors de vos premières émissions WSPR, le réflexe sera probablement de chercher immédiatement le spot le plus éloigné.

C’est amusant, mais ce n’est pas forcément l’information la plus intéressante.

Regardez également le SNR, l’heure, la direction, la répétition des réceptions et leur évolution.

Une station qui vous reçoit régulièrement à 1 500 km peut fournir davantage d’informations pour comparer deux antennes qu’un unique spot exceptionnel à 10 000 km.

WSPR devient réellement passionnant lorsque l’on commence à comparer plutôt qu’à simplement regarder.

Émettre n’était finalement que la moitié de l’expérience

Nous avons maintenant parcouru toute la chaîne.

Dans notre premier article, nous avons découvert pourquoi WSPR pouvait aller si loin avec si peu de puissance.

Dans le deuxième, nous avons démonté les 162 symboles qui transportent notre indicatif.

Et maintenant, nous savons retrouver leur trace à l’autre bout du monde.

Il ne reste donc plus qu’à lancer une émission.

100 mW dans l’antenne, un café… et voyons jusqu’où ils sont allés.

Pour aller plus loin

WSPRnet — Le réseau historique et la base de données des spots WSPR.
https://www.wsprnet.org/

Carte WSPRnet — Pour visualiser les stations et les chemins de propagation.
https://www.wsprnet.org/drupal/WSPRnet/map

WSPR Rocks! — Recherche, cartes, graphiques et exploration très pratique de vos spots.
https://wspr.rocks/

Aide de WSPR Rocks! — Pour découvrir les filtres, graphiques et possibilités d’analyse.
https://wspr.rocks/help.html

WSPR Live — Pour explorer et analyser plus profondément les données historiques WSPR.
https://wspr.live/

WSPR : que se cache-t-il derrière ces 162 petits symboles ?

Banniere WSPR

Dans notre précédent article, nous avons découvert comment WSPR pouvait transmettre un minuscule message radio à des milliers de kilomètres avec quelques milliwatts. Nous savons maintenant qu’une émission dure environ 110,6 secondes, utilise quatre fréquences très proches et ne transporte que quelques informations.

Mais nous avons volontairement laissé une boîte fermée.

Comment un message aussi banal que :

F5KEE JN18 20

peut-il devenir une succession de 162 symboles radio ?

Et, question encore plus intéressante : comment le récepteur réussit-il à effectuer l’opération inverse lorsque le signal est presque entièrement noyé dans le bruit ?

Cette fois, ouvrons le capot.

Première étape : faire entrer F5KEE dans 28 bits

Un ordinateur pourrait naturellement coder chaque caractère de notre message séparément. Mais ce serait un énorme gaspillage pour WSPR.

Le protocole exploite le fait qu’un indicatif radioamateur possède une structure relativement prévisible.

Un indicatif standard peut être représenté par seulement 28 bits.

Pourquoi 28 ?

Avec 28 bits, nous pouvons représenter :

2²⁸ = 268 435 456 valeurs différentes.

C’est suffisamment pour numéroter les indicatifs standards que le protocole doit représenter.

WSPR ne transmet donc pas réellement les caractères :

F – 5 – K – E – E

Il applique une procédure de codage qui transforme l’indicatif complet en un nombre, puis représente ce nombre sur 28 bits.

C’est une première astuce fondamentale :

plutôt que transmettre des caractères, on transmet leur numéro dans un ensemble de combinaisons possibles.

Notre indicatif F5KEE devient ainsi une valeur numérique parfaitement réversible.

Le locator subit le même traitement

Notre message contient ensuite :

JN18

Là encore, transmettre quatre caractères séparément serait inutile.

Un locator Maidenhead à quatre caractères découpe la Terre en un nombre limité de cases.

Il existe 18 × 18 possibilités pour les deux lettres et 10 × 10 possibilités pour les deux chiffres :

18 × 18 × 10 × 10 = 32 400 locators possibles.

Or :

2¹⁵ = 32 768

Quinze bits suffisent donc pour identifier n’importe lequel des 32 400 locators.

Notre JN18 devient donc à son tour un nombre codé sur :

15 bits.

Nous avons maintenant :

F5KEE → 28 bits

JN18 → 15 bits

soit déjà :

43 bits.

Et les 7 derniers bits ?

Il reste la puissance.

Dans notre exemple :

20 dBm = 100 mW.

WSPR réserve 7 bits à ce dernier champ dans un message standard de type 1.

Nous arrivons donc exactement à :

28 + 15 + 7 = 50 bits.

la compression de F5KEE JN18 20 en 50 bits

De F5KEE JN18 20 aux 50 bits du message WSPR. Le codage source transforme l’indicatif, le locator Maidenhead et la puissance en valeurs numériques compactes : 28 bits + 15 bits + 7 bits = 50 bits. Ces 50 bits constituent l’information utile qui sera ensuite protégée par le codage correcteur d’erreurs avant la transmission.

Voilà notre premier tour de force.

Le message parfaitement lisible :

F5KEE JN18 20

est devenu un paquet de seulement :

50 bits.

Cette opération s’appelle le codage source : représenter l’information utile avec le moins de bits possible.

Mais si nous envoyions directement ces 50 bits, le moindre parasite pourrait transformer un 0 en 1 et rendre le message inutilisable.

Il faut donc maintenant faire quelque chose qui peut sembler contradictoire :

nous allons volontairement ajouter de l’information.

De 50 à 162 bits : le code convolutif

WSPR utilise un puissant système de correction d’erreurs appelé codage convolutif.

Ses deux caractéristiques principales sont :

K = 32

et

r = 1/2.

Le taux 1/2 signifie, de façon simplifiée, que pour chaque bit présenté au codeur, celui-ci produit deux bits codés.

Mais il ne regarde pas uniquement le bit actuel.

Il tient également compte des bits précédents grâce à une mémoire comparable à un registre à décalage.

C’est là qu’intervient :

K = 32

appelé constraint length, ou longueur de contrainte.

Autrement dit, chaque décision produite par le codeur dépend d’une longue histoire des bits qui l’ont précédée.

Cette propriété crée une forte redondance structurée dans le message.

Pour terminer correctement le processus, 31 positions supplémentaires sont nécessaires.

Nous obtenons donc :

(50 + 31) × 2 = 162 bits codés.

le registre du code convolutif

Le codage convolutif du WSPR. Les 50 bits d’information sont complétés par 31 bits de terminaison, puis traversent un codeur convolutif de longueur de contrainte K = 32 et de taux 1/2. Chaque bit traité produit deux bits codés selon les polynômes générateurs du protocole : 81 × 2 = 162 bits, apportant la redondance qui permettra au récepteur de corriger de nombreuses erreurs dues au bruit et au fading.

Et voilà enfin apparaître notre fameux nombre :

162

Il ne vient donc absolument pas de nulle part.

Les 50 bits d’information originale, accompagnés de la mémoire nécessaire au code convolutif, produisent les 162 bits codés utilisés pour construire la transmission WSPR.

À quoi sert toute cette redondance ?

Imaginons qu’un signal soit momentanément affaibli par du fading.

Quelques bits deviennent alors très difficiles à déterminer.

Sans correction d’erreurs, le récepteur devrait décider :

0 ou 1 ?

et espérer avoir choisi correctement.

Avec le codage convolutif, les bits ne sont plus indépendants. Ils appartiennent à une structure logique que le décodeur connaît.

Le récepteur peut donc rechercher quelle succession de bits d’origine explique le mieux l’ensemble des informations reçues.

C’est un peu comme lire :

R_DIO_MATEUR

Même avec des lettres manquantes, nous pouvons raisonnablement reconstruire :

RADIOAMATEUR

Le code correcteur fait quelque chose de conceptuellement comparable, mais avec des mathématiques plutôt qu’un dictionnaire.

Et maintenant, mélangeons tout !

Nous possédons désormais 162 bits.

On pourrait les transmettre dans leur ordre.

WSPR choisit pourtant de les mélanger volontairement.

C’est l’entrelacement, ou interleaving.

Imaginons une suite :

A B C D E F G H

et une perturbation radio qui détruit quatre éléments consécutifs :

A B ? ? ? ? G H

Une partie entière de notre information est touchée.

Si nous avions préalablement réorganisé les données, la même perturbation affecterait des informations qui, une fois remises dans leur ordre initial, seraient dispersées dans le message.

C’est exactement l’intérêt de l’entrelacement.

WSPR réorganise donc les 162 bits codés avant leur transmission.

Au récepteur, l’opération inverse — le désentrelacement — permettra de retrouver leur ordre logique.

l’entrelacement

L’entrelacement des 162 bits WSPR. Après le codage convolutif, les bits sont volontairement réordonnés avant leur transmission. Cette dispersion évite qu’une perturbation brève ou un fading n’endommage une série de bits voisins : après désentrelacement au récepteur, les erreurs se retrouvent réparties dans le message et deviennent plus faciles à traiter par le code correcteur.

