Bienvenue sur le Site du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon (91 – Essonne)!

Chers(es) visiteurs(ses) et passionnés(es) de radio et de sciences,

Le Radio-Club F5KEE vous accueille à la Maison des Associations de Viry-Châtillon, au cœur de l’Essonne. Dans ce lieu ouvert et convivial, nous réunissons toutes celles et ceux qui partagent la curiosité des sciences, des techniques et des communications sans fil.

Le radioamateurisme, c’est bien plus qu’un simple hobby :
c’est une passion universelle, où l’on apprend à dialoguer avec le monde entier, à construire ses propres antennes et équipements, à explorer la propagation des ondes, mais aussi à découvrir les technologies numériques et les satellites.

À qui s’adresse le radio-club ?

Le F5KEE s’adresse à tous les publics :

  • les curieux qui veulent découvrir ce qu’est la radio et comment on peut communiquer sans Internet,

  • les jeunes et étudiants attirés par la technique, l’électronique ou l’aéronautique,

  • les futurs radioamateurs qui souhaitent préparer la licence,

  • les opérateurs confirmés qui veulent partager leurs expériences, expérimenter ou participer à des contests,

  • et plus largement, toute personne désireuse d’apprendre, de pratiquer et d’échanger dans un cadre associatif.

Que fait-on au F5KEE ?

Nos activités sont variées et adaptées à tous les niveaux :

  • Découverte et formation : initiation aux bases de la radio, aide à la préparation de la licence radioamateur.

  • Pratique du trafic : contacts en phonie, en CW (morse), en modes numériques (FT8, …), via satellites ou encore à travers le monde en HF.

  • Expérimentations techniques : réalisation et essais d’antennes, utilisation du SDR, projets autour de l’Arduino ou d’interfaces numériques.

  • Activités collectives : organisation de démonstrations publiques, projets éducatifs en lien avec les écoles ou évènements internationaux (ARISS, QO-100, etc.).

  • Vie de club : échanges, entraide, convivialité et partage de connaissances dans une ambiance amicale.

Pourquoi nous rejoindre ?

Adhérer au Radio-Club F5KEE, c’est rejoindre une communauté dynamique et passionnée, c’est apprendre en pratiquant, c’est aussi trouver un lieu où la curiosité technique et la convivialité se conjuguent au quotidien.

C’est également l’occasion d’acquérir des bases solides en électricité et en électronique, compétences précieuses pour comprendre le fonctionnement des équipements mais aussi pour, pourquoi pas, préparer un futur métier dans les domaines techniques, scientifiques ou industriels.

Que vous soyez simple curieux, débutant ou opérateur chevronné, poussez la porte de la Maison des Associations de Viry-Châtillon : F5KEE vous accueille et vous invite à découvrir le monde fascinant du radioamateurisme.

L’équipe du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon

Retevis annonce le HS5 : un SDR HF/VHF/UHF 100 W annoncé comme entièrement ouvert

Banniere Retrevis HS5

Le marché des transceivers SDR continue de bouger. Après les équipements traditionnels des grands constructeurs et l’arrivée de nombreux SDR autonomes, Retevis propose désormais une machine particulièrement ambitieuse : le HS5, un transceiver DDC/DUC doté d’un grand écran tactile, d’une puissance pouvant atteindre 100 W et surtout présenté comme une plateforme matérielle et logicielle entièrement ouverte.

Sur le papier, la proposition est séduisante. Mais que sait-on réellement du HS5 à ce jour ?

Un véritable SDR de station

Dans le Retevis HS5 : comment fonctionne le SDR DDC/DUC ?

Architecture SDR DDC/DUC du Retevis HS5 : conversion numérique, traitement FPGA et DSP au cœur du transceiver.

Le HS5 repose sur une architecture DDC/DUC (Digital Down Converter / Digital Up Converter). Contrairement à un poste superhétérodyne traditionnel multipliant les changements de fréquence et les étages analogiques, une grande partie du traitement du signal est ici réalisée numériquement.

Retevis annonce également un spectaculaire waterfall 3D affiché sur un écran tactile capacitif de 7 pouces, ainsi qu’un atténuateur réglable de 0 à 31 dB, un LNA, des filtres passe-bande et une dynamique ADC annoncée aux environs de 100 dB.

Le modèle HS5 commercialisé correspond à la version puissante RS-998, équipée d’un coupleur automatique d’antenne intégré.

Caractéristique Retevis HS5 / RS-998
Architecture SDR DDC/DUC
Réception 0,5 à 750 MHz
Émission 0–30 MHz + 144–148 MHz
Puissance HF 100 W
Puissance VHF 50 W+
Modes CW, LSB, USB, AM, FM, WFM, DIGI
Écran tactile capacitif 7 pouces
Atténuateur 0 à 31 dB
Alimentation 13,8 V
Consommation TX 15 A+ annoncés
Dimensions 340 × 140 × 135 mm
Masse annoncée 5,55 kg

Ces caractéristiques placent donc davantage le HS5 dans la catégorie des stations de base transportables que dans celle des petits SDR QRP.

HF, VHF et UHF… mais attention !

La mention « HF+UV » utilisée dans la présentation peut prêter à confusion.

Le récepteur couvre 0,5 à 750 MHz, ce qui permet effectivement d’écouter les bandes HF, VHF et une bonne partie de l’UHF, notamment notre bande radioamateur des 430 MHz.

Mais l’émetteur ne suit pas cette couverture.

À ce jour, Retevis indique officiellement une émission de 0 à 30 MHz et de 144 à 148 MHz seulement. Le HS5 peut donc recevoir l’UHF mais n’est pas annoncé capable d’émettre sur 430 MHz.

Il serait donc plus exact de parler d’un transceiver HF/VHF avec réception étendue jusqu’à 750 MHz.

Retrevis HS5 Couverture

Retevis HS5 : réception jusqu’à 750 MHz, mais émission limitée aux HF et à la bande des 144 MHz.

Du FT8 sans ordinateur

Une autre fonction mérite l’attention des radioamateurs : le FT8 est directement intégré au transceiver.

Le manuel confirme que le HS5 peut encoder et décoder le FT8 sans équipement externe. L’opérateur renseigne notamment son indicatif et son locator, et le poste dispose même d’un mécanisme permettant de répondre automatiquement après lancement d’un CQ. Retevis recommande par ailleurs de réduire la puissance pour ce mode numérique.

Le poste propose également le décodage CW, l’enregistrement sur carte TF/SD, une carte son USB intégrée et le Wi-Fi.

On commence donc à se rapprocher davantage d’un ordinateur spécialisé dans la radio que d’un simple émetteur-récepteur piloté par DSP.

« Entièrement open source » : la promesse qui change tout ?

C’est probablement l’affirmation la plus intrigante de Retevis.

Le constructeur indique explicitement que le logiciel et le matériel sont entièrement open source et peuvent être modifiés selon les besoins.

Pour les expérimentateurs, une telle plateforme pourrait être passionnante : modification du firmware, ajout de fonctions numériques, évolution de l’interface, développement de nouveaux traitements DSP, voire modification de certaines parties matérielles.

Mais il convient pour l’instant de rester prudent.

Une véritable plateforme ouverte devrait idéalement fournir les sources du firmware, les schémas électroniques, la documentation de l’architecture, éventuellement les sources FPGA, les outils nécessaires à la compilation et surtout des licences clairement définies.

À l’heure où nous publions cet article, nous n’avons pas identifié de dépôt public officiel regroupant clairement l’ensemble de ces éléments. Retevis fournit toutefois déjà le manuel HS5 dans son centre de téléchargement.

Il faudra donc surveiller ce que recouvre concrètement cette promesse d’ouverture.

Un poste prometteur… qui devra passer au banc de mesure

Retevis affiche actuellement le HS5 à 1 285,99 dollars sur sa boutique internationale. À ce niveau de prix, le radioamateur attendra autre chose qu’une impressionnante liste de fonctions.

Il faudra mesurer la dynamique réelle du récepteur, son comportement en présence de signaux puissants, la sélectivité, le bruit de phase et surtout la pureté spectrale de l’émetteur à 100 W.

Il faudra également vérifier la qualité du FT8 autonome et découvrir jusqu’où il est réellement possible de modifier le logiciel et le matériel.

Le Retevis HS5 / RS-998 pourrait ainsi devenir une machine particulièrement intéressante pour les expérimentateurs… à condition que les performances mesurées et l’ouverture réelle du projet soient à la hauteur des caractéristiques annoncées.

