Bienvenue sur le Site du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon (91 – Essonne)!

Chers(es) visiteurs(ses) et passionnés(es) de radio et de sciences,

Le Radio-Club F5KEE vous accueille à la Maison des Associations de Viry-Châtillon, au cœur de l’Essonne. Dans ce lieu ouvert et convivial, nous réunissons toutes celles et ceux qui partagent la curiosité des sciences, des techniques et des communications sans fil.

Le radioamateurisme, c’est bien plus qu’un simple hobby :
c’est une passion universelle, où l’on apprend à dialoguer avec le monde entier, à construire ses propres antennes et équipements, à explorer la propagation des ondes, mais aussi à découvrir les technologies numériques et les satellites.

À qui s’adresse le radio-club ?

Le F5KEE s’adresse à tous les publics :

  • les curieux qui veulent découvrir ce qu’est la radio et comment on peut communiquer sans Internet,

  • les jeunes et étudiants attirés par la technique, l’électronique ou l’aéronautique,

  • les futurs radioamateurs qui souhaitent préparer la licence,

  • les opérateurs confirmés qui veulent partager leurs expériences, expérimenter ou participer à des contests,

  • et plus largement, toute personne désireuse d’apprendre, de pratiquer et d’échanger dans un cadre associatif.

Que fait-on au F5KEE ?

Nos activités sont variées et adaptées à tous les niveaux :

  • Découverte et formation : initiation aux bases de la radio, aide à la préparation de la licence radioamateur ( voir : nos formations )

  • Pratique du trafic : contacts en phonie, en CW (morse), en modes numériques (FT8, …), via satellites ou encore à travers le monde en HF.

  • Expérimentations techniques : réalisation et essais d’antennes, utilisation du SDR, projets autour de l’Arduino ou d’interfaces numériques.

  • Activités collectives : organisation de démonstrations publiques, projets éducatifs en lien avec les écoles ou évènements internationaux (ARISS, QO-100, etc.).

  • Vie de club : échanges, entraide, convivialité et partage de connaissances dans une ambiance amicale.

Pourquoi nous rejoindre ?

Adhérer au Radio-Club F5KEE, c’est rejoindre une communauté dynamique et passionnée, c’est apprendre en pratiquant, c’est aussi trouver un lieu où la curiosité technique et la convivialité se conjuguent au quotidien.

C’est également l’occasion d’acquérir des bases solides en électricité et en électronique, compétences précieuses pour comprendre le fonctionnement des équipements mais aussi pour, pourquoi pas, préparer un futur métier dans les domaines techniques, scientifiques ou industriels.

Que vous soyez simple curieux, débutant ou opérateur chevronné, poussez la porte de la Maison des Associations de Viry-Châtillon : F5KEE vous accueille et vous invite à découvrir le monde fascinant du radioamateurisme.

L’équipe du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon

Quand on supprima la moitié du signal : l’arrivée de la BLU !

L'arrivee de la BLU

Dans notre précédent article, « Quand les postes se mirent à parler ! », nous avons vu comment la modulation d’amplitude avait permis à la radio de transporter la voix.

Mais l’AM avait un petit défaut…

Elle transmettait beaucoup de choses pour finalement transporter assez peu d’informations !

Une puissante porteuse au centre, une bande latérale en dessous, une autre au-dessus… et ces deux bandes latérales contenaient essentiellement la même information.

Alors pourquoi tout transmettre ?

Les ingénieurs allaient progressivement apporter une réponse aussi élégante que radicale :

supprimons ce qui est inutile !

La BLU — bande latérale unique, ou SSB (Single Sideband) — était en route.

Le problème caché de l’AM

Reprenons une émission AM classique.

Si nous observons son signal sur un analyseur de spectre, nous trouvons :

Bande latérale inférieure | PORTEUSE | Bande latérale supérieure

ou, en anglais :

LSB | CARRIER | USB

Si notre voix contient des fréquences allant jusqu’à 3 kHz, le signal AM occupe environ :

2 × 3 kHz = 6 kHz.

Mais ce n’est pas tout.

La porteuse consomme une partie importante de la puissance de l’émetteur alors qu’elle ne transporte pas directement l’information audio.

Plus étonnant encore : chacune des deux bandes latérales permet de retrouver l’information transmise.

On envoie donc deux fois le message, accompagné d’une porteuse !

D’un point de vue énergétique et spectral, il y avait certainement moyen de faire mieux.

1915 : Carson et l’idée de la bande latérale unique

L’histoire de la BLU est beaucoup plus ancienne que les transceivers amateurs que nous connaissons.

Dès les années 1910, les ingénieurs travaillent sur la possibilité de supprimer une partie du spectre d’un signal modulé.

L’Américain John Renshaw Carson, ingénieur chez AT&T, joue un rôle majeur dans la formalisation de la transmission à bande latérale unique. Une demande de brevet est déposée en 1915.

L’idée fondamentale est déjà là :

pourquoi transmettre deux bandes latérales lorsque l’une d’elles suffit ?

Mais entre comprendre le principe et construire un équipement capable de l’exploiter correctement, il reste un monde.

Années 1920 : la BLU sort du laboratoire

Les communications téléphoniques à grande distance constituent un excellent terrain d’application.

Sur ces liaisons coûteuses, économiser de la puissance et surtout de la largeur de bande représente un avantage considérable.

AT&T développe ainsi des systèmes utilisant la bande latérale unique pour ses communications à longue distance.

En 1927, lorsque le service radiotéléphonique commercial transatlantique entre New York et Londres entre dans l’histoire des télécommunications, la BLU est déjà utilisée dans les systèmes de téléphonie transocéanique.

Autrement dit, la BLU existait dans les télécommunications professionnelles près de trente ans avant sa véritable démocratisation chez les radioamateurs.

Pourquoi les radioamateurs ne l’adoptent-ils pas immédiatement ?

Parce que produire un bon signal BLU dans les années 1920 ou 1930 n’est pas simple.

Il faut supprimer efficacement la porteuse, éliminer l’une des deux bandes latérales et disposer d’oscillateurs suffisamment stables.

Le récepteur doit également être capable de reconstituer correctement la porteuse manquante.

Tout cela est beaucoup plus compliqué qu’un émetteur AM classique.

Et puis, les bandes amateurs ne connaissent pas encore l’encombrement qu’elles connaîtront après la Seconde Guerre mondiale.

Pourquoi compliquer une station qui fonctionne déjà très bien ?

Années 1930 : quelques amateurs tentent l’expérience

Certains expérimentateurs s’intéressent néanmoins à cette nouvelle technique.

Dans les années 1930, des articles et expériences consacrés à la SSB apparaissent dans la littérature radioamateur américaine.

Mais cela reste une affaire de spécialistes.

L’AM domine largement la téléphonie amateur.

Pour entendre véritablement la BLU sur les bandes amateurs, il faudra attendre l’après-guerre.

1948 : la BLU revient dans les shacks

La Seconde Guerre mondiale a provoqué des progrès considérables en électronique.

Les oscillateurs sont devenus plus stables, les récepteurs plus performants et de nouvelles techniques de filtrage sont disponibles.

En janvier 1948, le magazine américain QST consacre sa couverture et plusieurs articles à la SSSC — Single Sideband Suppressed Carrier.

Quelques mois plus tard, en juillet 1948, débute même une chronique régulière consacrée à la BLU.

La révolution commence réellement chez les amateurs.

Mais elle ne fait pas l’unanimité !

Certains opérateurs AM considèrent ces nouvelles émissions comme une curiosité produisant des voix étranges.

Le fameux son « Donald Duck » de la BLU mal accordée devient même un argument pour ses détracteurs.

Coupons maintenant notre émission AM !

Pour comprendre la BLU, prenons notre signal AM et retirons progressivement ce qui n’est pas indispensable.

Au départ :

LSB | PORTEUSE | USB

Première étape : supprimons la porteuse

Nous obtenons :

LSB | …….. | USB

C’est ce que l’on appelle une modulation DSB-SC :

Double Side Band – Suppressed Carrier.