Cela améliore la résistance aux perturbations brèves, au fading et aux interférences.

Nous avons 162 bits… mais toujours pas quatre tons

À ce stade, notre message :

F5KEE JN18 20

est devenu :

50 bits utiles → codage convolutif → 162 bits → entrelacement.

Chaque bit obtenu ne peut toujours prendre que deux valeurs :

0 ou 1.

Or WSPR utilise quatre tons :

0, 1, 2 ou 3.

Il nous manque donc une pièce du puzzle.

Et cette pièce est particulièrement astucieuse.

Le deuxième bit que connaît déjà le récepteur

WSPR possède une séquence de synchronisation pseudo-aléatoire de 162 bits.

Mais contrairement aux données de F5KEE, cette séquence n’est pas une information inconnue que le récepteur doit découvrir.

Le récepteur la connaît déjà.

Nous avons donc, pour chaque position :

un bit de données, provenant de notre message ;

et un bit de synchronisation, appartenant à une séquence connue.

Ces deux bits déterminent ensemble lequel des quatre tons doit être transmis.

La règle est remarquablement simple :

Ton = 2 × Data + Sync

Regardons ce que cela donne :

Data Sync Ton
0 0 0
0 1 1
1 0 2
1 1 3

Et voilà !

Nous venons de fabriquer les quatre états de la modulation WSPR.

formule Sync + 2 × Data = ton 0/1/2/3

Comment WSPR transforme deux bits en l’un des quatre tons 4-FSK. Pour chacun des 162 symboles, un bit de données issu du message est combiné avec un bit de la séquence de synchronisation connue du récepteur selon la relation Ton = 2 × Data + Sync. Le résultat, compris entre 0 et 3, sélectionne l’une des quatre fréquences espacées d’environ 1,4648 Hz qui constituent le signal WSPR.

C’est une notion essentielle pour comprendre le protocole.

Les quatre tons ne transportent donc pas simplement « deux bits de notre message ».

Un bit correspond aux données codées, tandis que l’autre appartient à la séquence de synchronisation connue du récepteur.

Du symbole à la fréquence radio

Chaque résultat 0, 1, 2 ou 3 sélectionne maintenant l’une des quatre fréquences possibles.

Si nous appelons f₀ la fréquence du ton le plus bas :

Ton 0 → f₀

Ton 1 → f₀ + 1,4648 Hz

Ton 2 → f₀ + 2,9296 Hz

Ton 3 → f₀ + 4,3944 Hz

L’écart entre deux tons voisins est donc d’environ :

1,4648 Hz.

Supposons, pour simplifier, qu’une petite partie de notre séquence devienne :

2 – 0 – 3 – 1 – 2 – 2 – 0 – 1…

L’émetteur ne transmet pas les chiffres.

Il produit successivement :

f₂ – f₀ – f₃ – f₁ – f₂ – f₂ – f₀ – f₁…

Chaque fréquence est maintenue pendant environ 0,683 seconde, puis l’émetteur passe au symbole suivant.

À raison de 162 symboles :

162 × 0,683 ≈ 110,6 secondes.

Nous avons maintenant suivi pratiquement toute la chaîne :

F5KEE JN18 20

50 bits

codage convolutif

162 bits

entrelacement

+ 162 bits de synchronisation connus

162 valeurs de 0 à 3

162 tons 4-FSK

110,6 secondes de radio.

Notre indicatif est maintenant dans l’air !

Mais à l’autre bout, il n’y a presque rien…

Imaginons maintenant notre transmission reçue à plusieurs milliers de kilomètres.

Le signal a subi l’ionosphère, du fading, du bruit atmosphérique, les parasites locaux et éventuellement les émissions voisines.

Avec quelques milliwatts au départ, sa trace peut être presque invisible.

Le récepteur doit pourtant retrouver :

F5KEE JN18 20

Nous allons donc refaire tout le voyage… à l’envers.

« aller-retour » message → 162 tons → bruit → 162 symboles → message retrouvé.

Du signal WSPR noyé dans le bruit au message F5KEE JN18 20. À la réception, le logiciel effectue le chemin inverse de l’encodage : il recherche et synchronise le signal, analyse les quatre tons, récupère les bits de données, les désentrelace puis exploite le code correcteur pour reconstruire les 50 bits utiles. Le décodage source permet finalement de retrouver l’indicatif, le locator et la puissance transmis.

Première mission : retrouver où se cache le WSPR

Le logiciel ne sait pas nécessairement exactement où se trouve notre signal dans la petite fenêtre WSPR.

Il doit rechercher une correspondance en temps et en fréquence.

C’est ici que notre séquence de synchronisation devient particulièrement précieuse.

Rappelez-vous : le récepteur la connaît.

Il peut donc rechercher dans le signal reçu une structure compatible avec cette séquence.

Lorsqu’une forte correspondance apparaît à une certaine fréquence et avec un certain décalage temporel, nous avons un candidat :

il y a peut-être une transmission WSPR ici.

La synchronisation aide ainsi le logiciel à déterminer précisément quand et analyser le signal.

Le récepteur ne doit pas décider trop vite

Voici une autre notion importante.

Pour chaque symbole, le logiciel pourrait simplement rechercher laquelle des quatre fréquences possède le plus d’énergie et déclarer :

« C’est le ton 2 ! »

Mais lorsque le signal se trouve très profondément dans le bruit, une décision aussi brutale serait souvent fausse.

Le décodeur peut conserver des informations sur la probabilité ou la vraisemblance des différentes possibilités.

Au lieu de penser :

Ton 2 certain

il peut, conceptuellement, travailler avec quelque chose comme :

ton 2 très probable, ton 3 possible, tons 0 et 1 peu probables.

Ces informations deviennent extrêmement utiles pour le décodage correcteur.

Retirer ce que nous connaissons déjà

Une fois la synchronisation établie et les symboles analysés, nous savons que chaque symbole obéissait à :

Ton = 2 × Data + Sync.

Puisque Sync est connu, le logiciel peut retrouver l’information correspondant aux données.

Il obtient ainsi les estimations des 162 bits codés.

Mais souvenons-nous : nous les avions mélangés.

Il faut donc maintenant effectuer le :

désentrelacement.

Les bits retrouvent alors l’ordre attendu par le code convolutif.

Le moment où le correcteur entre en scène

Nous arrivons au véritable cœur du décodage faible signal.

Le décodeur connaît les règles exactes utilisées par le codeur.

Il peut donc rechercher quelle séquence initiale de 50 bits est la plus compatible avec les 162 informations reçues.

Un symbole peut être douteux.

Deux peuvent être mauvais.

Certains peuvent avoir pratiquement disparu.

Mais le décodeur ne juge pas chacun indépendamment : il cherche une séquence complète cohérente avec les contraintes du code.

C’est ce qui donne au WSPR une part importante de sa remarquable capacité à fonctionner à très faible rapport signal/bruit.

La documentation WSJT-X indique un seuil de décodage voisin de –31 dB dans une bande de référence de 2500 Hz.

À l’oreille, nous sommes depuis longtemps dans le domaine du « je n’entends absolument rien ».

Le logiciel, lui, possède encore suffisamment d’informations statistiques et structurelles pour tenter de reconstruire le message.

Nous retrouvons enfin nos 50 bits

Si le décodage réussit, nous revenons finalement aux :

50 bits d’origine.

Il ne reste plus qu’à inverser le codage source.

Les premiers champs permettent de reconstruire l’indicatif.

Le nombre redevient :

F5KEE

Les 15 bits du locator redeviennent :

JN18

et les 7 derniers bits permettent de récupérer :

20 dBm.

Après 110,6 secondes de transmission, des milliers de kilomètres de propagation et une bonne quantité de bruit, nous retrouvons exactement :

F5KEE JN18 20

C’est tout de même assez remarquable.

Finalement, que contiennent réellement les 162 symboles ?

Nous pouvons maintenant répondre beaucoup plus précisément que dans notre premier article.

Une transmission WSPR classique commence par seulement 50 bits d’information utile.

Le code convolutif K=32 de taux 1/2 apporte la redondance nécessaire pour obtenir 162 bits codés.

Ces bits sont entrelacés.

Chacun est ensuite associé à un bit provenant d’une séquence de synchronisation connue.

La combinaison :

2 × Data + Sync

produit l’une des quatre valeurs :

0 – 1 – 2 – 3

qui sélectionne l’un des quatre tons 4-FSK espacés d’environ 1,4648 Hz.

Ces 162 symboles sont transmis à environ 1,465 baud pendant 110,6 secondes.

À la réception, le logiciel effectue essentiellement le parcours inverse :

RF → synchronisation → analyse des tons → données → désentrelacement → correction d’erreurs → 50 bits → F5KEE JN18 20.

Voilà ce qui se cachait derrière nos 162 petits symboles.