Pour aller plus loin

Retevis – site officiel
Découvrir le site officiel Retevis

Retevis HS5 / RS-998 – page officielle
Caractéristiques et présentation du Retevis HS5

Manuel du HS5 / RS-998
Consulter le manuel technique du transceiver

Centre de téléchargement Retevis
Manuels et ressources Retevis

Annonce du HS5 du 2 septembre 2026
Présentation du HS5 par Simon The Wizard

POTA France : plus de coordinateur, mais toujours des Activators ! (9/13)

Banniere POTA France 2026

Dans notre précédent article, « POTA côté Hunter : chassez les parcs sans quitter votre shack ! », nous avons découvert comment rechercher et contacter les Activators depuis notre station.

Mais depuis mi-août 2026, une question agite la communauté française : comment continuer à activer POTA en France après la démission du représentant français chargé de la cartographie ?

Et surtout : faut-il désormais envoyer nos logs quelque part en France ?

Rassurez-vous : pour l’Activator, l’essentiel ne change pas.

Que s’est-il passé en France ?

Un désaccord est apparu entre POTA et son représentant français concernant notamment l’éligibilité de certaines références françaises, en particulier les ZNIEFF — Zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique.

Dans sa réponse du 16 août 2026, le conseil d’administration de Parks on the Air précise que Laurent « Larry » F5PYI n’a pas été révoqué : il a démissionné de son rôle de représentant français chargé de la cartographie. POTA indique également que le désaccord sur les ZNIEFF était antérieur à août 2026.

Cela ne signifie cependant pas la fin de POTA en France.

Puis-je toujours activer un parc français ?

Oui.

POTA continue de fonctionner en France. Pour préparer une activation, le meilleur réflexe consiste désormais à consulter directement la base officielle.

Carte officielle POTA

Recherchez votre parc et vérifiez que sa référence est toujours active.

Attention : la position indiquée sur la carte POTA est approximative. POTA demande aux Activators de consulter les sources officielles du gestionnaire afin de vérifier les véritables limites du parc. L’opérateur et tout son équipement doivent se trouver dans le périmètre autorisé.

Attention aux ZNIEFF

C’est actuellement le point sensible en France.

Les règles POTA ont été modifiées le 18 août 2026, avec une nouvelle version des critères de qualification des parcs.

Dans ce contexte, inutile pour l’Activator de chercher à trancher lui-même le débat sur l’éligibilité d’une ZNIEFF.

Adoptons une règle pratique :

avant de partir, vérifions que la référence apparaît toujours comme active dans la base officielle POTA.

Une ancienne liste, un tableau conservé sur son ordinateur ou une publication sur les réseaux sociaux ne doivent pas remplacer cette vérification.

Faut-il prévenir quelqu’un avant l’activation ?

Non.

La démission du représentant français n’introduit aucune obligation de demander une autorisation à une organisation française avant d’activer.

Vous pouvez toujours décider de partir activer une référence POTA disponible.

Vous pouvez éventuellement enregistrer une activation planifiée afin d’informer les Hunters, puis vous spotter lorsque vous êtes réellement sur l’air.

Et une fois installé ?

CQ POTA !

Les règles habituelles continuent de s’appliquer. Une activation réussie nécessite au moins 10 QSO depuis le parc au cours d’une même journée UTC. Même si vous n’atteignez pas les dix contacts, envoyez votre log afin que vos Hunters puissent obtenir leurs crédits.

À qui envoyer maintenant notre ADIF ?

C’est probablement la question la plus importante.

Vous n’avez pas besoin d’un coordinateur français pour transmettre votre log.

POTA dispose d’un système d’auto-upload depuis juillet 2022. Après l’activation :

fichier ADIF → compte POTA → My Log Uploads → sélection du fichier → contrôle → envoi.

La documentation officielle confirme que c’est aujourd’hui la méthode normale de transmission des logs.

Accéder à POTA

Votre fichier ne doit donc pas être envoyé à l’ancien coordinateur français.

Et si l’envoi ne fonctionne pas ?

POTA prévoit une solution de secours.

Si vous ne pouvez pas utiliser l’auto-upload, vous pouvez ouvrir une demande auprès du Help Desk international POTA en joignant votre fichier ADIF. Le support fonctionne sept jours sur sept et intervient également pour les problèmes de compte, de site ou de logs erronés.

Documentation du support POTA

Si vous découvrez une erreur après l’envoi, utilisez Request Support depuis My Log Uploads. Le log incorrect pourra être supprimé, puis vous pourrez transmettre le fichier corrigé. Les bénévoles POTA ne modifient pas individuellement vos QSO.

Et que propose maintenant l’ancien coordinateur ?

Voilà une évolution particulièrement intéressante.

Laurent « Larry » F5PYI, ancien représentant POTA pour la cartographie française, est aussi le fondateur et développeur de PARC Community — Protected Area Radio Community. Le projet était toutefois en développement avant la controverse actuelle ; il serait donc incorrect de le présenter comme ayant été créé uniquement en réaction à sa démission de POTA.

PARC Community

PARC se présente comme un programme mondial d’activation radio des parcs et espaces naturels protégés. Son fonctionnement rappellera immédiatement quelque chose aux habitués de POTA : recherche d’un parc, activation, contacts radio, envoi du fichier ADIF, statistiques et diplômes.

La différence intéressante dans le contexte français est que PARC Community annonce explicitement accepter les ZNIEFF, ainsi que les zones Natura 2000, Espaces Naturels Sensibles, réserves naturelles et d’autres espaces protégés. Le site revendique une base de plus de 200 000 espaces dans plus de 260 pays.

Attention toutefois à ne pas mélanger les programmes : une référence PARC n’est pas automatiquement une référence POTA. Pour obtenir un crédit POTA, c’est toujours la base et les règles POTA qui font foi.

Les radioamateurs disposent donc désormais de plusieurs programmes d’activation d’espaces naturels, notamment POTA, WWFF et PARC Community, chacun avec ses propres références et règles.

Notre checklist POTA France 2026

Avant de prendre la route :

✓ vérifier la référence dans la base POTA actuelle
✓ contrôler les limites officielles du parc
✓ respecter les règles d’accès du gestionnaire
✓ éventuellement planifier l’activation
✓ s’installer entièrement dans la zone autorisée
✓ se spotter une fois sur l’air
✓ réaliser et logger les QSO
✓ produire un ADIF correct
✓ envoyer soi-même le fichier dans My Log Uploads
✓ utiliser le Help Desk POTA en cas de problème

Finalement, la démission du représentant français change surtout la situation autour de la gestion des références, beaucoup moins la vie quotidienne de l’Activator.

POTA continue en France

La situation française mérite d’être suivie, notamment concernant le devenir de certaines références et les nouveaux critères d’éligibilité.

Mais si votre objectif est simplement de sortir dimanche avec la radio, la procédure reste claire :

vérifiez votre référence dans POTA, installez-vous correctement dans le parc, faites vos QSO et envoyez directement votre ADIF.

Pas besoin d’attendre la nomination d’un nouveau représentant français pour retourner faire de la radio au vert !

Pour aller plus loin

Ferrites : comment choisir le bon matériau pour un balun ou un antiparasite ?

Banniere Ferrites : choisir le bon matériau

Dans les tiroirs d’un radioamateur, on trouve presque toujours quelques tores noirs, des ferrites à clipser récupérées sur d’anciens câbles informatiques ou encore des bagues provenant d’une alimentation. Elles se ressemblent toutes et pourtant leurs propriétés peuvent être radicalement différentes.

Une ferrite efficace pour supprimer un parasite à 3 MHz ne sera pas nécessairement adaptée à 430 MHz. De même, un excellent matériau pour réaliser un choke de mode commun n’est pas forcément le meilleur choix pour bobiner un transformateur d’impédance.

Le choix d’une ferrite repose donc sur quatre paramètres essentiels : le matériau, la fréquence, la géométrie et l’utilisation recherchée.

Qu’est-ce qu’une ferrite ?

Une ferrite est un matériau magnétique céramique constitué principalement d’oxydes métalliques. En radiofréquence, deux grandes familles sont particulièrement courantes :

  • MnZn : manganèse-zinc, généralement intéressant aux fréquences relativement basses ;
  • NiZn : nickel-zinc, dont la résistivité élevée permet notamment de travailler à des fréquences plus importantes.

On rencontre également d’autres compositions, mais MnZn et NiZn couvrent l’essentiel des ferrites utilisées par les radioamateurs.

Le fabricant Fair-Rite commercialise différents mélanges, ou mix, identifiés par des nombres : 31, 43, 52, 61, 73, 75, 77, etc.

Attention : ces nombres ne représentent ni la perméabilité, ni la fréquence, ni les dimensions du tore. Ce sont simplement des références de matériaux.