Les deux bandes latérales sont toujours présentes, mais la porteuse a disparu.

Nous avons déjà économisé beaucoup de puissance.

Mais nous pouvons aller encore plus loin.

Deuxième étape : supprimons une bande latérale

Gardons par exemple uniquement :

USB

Et voilà !

Nous venons de créer un signal SSB, ou BLU.

Nous aurions tout aussi bien pu conserver :

LSB

Dans les deux cas, l’information audio nécessaire est toujours présente.

C’est là toute l’élégance de la BLU.

De l’AM à la BLU : comprendre le spectre

De l’AM à la BLU : supprimer la porteuse et une bande latérale permet de transmettre la même information avec moins de spectre.

Deux fois moins de largeur de bande

Prenons une voix dont le spectre utile monte à environ 3 kHz.

En AM, il faut approximativement :

6 kHz

puisque nous transmettons deux bandes latérales.

En BLU, une seule suffit :

environ 3 kHz.

Dans les équipements radioamateurs réels, les filtres de phonie SSB sont souvent encore un peu plus étroits, typiquement autour de 2,4 à 2,8 kHz.

On peut donc installer davantage de communications dans une même portion du spectre.

C’est précisément l’un des avantages qui rendra la BLU si attractive lorsque les bandes amateurs deviendront de plus en plus fréquentées.

Et la puissance ?

Voilà un sujet qui provoque parfois des comparaisons trompeuses.

On entend par exemple :

« 100 W en BLU correspondent à 400 W en AM. »

Ce raccourci n’est pas rigoureusement correct sans préciser ce que l’on compare.

Ce qui est certain, c’est qu’en AM une part importante de la puissance est consacrée à la porteuse et que la puissance utile est répartie entre deux bandes latérales.

En BLU, pas de porteuse permanente et une seule bande latérale.

La puissance émise est donc beaucoup mieux consacrée à l’information que nous voulons transmettre.

C’est l’une des raisons pour lesquelles la BLU s’est révélée particulièrement efficace pour les communications HF à longue distance. Elle réduit également fortement la largeur de bande nécessaire par rapport à l’AM conventionnelle.

USB ou LSB ?

Puisque nous ne conservons qu’une bande latérale, laquelle choisir ?

Deux possibilités existent :

USB — Upper Side Band
Bande latérale supérieure.

LSB — Lower Side Band
Bande latérale inférieure.

Techniquement, les deux permettent exactement de transmettre la parole.

Chez les radioamateurs, des conventions d’exploitation se sont progressivement installées.

On rencontre traditionnellement davantage :

LSB sur 160, 80 et 40 mètres,
USB sur 20 mètres et les bandes supérieures.

Ce n’est pas une propriété physique de ces bandes : il s’agit essentiellement d’une convention historique.

Dans les entrailles d’un émetteur BLU

Du microphone à l’antenne : les principales étapes de génération d’un signal BLU.

Pourquoi cette voix de Donald Duck ?

Voilà probablement l’expérience que tout radioamateur a faite un jour.

Placez un récepteur en SSB légèrement à côté de la fréquence d’un correspondant.

Sa voix devient trop grave…

ou trop aiguë.

Pourquoi ?

Parce que l’émetteur BLU ne transmet plus la porteuse.

Le récepteur doit donc la recréer localement à l’aide d’un oscillateur — historiquement le BFO, Beat Frequency Oscillator.

Si cette porteuse recréée n’est pas exactement au bon endroit, toutes les fréquences audio récupérées sont décalées.

Une voix humaine peut alors prendre cette sonorité artificielle caractéristique.

Sur les anciens équipements, trouver le réglage exact pouvait demander une certaine habitude.

Aujourd’hui, la stabilité des synthétiseurs numériques rend l’opération presque transparente.

Pourquoi entend-on Donald Duck en BLU ?

En BLU, un léger décalage d’accord suffit à rendre la voix trop grave ou trop aiguë.

1953 : plus de 300 stations SSB américaines

Au début des années 1950, le mouvement accélère.

En avril 1953, QST recense déjà plus de 300 stations SSB actives aux États-Unis et rapporte également un premier QSO transatlantique bidirectionnel en SSB sur 75 mètres.

La BLU n’est plus une expérience de laboratoire.

Elle fonctionne réellement sur les bandes amateurs.

En décembre 1954, l’ARRL publie la première édition de son ouvrage Single Sideband for the Radio Amateur.

Le message est clair : la SSB est désormais devenue une technique amateur à part entière.

1955 : Collins mise sur la BLU

Un industriel va jouer un rôle particulièrement important dans cette transition : Collins Radio.

Son fondateur, Arthur Collins, W0CXX, est lui-même radioamateur.

En 1955, Collins réoriente fortement sa gamme vers les équipements SSB.

Les progrès des filtres mécaniques permettent d’obtenir une sélection beaucoup plus efficace de la bande latérale souhaitée.

Les équipements restent coûteux, mais ils démontrent qu’une station BLU peut être stable, performante et réellement utilisable au quotidien.

1956 : la BLU monte à bord des bombardiers

L’histoire réserve alors un épisode étonnant où les radioamateurs vont influencer les communications militaires.

Le général américain Curtis LeMay, lui-même radioamateur, connaît les performances obtenues par les amateurs en SSB.

En 1956, deux vols d’essai sont organisés depuis le quartier général du Strategic Air Command, l’un vers le Groenland et l’autre vers Okinawa.

Des équipements SSB amateurs sont utilisés à bord et des contacts radioamateurs sont réalisés pendant les vols.

Parmi les participants figurent notamment Art Collins, W0CXX, et Leo Meyerson, W0GFQ.

Les performances convainquent le Strategic Air Command, qui adopte ensuite la SSB pour les communications HF de ses nouveaux bombardiers B-52.

La technique expérimentée par quelques amateurs quelques années auparavant entre ainsi dans un système de communication stratégique.

1957 : le transceiver BLU arrive

En mai 1957, Collins présente le KWM-1.

Cette fois, émetteur et récepteur sont réunis dans un véritable transceiver SSB relativement compact.

C’est une évolution considérable par rapport aux stations constituées de multiples appareils séparés.

La révolution du transceiver amateur moderne commence à prendre forme.

Années 1960 : la BLU détrône progressivement l’AM

La transition n’est cependant pas instantanée.

Les amateurs attachés à l’AM défendent sa qualité audio et la simplicité de son utilisation.

Les partisans de la SSB répondent :

moins de bande passante, moins de puissance gaspillée et davantage d’efficacité pour le DX.

Le débat devient parfois animé !

Encore en 1963, les courriers publiés dans QST témoignent de l’opposition entre défenseurs de l’AM et partisans de la nouvelle SSB.

Mais techniquement, la tendance est désormais difficile à inverser.

Durant les années 1960, la BLU devient progressivement le mode dominant pour la phonie HF amateur.

L’AM ne disparaît pas pour autant et conserve encore aujourd’hui ses passionnés.

La BLU aujourd’hui

Regardez maintenant la façade d’un transceiver amateur moderne.

Vous y trouverez presque toujours :

LSB – USB – CW – AM – FM

Plus d’un siècle après les premiers travaux sur la bande latérale unique, le principe reste donc au cœur des communications HF.

Bien sûr, nos radios actuelles utilisent des synthétiseurs numériques, des DSP, des filtres logiciels et parfois une architecture entièrement SDR.

Mais lorsque nous appuyons sur USB ou LSB, nous exploitons toujours cette idée née au début du XXᵉ siècle :

ne transmettre que ce qui est réellement nécessaire.

Quelques dates à retenir

1915 — John Renshaw Carson dépose une demande de brevet concernant la transmission à bande latérale unique.

Années 1920 — La SSB commence à être employée dans les télécommunications à grande distance.

1927 — La BLU est utilisée dans les communications radiotéléphoniques transatlantiques commerciales.

Années 1930 — Premières expérimentations radioamateurs, encore très marginales.

1948QST consacre plusieurs articles à la SSB et lance une chronique régulière sur ce nouveau mode.