Et surtout, nous pouvons maintenant comprendre pourquoi WSPR est si performant : il ne repose pas sur une astuce miraculeuse, mais sur une succession de choix particulièrement intelligents.

Très peu d’information, énormément de temps pour la transmettre, une bande passante minuscule, une synchronisation connue et une forte redondance permettant au logiciel de retrouver ce que le bruit avait presque effacé.

Et si nous fabriquions nous-mêmes ces 162 symboles ?

Maintenant que nous savons comment fonctionne la machine, une question devient inévitable.

Pourquoi laisser WSJT-X faire tout le travail ?

On pourrait très bien imaginer une fonction :

encode_wspr("F5KEE", "JN18", 20)

qui nous retournerait simplement :

2, 0, 3, 1, 2, 2, 0, 1...

jusqu’au 162e symbole.

Un petit microcontrôleur n’aurait ensuite plus qu’à transformer chacune de ces valeurs en l’une des quatre fréquences RF appropriées.

Un RP2040, un synthétiseur de fréquence, un filtre passe-bas, quelques composants et une antenne pourraient alors suffire pour construire une véritable balise WSPR autonome.

Mais ça…

ce sera une autre histoire.

Pour aller plus loin

  • Guide officiel WSJT-X — spécification des protocoles — La référence à privilégier. Elle décrit les 50 bits, le code convolutif K=32, r=1/2, les 162 symboles, l’entrelacement et la combinaison des bits Data et Sync pour obtenir les quatre tons.
  • WSJT-X — utilisation du mode WSPR — Pour passer de la théorie à la pratique avec WSJT-X : configuration, périodes de deux minutes, puissance d’émission et réception des spots. Le guide indique également une capacité de décodage pouvant atteindre environ –31 dB dans 2500 Hz.
  • Code source officiel de WSJT-X sur GitHub — Pour ceux qui veulent aller jusqu’au code utilisé par WSJT-X et comprendre comment les différents modes faibles sont implémentés.
  • WSPRcode.f90 — exemple d’encodage et de décodage WSPR — Probablement le lien le plus intéressant pour accompagner notre article. Ce petit programme montre explicitement l’encodage source, le codage convolutif, l’entrelacement, les symboles de synchronisation et la formule 2*dat(i)+sync(i) qui produit les 162 symboles transmis.
  • JTEncode — bibliothèque Arduino pour générer du WSPR — Particulièrement intéressant pour les radioamateurs qui voudraient passer de la théorie à la construction : cette bibliothèque permet notamment de générer les symboles WSPR depuis un microcontrôleur. Elle constitue une excellente transition vers une future balise WSPR autonome.

WSPR : 2 minutes, 4 tons et quelques milliwatts… comment ce petit signal fait-il le tour du monde ?

Banniere WSPR

Imaginez : votre émetteur délivre seulement quelques dizaines ou centaines de milliwatts. Pas de grosse modulation, pas de voix, pas même un échange de messages. Pendant près de deux minutes, il émet quatre minuscules variations de fréquence presque confondues.

Et pourtant, quelques instants plus tard, votre indicatif apparaît sur une carte : reçu à 500, 2 000, parfois 10 000 km.

Bienvenue dans le monde du WSPR, probablement l’un des modes numériques qui illustre le mieux ce que l’on peut faire lorsqu’on remplace la puissance par… du traitement du signal.

Mais comment cela fonctionne-t-il réellement ?

WSPR : une balise plutôt qu’un mode de QSO

WSPR signifie Weak Signal Propagation Reporter, que l’on pourrait traduire par « système de compte rendu de propagation par signaux faibles ».

Le protocole a été développé par Joe Taylor, K1JT, prix Nobel de physique et radioamateur, également à l’origine de plusieurs modes numériques pour signaux faibles.

Contrairement au FT8 ou au FT4, le WSPR n’a pas été conçu principalement pour réaliser des QSO. Son objectif est beaucoup plus simple : envoyer suffisamment d’informations pour qu’une station distante puisse dire :

« J’ai entendu telle station, située approximativement ici, émettant avec telle puissance. »

Un réseau mondial de stations d’écoute collecte ensuite ces réceptions, appelées spots, ce qui permet de visualiser presque en temps réel l’état de la propagation.

Le voyage d'un spot WSPR

Le voyage d’un spot WSPR. Une émission de quelques milliwatts peut être reçue à plusieurs milliers de kilomètres, décodée par une station distante puis transmise à WSPRnet. Le réseau mondial de récepteurs transforme ainsi de minuscules signaux en un formidable outil d’observation de la propagation.

Seulement trois informations à transmettre

Pour aller loin avec très peu de puissance, une première solution consiste à ne transmettre que le strict nécessaire.

Un message WSPR classique contient essentiellement :

l’indicatif — le locator Maidenhead — la puissance

Prenons un exemple :

F4LER JN18 20

Le premier champ identifie la station.

JN18 donne sa position géographique avec une précision suffisante pour une expérience de propagation.

Enfin, 20 indique la puissance déclarée en dBm.

Cette unité peut sembler inhabituelle au début :

dBm Puissance
0 dBm 1 mW
10 dBm 10 mW
20 dBm 100 mW
30 dBm 1 W
37 dBm ≈ 5 W

Notre exemple indique donc une émission de 100 mW.

Ce message extrêmement court va maintenant subir toute une série de transformations avant d’arriver à l’antenne.

De l’indicatif aux bits

WSPR ne transmet évidemment pas directement les caractères « F », « 4 », « L », « E », « R » sous forme ASCII.

L’indicatif, le locator et la puissance sont compactés suivant les règles du protocole afin de réduire au maximum le nombre de bits nécessaires.

Pour le message WSPR classique, les informations utiles tiennent dans seulement 50 bits.

C’est remarquablement peu.

Mais ces 50 bits ne peuvent pas simplement être envoyés tels quels. Avec quelques milliwatts et un signal parfois enfoui dans le bruit, la moindre erreur ferait perdre le message.

WSPR va donc ajouter de la redondance.

Ajouter des bits pour mieux résister au bruit

Cela peut sembler paradoxal : nous venons de compresser le message pour économiser des bits… et nous allons maintenant en ajouter !

La raison est fondamentale.

Le WSPR utilise un codage correcteur d’erreurs, ou FEC (Forward Error Correction). Le principe consiste à introduire une redondance organisée permettant au récepteur de retrouver le message même lorsque certaines informations reçues sont incertaines.

Le WSPR classique utilise notamment un code convolutif de taux 1/2.

Il applique ensuite un entrelacement : les informations codées ne sont pas simplement envoyées dans leur ordre initial. Elles sont réorganisées afin qu’une perturbation momentanée de la liaison n’endommage pas une partie trop concentrée du message.

Nous n’entrerons pas ici dans les mathématiques du codage convolutif — cela mériterait un article à lui seul — mais retenons l’idée essentielle :

le WSPR sacrifie du débit pour gagner énormément en robustesse.

Pourquoi 162 symboles ?

Après compression, codage, entrelacement et ajout des informations nécessaires à la synchronisation, une transmission WSPR-2 est constituée de 162 symboles.

Et c’est ici qu’apparaît le deuxième chiffre de notre titre : les quatre tons.

Chaque symbole peut prendre l’une de quatre valeurs.

WSPR utilise une modulation appelée 4-FSK (4 Frequency Shift Keying).

Plutôt que de modifier l’amplitude ou la phase du signal, l’émetteur choisit simplement entre quatre fréquences extrêmement proches.

On peut les imaginer ainsi :

Ton 0 → f

Ton 1 → f + 1,4648 Hz

Ton 2 → f + 2,9296 Hz

Ton 3 → f + 4,3944 Hz

L’espacement entre deux tons n’est donc que d’environ 1,465 Hz !

Le signal complet n’occupe ainsi qu’environ 6 Hz de spectre en tenant compte de la modulation.

vLes quatre tons du WSPRLes quatre tons de la modulation WSPR. Chaque symbole est transmis en choisissant l’une de quatre fréquences espacées d’environ 1,4648 Hz et pendant environ 0,683 seconde. Le signal WSPR n’occupe ainsi qu’environ 6 Hz, une largeur de bande extrêmement faible qui contribue à permettre la détection de signaux très faibles noyés dans le bruit.

À l’échelle d’un récepteur SSB réglé sur quelques kilohertz, c’est minuscule.

Et c’est précisément l’une des clés du WSPR.

Que se passe-t-il pendant ces deux minutes ?

De l’indicatif aux 162 symboles WSPR. Le message contenant indicatif, locator et puissance est compacté, protégé par un codage correcteur, entrelacé et combiné avec la synchronisation avant d’être transmis sous forme de 162 symboles 4-FSK. À raison d’environ 0,683 seconde par symbole, l’émission complète dure près de 110,6 secondes, à l’intérieur d’un créneau de deux minutes.

Pourquoi presque deux minutes ?