Tous les matériaux ne travaillent pas aux mêmes fréquences

Pour un antiparasite, Fair-Rite indique des plages d’utilisation optimales qui montrent immédiatement les différences entre matériaux : le 75 est destiné aux fréquences basses, le 31 couvre largement la HF, le 43 se décale vers les fréquences supérieures et le 61 devient particulièrement intéressant en VHF/UHF.

Tableau récapitulatif des principaux matériaux

Matériau Composition Perméabilité initiale µi* Plage indicative Utilisation typique
75 MnZn ≈ 5000 0,1 à 5 MHz Parasites BF/HF très basse, alimentations
73 MnZn ≈ 2500 1 à 25 MHz Antiparasitage basse HF, principalement perles
31 MnZn ≈ 1500 1 à 300 MHz Excellent pour chokes HF large bande
43 NiZn ≈ 800 20 à 300 MHz Antiparasitage, baluns et transformateurs HF
44 NiZn ≈ 500 20 à 300 MHz Antiparasitage, évolution du matériau 43
52 NiZn ≈ 250 ≈ 50 MHz à 1 GHz en suppression Chokes et applications RF plus hautes en fréquence
61 NiZn ≈ 125 200 MHz à 1 GHz en suppression VHF/UHF ; également inductances/transformateurs HF selon conception

* Valeurs typiques Fair-Rite. Les plages indiquées concernent principalement l’antiparasitage et ne doivent pas être interprétées comme les limites absolues d’utilisation d’un transformateur RF. Fair-Rite donne par exemple le matériau 61 pour des applications inductives jusqu’à environ 25 MHz, tout en le recommandant pour l’antiparasitage au-dessus de 200 MHz.

Tableau récapitulatif des principaux matériaux

Plages d’utilisation indicatives des principaux matériaux ferrites selon la fréquence.

Cette dernière remarque est fondamentale : la fréquence d’utilisation d’une ferrite dépend de ce que l’on veut lui faire faire.

Un balun et un antiparasite ne demandent pas la même chose

C’est probablement la distinction la plus importante à retenir.

Dans un transformateur RF, on cherche à transférer correctement l’énergie d’un enroulement vers un autre ou à réaliser une transformation d’impédance. On recherche donc une inductance suffisante, une bande passante convenable et des pertes raisonnables.

Dans un choke de mode commun, c’est presque l’inverse : nous voulons que la ferrite s’oppose fortement au courant indésirable.

L’impédance d’une ferrite peut s’écrire :

    \[Z=R+jX\]

X représente la partie réactive et R la partie résistive.

Dans un antiparasite, une composante résistive importante est intéressante : au lieu de simplement stocker puis restituer l’énergie parasite, la ferrite contribue à la dissiper sous forme de chaleur.

Voilà pourquoi demander simplement « quelle est la perméabilité de ce tore ? » ne suffit pas pour choisir un bon antiparasite.

Le Mix 31 : le favori des chokes HF

Pour le radioamateur travaillant entre 1,8 et 30 MHz, le Mix 31 est particulièrement intéressant.

C’est un matériau MnZn spécialement développé pour l’antiparasitage. Fair-Rite indique une plage optimale de suppression d’environ 1 à 300 MHz, avec une bonne efficacité dans le bas du spectre.

Il convient donc très bien pour réaliser :

  • un choke sur le coaxial d’une antenne HF ;
  • un antiparasite sur le câble d’une alimentation ;
  • une suppression de mode commun sur USB ou Ethernet ;
  • un filtre sur les câbles CAT ou de commande ;
  • un choke à proximité d’une antenne.

Pour un choke couvrant plusieurs bandes HF, le Mix 31 constitue donc souvent un excellent premier choix.

Le Mix 43 : le grand classique

Le Mix 43 est probablement l’un des matériaux les plus connus des radioamateurs.

Il s’agit d’un matériau NiZn de perméabilité initiale voisine de 800. Fair-Rite donne une plage optimale de suppression située approximativement entre 20 et 300 MHz.

Mais le 43 est également largement utilisé dans les transformateurs RF large bande, baluns et ununs.

C’est pourquoi on rencontre fréquemment des références telles que FT240-43 ou FT140-43 dans les montages radioamateurs.

Il ne faut cependant pas conclure que le 43 est toujours supérieur au 31. Pour supprimer des courants de mode commun sur les bandes HF basses, le 31 peut être nettement plus intéressant.

Et lorsque l’on monte en VHF et UHF ?

À mesure que la fréquence augmente, les propriétés recherchées changent.

Le Mix 61 est un matériau NiZn de perméabilité relativement faible, environ 125. Fair-Rite le recommande notamment pour la suppression des perturbations situées au-dessus de 200 MHz, jusqu’à environ 1 GHz suivant les composants.

Il devient donc particulièrement intéressant lorsque l’on travaille autour de :

  • 144 MHz ;
  • 433/435 MHz ;
  • certaines applications UHF.

Cela illustre une règle essentielle :

le tore parfait pour 3,5 MHz n’est pas nécessairement celui qu’il faut pour 433 MHz.

Pourquoi plusieurs passages dans la ferrite ?

Passer plusieurs fois un câble dans un tore augmente considérablement son efficacité aux fréquences basses.

En première approximation :

    \[L \propto N^2\]

N représente le nombre de tours.

Passer deux, trois ou quatre fois le câble dans la ferrite peut donc produire une impédance beaucoup plus importante qu’un passage unique. Les mesures publiées par Fair-Rite montrent effectivement une forte augmentation de l’impédance lorsque le nombre de tours augmente.

Mais attention : plus de tours n’est pas toujours synonyme de meilleur résultat.

Lorsque la fréquence augmente, les capacités parasites entre les conducteurs deviennent importantes. Le montage possède alors ses propres résonances et l’efficacité peut finalement diminuer.

Le bon choke est donc une association :

matériau + dimensions du tore + nombre de tours + fréquence.

Tore, perle ou ferrite à clipser ?

Le tore permet plusieurs passages et convient particulièrement bien aux baluns, ununs et chokes coaxiaux.

Les perles et tubes de ferrite peuvent être enfilés sur un conducteur ou sur un câble coaxial. Plusieurs ferrites peuvent être disposées successivement afin d’augmenter l’impédance.

Enfin, les ferrites ouvrantes, ou snap-on, sont extrêmement pratiques pour traiter une installation existante sans couper les câbles.

On peut les placer sur :

  • un câble USB ;
  • un câble Ethernet ;
  • une alimentation ;
  • un câble micro ;
  • une liaison CAT ;
  • un câble de rotateur ;
  • les différents câbles reliant le transceiver à l’ordinateur.

Dans tous les cas, connaître le matériau utilisé reste beaucoup plus important que l’apparence extérieure de la ferrite.

Diamètre et couleur : peut-on reconnaître une ferrite à l’œil ?

Lorsqu’on achète ou récupère un tore, deux caractéristiques sautent immédiatement aux yeux : sa taille et parfois sa couleur. Pourtant, aucune des deux ne permet d’identifier avec certitude le matériau magnétique.

La couleur n’est pas un code universel

Contrairement aux résistances, il n’existe pas de code couleur universel des ferrites. Un tore rouge, bleu, jaune ou noir n’indique donc pas nécessairement un Mix 31, 43, 61 ou 75.

La couleur peut être utilisée par un fabricant pour distinguer ses propres produits, mais cette convention n’est pas forcément reprise par un autre fabricant.

Attention également à ne pas confondre ferrite et poudre de fer. Certains tores en poudre de fer possèdent justement des couleurs caractéristiques selon le fabricant. Un tore coloré récupéré dans une alimentation n’est donc pas automatiquement une ferrite.

En pratique : sans référence fabricant, la couleur seule ne permet pas d’identifier un tore.

FT-82, FT-140, FT-240 : que signifie le nombre ?

Les radioamateurs rencontrent fréquemment des références telles que :

FT-82-43, FT-140-31 ou FT-240-43.

Dans cette nomenclature courante, FT désigne un tore en ferrite, le premier nombre correspond à sa classe de dimensions et le nombre situé après le tiret identifie le matériau.

Quelques dimensions typiques permettent de se faire une idée :

Format Diamètre extérieur approximatif
FT-50 13 mm
FT-82 21 mm
FT-114 29 mm
FT-140 36 mm
FT-240 61 mm

Ainsi, FT-240-31 et FT-240-43 ont pratiquement les mêmes dimensions mais pas les mêmes propriétés magnétiques. À l’inverse, FT-82-43 et FT-240-43 utilisent le même matériau 43 dans des dimensions très différentes.