1953 — Plus de 300 stations SSB sont recensées aux États-Unis.

1954 — Publication de Single Sideband for the Radio Amateur par l’ARRL.

1955 — Collins Radio s’engage fortement dans le développement d’équipements SSB.

1956 — Des essais en vol démontrent l’efficacité de la BLU pour les communications HF du Strategic Air Command.

1957 — Apparition du Collins KWM-1, étape importante vers le transceiver SSB moderne.

Années 1960 — La BLU devient progressivement le mode principal de téléphonie HF chez les radioamateurs.

Aujourd’hui — USB et LSB restent incontournables sur les bandes décamétriques.

Faire mieux avec moins

L’histoire de la BLU résume finalement assez bien toute l’histoire des radiocommunications.

Au commencement, on cherche simplement à faire fonctionner quelque chose.

Puis on cherche à le rendre plus efficace.

Avec l’AM, nous avions réussi à faire voyager la voix dans l’éther.

Avec la BLU, les ingénieurs se sont demandé s’il était vraiment nécessaire de transporter une puissante porteuse et deux exemplaires de la même information.

Ils ont supprimé la porteuse.

Puis une bande latérale.

Et la voix était toujours là !

Moins de spectre, moins de puissance gaspillée… mais toujours le même message à l’arrivée.

La radio venait d’apprendre une leçon qui allait guider toute son évolution future :

pour aller plus loin, il n’est pas toujours nécessaire d’en envoyer davantage. Parfois, il suffit d’en envoyer moins… mais mieux.

Le shack va-t-il disparaître dans une seule boîte ? Du SDR au PA 500 W intégré

Le shack radio dans une seule boîte

Il fut un temps où une station HF un peu ambitieuse ressemblait rapidement à une petite centrale technique : transceiver, alimentation 13,8 V, amplificateur, boîte d’accord, wattmètre, interfaces diverses et, plus récemment, ordinateur. Avec l’Aurora AU-510, FlexRadio pousse très loin la tendance inverse : faire entrer presque toute la station dans une seule boîte.

Un SDR… mais de 500 W !

À première vue, l’Aurora AU-510 appartient à la famille désormais bien connue des transceivers SDR. Mais sa particularité est ailleurs : l’amplificateur de puissance fait partie intégrante du poste.

L’appareil délivre de 1 à 500 W PEP sur les bandes HF de 160 à 10 mètres, et jusqu’à 200 W sur 6 mètres. Il couvre en réception de 30 kHz à 54 MHz et repose sur un échantillonnage direct 16 bits à 122,88 Méch/s. L’AU-510 dispose de deux récepteurs indépendants et de deux panadapters.

Autrement dit, nous ne sommes plus vraiment devant un transceiver auquel on aurait simplement ajouté un gros PA : l’ensemble a été conçu comme une station intégrée de 500 W.

Comment faire entrer 500 W dans une si petite boîte ?

C’est probablement l’innovation la plus intéressante de l’Aurora.

Un amplificateur HF linéaire classique transforme une part importante de l’énergie consommée en chaleur. Il faut donc une alimentation conséquente, des transistors correctement refroidis, un imposant dissipateur et parfois une ventilation énergique.

FlexRadio annonce pour l’Aurora un rendement nominal voisin de 80 %. Cette performance repose notamment sur une architecture à modulation polaire et une amplification en commutation de classe D. Le signal est traité en séparant ses informations d’enveloppe (amplitude) et de phase, avant leur utilisation par l’étage d’émission.

Moins d’énergie perdue signifie beaucoup moins de chaleur à évacuer. C’est précisément ce qui permet de loger le PA de 500 W dans un volume qui aurait autrefois été largement occupé par le seul amplificateur.

FlexRadio Aurora AU-510 au shack radioL’Aurora AU-510, vue trois-quarts montrant la compacité de l’appareil

L’alimentation et le coupleur sont également dedans

L’intégration ne s’arrête pas au PA. L’AU-510 contient son alimentation secteur 80 à 264 V AC. Plus besoin d’une alimentation 13,8 ou 50 V externe posée sous la table.

Même chose pour l’adaptation d’antenne : un coupleur automatique supportant les 500 W est intégré et peut adapter un ROS allant jusqu’à environ 3:1.

Il suffit donc, dans une configuration simple, d’apporter le secteur, le réseau et l’antenne.

Et les boutons ?

Sur l’AU-510, ils ont pratiquement disparu avec la façade traditionnelle ! L’exploitation passe par SmartSDR, depuis un ordinateur ou un contrôleur Maestro, et les fonctions SmartLink permettent également l’exploitation distante.

L’Aurora intègre aussi SmartSignal, le système de prédistorsion adaptative de FlexRadio. Le principe consiste à connaître les défauts introduits par l’étage de puissance afin de les compenser en amont et d’améliorer la propreté spectrale du signal transmis.

Station SDR Aurora dans un shack radio

L’Aurora AU-510 et SmartSDR : une station HF de 500 W où matériel et logiciel ne font plus qu’un.

Le shack devient presque un réseau informatique

C’est peut-être là que se trouve la véritable révolution. Le radioamateur n’a même plus besoin d’être assis devant son émetteur.

La radio peut être installée dans un local technique, voire sur un site distant, tandis que l’opérateur retrouve devant lui écran, clavier, souris ou contrôleur. L’Aurora reprend pour cela les possibilités d’exploitation distante de la famille FLEX-8000.

Le shack traditionnel :

transceiver → PA → coupleur → long coaxial → antenne

peut progressivement devenir :

opérateur → réseau → station intégrée → antenne.

Alors, la fin du shack ?

Pas tout à fait ! Antennes, commutations, accessoires et ordinateur ne vont évidemment pas s’évaporer. Et cette intégration possède une contrepartie : lorsqu’une seule boîte concentre le SDR, le PA, l’alimentation et le coupleur, une panne peut immobiliser une grande partie de la station.

Mais la direction prise est fascinante. Après avoir fait entrer les filtres, le récepteur, le spectre, le waterfall et une partie des instruments de mesure dans le logiciel, le SDR est maintenant en train d’avaler l’amplificateur, le coupleur et l’alimentation.

Avec l’Aurora AU-510, le shack ne disparaît donc pas encore. Mais quelques-unes de ses boîtes, assurément !

Pour aller plus loin

L’Aurora AU-510 introduit plusieurs technologies qui méritent d’être explorées au-delà de cette présentation. Le site de FlexRadio propose une présentation complète de la gamme Aurora ainsi qu’une fiche détaillée de l’Aurora AU-510. Pour comparer les différentes versions, notamment les AU-510, AU-510M, AU-520 et AU-520M, consultez le tableau comparatif officiel Aurora. Enfin, la FAQ technique FlexRadio permet d’approfondir des sujets particulièrement intéressants pour le radioamateur, comme le rendement de l’émetteur, la modulation polaire, SmartSignal, SmartSDR et le fonctionnement à distance. Ces documents permettent de mieux comprendre pourquoi l’Aurora représente davantage qu’un simple transceiver de forte puissance : c’est une nouvelle manière d’envisager l’architecture complète d’une station HF.

Si5351 : le petit circuit à quelques euros qui a révolutionné les VFO radioamateurs

Banniere Si5351

Lorsqu’on construit un récepteur ou un émetteur HF, une question arrive très rapidement : comment produire une fréquence stable et facilement réglable ?

Pendant longtemps, la réponse était le VFO analogique : bobine, condensateur variable, transistor oscillateur et beaucoup de précautions pour éviter que la fréquence ne dérive avec la température. Puis sont arrivés les synthétiseurs numériques et les DDS.

Aujourd’hui, un minuscule circuit à quelques euros est devenu extrêmement populaire dans les montages radioamateurs : le Si5351.

Associé à un Arduino, un ESP32 ou un RP2040, il permet de construire très simplement un VFO numérique couvrant une bonne partie du spectre utilisé par nos montages.

Le Si5351, c’est quoi exactement ?