Chaque symbole WSPR dure environ 0,683 seconde.

Avec 162 symboles :

162 × 0,683 ≈ 110,6 secondes

Une transmission dure donc environ 1 minute et 51 secondes.

Les émissions sont organisées dans des créneaux synchronisés de deux minutes, commençant sur les minutes UTC paires.

Voilà donc expliqué le « 2 minutes » de notre titre.

À l’heure où certains modes numériques réalisent des échanges en quelques secondes, 110 secondes peuvent paraître interminables.

Mais WSPR ne cherche pas la vitesse.

Il cherche la sensibilité.

Le récepteur dispose d’un temps considérable pour analyser une quantité minuscule d’informations contenue dans une bande passante extrêmement étroite.

Le véritable secret n’est pas la propagation

Une précision est importante.

Un signal WSPR de 100 mW ne se propage pas mieux qu’un autre signal de 100 mW placé sur la même fréquence et utilisant la même antenne.

L’ionosphère ignore totalement qu’il s’agit de WSPR !

Le véritable exploit se produit dans le récepteur.

Supposons que vous essayiez d’entendre quelqu’un qui chuchote au milieu d’une foule. C’est extrêmement difficile.

Maintenant, imaginez que vous sachiez :

  • exactement à quel moment cette personne va commencer à parler ;
  • dans quelle petite zone elle se trouve ;
  • approximativement ce qu’elle va vous dire ;
  • et que vous puissiez écouter pendant presque deux minutes.

Le problème devient beaucoup plus facile.

C’est exactement ce que fait le décodeur WSPR.

Comment peut-on décoder un signal sous le bruit ?

Voici l’un des aspects les plus spectaculaires du WSPR.

Les logiciels peuvent décoder des signaux présentant des rapports signal/bruit très négatifs.

On rencontre couramment des spots à :

–15 dB, –20 dB, –25 dB…

et parfois encore plus bas dans de bonnes conditions.

Cela ne signifie pas que la puissance du signal est « négative ».

Le SNR, ou rapport signal/bruit, compare le niveau du signal au niveau du bruit dans une bande passante de référence.

À l’oreille, un tel signal peut sembler totalement absent. Sur un waterfall, il peut être à peine visible.

Mais le logiciel, lui, ne cherche pas à « écouter » comme nous.

Il effectue une analyse numérique du signal, recherche la structure temporelle et fréquentielle attendue, exploite la synchronisation connue et évalue les quatre positions fréquentielles possibles de chaque symbole.

Puis le processus utilisé à l’émission est parcouru en sens inverse :

signal reçu → symboles → désentrelacement → décodage correcteur → données → indicatif, locator et puissance.

Comment retrouver un signal sous le bruit ?

Comment WSPR retrouve un signal sous le bruit. Le décodeur recherche d’abord le signal au bon instant et à la bonne fréquence, puis analyse successivement les 162 symboles 4-FSK, les désentrelace et exploite le codage correcteur pour reconstruire les données originales. Grâce à la très faible largeur de bande, à la longue durée d’observation, à la synchronisation et au traitement numérique, un message peut ainsi être décodé alors que sa trace est pratiquement invisible sur le waterfall.

Même lorsque certaines décisions sont incertaines à cause du bruit, la redondance introduite par le codage permet au décodeur de retrouver le message le plus probable.

Voilà une bonne partie de la « magie » du WSPR.

Pourquoi l’heure de votre ordinateur est-elle importante ?

Puisque WSPR sait approximativement quand une émission doit commencer, la synchronisation temporelle constitue une information supplémentaire précieuse pour le décodeur.

Les périodes WSPR-2 sont alignées sur des créneaux de deux minutes.

Une horloge d’ordinateur fortement décalée peut donc compromettre les décodages.

C’est pourquoi une station WSPR doit disposer d’une heure système correctement synchronisée, généralement par NTP, ou par une référence GPS dans certaines installations autonomes.

Le récepteur connaît alors trois éléments précieux :

quand chercher, où chercher en fréquence et quelle structure rechercher.

De votre antenne à une carte mondiale

Une station WSPR de réception peut être extrêmement simple :

antenne → récepteur ou SDR → ordinateur → logiciel → Internet

Des logiciels tels que WSJT-X décodent les transmissions.

Lorsqu’un message est correctement identifié, la station réceptrice peut envoyer automatiquement un spot vers les serveurs WSPR.

Celui-ci indique notamment qui a été reçu, par quelle station, sur quelle bande, avec quel rapport signal/bruit et avec quelle dérive de fréquence.

Les informations accumulées par des milliers de stations constituent alors une formidable base de données sur la propagation radio.

Une balise de quelques milliwatts devient ainsi une véritable sonde de l’ionosphère.

WSPR n’est donc pas un concours de distance

Il est évidemment amusant d’émettre avec 100 mW et de découvrir quelques minutes plus tard un spot à plusieurs milliers de kilomètres.

Mais réduire WSPR à un concours du type « qui ira le plus loin avec le moins de milliwatts ? » serait passer à côté de son principal intérêt.

WSPR permet notamment d’observer l’ouverture et la fermeture d’une bande, de comparer les performances de deux antennes, d’étudier les différences entre propagation diurne et nocturne ou encore de suivre l’évolution d’une liaison pendant plusieurs jours.

Il permet également des expériences étonnantes avec des balises autonomes et des pico-ballons, où la faible consommation électrique et la possibilité d’être reçu à très grande distance sont particulièrement intéressantes.

Et surtout, WSPR permet de faire quelque chose que les radioamateurs adorent :

mesurer plutôt que supposer.

Vous pensez que votre nouvelle antenne fonctionne mieux que l’ancienne ?

WSPR peut contribuer à le vérifier.

Alors, comment quelques milliwatts font-ils le tour du monde ?

Ils ne le font pas toujours.

La fréquence, la propagation, l’antenne, l’heure, le bruit local et quantité d’autres paramètres restent déterminants.

Mais WSPR empile plusieurs avantages particulièrement efficaces :

très peu d’informations à transmettre + transmission lente + bande passante minuscule + quatre tons très rapprochés + synchronisation précise + correction d’erreurs + traitement numérique puissant.

Pris séparément, aucun de ces éléments n’est miraculeux.

Mis ensemble, ils permettent de retrouver des signaux que notre oreille considérerait volontiers comme perdus dans le bruit.

C’est finalement là que réside toute l’élégance du WSPR :

il ne fait pas mieux voyager les ondes ; il est extraordinairement doué pour retrouver les traces qu’elles laissent.

Alors, pour votre prochaine expérience, plutôt que d’ajouter encore quelques décibels à l’amplificateur, pourquoi ne pas essayer l’inverse ?

Baissez la puissance… et regardez jusqu’où quelques milliwatts peuvent encore vous faire entendre.

Pour en connaître davantage sur le protocole !

Pour aller plus loin

  • WSPRnet — carte mondiale des spots WSPR
    Pour observer en direct les chemins de propagation, filtrer par bande ou indicatif et visualiser les stations reçues dans le monde.
    Carte WSPRnet
  • WSPRnet — base de données des spots
    Très intéressante pour aller au-delà de la carte : fréquence, SNR, dérive, puissance déclarée, station réceptrice et distance parcourue.
    Base de données WSPRnet
  • WSJT-X — documentation officielle
    La référence pour utiliser WSPR avec WSJT-X. Le guide rappelle notamment le principe du protocole, les séquences de deux minutes et la possibilité de décoder des signaux extrêmement faibles, jusqu’à environ –31 dB dans une bande de référence de 2500 Hz.
    Guide officiel WSJT-X
  • WSPRnet — fréquences utilisées
    Pratique pour retrouver rapidement les fréquences USB de référence : par exemple 3,5686 MHz sur 80 m, 7,0386 MHz sur 40 m, 14,0956 MHz sur 20 m et 28,1246 MHz sur 10 m.
    Fréquences et carte WSPRnet

Haifuraiya : le futur QO-100 pourrait-il devenir un routeur numérique dans l’espace ?

Future GEO sat

QO-100 a profondément changé la pratique des satellites radioamateurs : pour la première fois, un transpondeur amateur géostationnaire permet de réaliser des contacts à toute heure, sans attendre le passage d’un satellite. Mais son éventuel successeur pourrait aller beaucoup plus loin. Avec Haifuraiya, l’Open Research Institute (ORI) propose de remplacer le traditionnel répéteur analogique par une véritable plateforme numérique régénérative dans l’espace.

Et une évolution technique annoncée le 24 août 2026 rend le projet encore plus concret : son architecture prévoit désormais 64 canaux numériques simultanés dans une bande de seulement 10 MHz.

QO-100 : un remarquable « tuyau » radio

Le principe de QO-100 reste relativement classique. Le satellite reçoit les signaux envoyés depuis le sol sur 2,4 GHz, les transpose et les retransmet sur 10 GHz.