Pourquoi la taille est-elle importante ?

Le diamètre et, plus généralement, le volume du noyau influencent directement la réalisation pratique.

Un grand tore permet de faire passer un câble coaxial plus gros et d’effectuer davantage de tours. Il possède également davantage de matériau magnétique et offre généralement une meilleure marge thermique et énergétique.

C’est particulièrement important lorsqu’un choke est installé sur la sortie d’un émetteur HF de forte puissance : les courants de mode commun absorbés produisent des pertes et donc de la chaleur dans la ferrite.

On rencontre pour cette raison des chokes réalisés avec de gros noyaux FT-240, voire avec deux ou plusieurs tores empilés.

La référence complète est donc essentielle :

FT-240-31 = forme et dimensions FT-240 + matériau Mix 31.

Ne choisissez donc jamais une ferrite uniquement parce qu’elle est « grosse », « noire » ou de la même couleur qu’un modèle vu sur Internet. Pour une réalisation reproductible, recherchez toujours la référence exacte du fabricant et la fiche technique correspondante.

Attention aux ferrites de récupération

Une grosse ferrite récupérée sur un ancien écran VGA peut sembler parfaite pour notre station. Et elle peut effectivement l’être !

Mais il subsiste un problème majeur : nous ignorons généralement son matériau.

La couleur noire ou gris foncé ne permet pas de distinguer fiablement un Mix 31 d’un 43, d’un 61 ou d’un matériau propriétaire.

Une ferrite inconnue peut donc être utilisée pour expérimenter, mais il est difficile de construire un antiparasite reproductible sans la caractériser.

Avec un analyseur d’impédance ou même un NanoVNA et un montage de mesure approprié, il devient possible d’étudier son comportement en fonction de la fréquence.

Voilà d’ailleurs matière à un prochain article F5KEE !

Cas pratique : du courant RF sur le coaxial

Prenons une antenne HF alimentée par coaxial. Idéalement, les courants circulant sur les deux conducteurs sont égaux et opposés.

Dans la réalité, une partie du courant RF peut circuler sur la face extérieure de la tresse du coaxial.

Ce courant de mode commun peut provoquer :

  • retour HF dans la station ;
  • perturbations USB ;
  • déclenchements intempestifs ;
  • modification du diagramme de rayonnement ;
  • bruit reçu supplémentaire.

Un choke réalisé avec plusieurs passages de coaxial dans une ferrite adaptée présente une forte impédance à ce courant.

On peut écrire simplement :

    \[I_{CM}=\frac{V_{CM}}{Z_{choke}}\]

Plus

    \[<span class="katex">Z_{choke}\]

est importante, plus le courant de mode commun est réduit.

Pour un parasite, cherchez d’abord sa fréquence

Supposons maintenant qu’une alimentation à découpage génère un parasite très puissant autour de 3 MHz.

La station écoute peut-être le 14 MHz, mais ce n’est pas cette fréquence qui doit déterminer le choix de la ferrite : c’est principalement la fréquence du courant parasite que nous voulons atténuer.

À quelques MHz, un matériau comme le 31, voire le 75 lorsque le problème descend encore en fréquence, sera généralement beaucoup plus pertinent qu’un matériau destiné aux VHF/UHF.

Fair-Rite recommande d’ailleurs explicitement de connaître, au moins approximativement, la fréquence du bruit avant de sélectionner le matériau.

Quel matériau choisir en pratique ?

Votre problème Matériau à étudier en priorité
Parasites < 1 MHz 75
Parasites 1 à 5 MHz 75 / 31
Choke coaxial bandes HF 31
Choke HF large bande 31
Antiparasitage haut de la HF 31 / 43
Transformateur ou balun HF 43 / 52 / 61 selon la conception
Parasites VHF 43 / 61 selon fréquence et composant
Parasites UHF 61 ou matériau spécialisé
Ferrite récupérée inconnue À mesurer !

Ces choix constituent des points de départ et non des règles absolues. Les dimensions du noyau, le diamètre du câble, le nombre de tours et la puissance RF changent le résultat.

Les cinq erreurs à éviter

1. Acheter simplement « un tore en ferrite ». Sans connaître son matériau, ses performances restent imprévisibles.

2. Croire que 61 est meilleur que 43 et 43 meilleur que 31. Ces nombres sont des références de matériaux, pas une échelle de qualité.

3. Regarder uniquement la perméabilité. Pour un antiparasite, la courbe d’impédance en fonction de la fréquence est beaucoup plus instructive.

4. Ajouter toujours plus de tours. Cela améliore souvent les fréquences basses mais peut dégrader le comportement aux fréquences élevées.

5. Choisir la ferrite selon la bande radio utilisée plutôt que selon la fréquence du parasite. En CEM, c’est le bruit à éliminer qui nous intéresse.

Ce qu’il faut retenir

Une ferrite n’est donc jamais simplement « une ferrite ».

Pour faire le bon choix, retenons une méthode très simple :

Fréquence → fonction → matériau → dimensions → nombre de passages → mesure.

Pour un choke de mode commun HF, le Mix 31 constitue souvent un excellent point de départ. Le 43 reste un grand classique des montages RF et des transformateurs large bande. Lorsque l’on monte vers les VHF et UHF, des matériaux comme le 61 deviennent intéressants. Et pour des perturbations situées très bas en fréquence, il faut regarder du côté des matériaux à forte perméabilité comme le 75.

Surtout, plutôt que de choisir un tore à sa couleur ou à sa taille, consultez sa courbe d’impédance en fonction de la fréquence. Elle raconte beaucoup mieux ce que cette petite bague noire sera réellement capable de faire dans votre station.

Pour aller plus loin

Actualités radioamateurs du 4 septembre 2026

Banniere Actualites 04/09/2026

F5KEE vous accueille au FAB 2026 de Viry-Châtillon

Le radio-club F5KEE participera samedi 5 septembre à la Fête des associations et des bénévoles de Viry-Châtillon. Les visiteurs pourront rencontrer les membres du club, découvrir le radioamateurisme et échanger autour des communications radio, de l’électronique et des activités proposées tout au long de l’année. Le FAB 2026 se déroulera de 9 h à 17 h au parc des sports Henri-Longuet. Une excellente occasion de découvrir le club ou de se renseigner sur la préparation à l’examen radioamateur. F5KEE

Field Day de F6KRK à Châteaufort

Le radio-club F6KRK de Montigny-le-Bretonneux installera une station de campagne à l’Espace Pégoud de Châteaufort. L’opération commencera samedi 5 septembre à 14 h et se terminera dimanche à 14 h. Fonctionnant pendant 24 heures dans des conditions proches de celles rencontrées lors d’une coupure des infrastructures habituelles, la station tentera de réaliser un maximum de contacts. Après plus de 1 200 QSO avec 80 pays en 2025, l’équipe ambitionne cette année de monter sur le podium européen. L’accès au site est libre. Ville de Châteaufort

Toute l’Europe se retrouve sur 145 MHz

Le concours IARU Région 1 145 MHz se déroulera du samedi 5 septembre à 14 h UTC au dimanche 6 septembre à 14 h UTC. Pendant 24 heures, les stations françaises et européennes tenteront de multiplier les liaisons à longue distance en SSB et en CW sur la bande des 2 mètres. Les participants échangent généralement le report, un numéro de série et leur locator Maidenhead. Stations fixes, portables et équipes installées sur des points hauts profiteront de ce grand rendez-vous annuel pour tester leurs antennes et les conditions de propagation troposphérique. IARU Région 1

F8KHQ au Forum des associations de Clamart

Le radio-club de Clamart F8KHQ sera présent au Forum des associations samedi 5 septembre, de 10 h à 18 h, sur l’esplanade du Panorama. Les visiteurs pourront retrouver les radioamateurs clamartois au stand 142, découvrir leurs activités et obtenir des renseignements sur les communications radio, les modes numériques ou la préparation au certificat d’opérateur. Ce rendez-vous constitue une porte d’entrée idéale pour les habitants qui souhaitent comprendre le fonctionnement d’une station, rejoindre un radio-club ou simplement rencontrer des passionnés de technique et de radio. Informations pratiques

L’ARAM95 présente le radioamateurisme à Domont

L’ARAM95 participera au Forum des associations de Domont samedi 5 septembre. Les membres de l’association présenteront le radioamateurisme, ses différentes pratiques et les activités proposées dans le Val-d’Oise : liaisons locales ou internationales, transmissions numériques, satellites, expérimentations et initiation des jeunes. Le forum se tiendra de 9 h à 16 h au gymnase du lycée, avenue du Lycée à Domont. Les visiteurs pourront rencontrer les bénévoles, poser leurs questions et découvrir comment débuter l’écoute ou préparer l’examen radioamateur. Ville de Domont