Le Si5351 est avant tout un générateur d’horloges programmable par I²C. À l’origine, il n’a d’ailleurs pas été conçu spécifiquement pour la radio.

Son rôle est de remplacer plusieurs quartz, oscillateurs et circuits PLL par un seul composant programmable. Selon les versions, il peut disposer de plusieurs sorties indépendantes. Le petit Si5351A à trois sorties CLK0, CLK1 et CLK2 est celui que l’on rencontre le plus souvent sur les modules destinés aux Arduino.

À partir d’un quartz, généralement de 25 ou 27 MHz, le circuit peut synthétiser de très nombreuses fréquences. Les versions récentes du composant sont spécifiées jusqu’à 200 MHz, même si, pour nos applications radioamateurs, il est souvent préférable de rester bien en dessous de cette limite.

le module et ses connexions

Le Si5351A se pilote simplement en I²C et offre trois sorties de fréquence programmables.

Non, le Si5351 n’est pas un DDS !

C’est une confusion fréquente.

Un AD9850, AD9851 ou AD9833 est un DDS – Direct Digital Synthesizer. Le Si5351 utilise une architecture différente basée sur des PLL et des diviseurs MultiSynth.

On peut simplifier son fonctionnement ainsi :

Quartz → PLL → MultiSynth → diviseur → sortie CLK

e fonctionnement interne PLL/MultiSynth

Architecture simplifiée du Si5351 : le quartz alimente les PLL, puis les MultiSynth génèrent les trois fréquences de sortie.

Le quartz fournit la référence. Une PLL génère une fréquence interne élevée, puis les circuits MultiSynth effectuent les divisions nécessaires pour obtenir la fréquence demandée.

Le Si5351 possède notamment deux PLL internes, PLLA et PLLB. Les rapports de multiplication et de division peuvent être fractionnaires, ce qui autorise un choix extrêmement fin des fréquences de sortie.

Les divisions entières sont néanmoins intéressantes lorsque cela est possible, notamment pour réduire le jitter ; la documentation de la bibliothèque Adafruit recommande d’ailleurs de privilégier les valeurs entières lorsque l’application le permet.

Trois sorties qui changent beaucoup de choses

C’est probablement ce qui explique une partie du succès du Si5351 chez les radioamateurs.

Imaginons un petit transceiver HF.

Nous pourrions utiliser :

CLK0 → VFO
CLK1 → BFO
CLK2 → second oscillateur local

Le microcontrôleur peut alors modifier ces fréquences par logiciel.

Ajoutons un encodeur rotatif, quelques boutons et un petit écran OLED : nous obtenons déjà les bases d’un VFO moderne avec pas de 10 Hz, 100 Hz ou 1 kHz, mémoires, RIT, décalage de fréquence intermédiaire, changement de bande, etc.

Et tout cela sans modifier la partie HF du montage.

Attention : ce n’est pas une belle sinusoïde

Il faut cependant éviter un piège.

Les sorties du Si5351 sont des signaux numériques proches du carré, et non les belles sinusoïdes que l’on pourrait attendre d’un générateur RF de laboratoire.

Or un signal carré contient de nombreuses harmoniques impaires :

fondamentale + 3e harmonique + 5e + 7e…

comparaison entre signal carré brut et spectre harmonique

Le signal carré du Si5351 contient de nombreuses harmoniques : un filtrage permet d’obtenir un signal RF beaucoup plus propre.

Un signal produit à 7 MHz possède donc également des composantes à 21, 35 MHz, etc.

Cela n’empêche absolument pas d’utiliser le Si5351 comme oscillateur local pour attaquer certains mélangeurs numériques ou logiques. En revanche, si son signal doit être utilisé dans une chaîne d’émission, filtrage et adaptation deviennent indispensables.

Le niveau de sortie peut également être programmé. Les bibliothèques courantes proposent quatre valeurs de courant : 2, 4, 6 ou 8 mA.

Et la précision ?

Le Si5351 ne peut évidemment pas être plus précis que sa référence.

Si notre quartz possède une erreur de 10 ppm, à 28 MHz cela représente :

28 000 000 × 10 / 1 000 000 = 280 Hz

Pas vraiment négligeable !

Heureusement, il est possible de calibrer le Si5351 par logiciel. Une méthode courante consiste à générer par exemple 10 MHz, mesurer précisément la fréquence obtenue puis introduire un facteur de correction dans le programme. La bibliothèque Etherkit prévoit directement cette possibilité.

Pour obtenir une meilleure stabilité thermique, on trouve également des modules utilisant un TCXO plutôt qu’un simple quartz.

C’est particulièrement intéressant pour les modes numériques et les montages nécessitant une excellente stabilité.

Arduino + Si5351 : un couple presque idéal

Le pilotage est particulièrement simple puisque le Si5351 communique en I²C. Il suffit donc essentiellement de SDA et SCL entre le microcontrôleur et le module.

Des bibliothèques existent déjà pour Arduino et permettent de demander une fréquence sans avoir à calculer soi-même tous les paramètres des PLL et MultiSynth. Adafruit propose par exemple une bibliothèque et des exemples de câblage et de programmation ; Etherkit maintient également une bibliothèque Si5351 très utilisée dans les projets radioamateurs.

C’est précisément ce qui rend ce composant aussi séduisant : derrière une apparente simplicité se cache un véritable synthétiseur de fréquences.

Un composant presque incontournable pour expérimenter

Le Si5351 n’est pas parfait. Son signal carré impose de surveiller les harmoniques, le jitter peut devenir important dans certaines configurations et la stabilité dépend fortement de la référence utilisée.

Mais son faible prix, ses multiples sorties et son pilotage extrêmement simple compensent largement ces limitations.

Pour quelques euros, nous disposons finalement d’une petite boîte à fréquences programmable capable de devenir VFO, BFO, oscillateur local ou générateur de laboratoire expérimental.

Et maintenant que nous savons ce qu’il contient, il reste une chose beaucoup plus amusante à faire : prendre un Si5351, un Arduino, un encodeur et un écran OLED… et construire notre propre VFO HF.

Li-ion, LiFePO₄ ou Sodium-Ion pour le shack : laquelle est réellement la plus sûre ?

Guide sécurité des batteries pour le shack

Dans nos shacks, la bonne vieille alimentation secteur 13,8 V est de plus en plus souvent épaulée par une batterie. Alimentation de secours, fonctionnement autonome, station portable, solaire ou simplement envie de rester à l’antenne pendant une coupure : les raisons ne manquent pas.

Mais installer 50 ou 100 Ah sous la table n’est pas anodin. Une batterie LiFePO₄ de 12,8 V et 100 Ah stocke environ 1,28 kWh et peut fournir un courant de court-circuit considérable.

Entre lithium-ion, LiFePO₄ et désormais sodium-ion, quelle technologie choisir si notre priorité est la sécurité ?

LiFePO₄ : c’est aussi du lithium-ion !

Commençons par lever une ambiguïté. Le terme lithium-ion désigne une famille de technologies, dont le LiFePO₄ fait lui-même partie.

Dans cet article, lorsque nous parlerons de « Li-ion classique », nous désignerons essentiellement les chimies NMC (nickel-manganèse-cobalt) et NCA (nickel-cobalt-aluminium), très répandues dans les appareils portables et véhicules électriques.

Nous comparerons donc trois familles :

  • Li-ion NMC/NCA ;
  • LiFePO₄, également appelé LFP ;
  • sodium-ion, ou Na-ion.

Toutes fonctionnent sur un principe électrochimique comparable : des ions circulent entre deux électrodes pendant la charge et la décharge.

Comparatif des technologies de batteries pour le shack

Li-ion, LiFePO₄ et sodium-ion : trois chimies aux caractéristiques et niveaux de sécurité différents.

Pourquoi une batterie peut-elle prendre feu ?

Le phénomène le plus redouté est l’emballement thermique.

Une cellule défectueuse, surchargée, fortement chauffée ou victime d’un court-circuit interne peut commencer à produire davantage de chaleur qu’elle ne peut en évacuer. Cette température accélère les réactions chimiques internes qui produisent à leur tour encore plus de chaleur.