C’est ce que les ingénieurs appellent un transpondeur « bent pipe », littéralement un tuyau coudé.

Le satellite ne cherche pas réellement à comprendre ce qu’il reçoit. Une station trop puissante, mal réglée ou occupant trop de bande passante est donc retransmise telle quelle.

Haifuraiya change complètement cette philosophie.

L’Open Research Institute décrit Haifuraiya — « High Flyer » — comme un projet open source destiné aux orbites HEO/GEO. Pour futureGEO, ORI propose cette architecture comme base possible d’une future charge utile amateur géostationnaire régénérative.

Cette fois, le satellite décode les signaux

Avec Haifuraiya, les stations au sol transmettraient individuellement des signaux numériques utilisant le protocole Opulent Voice (OPV).

Le satellite les reçoit, mais au lieu de simplement les retransmettre, il les sépare, démodule et décode à bord.

Les données provenant des différentes stations sont ensuite regroupées dans un flux numérique commun avant d’être réémises vers la Terre en DVB-S2/S2X.

Le fonctionnement peut se résumer ainsi :

Stations radioamateurs → canaux OPV → satellite → décodage → multiplexage → DVB-S2/S2X → Terre

Autrement dit, Haifuraiya serait beaucoup plus proche d’un routeur numérique placé à près de 36 000 km d’altitude que d’un répéteur radio traditionnel.

QO-100 Vs Haifuraiya

QO-100 et Haifuraiya : deux philosophies différentes. QO-100 fonctionne comme un transpondeur « bent pipe » qui transpose et retransmet les signaux reçus. Haifuraiya introduit un transpondeur régénératif : les canaux numériques OPV sont séparés et décodés à bord, puis regroupés avant d’être retransmis vers la Terre en DVB-S2/S2X.

64 radioamateurs simultanément dans 10 MHz

C’est précisément sur ce point qu’une évolution importante vient d’être publiée.

L’uplink actuellement étudié se situe sur 5,6 GHz, avec une largeur totale de 10 MHz. Chaque utilisateur émettrait dans son propre canal FDMA en Opulent Voice.

ORI avait initialement envisagé 96 canaux, mais les essais et simulations ont montré que cette solution devenait trop contraignante.

Le signal OPV occupe environ 81 kHz entre ses premiers zéros. Avec 96 canaux dans 10 MHz, chaque canal ne disposerait que de 104,17 kHz, laissant seulement environ 11,5 kHz de garde de chaque côté.

Le nouveau choix de 64 canaux donne au contraire :

  • largeur par canal : 156,25 kHz ;
  • signal utile : environ 81 kHz ;
  • bande de garde : environ 37,5 kHz de chaque côté ;
  • modulation : MSK ;
  • débit symbole : 54,2 kbauds.

Cette marge supplémentaire facilite énormément le filtrage et améliore la tolérance aux erreurs de fréquence, aux oscillateurs imparfaits et au Doppler.

Le chiffre 64 présente aussi un avantage informatique : 64 = 2⁶. Une FFT de 64 points est beaucoup plus naturelle à réaliser dans un FPGA qu’une FFT de 96 points. Le prototype utilise ainsi un channelizer polyphasé à 64 voies dont l’implémentation a déjà été synthétisée et vérifiée sur une plateforme AMD/Xilinx Zynq UltraScale+ ZCU102.

64 canaux OPV en 5,6 GHz

Architecture du transpondeur numérique Haifuraiya. Jusqu’à 64 utilisateurs disposent chacun d’un canal OPV/MSK sur l’uplink 5,6 GHz. À bord, un channelizer FPGA sépare les canaux avant leur démodulation et leur décodage. Les données utiles peuvent ensuite être identifiées, contrôlées et regroupées pour constituer un flux descendant unique en DVB-S2/S2X.

Opulent Voice : pas seulement de la voix

Malgré son nom, Opulent Voice ne se limite pas aux communications vocales.

Le protocole a été conçu pour transporter dans une même architecture voix, texte, fichiers, télémétrie, commandes et données de type IoT.

Pour la voix, OPV utilise notamment le codec Opus, avec un débit à partir de 16 kbit/s, très différent des vocodeurs à faible débit traditionnellement employés par certains systèmes de voix numérique radioamateur.

Les paramètres publiés indiquent notamment une modulation MSK à 54 200 bauds, des trames de 40 ms, une correction d’erreurs convolutionnelle de taux 1/2 et une identification de la station intégrée dans chaque trame.

Une communication pourrait donc évoluer de la voix vers du texte ou des données sans devoir changer complètement de système radio.

Pourquoi redescendre en DVB-S2/S2X ?

C’est l’une des idées les plus astucieuses du projet.

Le satellite reçoit de nombreux petits canaux numériques indépendants, mais il n’est pas nécessaire de les retransmettre individuellement.

Après décodage, les informations utiles sont multiplexées dans un flux descendant DVB-S2/S2X unique.

Ce choix est particulièrement intéressant pour les radioamateurs : DVB-S2 est déjà largement connu dans le monde de la DATV et bénéficie d’un important écosystème matériel et logiciel.

Le principe devient donc :

64 petits uplinks individuels → traitement numérique à bord → un downlink numérique multiplexé.

Le satellite pourrait même gérer les utilisateurs

Le traitement régénératif apporte une autre possibilité inexistante avec un simple transpondeur analogique.

Les trames OPV comportent notamment l’identification de la station et un jeton d’authentification. Haifuraiya peut donc déterminer quelles trames doivent être acceptées et retransmises. ORI décrit pour cela une architecture baptisée AAAAA : Access, Authentication, Authorization, Accounting, Auditing.

Un signal incorrect ou perturbateur pourrait ainsi être rejeté avant même d’atteindre le downlink.

Cette possibilité risque évidemment d’alimenter quelques discussions entre radioamateurs : jusqu’où doit aller le contrôle d’accès à un satellite amateur ?

Techniquement, en revanche, les possibilités deviennent considérables.

Ce n’est plus seulement une idée sur le papier

Un autre aspect rend Haifuraiya particulièrement intéressant : plusieurs briques technologiques fonctionnent déjà.

ORI a présenté en 2026 des implémentations opérationnelles du modem Opulent Voice, de la chaîne logicielle utilisateur et de l’émetteur DVB-S2 sur FPGA. L’organisation indique également travailler sur une version terrestre du répéteur ainsi que sur un prototype de carte de communication qualifiable pour le spatial.

Le channelizer 64 voies publié en août constitue une nouvelle étape : son implémentation FPGA fonctionne à 100 MHz et a été vérifiée par comparaison avec un modèle Python de référence.

L’ensemble du projet reste dans la philosophie radioamateur : architecture documentée et développements matériels et logiciels open source.

Haifuraiya sera-t-il réellement le successeur de QO-100 ?

Pas encore.

C’est une distinction importante.

Le programme futureGEO, conduit autour d’AMSAT-DL avec le soutien de l’ESA dans le cadre d’ARTES Future Preparation 1A.126, travaille à la définition des besoins et des concepts d’une future charge utile amateur géostationnaire.

Plusieurs philosophies ont été étudiées : un successeur amélioré mais relativement classique de QO-100, une plateforme numérique SDR régénérative baptisée Digital Innovation Lab, et un concept exploratoire utilisant des fréquences millimétriques.

Haifuraiya constitue la proposition d’ORI pour montrer ce que pourrait être la solution régénérative. ORI indique participer à la phase 2 de futureGEO.

Il serait donc prématuré d’affirmer que « Haifuraiya remplacera QO-100 ».

Mais le projet permet déjà d’entrevoir ce que pourrait devenir la prochaine génération de satellites radioamateurs géostationnaires.

Du répéteur spatial au réseau numérique spatial

QO-100 a démontré que la radio d’amateur géostationnaire était possible et extrêmement attractive.

Haifuraiya pose maintenant une autre question :

et si le prochain satellite ne se contentait plus de répéter nos signaux ?

Avec 64 canaux numériques, du traitement FPGA à bord, Opulent Voice pour transporter voix et données et DVB-S2/S2X pour les redescendre vers la Terre, le satellite deviendrait une véritable infrastructure de communications numériques dans l’espace.

Le passage du transpondeur « bent pipe » au transpondeur régénératif serait alors probablement aussi important que l’arrivée de QO-100 elle-même.

Liens utiles

Faire du FT8 avec un IC-705 sans PC, sans câble et sans carte son

Banniere IC-705 FT8

Le FT8 en portable est séduisant : peu de puissance, des antennes modestes et la possibilité de réaliser des QSO à plusieurs milliers de kilomètres. Mais il faut généralement ajouter au transceiver un ordinateur, un câble USB, une interface audio ou au minimum une carte son.

Avec CP705, Dean KD3AN, en s’appuyant sur le projet Mini-FT8 de Wei AG6AQ, propose une approche radicalement différente : remplacer tout cela par un minuscule M5Stack Cardputer ADV, relié à l’Icom IC-705 uniquement… en Wi-Fi.