Spectrum prêt pour un nouveau départ depuis la Norvège

Une nouvelle fenêtre de tir pourrait s’ouvrir ce 4 septembre pour la mission Onward and Upward d’Isar Aerospace. Le lanceur Spectrum doit décoller du centre spatial d’Andøya, en Norvège, pour son second vol de qualification. Il emportera cinq CubeSats — CyBEEsat, TriSat-S, Platform-6, FramSat-1 et SpaceTeamSat1 — ainsi que l’expérience non largable Let It Go. Développé par l’université norvégienne NTNU, FramSat-1 testera plusieurs technologies en orbite. Après plusieurs reports techniques, l’horaire exact reste soumis à confirmation, aux conditions météorologiques et à la disponibilité de la zone de sécurité. Isar Aerospace

Le Soleil se réveille avec une éruption M3.0

La nouvelle région active AR4524, apparue sur le bord nord-est du Soleil, a produit une éruption de classe M3.0, dont le maximum a été enregistré le 2 septembre vers 19 h 20 UTC. Une éjection de masse coronale a également été observée, mais sa trajectoire semble principalement éloignée de la Terre en raison de la position encore très excentrée de la région. AR4524 mérite néanmoins une surveillance attentive pendant sa rotation vers la face visible. Pour les radioamateurs, de nouvelles éruptions pourraient provoquer des perturbations momentanées de la propagation HF sur la partie éclairée du globe. EarthSky

L’EME sur 2,3 GHz et au-dessus commence demain

La seconde session 2026 du concours international Earth-Moon-Earth de l’ARRL débutera samedi 5 septembre à 00 h 00 UTC et se terminera dimanche 6 septembre à 23 h 59 UTC. Ce week-end est réservé aux bandes 2,3 GHz et supérieures. L’objectif consiste à contacter le plus grand nombre possible de stations en utilisant la Lune comme réflecteur. Les bandes 2,3, 3,4, 5,7, 10 GHz et au-delà devraient ainsi connaître une activité inhabituelle. Même sans station d’émission EME, les radioamateurs équipés pour les hyperfréquences pourront tenter d’écouter ces signaux particulièrement faibles. ARRL

Deux ballons à écouter sur 437,600 MHz

Deux ballons stratosphériques doivent être lâchés demain, samedi 5 septembre, depuis les Pays-Bas. Leurs petites balises transmettront leur télémétrie sur 437,600 MHz en modulation numérique 4FSK, probablement au format Horus Binary. La réception s’effectue en USB avec un récepteur ou une clé SDR ; il faudra tenir compte du décalage Doppler pendant le vol. Les trames pourront être décodées avec Horus-GUI puis envoyées vers SondeHub Amateur afin de participer au suivi collaboratif. Selon l’altitude et la trajectoire, les signaux pourraient devenir recevables à plusieurs centaines de kilomètres, éventuellement jusque dans le nord de la France. SondeHub Amateur

AD8307 et AD8318 : mesurer une puissance RF sans wattmètre classique

Découvrez comment les AD8307 et AD8318 mesurent la puissance RF en dBm et en watts, des bandes HF aux micro-ondes, avec atténuateur ou coupleur.

Mesurer la puissance d’un émetteur semble normalement exiger un wattmètre RF inséré entre la station et une charge fictive ou une antenne. Pourtant, deux circuits intégrés rendent possible la construction d’un appareil numérique compact couvrant une plage impressionnante : l’AD8307 pour les bandes HF et VHF, et l’AD8318 pour les UHF et les micro-ondes.

Ces composants ne supportent toutefois pas directement les 10, 50 ou 100 W d’un émetteur. Ils mesurent un échantillon fortement atténué du signal RF et produisent une tension continue exploitable par un Arduino, un ESP32 ou un RP2040.

Pourquoi un simple multimètre ne suffit-il pas ?

Un multimètre mesure facilement une tension continue ou un signal alternatif à 50 Hz. Mais à 14 MHz, 144 MHz ou 2,4 GHz, ses circuits d’entrée sont beaucoup trop lents. Il faut d’abord transformer le signal RF en une tension continue représentative de son niveau.

Une diode peut remplir cette fonction, mais sa tension de seuil limite fortement la mesure des petits signaux. Un détecteur logarithmique est beaucoup plus sensible et couvre une dynamique considérable : il peut détecter aussi bien des puissances de quelques nanowatts que des niveaux proches du milliwatt.

Avec un prélèvement correctement calculé, cette plage peut être transposée aux puissances utilisées dans une station radioamateur.

Du watt au dBm

Les détecteurs logarithmiques travaillent naturellement en décibels. La puissance est donc généralement exprimée en dBm, c’est-à-dire en décibels par rapport à 1 mW :

    \[P_{\mathrm{dBm}}=10\log_{10}\left(\frac{P_{\mathrm{W}}}{1\ \mathrm{mW}}\right)\]

Pour revenir aux watts :

    \[P_{\mathrm{W}}=10^{\frac{P_{\mathrm{dBm}}-30}{10}}\]

Quelques valeurs permettent de se repérer :

Puissance Niveau
1 µW −30 dBm
10 µW −20 dBm
100 µW −10 dBm
1 mW 0 dBm
10 mW +10 dBm
100 mW +20 dBm
1 W +30 dBm
10 W +40 dBm
100 W +50 dBm

Cette représentation facilite les calculs. Lorsqu’un atténuateur de 30 dB est placé devant le détecteur, il suffit d’ajouter 30 dB à la puissance mesurée pour retrouver celle présente à son entrée.

Comment fonctionne un détecteur logarithmique ?

L’AD8307 et l’AD8318 contiennent une succession d’étages amplificateurs. Lorsque le signal traverse cette chaîne, les derniers étages atteignent leur saturation avant les premiers. Chaque étage contribue à une détection globale dont la sortie suit approximativement le logarithme de l’amplitude RF.

Le résultat est une tension dite « linéaire en dB » : une variation de puissance de 1 dB provoque une variation presque constante de la tension de sortie.

La relation peut s’écrire sous une forme générale :

    \[V_{\mathrm{OUT}}=S\left(P_{\mathrm{IN}}-P_{\mathrm{INTERCEPT}}\right)\]

    \[<span class="katex">S\]

représente la pente en volts par décibel. Pour ces deux circuits, elle est voisine de 25 mV/dB, mais son sens est différent.

En pratique, on utilisera plutôt une équation obtenue par calibration :

    \[P_{\mathrm{IN}}(\mathrm{dBm})=aV_{\mathrm{OUT}}+b\]

Les coefficients aa et bb sont calculés en appliquant au montage au moins deux puissances RF connues.

L’AD8307 pour les bandes HF et VHF

L’AD8307 fonctionne du continu jusqu’à environ 500 MHz. Analog Devices annonce une dynamique maximale de 92 dB et une très bonne conformité logarithmique aux fréquences inférieures à 100 MHz.

Sa tension de sortie augmente avec la puissance reçue, avec une pente nominale de :

    \[+25\ \mathrm{mV/dB}\]

Il consomme seulement 7,5 mA et accepte une alimentation comprise entre 2,7 et 5,5 V. Il convient particulièrement aux applications suivantes :

  • wattmètre pour les bandes décamétriques ;
  • mesure d’un émetteur QRP ;
  • contrôle d’une balise WSPR ;
  • mesure sur 50 ou 144 MHz ;
  • indicateur de niveau pour générateur HF ;
  • mesure simultanée de la puissance directe et réfléchie.

Son fonctionnement reste possible vers 432 MHz, mais sa précision, sa sensibilité et sa régularité diminuent lorsqu’on approche de sa limite supérieure. Une calibration spécifique à cette bande devient alors indispensable.

L’AD8318 pour les UHF et les micro-ondes

L’AD8318 est destiné aux fréquences plus élevées. Sa conformité logarithmique est spécifiée de 1 MHz à 6 GHz et son fonctionnement reste utile jusqu’à environ 8 GHz.

Il trouve naturellement sa place sur :

  • 432 MHz ;
  • 1 296 MHz ;
  • 2,4 GHz, notamment pour QO-100 ;
  • 5,8 GHz ;
  • les équipements Wi-Fi et les montages micro-ondes expérimentaux.

Sa dynamique pratique se situe autour de 60 à 70 dB selon la fréquence et l’erreur acceptable. Contrairement à l’AD8307, sa tension de sortie diminue lorsque la puissance RF augmente. Sa pente nominale est donc :

    \[-25\ \mathrm{mV/dB}\]

L’AD8318 demande une alimentation de 5 V et consomme environ 68 mA. Son utilisation est également plus exigeante : pistes RF très courtes, plan de masse continu, connecteurs adaptés et découplage soigneux.