On obtient alors une réaction en chaîne pouvant conduire à un dégagement de gaz, une rupture de la cellule et éventuellement un incendie.

La chimie employée joue donc un rôle majeur, mais elle n’est qu’une partie du problème. Le BMS, le chargeur, les protections électriques et la qualité de fabrication du pack sont tout aussi importants.

Li-ion NMC/NCA : beaucoup d’énergie dans peu d’espace

Le principal avantage des cellules NMC et NCA reste leur densité énergétique élevée. Pour une même quantité d’énergie, la batterie peut être plus petite et plus légère.

C’est particulièrement intéressant dans un ordinateur, un véhicule ou une station portable.

En revanche, leur stabilité thermique est généralement moins favorable que celle du LiFePO₄. Lorsqu’un emballement thermique se produit, les températures atteintes et l’énergie libérée peuvent être importantes.

Pour une station portable où chaque gramme compte, le NMC garde donc des arguments. Pour une batterie de 100 Ah restant toute l’année sous la table du shack, son avantage de poids devient beaucoup moins déterminant.

LiFePO₄ : le favori actuel du radioamateur

Le lithium-fer-phosphate possède une cathode particulièrement stable. Cette chimie résiste mieux aux températures élevées et présente généralement un risque d’emballement thermique inférieur à celui des cellules NMC/NCA.

Attention cependant à une idée reçue : une batterie LiFePO₄ n’est pas incombustible.

Elle contient toujours beaucoup d’énergie et généralement un électrolyte organique inflammable. Un défaut important peut donc provoquer échauffement, dégagement gazeux ou incendie.

Le LFP possède cependant un autre énorme avantage pour nous : sa tension.

Une cellule fournit environ 3,2 V nominalement. Quatre cellules en série donnent donc :

4 × 3,2 = 12,8 V.

Nous sommes pratiquement dans l’environnement électrique naturel de nos équipements radio prévus pour fonctionner autour de 13,8 V.

Ajoutons une bonne durée de vie, plusieurs milliers de cycles pour de nombreuses batteries correctement utilisées, de forts courants disponibles et une offre désormais très importante de batteries 12,8 V.

Pour le shack, le LiFePO₄ constitue donc aujourd’hui un compromis particulièrement séduisant.

Sodium-ion : le nouveau venu

Voici maintenant le concurrent qui commence sérieusement à faire parler de lui : le sodium-ion.

Son fonctionnement ressemble à celui d’une batterie lithium-ion, mais les ions lithium sont remplacés par des ions sodium.

Le sodium est abondant et largement disponible. Cette technologie peut également offrir de très bonnes performances à basse température et réduire la dépendance à certaines matières premières critiques.

Les progrès sont rapides. Les meilleures cellules sodium-ion approchent désormais des densités énergétiques qui commencent à concurrencer le LFP.

Mais attention à un raccourci fréquent :

sodium-ion ne signifie absolument pas « batterie remplie d’eau salée ».

De nombreuses cellules Na-ion utilisent elles aussi des électrolytes organiques. Des études expérimentales ont montré qu’elles peuvent également connaître des dégagements gazeux, des températures élevées et, dans certaines conditions, un emballement thermique.

Leur comportement dépend beaucoup de la cathode, de l’électrolyte et de la conception de la cellule.

Le sodium-ion paraît donc très prometteur pour le stockage stationnaire, mais il serait prématuré d’affirmer que toutes les batteries sodium-ion sont plus sûres que le LiFePO₄.

Comparatif des batteries pour le shack radioamateur

Li-ion, LiFePO₄ et sodium-ion : performances, durée de vie et maturité comparées.

Et pour nos 13,8 V ?

C’est ici que le LiFePO₄ marque encore des points.

Technologie Tension cellule typique Adaptation au shack
NMC/NCA 3,6 à 3,7 V Moyenne
LiFePO₄ ≈ 3,2 V Excellente en 4S
Sodium-ion ≈ 3 V, variable Dépend des cellules

Contrairement au LFP relativement standardisé dans son utilisation en « 12 V », les caractéristiques des cellules sodium-ion actuellement disponibles peuvent varier sensiblement.

Il ne faut donc jamais appliquer automatiquement le chargeur ou les réglages d’une LiFePO₄ à une batterie sodium-ion.

Le véritable gardien : le BMS

Une bonne chimie ne dispense jamais d’un Battery Management System.

Le BMS doit notamment surveiller :

  • la tension de chaque cellule ;
  • la surcharge et la décharge excessive ;
  • le courant maximal ;
  • les courts-circuits ;
  • les températures ;
  • l’équilibrage des cellules.

Certaines batteries empêchent également la charge lorsque la température est trop basse, fonction particulièrement importante avec le LiFePO₄.

Une excellente cellule associée à un mauvais BMS peut donc constituer une très mauvaise batterie.

N’oublions surtout pas le fusible !

Une batterie 12,8 V / 100 Ah représente :

12,8 × 100 = 1 280 Wh.

Mais lors d’un court-circuit, le danger immédiat vient surtout de l’intensité considérable que certaines batteries peuvent fournir.

Un câble trop fin peut alors devenir une véritable résistance chauffante.

Dans un shack, on prévoira donc un fusible placé aussi près que possible de la borne positive, des conducteurs correctement dimensionnés, des connecteurs prévus pour le courant utilisé et, idéalement, un dispositif permettant d’isoler rapidement la batterie.

Le BMS ne remplace pas ce fusible.

Batterie, BMS, fusible et coupe-batterie : les bases d’une alimentation 13,8 V sûre pour le shack.

Batterie, BMS, fusible et coupe-batterie : les bases d’une alimentation 13,8 V sûre pour le shack.

Quelle valeur pour le fusible ?

Le fusible protège avant tout le câblage contre les surintensités et les courts-circuits. Son calibre doit être légèrement supérieur au courant maximal normalement consommé par l’installation, sans jamais dépasser ce que peuvent supporter les câbles, connecteurs et éléments de distribution. Une règle pratique consiste à prendre environ 125 % du courant maximal : une station consommant 22 A conduira ainsi à choisir généralement un fusible de 30 A, si le câblage le permet. Pour plusieurs appareils, on additionnera les consommations susceptibles d’être simultanées. Enfin, le fusible principal sera installé au plus près de la borne positive de la batterie ; chaque départ pourra ensuite disposer de sa propre protection adaptée.

Alors, laquelle choisir ?

Si notre critère principal est la sécurité d’une installation radioamateur fixe, le classement actuel paraît assez clair.

Le NMC/NCA reste imbattable lorsque masse et encombrement sont prioritaires. Il convient donc très bien aux applications portables, à condition de disposer d’un pack de qualité correctement protégé.

Le sodium-ion est probablement la technologie à surveiller. Son potentiel pour le stockage stationnaire est considérable et son comportement au froid est particulièrement intéressant. Mais l’offre reste encore jeune et toutes les chimies Na-ion ne présentent pas les mêmes caractéristiques.

Pour un shack fonctionnant en 12/13,8 V, le LiFePO₄ reste aujourd’hui notre choix privilégié : bonne stabilité thermique, technologie éprouvée, longue durée de vie, tension parfaitement adaptée et large disponibilité de batteries équipées d’un BMS.

Pas parce qu’une LiFePO₄ serait impossible à faire brûler, mais parce qu’elle offre actuellement l’un des meilleurs compromis entre sécurité, simplicité, performances et maturité.

Et finalement, la batterie la plus sûre restera toujours celle qui possède un bon BMS, un chargeur adapté, un fusible correctement dimensionné, un câblage sérieux et une installation propre.

La chimie fait beaucoup… mais elle ne peut pas corriger un mauvais câblage !

Une nouvelle saga sur F5KEE : « Histoire de… »

Histoire de la grande aventure radio

Comment sommes-nous passés de quelques impulsions électriques circulant dans un fil aux communications numériques, aux satellites et aux modes capables d’extraire un signal presque noyé dans le bruit ?