Un IC-705, un Cardputer et c’est presque tout

Le principe peut se résumer ainsi :

IC-705 ⇄ Wi-Fi ⇄ Cardputer ADV

Le Cardputer n’est pas une simple télécommande. Son processeur ESP32-S3 exécute réellement le logiciel FT8 : il reçoit l’audio du transceiver, analyse les signaux, décode les messages, affiche les stations entendues et génère à son tour le signal FT8 à transmettre.

CP705 assure également le contrôle CAT de l’IC-705, l’enchaînement automatique des messages d’un QSO et sa journalisation.

Le projet est dérivé de Mini-FT8, développé par Wei AG6AQ avec Zhenxing N6HAN et reposant notamment sur ft8_lib, la bibliothèque FT8/FT4 de Karlis Goba YL3JG. Mini-FT8 était initialement destiné à des postes comme les QMX, QDX et KH1 ; Dean KD3AN a profondément adapté cette architecture pour exploiter directement l’interface réseau de l’IC-705.

Le PC est remplacé par un ESP32-S3

C’est probablement la partie la plus étonnante du projet.

Le M5Stack Cardputer ADV est un petit ordinateur de poche équipé d’un ESP32-S3, de 8 Mo de mémoire Flash, d’un écran couleur, d’un clavier complet, du Wi-Fi, d’un lecteur microSD et d’une batterie de 1750 mAh.

Nous sommes donc très loin de la puissance d’un PC faisant tourner WSJT-X.

CP705 doit simultanément gérer le Wi-Fi, recevoir l’audio, effectuer le traitement numérique du signal, rechercher et décoder les transmissions FT8, gérer l’affichage et le clavier, commander l’IC-705 et fabriquer l’audio nécessaire à l’émission.

Et le Cardputer ADV ne possède pas de PSRAM externe. Cette limitation mémoire aura d’ailleurs une conséquence que nous verrons plus loin.

Trois « tuyaux » remplacent les câbles

L’astuce essentielle vient des fonctions réseau intégrées à l’IC-705.

Le transceiver est configuré en point d’accès Wi-Fi. Le Cardputer s’y connecte directement et CP705 utilise alors trois communications UDP :

  • UDP 50001 : contrôle de la connexion et authentification ;
  • UDP 50002 : communication série et commandes CI-V ;
  • UDP 50003 : transport de l’audio RX et TX.

l'architecture IC-705 ⇄ Wi-Fi ⇄ Cardputer

Architecture de CP705 avec l’Icom IC-705 : le Cardputer ADV communique directement avec le transceiver par Wi-Fi. Trois flux UDP assurent respectivement le contrôle de la connexion (50001), les commandes CI-V/CAT (50002) et le transport bidirectionnel de l’audio numérique (50003). Le PC, la carte son et les câbles USB/CAT deviennent inutiles pendant l’exploitation FT8.

L’audio circule sous forme numérique LPCM mono 16 bits à 48 kHz.

Voilà pourquoi aucune carte son n’est nécessaire.

En réception, l’IC-705 numérise l’audio et l’envoie par Wi-Fi au Cardputer. CP705 effectue ensuite le traitement DSP et le décodage FT8.

En émission, le processus est inversé : le Cardputer génère le signal audio FT8 et l’expédie à l’IC-705 par le réseau. Le poste utilise alors cette source audio pour moduler l’émetteur.

Le principe reprend le serveur de télécommande WLAN de l’IC-705, également exploité par des logiciels tels que RS-BA1, wfview ou kappanhang.

Et comment décode-t-il le FT8 ?

Le cœur du décodage provient de ft8_lib, une bibliothèque C conçue pour permettre l’encodage et le décodage FT8/FT4 sur des systèmes beaucoup plus modestes qu’un ordinateur classique.

Schématiquement, nous avons :

IC-705 → audio Wi-Fi → DSP → waterfall → détection → ft8_lib → messages FT8

chaîne audio WLAN → DSP → ft8_lib → messages décodés

Du signal radio au message FT8 : l’IC-705 transmet l’audio numérique au Cardputer ADV par Wi-Fi. L’ESP32-S3 assure ensuite le traitement DSP, la détection et la synchronisation des signaux, puis leur décodage avec ft8_lib. En émission, le processus est inversé : CP705 génère le signal FT8 et renvoie l’audio numérique à l’IC-705 via le port UDP 50003.

Le résultat apparaît directement sur l’écran du Cardputer avec l’indicatif, le locator, le rapport reçu et les autres informations nécessaires au QSO.

Il suffit alors de sélectionner un CQ entendu pour répondre. CP705 gère l’enchaînement de l’échange et peut également appeler CQ.

Il est même possible d’utiliser des marqueurs comme POTA, SOTA, QRP ou DX dans les appels CQ.

Attention : ce n’est pas WSJT-X dans une boîte d’allumettes

Il faut néanmoins rester conscient des limites du matériel.

CP705 utilise un niveau de suréchantillonnage temporel réduit (time_osr=1). Selon Dean KD3AN, passer à time_osr=2 demanderait environ 40 ko supplémentaires, alors que le Cardputer ne conserve qu’environ 41 ko de heap libre lorsqu’il fonctionne à pleine charge.

Surtout, ft8_lib effectue un décodage beaucoup plus léger que WSJT-X. Ce dernier peut réaliser plusieurs passes, soustraire des signaux déjà décodés et rechercher des stations extrêmement faibles.

En présence de nombreux signaux, WSJT-X pourra donc décoder davantage de stations que CP705.

Le but du projet n’est pas de battre un PC en performances de décodage, mais de réaliser une station FT8 réellement autonome et minuscule.

Le FT8 a besoin de connaître l’heure

Il reste un problème : le FT8 repose sur des séquences de 15 secondes précisément synchronisées.

Avec WSJT-X, l’ordinateur dispose normalement d’une heure synchronisée par Internet. Ici, il n’y a justement plus d’ordinateur.

CP705 peut donc utiliser une référence temporelle extérieure. Le projet prévoit notamment un GPS/GNSS ou une horloge temps réel DS3231.

Le DS3231 se connecte au bus I²C du Cardputer ADV, tandis que la solution GPS actuellement documentée utilise le module GNSS du M5Stack LoRa-1262 Cap.

Le concept « sans PC » fonctionne donc parfaitement, mais il ne faut pas oublier cette règle fondamentale :

sans une heure UTC suffisamment précise, pas de FT8 fiable.

Comment préparer l’IC-705 ?

La configuration n’est à effectuer qu’une fois.

Dans les paramètres WLAN de l’IC-705, il faut notamment activer le Wi-Fi, sélectionner le mode Access Point, activer le serveur DHCP puis autoriser le contrôle réseau.

Il faut également créer un utilisateur réseau disposant des droits administrateur.

Les ports doivent rester :

50001 — Control
50002 — Serial
50003 — Audio

L’adresse CI-V normalement utilisée par l’IC-705 est A4h.

Enfin, le point essentiel pour l’émission consiste à sélectionner :

DATA MOD = WLAN

et à travailler en mode USB-D. Ces réglages permettent à l’audio FT8 envoyé par le Cardputer via Wi-Fi d’être utilisé comme source de modulation.

L’installation reste accessible

Il n’est même pas nécessaire d’installer une chaîne de développement ESP32.

CP705 dispose d’un Web Flasher utilisable depuis Chrome ou Edge. Pour cette installation initiale, il faut évidemment connecter le Cardputer au PC par USB.

Une fois le firmware installé, le PC et son câble peuvent retourner au placard : ils ne sont plus nécessaires pour exploiter CP705.

Les paramètres de la station — indicatif, locator, informations Wi-Fi, identifiants réseau, adresse CI-V, etc. — sont ensuite configurables directement depuis le Cardputer et conservés en mémoire non volatile.

Même le carnet de trafic est intégré

CP705 ne s’arrête pas au RR73.

Lorsqu’un QSO est terminé, il est automatiquement enregistré dans un journal au format ADIF conservé en mémoire non volatile. Le log survit donc à l’extinction de l’appareil.

À la fin d’une session, il peut être exporté sur une carte microSD sous forme de fichier .adi, puis importé dans le logiciel de carnet de trafic habituel.

On obtient donc réellement une chaîne complète :

réception → décodage → QSO → émission → RR73 → log ADIF

sans ordinateur.

Une station FT8 qui tient dans la main

Pour une utilisation portable, l’idée devient particulièrement séduisante.

station FT8 classique / station CP705

Station FT8 classique ou CP705 : avec une installation traditionnelle, le transceiver doit communiquer avec un ordinateur assurant le décodage, le contrôle CAT et la gestion de l’audio. Avec CP705, l’IC-705 échange directement par Wi-Fi avec le Cardputer ADV : ordinateur, interface audio et câbles de liaison disparaissent, pour une station FT8 beaucoup plus compacte et adaptée au portable.