Les petits modules AD8318 vendus à bas prix facilitent les essais, mais leurs performances peuvent varier. La qualité du circuit imprimé, du connecteur SMA et des composants d’adaptation influence fortement la mesure, surtout à plusieurs gigahertz.

Comparatif RF AD8307 et AD8318

L’AD8307 privilégie la dynamique en HF/VHF, tandis que l’AD8318 étend la mesure aux bandes UHF et micro-ondes.

Trois façons de prélever la puissance RF

Mesurer directement un petit signal

Un générateur HF de laboratoire ou un oscillateur de quelques milliwatts peut être relié au détecteur, à condition de respecter sa plage d’entrée et l’impédance de 50 Ω.

Cette configuration convient à la mise au point d’oscillateurs, de filtres, d’amplificateurs ou d’atténuateurs. Elle ne doit jamais être raccordée directement à la sortie d’un émetteur de plusieurs watts.

Ajouter un atténuateur

Un atténuateur résistif réduit le niveau appliqué au détecteur. Avec une atténuation de 30 dB, la puissance est divisée par 1 000 :

    \[1\ \mathrm{W}=+30\ \mathrm{dBm}\]

Après une atténuation de 30 dB :

    \[P_{\mathrm{détecteur}}=30-30=0\ \mathrm{dBm}\]

Le détecteur ne reçoit plus que 1 mW. Toutefois, l’atténuateur placé en tête doit pouvoir dissiper presque toute la puissance initiale. Un modèle SMA prévu pour 2 W ne peut pas mesurer directement un émetteur de 100 W, même s’il offre 40 dB d’atténuation.

Mesure RF sûre d’un émetteur 100 W

Un coupleur de −40 dB réduit l’échantillon de 100 W à seulement 10 mW pour protéger le détecteur.

Employer un coupleur directionnel

Pour mesurer un émetteur HF de puissance moyenne ou élevée, le coupleur directionnel constitue la meilleure solution. Il laisse circuler l’essentiel de l’énergie entre l’émetteur et la charge, tout en prélevant une faible fraction du signal.

Prenons un émetteur de 100 W, soit +50 dBm, et un coupleur de 40 dB :

    \[P_{\mathrm{détecteur}}=50-40=+10\ \mathrm{dBm}\]

Le détecteur reçoit 10 mW, tandis que les 100 W circulent dans la ligne principale.

La précision dépend alors du facteur de couplage, de sa variation avec la fréquence et de la directivité du dispositif. Un coupleur réalisé pour les bandes HF ne conservera pas forcément les mêmes caractéristiques sur 144 ou 432 MHz.

Du détecteur à l’affichage numérique

Un wattmètre numérique complet se compose de plusieurs blocs :

  1. un atténuateur ou un coupleur ;
  2. un AD8307 ou un AD8318 ;
  3. un convertisseur analogique-numérique ;
  4. un microcontrôleur ;
  5. un écran ou une interface informatique.

Le microcontrôleur mesure

    \[V_{\mathrm{OUT}}\]

, applique les coefficients de calibration, ajoute l’atténuation du système de prélèvement puis convertit les dBm en watts :

    \[P_{\mathrm{ligne}}(\mathrm{dBm}) = P_{\mathrm{détecteur}}(\mathrm{dBm}) + A_{\mathrm{prélèvement}}(\mathrm{dB})\]

Comme 1 dB ne représente qu’environ 25 mV, la stabilité de l’alimentation et la qualité du convertisseur analogique-numérique sont importantes. Le moyennage de plusieurs mesures permet également de stabiliser l’affichage.

Peut-on se passer complètement d’un wattmètre étalon ?

Une fois calibré, le montage fonctionne sans wattmètre classique. Mais la première calibration exige une référence connue : générateur RF étalonné, analyseur de spectre, wattmètre emprunté au radio-club ou émetteur préalablement mesuré sur charge fictive.

Une calibration à deux points permet de déterminer la pente et le décalage. Pour une meilleure précision, on utilisera plusieurs niveaux et une table de correction différente pour chaque bande.

Cette opération compense :

  • les tolérances du détecteur ;
  • l’atténuation réelle du prélèvement ;
  • les pertes des câbles et connecteurs ;
  • la variation de réponse avec la fréquence ;
  • les erreurs du convertisseur analogique-numérique.

Le titre « sans wattmètre classique » doit donc être compris comme « sans wattmètre classique après calibration ».

Mesurer également le ROS

Avec un coupleur bidirectionnel et deux détecteurs identiques, il devient possible de mesurer séparément la puissance directe

    \[P_D\]

et la puissance réfléchie

    \[P_R\]

.

Architecture d’un wattmètre RF numérique

Deux détecteurs mesurent les puissances directe et réfléchie afin de calculer la puissance RF et le ROS.

Le coefficient de réflexion vaut :

    \[\Gamma|=\sqrt{\frac{P_R}{P_D}}\]

Le ROS est ensuite calculé par :

    \[ROS=\frac{1+|\Gamma|}{1-|\Gamma|}\]

Aux faibles niveaux réfléchis, la précision dépend surtout de la directivité du coupleur et du bruit résiduel des détecteurs. Un appareil affichant un ROS de 1,00 n’est donc pas nécessairement plus précis qu’un modèle indiquant 1,05 !

Attention à la nature du signal

Ces circuits sont généralement caractérisés avec une porteuse sinusoïdale continue. Leur indication est relativement simple à interpréter en CW ou en FM à amplitude constante.

En SSB, en AM ou avec certains modes numériques, l’enveloppe varie rapidement. Le résultat dépend alors du temps de réponse, du filtrage et du moyennage appliqué. Il faut préciser si l’on souhaite afficher :

  • la puissance instantanée ;
  • la puissance moyenne ;
  • la puissance de crête ;
  • la puissance moyenne sur la durée d’une émission.

Un détecteur logarithmique n’est pas un véritable wattmètre RMS thermique. Il additionne également tout ce qu’il reçoit dans sa bande passante : signal utile, bruit, harmoniques et rayonnements parasites. Un filtrage peut donc être nécessaire.

AD8307 ou AD8318 : lequel choisir ?

Pour un wattmètre décamétrique, un mesureur QRP ou un appareil couvrant 1,8 à 144 MHz, l’AD8307 est généralement le meilleur choix. Il est sensible, économique, peu gourmand et relativement facile à mettre en œuvre.

Pour 432 MHz, 1,2 GHz, 2,4 GHz ou 5,8 GHz, l’AD8318 devient préférable. Il demande davantage de précautions de construction, mais permet de couvrir les bandes micro-ondes, notamment pour surveiller la puissance d’un amplificateur QO-100.

Dans les deux cas, le circuit intégré n’est qu’un maillon de la chaîne. La précision finale dépendra autant du coupleur, de l’atténuateur, de l’adaptation 50 Ω et de la calibration que du détecteur lui-même.

Pour aller plus loin

Radioamateurs en Europe : pourquoi la France reste-t-elle à la traîne ?

Banniere Radioamateurs en Europe : où en est la France ?

Lorsque l’on évoque le déclin du radioamateurisme, le Japon constitue un cas spectaculaire : le pays qui a vu naître Icom, Yaesu et Kenwood a perdu une grande partie de ses radioamateurs en quelques décennies. Mais qu’en est-il plus près de chez nous ?

La situation européenne est très contrastée. L’Allemagne et le Royaume-Uni conservent une communauté importante, tandis que la France reste étonnamment peu représentée compte tenu de sa population. Pourtant, les derniers chiffres français apportent une petite surprise : après une longue érosion, la courbe semble enfin se redresser.

En France, une histoire en trois périodes

Les statistiques françaises montrent d’abord une progression importante durant les dernières décennies du XXe siècle.

En 1986, l’administration comptabilisait 13 610 radioamateurs. Le nombre continue ensuite d’augmenter et approche les 20 000 opérateurs à la fin des années 1990.

Puis la tendance s’inverse.

Année Radioamateurs en France
1986 13 610
1998 ≈ 19 540
2000 ≈ 18 000
2005 ≈ 16 100
2008 ≈ 15 300
2010 ≈ 14 800–15 000
2013 ≈ 14 200
2015 ≈ 13 900
2016 ≈ 13 700
2024 15 266

Les séries anciennes présentent quelques différences selon que l’on compte les opérateurs, les licences ou certains indicatifs. La tendance générale est néanmoins très claire.