Pour le découvrir, F5KEE lance une nouvelle série : « Histoire de… ».

Le premier volet est déjà en ligne : « Et si la télégraphie m’était contée ! ». Il nous ramène aux origines du télégraphe, au code Morse, à la TSF et finalement à cette étonnante CW qui, près de deux siècles plus tard, continue de résonner quotidiennement sur les bandes radioamateurs.

Lire « Et si la télégraphie m’était contée ! »

Un nouvel épisode chaque matin

Désormais, chaque matin, un nouveau volet de cette saga sera publié sur F5KEE.

AM, FM, BLU, RTTY, SSTV, Packet, satellites, récepteurs, modes numériques… et bien d’autres sujets seront progressivement racontés.

Et vous risquez d’avoir quelques surprises !

Car l’histoire de la radio est remplie d’idées reçues. Certaines techniques sont beaucoup plus anciennes qu’on ne l’imagine, tandis que des inventions que nous associons spontanément à une époque ont parfois vu le jour plusieurs décennies auparavant.

Nous essaierons donc de replacer chaque évolution dans son contexte, avec ses inventeurs, ses expérimentations, ses dates importantes et surtout son influence sur la radio que nous pratiquons aujourd’hui.

Au moins 25 sujets sont déjà sélectionnés.

De quoi voyager pendant quelques semaines dans près de deux siècles d’inventions et d’expérimentations.

Rendez-vous chaque matin sur F5KEE pour découvrir la suite de l’Histoire !

La SSTV : transmettre et recevoir des images par radio, du Robot 36 au PD120

Banniere SSTV
Bien avant Internet, les radioamateurs savaient déjà transmettre des images à travers le monde. Pas besoin de haut débit : quelques kilohertz de bande passante suffisent !

La SSTV (Slow Scan Television), ou télévision à balayage lent, transforme une image fixe en une succession de tonalités audio. À la réception, un logiciel effectue l’opération inverse et reconstruit progressivement l’image.

Et contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, la SSTV reste aujourd’hui particulièrement accessible : un récepteur, un ordinateur ou même un smartphone suffisent pour commencer.

Une image transformée en sons

Le principe ressemble davantage à celui d’un ancien fax qu’à celui de la télévision.

L’image est analysée ligne après ligne. La luminosité et les informations de couleur sont converties en fréquences audio. Dans les modes SSTV classiques, les informations de l’image se situent principalement entre 1 500 et 2 300 Hz, tandis qu’une tonalité autour de 1 200 Hz sert notamment à la synchronisation.

La chaîne complète peut se résumer ainsi :

Image → encodeur SSTV → signal audio → émetteur → récepteur → décodeur SSTV → image

Une image transformée en sons

Principe d’une transmission SSTV : l’image est analysée ligne par ligne et transformée en tonalités audio, transmises par la radio puis décodées à la réception pour reconstruire progressivement l’image originale.

En HF, ce signal audio peut être transmis en SSB ; en VHF/UHF, la FM peut également être utilisée. Le récepteur n’a donc pas besoin de « comprendre » la SSTV : il lui suffit de restituer correctement le signal audio.

Comment le logiciel reconnaît-il le mode ?

Lorsque vous écoutez une transmission SSTV, vous entendez généralement une série caractéristique de tonalités juste avant que l’image commence.

Il s’agit notamment du VIS (Vertical Interval Signalling).

Cette séquence transmet au décodeur un numéro correspondant au mode utilisé. Le logiciel peut ainsi déterminer automatiquement s’il doit reconstruire un Martin M1, un Scottie S1, un Robot 36 ou un PD120.

Par exemple, le VIS du Martin M1 est 44 (0x2C), celui du Scottie S1 est 60 (0x3C), celui du Robot 36 est 8 et celui du PD120 est 95 (0x5F).

Si vous prenez une transmission en cours de route et manquez cette séquence, le logiciel peut avoir davantage de difficultés à identifier automatiquement le format.

Pourquoi existe-t-il autant de modes SSTV ?

C’est là que les choses se compliquent un peu. Il n’existe pas un format SSTV mais plusieurs familles proposant chacune différents compromis entre durée de transmission, résolution et qualité d’image.

Robot

Les modes Robot sont parmi les plus connus, particulièrement Robot 36 et Robot 72.

Robot 36 transmet une image couleur de 320 × 240 pixels en seulement 36 secondes. Robot 72 demande environ deux fois plus longtemps.

Le Robot 36 est donc intéressant lorsqu’on privilégie la rapidité.

Martin

Les Martin M1 et M2 sont des grands classiques de la SSTV.

Le Martin M1 transmet une image 320 × 256 en environ 114 secondes, contre seulement 58 secondes pour le Martin M2.

Le Martin M1 reste très facilement observable sur les bandes HF : une station française de réception automatique sur 14,230 MHz recevait encore de nombreuses images Martin 1 en août 2026.

Scottie

Autre grande famille : Scottie S1, S2 et DX.

Scottie S1 demande environ 110 secondes, Scottie S2 environ 71 secondes et Scottie DX pousse le curseur vers la qualité avec une transmission d’environ 269 secondes.

Les modes PD

Les modes développés par Paul Dunlap permettent notamment d’obtenir des images de résolution supérieure.

On rencontre les PD50, PD90, PD120, PD160, PD180, PD240 et PD290.

Le célèbre PD120 transmet une image de 640 × 496 pixels en environ 126 secondes. À l’autre extrémité, le PD290 atteint 800 × 616 pixels mais demande près de cinq minutes.

Voici quelques modes représentatifs :

Mode Résolution Durée approximative
Robot 36 320 × 240 36 s
Robot 72 320 × 240 72 s
Martin M1 320 × 256 114 s
Martin M2 320 × 256 58 s
Scottie S1 320 × 256 110 s
Scottie S2 320 × 256 71 s
Scottie DX 320 × 256 269 s
PD120 640 × 496 126 s
PD180 640 × 496 187 s
PD290 800 × 616 289 s

Il existe encore d’autres formats, notamment Wraase/SC2 et AVT, sans compter plusieurs anciens modes monochromes.

tableau comparatif des modes

Comparaison de trois modes SSTV : Robot 36 privilégie la rapidité, Martin M1 offre un bon compromis entre durée et qualité, tandis que PD120 transmet une image de résolution supérieure au prix d’un temps de transmission plus long.

Le PD120 et les transmissions spatiales

Le PD120 est particulièrement connu des radioamateurs grâce aux transmissions SSTV réalisées depuis l’espace.

Lors d’opérations SSTV, la Station spatiale internationale a notamment utilisé les modes PD120 et PD180, avec une réception sur 145,800 MHz FM.

La SSTV présente ici un énorme avantage pédagogique : il n’est pas nécessaire d’émettre pour participer.

Une antenne VHF, un récepteur ou un SDR et un logiciel de décodage permettent de tenter l’expérience.

Comment recevoir la SSTV ?

La configuration traditionnelle est extrêmement simple :

Récepteur → sortie audio → carte son du PC → logiciel SSTV

Avec un transceiver moderne disposant d’une interface USB audio, la connexion est encore plus facile.

On peut également utiliser un SDR :

Antenne → SDR → logiciel SDR → câble audio virtuel → logiciel SSTV

Comment recevoir la SSTV ?

Décoder une image SSTV avec un SDR : le signal reçu est démodulé par le logiciel SDR puis envoyé, via une liaison audio virtuelle, au décodeur SSTV qui identifie le mode et reconstruit progressivement l’image ligne par ligne.

Il faut alors sélectionner la modulation correspondant à la transmission, régler correctement la bande passante et surtout éviter de saturer l’entrée du décodeur.

Certains projets vont encore plus loin. Il existe par exemple un module SSTV pour SDR++ capable de décoder directement Martin, Scottie, Robot et PD avec détection automatique du mode, correction automatique du slant et affichage de l’image en direct.

Et avec un simple smartphone ?

C’est probablement la façon la plus amusante de découvrir la SSTV.