Un IC-705, un Cardputer ADV, une alimentation et une antenne suffisent pratiquement à constituer une station FT8. L’ajout d’une référence GPS ou DS3231 règle la question de la synchronisation temporelle.

Pour une activation POTA ou SOTA, du camping ou simplement quelques QSO depuis le jardin, on évite l’ordinateur portable, son alimentation, le câble USB et toute l’installation audio habituelle.

CP705 ne remplacera probablement pas WSJT-X dans une station fixe recherchant les signaux les plus faibles. En revanche, il démontre quelque chose de beaucoup plus intéressant : un simple ESP32-S3 est désormais capable de prendre en charge presque toute une station FT8.

Et surtout, l’IC-705 possédait déjà tout ce qu’il fallait pour supprimer les câbles : le Wi-Fi, le CI-V réseau et l’audio numérique bidirectionnel. Il ne manquait finalement qu’un petit ordinateur suffisamment malin pour en profiter.

Dean KD3AN et Wei AG6AQ viennent de montrer qu’il peut tenir dans la paume de la main.

Liens utiles

CP705 — Dean KD3AN
Dépôt GitHub CP705

Mini-FT8 — Wei AG6AQ
Projet Mini‑FT8

ft8_lib — Karlis Goba YL3JG
Bibliothèque ft8_lib

M5Stack Cardputer ADV
Documentation du Cardputer ADV

Installation de CP705
Web Flasher CP705

Deux départs demain : JAMX01 et BY70-4, deux nouveaux satellites à écouter

Banniere JAMX01 + BY70-4

Le 25 août 2026, une fusée chinoise Long March 6C (CZ-6C) doit décoller du centre spatial de Taiyuan avec, parmi ses passagers, deux satellites qui devraient particulièrement intéresser les radioamateurs : JAMX01 et BY70-4. Tous deux embarquent en effet des équipements utilisant les bandes du service amateur, avec de la télémétrie, des transmissions numériques et, pour JAMX01, un digipeater FM. Le lancement est actuellement annoncé vers 03 h 30 UTC, soit 05 h 30 en France métropolitaine.

JAMX01 / BY70-4

JAMX01 et BY70-4 doivent être lancés le 25 août 2026 vers une orbite héliosynchrone proche de 500 km. JAMX01 (~50 kg) embarque notamment un digipeater VHF/UHF et plusieurs transmissions sur 435 MHz, tandis que BY70-4 (~18,7 kg) doit transmettre ses données en BPSK 9600 bit/s sur 437,443 MHz.

JAMX01 : un satellite-école de 50 kg

JAMX01, également présenté sous le nom de Jing’an Dream Star, est avant tout un projet éducatif. Il a été développé avec la participation d’étudiants du district de Jing’an, à Shanghai, et de radioamateurs.

Le projet, commencé en 2019, doit permettre aux jeunes participants de se familiariser avec la conception d’un satellite, son suivi, les radiocommunications et son exploitation en orbite. Le microsatellite pèse environ 50 kg et mesure approximativement 35 × 35 × 35 cm.

Mais JAMX01 n’est pas seulement une expérience pédagogique : sa charge utile radioamateur est particulièrement intéressante.

Fonction Fréquence
Uplink digipeater FM 145,950 MHz
Balise / SSTV 435,075 MHz
Downlink digipeater FM 435,175 MHz
Télémétrie 435,500 MHz

Ces fréquences ont été officiellement coordonnées par l’IARU en janvier 2025. La documentation mentionne notamment une balise BPSK à 9600 bit/s, des images numériques, de la SSTV, de la télémétrie et le digipeater FM.

Un nouveau digipeater VHF/UHF

C’est probablement la fonction qui intéressera le plus les amateurs de trafic satellite.

Le principe est simple :

Principe du digipeater FM

Principe du digipeater FM de JAMX01 : la station radioamateur émet vers le satellite en VHF sur 145,950 MHz (uplink). JAMX01 reçoit le signal et le retransmet vers les stations au sol en UHF sur 435,175 MHz (downlink). Il faudra attendre l’annonce officielle de la mise en service du digipeater avant toute émission.

Station radioamateur → 145,950 MHz → JAMX01 → 435,175 MHz → stations au sol

Le satellite reçoit donc en VHF et retransmet en UHF. Cela rappelle le fonctionnement de plusieurs petits satellites amateurs permettant d’établir des contacts pendant les quelques minutes où ils sont visibles simultanément par deux stations.

Attention toutefois : la présence du matériel à bord ne signifie pas que le digipeater sera immédiatement ouvert au trafic après le lancement. Il faudra attendre que les opérateurs aient vérifié le bon fonctionnement du satellite et annoncé officiellement sa mise en service.

En revanche, rien n’empêche de chercher ses émissions descendantes dès les premiers passages.

BY70-4 : images et télémétrie à 437,443 MHz

Le deuxième passager, BY70-4, également référencé sous les désignations 8104, BY-04 ou Harbin MicroSat, provient de l’équipe LilacSat du Harbin Institute of Technology.

Avec une masse annoncée d’environ 18,7 kg, BY70-4 doit lui aussi rejoindre une orbite héliosynchrone proche de 500 km.

Pour le radioamateur, une fréquence est particulièrement importante :

437,443 MHz — BPSK — 9600 bit/s

Cette fréquence est actuellement répertoriée pour la télémétrie de BY70-4, avec un format annoncé comme compatible avec celui utilisé par ASRTU-1.

Le satellite embarque par ailleurs plusieurs systèmes d’imagerie, ce qui rend la mission particulièrement intéressante pour ceux qui aiment décoder autre chose que quelques octets de télémétrie.

Des transmissions d’images utilisant notamment le principe SSDV sont prévues.

Avec SSDV, une image JPEG peut être découpée en petits paquets transmis indépendamment. C’est particulièrement bien adapté aux satellites : perdre quelques paquets au cours d’un passage n’oblige pas nécessairement à recommencer tout le transfert de l’image.

Une petite particularité concernant BY70-4

Il existe toutefois un détail intéressant autour de 437,443 MHz.

L’équipe de BY70-4 a indiqué que le satellite devait reprendre la coordination précédemment utilisée par BY70-3, désormais rentré dans l’atmosphère. Or la base publique de coordination IARU indique toujours cette fréquence sous BY70-3 et ne comporte actuellement pas de fiche distincte pour BY70-4.

Les bases de suivi radioamateur répertorient néanmoins déjà BY70-4 sur 437,443 MHz en BPSK 9600 bit/s.

Voilà donc une fréquence qu’il sera intéressant de surveiller après la séparation des satellites.

Peut-on les recevoir avec une station amateur simple ?

Bonne nouvelle : nul besoin d’une station digne de la NASA.

Pour tenter la réception, une installation composée d’une petite Yagi 430 MHz, d’un récepteur ou d’un SDR et d’un ordinateur constitue déjà une excellente base.

Une antenne directive montée sur un rotor facilitera évidemment les choses, mais une Yagi tenue à la main peut parfaitement convenir pour effectuer les premiers essais sur un passage élevé.

Le principal piège sera le Doppler.

À 435-437 MHz, le déplacement apparent de fréquence provoqué par la vitesse d’un satellite en orbite basse peut approcher une dizaine de kilohertz entre le début et la fin d’un passage. Sur un waterfall SDR, on voit alors littéralement le signal se déplacer.

Le principal piège sera le Doppler.

Pour une liaison numérique BPSK à 9600 bit/s, suivre correctement cette dérive de fréquence améliorera considérablement les chances de décodage.

Des logiciels de poursuite satellite peuvent heureusement commander automatiquement la fréquence d’un transceiver ou d’un SDR en fonction de la position calculée du satellite.

Les premières heures seront les plus intéressantes

Après le lancement commencera une sorte de chasse au trésor internationale.

Les radioamateurs et les stations du réseau SatNOGS rechercheront les premiers signaux, tandis que les différents objets issus du lancement devront être identifiés et associés aux bons satellites.

Les premiers éléments orbitaux permettront ensuite de calculer beaucoup plus précisément les passages de JAMX01 et BY70-4.

Pour les amateurs équipés en 144/430 MHz, il faudra donc particulièrement surveiller :

JAMX01 : 435,075 — 435,175 — 435,500 MHz
BY70-4 : 437,443 MHz

Et si JAMX01 fonctionne comme prévu, nous pourrions bientôt disposer d’un nouveau satellite permettant également des communications via son digipeater VHF/UHF.

Une règle reste cependant essentielle : on peut écouter les premières émissions dès leur apparition, mais on attend l’annonce officielle de la mise en service avant de transmettre vers le satellite.