Une réponse officielle du gouvernement indiquait ainsi 13 610 radioamateurs en 1986 et 14 990 en 2010, tout en reconnaissant que leur nombre était historiquement faible par rapport aux pays européens comparables.

Les statistiques historiques compilées à partir des rapports de l’administration permettent de mieux voir le phénomène : environ 19 500 radioamateurs en 1998, 17 996 en 2000, 15 706 en 2006, 14 963 en 2009 et autour de 13 700 en 2016.

Autrement dit, la France aurait perdu près de 30 % de ses radioamateurs entre la fin des années 1990 et le milieu des années 2010.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Un petit retournement français

Le rapport 2024 de l’ANFR comptabilise 15 266 radioamateurs enregistrés, auxquels s’ajoutent 422 radioclubs actifs. Plus intéressant encore : 413 nouveaux radioamateurs ont été certifiés durant l’année.

Nous sommes donc revenus au niveau du début des années 2000, sans toutefois retrouver le sommet de la fin des années 1990.

Cela pourrait signaler un changement de tendance.

Les modes numériques, FT8, les SDR, les satellites, QO-100, le trafic portable, POTA, SOTA, les microcontrôleurs et les nombreux projets associant radio et informatique ont profondément renouvelé l’image du radioamateurisme.

Il serait donc prématuré d’annoncer sa disparition.

Mais la population française a augmenté

Comparer uniquement le nombre d’indicatifs peut cependant être trompeur.

La France comptait environ 60,5 millions d’habitants en 2000, contre 69,1 millions début 2026.

Il faut donc rapporter le nombre de radioamateurs à la population.

Vers 2000 :

18 000 / 60,5 millions ≈ 30 radioamateurs pour 100 000 habitants.

Avec 15 266 opérateurs et une population d’environ 69 millions :

≈ 22 radioamateurs pour 100 000 habitants.

Évolution des radioamateurs en France

Évolution du nombre de radioamateurs en France et de leur proportion dans la population entre 1998 et 2024.

La remontée récente est donc réelle en valeur absolue, mais la densité de radioamateurs reste nettement inférieure à celle d’il y a un quart de siècle.

Et surtout, elle est faible comparée à certains voisins.

Traversons le Rhin

L’Allemagne constitue probablement le contraste le plus intéressant.

Au 31 décembre 2025, elle comptait 61 105 licences personnelles de radioamateur : 51 155 en classe A, 9 133 en classe E et déjà 817 dans la nouvelle classe N destinée à faciliter l’entrée dans le hobby.

Avec 83,5 millions d’habitants fin 2025, cela représente environ :

73 radioamateurs pour 100 000 habitants.

Contre environ 22 en France.

À population comparable, l’Allemagne possède donc proportionnellement plus de trois fois plus de radioamateurs.

La création récente de la classe N est également intéressante. Elle constitue une licence d’entrée plus accessible permettant aux débutants de découvrir progressivement le radioamateurisme avant éventuellement d’accéder aux classes supérieures.

Le Royaume-Uni : plus de 100 000 licences

Le cas britannique est encore différent.

L’Ofcom indique qu’environ 100 000 licences radioamateurs sont actuellement délivrées au Royaume-Uni.

Avec environ 69,5 millions d’habitants en 2025, cela représente théoriquement près de 144 licences pour 100 000 habitants.

Attention cependant : une licence britannique n’est pas nécessairement équivalente statistiquement à un « radioamateur enregistré » français. C’est précisément pourquoi les comparaisons internationales doivent être considérées comme des ordres de grandeur plutôt que comme un classement au radioamateur près.

Le Royaume-Uni dispose surtout d’un système progressif très intéressant : Foundation, Intermediate et Full. Le débutant peut commencer avec des connaissances relativement accessibles, pratiquer réellement la radio, puis progresser.

En 2024, l’Ofcom a d’ailleurs modernisé les conditions d’utilisation et augmenté certaines puissances autorisées, notamment pour les titulaires de la Foundation Licence.

Espagne et Italie : encore deux modèles différents

L’Espagne compterait aujourd’hui de l’ordre de 30 000 licences radioamateurs, soit approximativement une soixantaine pour 100 000 habitants. Sa population dépassait 49,1 millions d’habitants début 2025.

L’Italie possède elle aussi une importante tradition radioamateur, même si les données publiques facilement comparables sont plus difficiles à homogénéiser. Le système italien repose sur une patente d’opérateur puis une autorisation générale de station, désormais valable dix ans moyennant une contribution forfaitaire.

Cette difficulté statistique nous rappelle une règle essentielle : ne jamais comparer directement des listes d’indicatifs sans vérifier ce qu’elles représentent.

Radioamateurs en Europe : comparaison 2024/2025

Densité de radioamateurs dans plusieurs pays européens : avec environ 22 opérateurs pour 100 000 habitants, la France reste loin derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Pourquoi la France compte-t-elle si peu de radioamateurs ?

La question n’est pas nouvelle.

En 2011, le gouvernement français reconnaissait déjà officiellement que le nombre de radioamateurs était « historiquement faible » par rapport aux pays européens de taille comparable. Il évoquait notamment un examen français relativement sélectif, dont le taux de réussite était alors voisin de 63 %, alors que certains pays européens dépassaient 90 %.

Mais l’examen n’explique probablement pas tout.

La culture associative, la présence des radioclubs, la promotion auprès des jeunes, les liens avec les écoles et universités, la possibilité de commencer avec une licence simplifiée et la visibilité du radioamateurisme dans la société jouent probablement un rôle considérable.

Le modèle allemand est particulièrement instructif : plutôt que d’exiger immédiatement du débutant l’ensemble des connaissances nécessaires à une licence complète, la nouvelle classe N crée une porte d’entrée.

Internet n’a finalement pas tué la radio

Voilà peut-être le résultat le plus intéressant de cette comparaison.

Il y a quinze ans, l’administration française expliquait notamment la diminution des effectifs par « l’attractivité des réseaux Internet et sociaux ».

L’analyse semblait logique à l’époque.

Mais aujourd’hui, Internet est partout… et pourtant de nouveaux radioamateurs continuent d’arriver.

Car la radio offre précisément ce qu’Internet ne propose pas : construire sa propre antenne, comprendre une propagation, décoder un signal venu d’un satellite, contacter une station à 10 000 km avec quelques watts, expérimenter un SDR, lancer un ballon, faire rebondir un signal sur la Lune ou simplement installer une station portable au milieu d’un parc.

Internet n’est même plus nécessairement le concurrent du radioamateurisme : il en est devenu l’un des principaux outils d’apprentissage et de partage.

La France peut-elle remonter la pente ?

Les 15 266 radioamateurs enregistrés en 2024 ne permettent pas encore de parler de renaissance. Mais ils montrent au moins que la longue descente observée entre la fin des années 1990 et les années 2010 n’est pas irréversible.

Et les expériences britannique et allemande posent une question intéressante.

Plutôt que de se demander continuellement « pourquoi les jeunes ne viennent-ils plus à la radio ? », ne faudrait-il pas se demander :

« Comment leur permettre de commencer facilement ? »

Une licence d’initiation, davantage d’activités pratiques dans les radioclubs, des projets Arduino et SDR, des satellites, du FT8, du POTA, de la construction d’antennes et une présence plus importante dans les établissements scolaires pourraient probablement faire davantage pour l’avenir du radioamateurisme qu’une nostalgie permanente de l’époque où les bandes étaient pleines.

Le radioamateurisme européen n’est donc pas mort.

Mais lorsqu’un pays de 69 millions d’habitants compte environ 15 000 radioamateurs tandis que son voisin allemand en compte plus de 61 000, la France a manifestement encore une belle marge de progression.

Pour aller plus loin

POTA côté Hunter : chassez les parcs sans quitter votre shack ! (8/13)

Banniere Hunters POTA

Dans notre précédent article, « POTA : où planter l’antenne sans planter l’activation ? », nous avons vu comment trouver un parc, vérifier ses limites et choisir un emplacement adapté pour installer notre station.

Cette fois, laissez le sac à dos, la batterie et le mât télescopique au placard !

Pour participer à POTA, il n’est absolument pas nécessaire de partir dans un parc. Vous pouvez rester confortablement installé devant votre transceiver et partir à la chasse aux Activators du monde entier.

Bienvenue de l’autre côté du pile-up : vous êtes maintenant Hunter POTA !

Hunter POTA : aucune expédition nécessaire !

Le principe est extrêmement simple.

L’Activator émet depuis une référence POTA. Le Hunter, lui, cherche et contacte cet Activator.