Une application telle que Robot36 peut écouter directement le haut-parleur d’un poste avec le microphone du téléphone et reconstruire l’image.

Cela fonctionne sans aucune interface.

Pour de meilleurs résultats, une liaison audio directe est toutefois préférable : elle évite les bruits ambiants, l’écho et certaines distorsions. Le projet Robot36 propose d’ailleurs un exemple d’interface isolée entre une sortie audio et l’entrée microphone d’un smartphone.

Quels logiciels utiliser ?

Sous Windows, MMSSTV demeure une référence historique particulièrement connue des radioamateurs.

Sous Linux, QSSTV constitue une excellente solution.

Sur Android, Robot36 permet de transformer très simplement un téléphone ou une tablette en décodeur.

Pour l’émission, SSTV Encoder prend notamment en charge Martin 1/2, toute une série de modes PD, Robot 36/72, Scottie 1/2/DX et Wraase SC2-180. Il peut également produire directement un fichier WAV contenant la transmission SSTV.

Des projets permettent même maintenant de décoder une SSTV directement dans un navigateur Web, à partir d’un enregistrement audio.

Où écouter ?

L’une des fréquences SSTV HF les plus connues est :

14,230 MHz USB — bande des 20 mètres

Et ce n’est pas seulement une fréquence indiquée dans de vieux documents : une station automatique française y recevait encore quotidiennement en août 2026 des images en Martin 1, Scottie 1, Robot 36 et PD120.

En VHF, on rencontre également de l’activité autour de :

144,500 MHz — SSTV

Et, bien entendu, lors des opérations SSTV depuis l’ISS :

145,800 MHz FM.

Les fréquences utilisées doivent naturellement être vérifiées par rapport au plan de bande et aux recommandations applicables dans votre région.

Pourquoi mon image est-elle penchée ?

C’est l’un des problèmes typiques de la SSTV.

Vous recevez une image parfaitement reconnaissable mais elle se décale progressivement vers la gauche ou vers la droite.

Ce phénomène appelé slant provient généralement d’une petite différence entre les horloges utilisées lors de l’émission et de la réception. Sur plusieurs centaines de lignes, une erreur minuscule finit par devenir parfaitement visible.

Les logiciels SSTV proposent donc généralement une correction du slant, parfois automatique.

Une image très dégradée peut également provenir d’un niveau audio trop important, d’une mauvaise fréquence, d’une bande passante incorrecte ou tout simplement des aléas de la propagation.

Et la SSTV numérique ?

Attention à ne pas tout mélanger.

Les Martin, Scottie, Robot ou PD sont des modes SSTV analogiques : les caractéristiques de l’image sont représentées par les fréquences audio et l’image est reconstruite progressivement.

Il existe parallèlement des systèmes de transmission numérique d’images, généralement désignés DSSTV ou Digital SSTV, dont HAMDRM.

Le principe est alors différent : nous ne sommes plus simplement dans une variante du Martin ou du Robot mais dans une transmission numérique de données permettant de reconstruire l’image.

Cela mériterait presque un article à lui seul !

Pour aller plus loin

  • MMSSTV — le grand classique sous Windows
    Probablement le logiciel SSTV le plus connu chez les radioamateurs. Développé à l’origine par Makoto Mori JE3HHT, il permet l’émission et la réception et prend en charge de très nombreux modes SSTV.
    Documentation et ressources MMSSTV

  • RX-SSTV — décodage SSTV simplifié sous Windows
    Une solution orientée réception utilisant le moteur de décodage de MMSSTV. Elle reconnaît automatiquement le VIS et prend en charge 37 modes SSTV.
    RX-SSTV et documentation

  • QSSTV — Linux, SSTV analogique et numérique
    Logiciel open source permettant l’émission et la réception en SSTV analogique ainsi qu’en HAMDRM/DSSTV. Il constitue une excellente alternative à MMSSTV sous Linux.
    QSSTV — dépôt officiel

  • Robot36 — décoder la SSTV avec Android
    Application open source particulièrement pratique pour débuter avec un smartphone. Elle permet de décoder les signaux SSTV directement depuis l’audio reçu par le téléphone.
    Robot36 — projet officiel

  • SSTV Encoder — transmettre des images depuis Android
    Complément intéressant de Robot36 : il transforme une image en signal SSTV et peut également produire un fichier audio WAV.
    SSTV Encoder — projet officiel

  • SSTV Decoder pour SDR++ par F4JTV
    Projet particulièrement intéressant pour les utilisateurs de SDR : le décodeur fonctionne directement dans SDR++ et reconnaît automatiquement 14 modes, dont Martin, Scottie, Robot et toute la famille PD. Il propose également une correction automatique du slant.
    SSTV Decoder pour SDR++ — F4JTV

  • SSTV Decoder — décoder depuis un navigateur Web
    Projet permettant de charger un enregistrement WAV, MP3 ou OGG et de reconstruire l’image SSTV directement dans le navigateur, avec détection automatique du VIS pour plusieurs modes.
    SSTV Decoder Web — Equinoxis

  • SlowscanTV — comprendre les différents modes SSTV
    Une ressource pédagogique utile pour comparer Martin, Scottie, Robot et PD : résolution, temps de transmission, caractéristiques et fonctionnement du VIS.
    Guide des modes SSTV

  • SSTV.fr — voir ce qui est réellement reçu sur 14,230 MHz
    Très intéressant pour l’article F5KEE : cette station française publie automatiquement les images reçues sur 14,230 MHz. On peut y observer en conditions réelles du Martin 1/2, Robot 36 et d’autres modes.
    Réception SSTV automatique sur 14,230 MHz

 

Ce qu’il faut retenir

Malgré son âge, la SSTV reste l’un des modes les plus spectaculaires et les plus simples à expérimenter en radioamateur.

Pour débuter, nul besoin d’une installation complexe : un récepteur, un ordinateur ou un smartphone peuvent suffire. Réglez-vous sur une fréquence SSTV, lancez le décodeur et attendez.

Quelques secondes plus tard, une image commencera peut-être à apparaître, ligne après ligne.

Et lorsqu’on réalise que cette photographie vient parfois de l’autre côté de l’Europe… ou de plusieurs centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes, la bonne vieille SSTV conserve tout son charme.

Comprendre le Si4732 : toute une radio dans une puce

Banniere Si4732

Quand on ouvre un ancien récepteur ondes courtes, on découvre généralement une électronique assez impressionnante : oscillateur local, mélangeur, amplificateurs FI, filtres, détecteur AM, BFO pour la SSB, circuits d’AGC… Avec le Si4732, une grande partie de cette électronique tient désormais dans un circuit intégré de quelques millimètres.

Associé à un Arduino ou un ESP32, ce petit composant permet de réaliser un véritable récepteur AM, FM et SSB. Mais comment fonctionne-t-il réellement ?

Le Si4732, c’est quoi exactement ?

Le Si4732 appartient à la famille Si47xx développée par Silicon Labs. Il s’agit d’un récepteur radio intégré utilisant massivement le traitement numérique du signal, ou DSP – Digital Signal Processing.

Son principe peut être résumé ainsi :

Antenne → étage RF → Si4732 → traitement DSP → audio

À l’intérieur de la puce se trouvent une grande partie des fonctions nécessaires à la réception : synthétiseur de fréquence, conversion du signal, filtrage, démodulation, contrôle automatique de gain et mesure du niveau reçu.

Autrement dit, le Si4732 constitue pratiquement un récepteur complet sur une seule puce.

ancien récepteur superhétérodyne vs Si4732

Du superhétérodyne au Si4732 : une grande partie des fonctions analogiques traditionnelles est désormais regroupée dans une seule puce et réalisée par traitement numérique DSP.

Il ne faut toutefois pas le confondre avec un microcontrôleur. Un Arduino ou un ESP32 reste nécessaire pour commander le récepteur et gérer son interface utilisateur.

Le microcontrôleur devient le chef d’orchestre

Dans un montage typique, nous retrouvons :

Encodeur + boutons + écran

Arduino / ESP32
↓ I²C
Si4732

Amplificateur BF

Haut-parleur

Le microcontrôleur communique avec le Si4732 par le bus I²C.