Liens utiles

  • IARU Amateur Satellite Frequency Coordination — fiche de coordination de JAMX01 et fréquences officielles : Fiche IARU de JAMX01
  • AMSAT News Service — informations récentes sur JAMX01, BY70-4 et leur lancement : Bulletin AMSAT ANS-235
  • AMSAT — informations complémentaires concernant BY70-4 et la question de sa coordination : Actualités AMSAT
  • AMSAT-SM — tableau pratique des satellites et fréquences, où BY70-4 est déjà indiqué sur 437,443 MHz : Satellite Status and Online Tracker

MSK144 : peut-on faire du Meteor Scatter avec une simple station 144 MHz ?

Banniere meteor scatter

Faire un QSO à 1 500 km sur 144 MHz sans relais, sans satellite et alors que la bande semble complètement fermée ? C’est possible grâce au Meteor Scatter, qui exploite pendant quelques fractions de seconde les traînées ionisées laissées par les météores dans la haute atmosphère.

Mais faut-il pour autant disposer d’un amplificateur de plusieurs centaines de watts et d’un impressionnant groupement d’antennes ? Pas nécessairement. Avec MSK144, une station 144 MHz relativement classique permet déjà de tenter l’expérience.

Quelques millisecondes pour faire passer un message

Lorsqu’un météore pénètre dans l’atmosphère, il crée derrière lui une traînée ionisée. Pendant un instant très court, celle-ci peut diffuser un signal VHF et permettre à deux stations normalement hors de portée de s’entendre.

Sur 144 MHz, beaucoup de ces « pings » ne durent que quelques dizaines ou centaines de millisecondes. Il faut donc transmettre énormément d’informations pendant ce très court instant.

C’est précisément la raison d’être de MSK144, développé par K9AN et K1JT et intégré à WSJT-X.

Le protocole utilise des trames de 144 bits, une modulation à 2 000 bauds et atteint un débit effectif d’environ 250 caractères par seconde. Une trame normale ne dure que 72 ms. Son codage correcteur d’erreurs permet en outre de décoder certains signaux jusqu’à environ –8 dB dans une bande de référence de 2 500 Hz.

Autrement dit, MSK144 a été spécialement conçu pour extraire un message d’un ping extrêmement bref.

Meteor scater

Principe d’une liaison Meteor Scatter en MSK144 sur 144 MHz. Les signaux émis par deux stations équipées d’antennes Yagi sont diffusés par la brève traînée ionisée créée par un météore dans la haute atmosphère. MSK144 exploite ces réflexions de très courte durée pour permettre des liaisons pouvant dépasser 1 000 km, même avec une station VHF relativement modeste.

Jusqu’à 2 100 km sur 144 MHz

Le Meteor Scatter n’est d’ailleurs pas réservé aux Perséides ou aux Géminides. Des météores sporadiques pénètrent continuellement dans l’atmosphère et des QSO MS peuvent être réalisés toute l’année.

La documentation de WSJT-X indique des distances pouvant atteindre environ 2 100 km. Elle précise également que les QSO sont généralement plus faciles le matin que le soir et deviennent plus difficiles lorsque l’on approche de cette limite.

Reste la question essentielle : combien de watts faut-il ?

50 W, 100 W ou 500 W ?

Il n’existe pas de puissance minimale magique en dessous de laquelle le Meteor Scatter cesserait brutalement de fonctionner.

Un signal de 10 ou 25 W peut parfaitement être réfléchi par une traînée météoritique et être décodé. Cela ne signifie cependant pas qu’une station de 10 W permettra facilement d’enchaîner les QSO.

Pour une première approche sur 144 MHz, on peut retenir les ordres de grandeur suivants :

Puissance Avec une Yagi correcte En pratique
10 W décodages possibles expérimental
25 W QSO possibles dans de bonnes conditions difficile
50 W réellement exploitable bon point de départ
100 W nettement plus confortable puissance conseillée
200–300 W davantage de pings exploitables station confortable
500 W et + marge importante station spécialisée

Meteor scatter 2

Quelle puissance pour le Meteor Scatter en MSK144 ? Il n’existe pas de seuil absolu : quelques dizaines de watts peuvent permettre des décodages et des QSO lorsque les conditions sont favorables. Autour de 50 W, l’expérimentation devient réellement accessible avec une bonne Yagi, tandis que 100 W constituent une configuration de départ confortable. Augmenter la puissance améliore les probabilités, mais le gain d’antenne, les pertes de ligne et la qualité de réception restent tout aussi déterminants.

Les premières valeurs ne constituent évidemment pas des seuils garantis : le résultat dépend de la distance, de l’antenne des deux correspondants, des pertes, du bruit local et surtout du météore qui passe au bon moment.

En revanche, nous disposons d’une référence intéressante : la documentation officielle de WSJT-X indique qu’avec de la patience, 100 W ou davantage et une seule Yagi suffisent généralement pour pratiquer le Meteor Scatter.

K1JT donne également comme exemple de bonne station de débutant sur 2 mètres 100 W et une Yagi dix éléments.

Avant d’ajouter des watts, regardez l’antenne

Passer de 50 à 100 W ne représente que 3 dB. Pour gagner encore 3 dB par la puissance, il faudrait passer de 100 à 200 W. Et atteindre 400 W pour gagner 6 dB par rapport à 100 W.

Une bonne antenne peut donc être beaucoup plus rentable.

Une Yagi apportant par exemple une dizaine de décibels de gain dans la direction du correspondant transforme complètement le bilan de liaison par rapport à une antenne omnidirectionnelle.

Meteor scatter 3

Watts ou antenne ? Passer de 50 à 500 W apporte 10 dB supplémentaires, mais une Yagi offrant 10 dBd de gain procure théoriquement un avantage du même ordre dans sa direction privilégiée, sans augmenter la puissance de l’émetteur. En Meteor Scatter, une bonne antenne, un coaxial à faibles pertes et une réception soignée peuvent donc être plus efficaces qu’une simple course aux watts.

Et sur 144 MHz, il faut également surveiller les pertes du coaxial.

Avant d’acheter un PA de 500 W, mieux vaut donc disposer d’une bonne Yagi, d’un coaxial faible perte et d’une réception correctement optimisée.

La station minimale pour essayer

Beaucoup de radioamateurs possèdent finalement déjà presque tout le matériel nécessaire :

Transceiver 144 MHz SSB → 50 à 100 W → coaxial faible perte → Yagi horizontale → ordinateur avec WSJT-X

Dans WSJT-X, les réglages de départ recommandés sont simples :

  • mode MSK144 ;
  • décodage Fast ;
  • fréquence audio de réception 1 500 Hz ;
  • F Tol = 100 Hz ;
  • périodes émission/réception de 15 secondes ;
  • horloge de l’ordinateur correctement synchronisée.

Contrairement à la plupart des autres modes de WSJT-X, le décodeur MSK144 travaille en temps réel : lorsqu’un ping apparaît, le message décodé peut donc s’afficher presque immédiatement.

En Région 1, il faudra également respecter le plan de bande et les procédures Meteor Scatter de l’IARU, notamment pour les appels et les QSO « random ».

Alors, peut-on commencer avec 50 W ?

Oui.

Avec 50 W et une Yagi correcte, particulièrement pendant une pluie météoritique importante, tenter ses premiers décodages puis ses premiers QSO MSK144 est parfaitement réaliste.

Avec 100 W, les choses deviennent évidemment plus confortables et cette puissance constitue probablement un excellent objectif pour une petite station Meteor Scatter sur 144 MHz.

Les 300, 500 ou 1 000 W amélioreront encore le bilan de liaison, mais ils ne constituent absolument pas un ticket d’entrée obligatoire.

Vous possédez un transceiver 144 MHz de 50 W, une Yagi et un ordinateur ? Avant d’acheter un amplificateur, installez WSJT-X et écoutez les météores. Vous pourriez être surpris de ce que votre station sait déjà faire.

Liens utiles

WSJT-X — documentation et utilisation de MSK144
La documentation décrit les réglages du mode et indique notamment la portée d’environ 2 100 km ainsi que la référence pratique de 100 W et une Yagi.
WSJT-X User Guide — MSK144

The MSK144 Protocol for Meteor-Scatter Communication — K9AN et K1JT
La référence technique pour comprendre la modulation, les trames, le codage correcteur et les performances du protocole.
Télécharger l’article technique MSK144 publié dans QEX

IARU Region 1 — VHF Handbook
Document de référence pour les procédures d’exploitation Meteor Scatter, les périodes d’émission et les recommandations applicables en Région 1.
IARU Region 1 — VHF Handbook

K5ND — Meteor Scatter et MSK144
Une ressource pratique complémentaire consacrée à l’utilisation de MSK144 et à son prédécesseur FSK441.
K5ND — MSK144 vs FSK441 Meteor Scatter Modes

Pour aller plus loin sur F5KEE
Notre article consacré aux Perséides explique plus largement comment les traînées météoritiques permettent d’établir des liaisons sur 144 MHz.
F5KEE — Perséides 2026 : et si nous utilisions les étoiles filantes pour faire des QSO en 144 MHz ?