Et contrairement à l’Activator, le Hunter n’a pas besoin de se trouver dans un parc POTA.

Maison, radio-club ou autre emplacement depuis lequel vous êtes autorisé à émettre : peu importe. Il suffit d’établir le contact avec la station activant le parc.

Pas de batterie à porter, pas de mât à monter et aucune inquiétude concernant la pluie…

Enfin une discipline sportive adaptée au fauteuil du shack !

Où se cachent les Activators ?

Direction le site Parks on the Air, dans la rubrique consacrée aux spots.

Vous y trouverez les Activators actuellement signalés avec notamment leur indicatif, la référence du parc, la fréquence, le mode et l’heure du spot.

Par exemple :

F4XXX — F-1234 — 14,260 MHz — SSB

Voilà notre cible !

Il suffit de régler le transceiver sur 14,260 MHz et surtout…

d’écouter.

Un spot indique qu’une station a été signalée sur cette fréquence, mais celle-ci peut avoir changé de fréquence, terminé son activation ou être momentanément inaudible chez vous.

La première règle du Hunter est donc exactement la même que partout ailleurs en radio :

écouter avant d’émettre.

POTA : Trouver un Activator en 30 secondes

Trouver un Activator POTA en quelques secondes : la liste des spots indique l’indicatif de l’Activator, la référence du parc, sa fréquence, son mode et l’heure du dernier signalement. Choisissez une station, réglez votre transceiver sur sa fréquence et surtout écoutez avant d’appeler : un spot peut dater de quelques minutes et l’Activator peut avoir changé de fréquence ou être passé QRT.

Notre premier QSO Hunter

Nous entendons :

« CQ POTA, CQ POTA, F4XXX depuis F-1234… »

Pas besoin de discours compliqué.

Lorsque l’Activator termine son appel, donnez simplement votre indicatif :

« F5KEE »

S’il vous reprend :

« F5KEE, vous êtes 59 »

répondez avec son report :

« Merci, vous êtes également 59. 73 ! »

Et voilà.

Votre premier parc est chassé !

Selon les opérateurs et les conditions, l’échange peut évidemment être un peu plus détaillé. Certains donnent systématiquement leur référence de parc, d’autres la répètent périodiquement.

Le principe reste cependant celui d’un QSO radioamateur normal.

POTA : Votre premier QSO Hunter

Votre premier QSO Hunter POTA : repérez un Activator dans la liste des spots, écoutez sa fréquence puis donnez clairement votre indicatif lorsqu’il appelle. Après l’échange des reports, conservez le QSO dans votre propre log. Le crédit POTA apparaîtra lorsque l’Activator aura envoyé et fait traiter son fichier ADIF : le Hunter n’a aucun log à transmettre à POTA.

Au secours, tout le monde appelle !

Vous venez malheureusement de choisir un Activator très recherché.

Dix indicatifs arrivent simultanément.

Bienvenue dans le pile-up POTA.

La tentation consiste à répéter son indicatif cinq fois avec encore davantage de puissance.

Mauvaise stratégie.

Écoutez plutôt comment travaille l’Activator.

S’il annonce :

« La station F4 seulement… »

et que votre indicatif commence par F5, n’appelez pas.

S’il reprend :

« Station avec Kilo November ? »

laissez répondre la station concernée.

En revanche, si vous reconnaissez une partie de votre propre indicatif, répondez clairement avec votre call complet.

Un pile-up bien géré fonctionne parce que l’Activator dirige le trafic et les Hunters écoutent ses instructions.

POTA : Dans un pile-up : soyez celui qu'on entend !

Dans un pile-up POTA, soyez celui qu’on entend ! Écoutez les consignes de l’Activator, donnez votre indicatif une seule fois, clairement et au bon moment, puis attendez qu’il vous reprenne. Répéter son call sans arrêt ou augmenter inutilement la puissance ne fait souvent qu’ajouter du QRM : en pile-up, l’écoute et la discipline sont les meilleures alliées du Hunter.

Faut-il envoyer notre log à POTA ?

Voilà une particularité importante du programme :

non.

Les Hunters n’envoient pas leurs logs à POTA pour obtenir leurs crédits.

C’est le fichier transmis par l’Activator qui permet au système d’enregistrer les contacts des Hunters.

Cela explique pourquoi, dans notre article précédent consacré à l’ADIF, nous insistions sur un point : même une activation comportant moins de dix QSO doit être envoyée à POTA.

Les Hunters contactés attendent leurs crédits !

Cela ne vous empêche évidemment pas d’enregistrer vos contacts dans votre logiciel habituel. C’est même recommandé pour conserver votre propre historique, envoyer une QSL ou alimenter d’autres services de log.

Mon QSO n’apparaît pas !

Vous venez de contacter un superbe parc à l’autre bout de l’Europe.

Vous ouvrez immédiatement votre compte POTA…

Rien.

Pas de panique.

Le QSO ne peut apparaître qu’après le traitement du log envoyé par l’Activator.

Celui-ci est peut-être encore dans son parc, en train de démonter son dipôle, de rentrer chez lui ou simplement de boire le café qu’il avait oublié pendant son pile-up.

Il peut donc s’écouler un certain temps avant que le contact apparaisse dans vos statistiques.

Si le QSO n’est toujours pas présent après l’envoi du log, une erreur d’indicatif est également possible.

D’où l’intérêt de toujours donner son call clairement et complètement.

Et maintenant… collectionnons les parcs !

Un premier parc en appelle rapidement un deuxième.

Puis un troisième.

Votre tableau de bord POTA commence alors à enregistrer vos activités de Hunter et votre progression.

POTA propose différents awards, qui permettent de transformer la chasse en véritable jeu de collection.

Vous pouvez ainsi chercher à contacter de nouvelles références, multiplier les parcs, travailler différentes zones ou poursuivre certains objectifs particuliers proposés par le programme.

Et contrairement aux diplômes traditionnels nécessitant parfois l’envoi de cartes QSL ou de justificatifs, le système POTA s’appuie directement sur les QSO enregistrés dans sa base.

Petit à petit, la carte se remplit.

Hunter aujourd’hui, Activator demain

Chasser les parcs constitue d’ailleurs un excellent entraînement avant une première activation.

Après quelques dizaines de contacts, vous aurez entendu différentes façons de lancer CQ, de gérer un pile-up, de donner une référence, de demander plusieurs fois un indicatif difficile ou d’annoncer un changement de fréquence.

Vous découvrirez également les petites habitudes qui facilitent énormément la vie de l’Activator.

Un Hunter qui donne son indicatif une seule fois, lentement et clairement est souvent beaucoup plus facile à sortir du bruit qu’une station qui le répète trois fois à toute vitesse.

Lorsque vous passerez vous-même derrière le micro dans un parc, ces expériences deviendront très utiles.

Et si le Hunter est lui-même dans un parc ?

Alors les choses deviennent encore plus intéressantes.

Supposons que vous activiez F-1234 et entendiez un opérateur activant F-5678.

Vous le contactez.

Vous êtes tous les deux Activators et chacun est également Hunter de l’autre parc.

C’est un Park-to-Park, ou P2P.

N’oubliez alors surtout pas d’échanger et de noter les références des deux parcs. Comme nous l’avons vu dans notre article consacré au fichier ADIF, cette information permettra d’identifier correctement le contact P2P.

Un seul QSO peut donc participer simultanément à votre activation, à celle de votre correspondant et à vos statistiques Park-to-Park.

Peut-on chasser sans la liste des spots ?

Bien sûr !

POTA existait dans nos radios avant d’exister sur nos écrans.

Rien ne vous empêche de parcourir les bandes à la recherche d’un :

« CQ POTA… »

Vous pouvez également tomber sur une activation par hasard pendant un QSO ordinaire.

En CW et dans certains modes numériques, des réseaux automatiques comme le Reverse Beacon Network peuvent également aider à repérer l’activité de certaines stations.

Mais la page des spots POTA reste évidemment le moyen le plus simple pour commencer.

Le meilleur équipement du Hunter ?

On pourrait répondre :

une beam, un amplificateur et un superbe SDR.

Mais avant tout cela, il existe un équipement beaucoup moins coûteux :

de bonnes oreilles.

Écoutez l’Activator, respectez son rythme, attendez qu’il termine le QSO précédent et donnez clairement votre indicatif.

Vous augmenterez vos chances d’être entendu tout en facilitant la vie de l’opérateur situé dans le parc.

Et lorsque la propagation est bonne, quelques minutes devant la liste des spots peuvent rapidement vous faire voyager de parc en parc…

sans même avoir besoin de mettre vos chaussures de randonnée !

Pour aller plus loin