Lorsqu’on tourne l’encodeur pour passer de 7,100 MHz à 7,105 MHz, par exemple, ce n’est donc pas l’Arduino qui reçoit cette fréquence. Il transmet simplement au Si4732 une commande lui demandant de modifier sa fréquence de réception.

De la même manière, il peut commander le volume, la largeur du filtre, l’AGC ou encore le mode de réception.

Cette séparation des tâches explique pourquoi un ESP32 relativement modeste suffit pour réaliser un récepteur très complet.

architecture antenne → Si4732 → ESP32 → écran/audio

Architecture d’un récepteur Si4732 : la puce assure la réception et le traitement DSP, tandis que l’ESP32 pilote les réglages, l’affichage et l’interface utilisateur.

AM et FM directement dans la puce

Le Si4732 est initialement destiné aux récepteurs grand public.

La réception AM permet notamment de couvrir les grandes ondes, les ondes moyennes et les ondes courtes, tandis que la partie FM est destinée à la radiodiffusion FM.

Mais les radioamateurs se sont surtout intéressés à une possibilité beaucoup plus séduisante : la réception SSB.

Et c’est là que l’histoire devient intéressante.

Le fameux « patch SSB »

Le Si4732-A10 peut recevoir les émissions USB et LSB grâce au chargement d’un logiciel complémentaire appelé patch.

Au démarrage du récepteur, le microcontrôleur transfère ce programme dans la mémoire RAM du Si4732.

Une fois ce patch installé, de nouvelles fonctions deviennent accessibles et le récepteur peut notamment travailler en :

LSB – Lower Side Band
USB – Upper Side Band

Cela permet évidemment d’écouter les communications radioamateurs HF.

Mais il existe une particularité : le patch est chargé en mémoire volatile.

Lorsque le Si4732 est mis hors tension, il disparaît.

Au prochain démarrage, l’Arduino ou l’ESP32 doit donc recommencer le chargement avant que la réception SSB soit disponible.

Ce mécanisme explique les quelques secondes supplémentaires que l’on peut parfois observer au démarrage de certains petits récepteurs utilisant cette puce.

Et le BFO dans tout ça ?

Les radioamateurs habitués aux récepteurs classiques connaissent bien le BFO – Beat Frequency Oscillator.

Dans un ancien récepteur, il s’agit généralement d’un oscillateur physique permettant de restituer correctement la SSB ou la CW.

Avec le Si4732, cette fonction est réalisée numériquement.

Le logiciel peut modifier très finement le décalage du BFO. On peut donc accorder précisément une station SSB sans devoir modifier directement la fréquence principale du récepteur.

C’est ce qui permet à certains montages équipés d’un encodeur de proposer deux réglages :

  • accord principal de la fréquence ;
  • réglage fin du BFO.

Une approche particulièrement pratique pour écouter la SSB.

chargement du patch SSB et le rôle du BFO

Réception SSB avec le Si4732 : l’ESP32 charge le patch USB/LSB dans la mémoire du circuit, puis le BFO numérique permet d’affiner précisément l’accord de la station.

Des filtres qui n’existent plus physiquement

Autre changement spectaculaire par rapport aux anciens récepteurs : les filtres.

Autrefois, obtenir plusieurs largeurs de bande pouvait nécessiter plusieurs filtres céramiques, mécaniques ou à quartz.

Dans le Si4732, une grande partie de ce travail est effectuée par le DSP.

Le logiciel peut donc demander au circuit d’utiliser différentes largeurs de bande suivant le type de signal reçu.

Une bande relativement large conviendra à une émission AM de radiodiffusion, tandis qu’une bande plus étroite sera préférable pour une communication SSB ou CW perturbée par une station voisine.

Nous avons donc virtuellement plusieurs filtres dans un seul circuit intégré.

RSSI, SNR et AGC sont également disponibles

Le Si4732 peut également fournir au microcontrôleur différentes informations sur le signal reçu.

Le RSSI donne une indication de la puissance du signal.

Le SNR renseigne sur son rapport signal/bruit.

Ces informations peuvent être affichées sur un écran sous forme de chiffres ou d’un traditionnel S-mètre.

Le circuit possède également un AGC, contrôle automatique de gain, permettant d’adapter automatiquement le niveau du récepteur lorsque l’on passe d’un signal très faible à une station extrêmement puissante.

Jusqu’où peut-on écouter ?

Dans les réalisations radioamateurs utilisant le Si4732-A10 et le patch SSB, on rencontre couramment une couverture allant approximativement de 150 kHz à 30 MHz en AM/SSB.

Cela permet notamment d’explorer les bandes :

160 m, 80 m, 60 m, 40 m, 30 m, 20 m, 17 m, 15 m, 12 m et 10 m.

À cela s’ajoute la bande de radiodiffusion FM, typiquement autour de 64 à 108 MHz suivant la configuration utilisée.

Un minuscule circuit peut donc couvrir une partie considérable du spectre radio intéressant l’écouteur et le radioamateur.

Est-ce vraiment un SDR ?

Voilà une question intéressante.

Le Si4732 utilise bien du traitement numérique du signal, mais il ne faut pas pour autant le comparer directement à un RTL-SDR, un SDRplay ou un Airspy.

Avec ces véritables récepteurs SDR, le logiciel peut généralement récupérer les signaux I/Q et analyser simultanément une portion relativement importante du spectre.

C’est notamment ce qui permet d’obtenir un spectaculaire waterfall panoramique.

Avec le Si4732, le DSP reste essentiellement enfermé dans la puce. Nous lui demandons de recevoir une fréquence et il nous fournit le signal audio ainsi que différentes informations sur la réception.

On pourrait presque dire :

le Si4732 est une radio utilisant un DSP plutôt qu’un SDR ouvert sur l’extérieur.

Cette différence est importante.

Pourquoi voit-on autant de récepteurs Si4732 ?

Le succès de cette puce auprès des amateurs s’explique facilement.

Avec :

un Si4732 + un ESP32 + un écran TFT + un encodeur + quelques boutons + un amplificateur BF

on peut construire un petit récepteur AM/FM/SSB étonnamment performant.

C’est le principe que l’on retrouve derrière de nombreux récepteurs portables modernes et dans différentes réalisations personnelles.

La bibliothèque Arduino développée par PU2CLR a également énormément contribué à populariser cette famille de circuits. Elle simplifie considérablement le pilotage du Si4732 et la gestion du patch SSB.

Tout n’est pourtant pas dans la puce

Il serait tentant de croire qu’il suffit de raccorder une antenne au Si4732 pour obtenir immédiatement un excellent récepteur HF.

La réalité est évidemment un peu différente.

La qualité finale dépend énormément de ce que l’on place autour du circuit : adaptation d’antenne, filtrage RF, alimentation propre, implantation du circuit imprimé, blindage et découplage.

Un ESP32, un convertisseur DC/DC ou même un écran TFT peuvent générer suffisamment de parasites pour dégrader fortement la réception des signaux faibles.

Deux récepteurs utilisant exactement le même Si4732 peuvent donc présenter des performances très différentes.

C’est précisément ce qui rend cette petite puce intéressante pour l’expérimentation radioamateur.

Une formidable base pour expérimenter

Le Si4732 permet finalement de comprendre l’évolution spectaculaire du récepteur radio.

Les fonctions qui nécessitaient autrefois plusieurs étages analogiques, des bobinages, des quartz et de nombreux réglages sont aujourd’hui concentrées dans quelques millimètres carrés de silicium.

Mais le radioamateur conserve encore beaucoup de choses à expérimenter autour de cette puce : filtres d’entrée, préamplificateurs, antennes, réduction du bruit numérique, interfaces utilisateur ou encore logiciels de commande.

Et surtout, le Si4732 permet de construire soi-même un véritable récepteur HF pour un budget particulièrement raisonnable.

Une excellente raison de sortir l’ESP32, l’encodeur… et le fer à souder.